COMMENT SE PORTE LE CIRCUIT DE MAGNY COURS ? SERGE SAULNIER REPOND

SERGE SAULNIER, LE DIRECTEUR DE MAGNY COURS

 

Profitant de visites effectuées  auprès d’entreprises automobiles à Magny cours,  nous avons saisi l’occasion pour aller à la rencontre  du circuit. Qui mieux que Serge SAULNIER, le Président du Directoire depuis le 1er mars 2010, était  le mieux à même de répondre  aux questions d’autonewsinfo ?

Encore fallait-il qu’il accepte  notre demande impromptue !

Composant  avec  un  emploi du temps serré,  il nous reçoit  en fin d’après-midi (après  de longues réunions  de préparation du prochain Bol d’or) et accepte de répondre à nos questions.

Afin d’éclairer au mieux  cet entretien,  rappelons à grands traits, le parcours de ce grand Monsieur du Sport Automobile.

Mécanicien de  Jacques Lafitte,  puis à son tour pilote  et ce de 1974 à 1981, avant de devenir par la suite, directeur de sa propre écurie PROMATECME et ensuite SAULNIER Racing, de 1982 à 2006.

Grâce à sa grande expérience, il se verra confier enfin, les responsabilités de Team manager de l’écurie Peugeot Sport,  de 2006 à 2010.

Autant dire que  nous brûlons d’envie de  lui demander et ce en raison de sa position éclairée sur le sujet, ce qu’il pense  du retrait soudain et tout à fait inattendu del’équipe PEUGEOT,  du Championnat  du monde d’endurance.

 

 

« Pour ce qui concerne Peugeot sport, c’est évidemment extrêmement désolant et regrettable  pour tout le personnel et  tout ce savoir faire, construit  depuis  près de six ans en endurance. Il faut aussi  comprendre  le top management d’un grand groupe qui a des choix à faire et des décisions parfois difficiles à prendre. Ce que  l’on peut regretter dans cette affaire, c’est  le moment où la décision a été prise, parce que le faire alors que tous les  contrats sont signés, toutes les commandes, les pièces sont lancées… d’abord  une grande partie du budget est déjà consommée  et ensuite que ce soit  les prestataires, les ingénieurs  et les pilotes, ça va leur être  très difficile pour retomber sur leurs pattes.

Et Serge de préciser :

« Donc ça c’est regrettable ! Après c’est une décision du Groupe PSA. On imagine bien, qu’il y a tout un tas de bonnes raisons pour que PEUGEOT décide de se retirer de la course. Ces raisons là, on les comprendra mieux dans les mois qui viennent. Déjà aujourd’hui16 février PEUGEOT a annoncé ses résultats  et ils  ne sont pas  brillants , on comprend une partie du  problème  et au-delà de cela,  je  pense même que ça devrait aller vers des réductions d’effectifs et des choses qui  vont être lourdes de conséquence pour le groupe. A partir du moment où vous avez une marque  avec  un vrai retour  sur investissement  sur un programme compétition – comme ça  peut être le cas  avec CITROEN  et Sébastien LOEB– et  une autre   marque,  avec  laquelle c’est moins évident, en raison du fait  qu’un programme  d’endurance  s’appuie  uniquement  en termes de communication sur  les  24 heures du Mans, alors  avec  une seule victoire en 5 ans, le  groupe de dirigeants  pouvait se poser un certain nombre  de questions. Se dire par exemple, si on doit aller vers d’autres échecs, si on n’est pas en mesure d’imposer la technologie hybride les premiers, est ce que l’investissement en vaut la peine…  On  pouvait savoir  qu’il y avait un certain nombre d’interrogations à ce sujet dans le groupe…»

Après cette parenthèse  importante,  nous  revenons au sujet du jour, à savoir l’impression très favorable que  la technopole nous a offerte

 

 

On nous parle de solidarité d’entreprise,  de synergie avec  le circuit alors  comment depuis votre prise de  fonctions vous avez vu évoluer les choses ?

«  Avec la Technopole,  nos contacts sont excellents. Je suis moi  même un ancien chef d’entreprise de la  technopole. Nous parlons tous le  même langage et nous savons de quoi  nous parlons. De ce point de vue là, les relations sont excellentes. Ce qu’il faut souligner, c’est que récemment  l’ensemble des entreprises ont travaillé sur un projet  collaboratif qui a vu la naissance d’un véhicule hybride NOAO, dont vous avez parlé avec Bertrand DECOSTER. Dans ce projet (dont nous reparlerons sous peu, dans un sujet consacré à MYGALE) nous avons contribué  en mettant  nos pistes à disposition pour les essais de développement de cette  voiture. Nous avons  également mis nos salles à disposition pour les diverses  réunions des partenaires et ensuite pour la présentation de la voiture à la Presse. »

On peut parler de Renaissance du circuit ?

