NEIGE ET GLACE : BLUE SUEDE SCHUSS…

Dans un paysage et sur des pistes totalement scandinaves, (Suède), l’Opel  bleue (Blue) du belge Van Rompuy (photo ci-dessus) glisse (schuss) avec délices.

Le combat au couteau avec le leader VandeWauver est énorme dans l’action et infime dans les résultats :

11 secondes entre les deux autos et une dernière journée pour régler les comptes…

Dans un décor à couper le souffle…

 

BLANCHE NEIGE EST CHARMANTE

Huit abandons !

Un record pour cette épreuve Neige et Glace mais il est vrai que le froid aidant, la neige est restée pure et dure et donc très glissante !

Huit équipages malheureux.

Ce qui en laisse, soixante-dix sous le charme.

Ce deuxième jour emmène les pilotes vers le Jura et l’Ain.  Malgré le froid, on arrive avec gourmandise au parc fermé.

Ciel bleu, superbe journée en perspective…

C’est incroyable comme le corps peut s’adapter…

Au matin de ce mardi, il fait seulement moins dix-huit° et l’on n’est pas saisi comme d’habitude par les tenailles du froid…

En tous cas pas tout de suite.

Sur le parc fermé de Malbuisson, au-dessus du lac de Saint Point, on a même l’impression que les voitures démarrent plus facilement.

Les yeux des proprios rivés sous les capots ouverts sont comme ceux des pères regardant leur bébé qui vient de naître, mélange de fierté et de tendresse…

Aujourd’hui, on change de décor.

Mais complètement.

On quitte Malbuisson par le sud, la liaison fait traverser Mouthe, la ville officiellement la plus froide de France.

Ici sont venus des tombereaux de journalistes sans imagination pour voir et décrire  ce qu’est un vrai hiver, à l’occasion de l’arrivée du froid qui a pétrifié la France, pensez, moins cinq° à Paris, c’est un drame national !

Ils se marrent bien les Meuthiards (si vous dites Mouthiard, vous passerez pour un député parachuté…), et ils nous expliquent qu’ils préfèrent nettement les gens qui comme les pilotes du Neige et Glace, viennent ici simplement parce que c’est un des plus beaux coins d’Europe, et que c’est encore plus beau en hiver…

Et le fait est que le ravissement est au rendez vous.

C’est étonnant d’ailleurs comment aux arrivées de spéciales, on évoque d’abord la beauté des paysages traversés avant de parler tours-moteurs, glissades façon rallyes nordiques et autres faits légendaires du jour.

Les pilotes sont des poètes, on ne le savait pas forcément…

Ils racontent, avec des étoiles plein les yeux, les paysage de vrais et faux-plats immaculés, les forêts tirant un trait noir en bout d’horizon, et leurs habitants permanents, les vraies stars du lieu, vues par des centaines d’yeux émerveillés, les chevreuils (en pelage d’hiver me glisse mon ami Pescarolo) et les renards.

 

Pour se rendre dans le Jura, depuis le Haut Doubs, on monte et on évolue sur les plateaux.

Le paradis du ski de fond apparaît, c’est d’ailleurs là que se dispute la « Transju », alias Transjurassienne, où plus de 4500 skieurs, sont attendus dans quelques jours.

C’est d’ici qui viennent les Champions Olympique et du monde ayant noms Jean Paul Pierrat et autres Fabrice Guy.

D’immenses étendues de prés vallonnés, bordés de hautes collines couvertes d’arbres.

On a aussi changé d’arbres, d’ailleurs.

Dans les spéciales du Haut Doubs, on a vu beaucoup d’épicéas, qui ont les bras qui tombent et sont couverts de neige.

Ici, on est plus dans l’univers sapin, qui lève les branches vers le ciel, et retient d’autant moins la neige que le vent est disons… très actif !

Il m’est venu un flash.

Je revois mes années passées en Suède, le décor ressemblait complètement à ça, les maisons peintes en rouge étant remplacées ici par les bardages de tuiles en bois.

Et c’est marrant, quand Zaniroli me décrit certaines spéciales, quand les concurrents m’en parlent à l’arrivée, la comparaison fleurit avec les pays du nord, Suède et Finlande, un véritable titre de noblesse en rallye !

Noblesse méritée…

« La dernière spéciale de la matinée » dit Zani, «  je l’ai déneigée hier. Il y avait un mètre de neige, et pour ne pas ajouter aux travaux des ponts et chaussées, je fais ça en privé, avec l’autorisation des autorités bien sûr, on équipe un Unimog avec une pelle devant et on y va. Sauf que ces toutes petites routes ne sont pas piquetées et qu’il a fallu un deuxième Unimog pour sortir le premier du fossé ! »

Explication.

Lecteur, si tu es allé rouler en zone pouvant s’enneiger grave, il ne t’a pas échappé que les bords de route sont tracés par des piquets rouges.

Sous le manteau de neige, on devine donc le tracé de la route.

Mais ici, les chemins empruntés ne sont jamais déneigés, jamais empruntés en hiver.

Donc pas de piquets.

Donc pas de parcours.

Quand la route sinue, faute de repères, on se retrouve sur le côté…

Mais cela vaut le coup. Ensuite, on roule sur des spéciales superbes  entre des murs de neige, sur un sol blanc, lisse et dur comme le béton…

Et au bout, les concurrents sont en extase…

Parce que par endroits, la moyenne de 50 km/h est totalement impossible à tenir, ne pas oublier que les pneus des autos sont « street legal » avec seulement une centaine de clous à tête ronde par roue…

Dirk Van Rompuy, second au classement général…

« Une superbe journée. La matinée était tout sauf facile, surtout lors du dernier TR, particulièrement glissant. Je me demande qui va pouvoir éviter la correctionnelle sur celle-là…»

Henri Pescarolo, lui, s’est bien marré.

PESCAROLO-THIRIONET

 

Henri qui nous raconte:

« Nous commençons enfin à résoudre nos ennuis d’équipement de navigation et je crois que, hormis un petit tout droit cet après-midi, nous devrions enfin réaliser un score digne de la voiture. En revanche, avec le blocage de pont elle n’est pas facile à manœuvrer. Par ailleurs, cette journée dans ma région natale a été vraiment magnifique.»

Ce soir, « Pesca » est remonté de la dix-septième, à la neuvième place au général.

Son coéquipier Yves Thirionet enchaîne…

« Sur ces 10% de spéciales où la moyenne est impossible à tenir, c’est fait pour les grands garçons comme on dit chez nous… Manque juste les Hakkapeliitta ! ».

Il s’agit des pneus utilisés aux grands moments du Monte Carlo, avec six cents clous triangulaires  par roue, parfois surnommés les hérissons…

Un autre pilote arrive, et après l’extase habituelle sur les paysages et les animaux rencontrés, nous avoue que par endroits, il avait l’impression de ne plus avoir de clous…

Dur la neige dure…

Mais en général, c’est l’enthousiasme qui est au pouvoir.

Voici encore Xavier Del Marmol, grand beau gosse belge dont le charme s’adapte particulièrement au bijou qu’il pilote, une superbe Morris Cooper S .

DEL MARMOL-ERCULISSE

 

« Magnifique. C’est la Suède ici… On a la sensation  que mon auto se sent comme chez elle. Cela dit, je vais faire monter un autobloquant, pas un trop gros, un quarante pour cent, sinon elle va devenir un vrai cabri ! Cela donnera de la motricité mais c’est déjà incroyable, hier sur le circuit de glace, je fais le troisième chrono ! Ce rallye est un bonheur… »

ORANGE MÉCANIQUE…

VANDEWAUVER-PAISSE

Déjeuner à Arbent, à la Salle des Fêtes. Juste au-dessus d’Oyonnax. Pour le gratin des pilotes…gratin de pommes terre au Comté… A se mettre à genoux.

Accueil sublime, comme partout.

Et l’après midi, en remontant vers Malbuisson, le gratin remet ça.

On l’a dit en ouverture de reportage, la lutte au sommet (sur les crêtes du Jura…) se déroule entre les belges Van Rompuy et Vandewauver.

C’est ce dernier, leader depuis la première spéciale du prologue de nuit, qui, sur sa Porsche 914/6GT orange, garde la tête du classement général d’un chouia, onze secondes.

Ce qu’il en dit…

« Quel plaisir incroyable de piloter sur ces routes enneigées et glacées. Pourvu que cela continue comme cela car, depuis le départ, je m’amuse comme un petit fou ! »

Ce qui va devenir très intéressant, c’est que le règlement de ce rallye Neige et Glace, stipule que pour le classement général, on ôtera des points des pilotes, leur secteur chrono, le plus pourri des trois jours.

Et donc, l’écart entre les eux pilotes de tête, est vraiment très ténu.

C’est un autre équipage belge d’ailleurs qui tient la troisième place du général ce mardi soir, Berthauld Doyen-Eric Torrejon, sur une Opel GT.

C’est logique.

Ils sont venus en force, 27 équipages au total, avec un enthousiasme colossal et de vrais gros talents.

Et, ce qui ne gâche rien, de très belles autos.

Des Belges qui envahissent un Jura qui ressemble à la Suède…

Moi, ça me va…

 

Jean Louis BERNARDELLI

Photos: Tom ZANIROLIRichard BORD et OFFICE DU TOURISME DU JURA.

Les vidéos de chaque étape sont visibles sur zaniroli.fr

 

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