« Une renaissance… peut-être pas à ce point là. Le circuit  a  une histoire, un passé…. J’espère  que la renaissance sera peut être dans les années qui  viennent, avec peut-être, un retour du Grand Prix de France. Aujourd’hui, ce que l’on a cherchè à faire durant  les deux premières années de mon mandat, c’est  de restructurer en interne, la Société d’exploitation du circuit, qui était déficitaire depuis un certain nombre d’années. La feuille de route qui nous avait été fixée, était celle du retour aux équilibres financiers, ce que nous avons réalisé dès la première année, avec  un exercice  bénéficiaire la seconde année. C’est un élément important. Ensuite, l’objectif est aussi d’amener un souffle  nouveau à Magny Cours dans les années qui viennent, tant pour l’activité propre du circuit mais aussi des animations qui peuvent être complémentaires et parallèles au circuit… »

 

 

Peut-on annoncer des  nouveautés pour 2012 ?

« Il n’y pas  de  nouveautés particulières à révéler. Par contre il y a une forme de continuité avec  les grandes épreuves moto : Championnat du  monde d’endurance moto avec le Bol d’or et l’épreuve de Championnat du monde de Super Bike comme  point d’orgue de la saison  motocyclisme, qui comportera en tout 6 épreuves moto. Nous accueillerons  9 épreuves auto,  avec  le GT Tour en particulier qui revient dans sa globalité et de ses disciplines le 14 juillet. Nous aurons également une épreuve  camions et  même une épreuve cycliste avec  le départ  de la cyclotouriste Lalique. »

 

Alors la Formule 1,  c’est  un rêve, un espoir, une possibilité, une éventualité  … comment peut-on placer ça sur un  curseur ?

« La Formule 1 ? C’est d’abord pas un rêve, parce que monter un dossier Formule 1, pour un circuit comme Magny Cours, il faut faire preuve de  beaucoup de réalisme, à tous points  de vue. Réalisme par rapport au montage financier, réalisme par rapport à ses  infrastructures, réalisme par rapport à ses atouts et ses points faibles. »

Et, le boss du circuit Nivernais de se faire encore plus précis :

« Le dossier suit son cours, je n’en dirai pas plus parce que la, on rentre dans une période d’élections qui va figer un peu les choses, même si de notre côté,  on continue d’avancer sur le dossier. Les décisions ne seront pas prises avant la fin de toutes  les élections : Présidentielle et législatives. Je parle aussi bien pour nous que  pour les autres. C’est pour ce qui concerne ce dossier du sujet sur le Grand Prix de France, tout ce que j’ai à dire, ce jour  . »

 

 

Pour terminer  cette rapide rencontre,  nous demandons à Serge SAULNIER  comment  il a vécu un  peu plus personnellement  cette  période de deux années à la tête du circuit.

« J’ai très bien vécu cette période. Je vais dire que ma carrière m’a fait connaitre de nombreuses facettes des métiers du sport automobile : pilote, chef d’équipe et puis Team manager dans un grand groupe… tout ça , ce furent des expériences extraordinaires. Aujourd’hui, diriger un circuit  est tout aussi intéressant avec les contraintes de déplacement en moins.  Lorsque l’on a été par monts et par vaux, pendant près de 40 ans , on  a  un peu envie de se poser, même si  la gestion d’un circuit, n’est pas de tout repos,  tous les jours ! Mais au moins, on a une vie un peu plus stable. De  toute façon,  ce  travail est  très intéressant, ça l’est d’autant plus  que Magny Cours représente  beaucoup pour  mon histoire  à la fois personnelle et professionnelle. Je suis arrivé ici, j’avais 20 ans. Le fait d’être à Magny Cours, m’a permis de faire de la course, de vivre de la course, de vivre ma passion. J’ai vu évoluer Magny Cours depuis les années 70,  si je peux rendre au circuit un peu  de ce que tout Magny Cours m’a donné et permis d’avoir durant ma vie professionnelle, ça ne sera qu’un juste retour ».

Nous remercions  vivement Serge SAULNIER pour cet entretien impromptu mais sincère, lucide et un peu personnel.

 

Texte  : Alain MONNOT

Photos : Alain Monnot – Bernard Bakalian

Circuits GP France F1 Sport

About Author

gilles