MOTO SECURITE ROUTIERE : LA FFM ET LA FFMC EN COLERE


La FFM (Fédération Française Motocycliste) et la FFMC (Fédération Française des Motards en Colère):

Les motards très en colère !

Les motards mettent suffisamment de sérieux à se former pour acquérir leur permis de conduire, avant de se lancer dans la jungle de la circulation, pour ne pas avoir à subir une législation trop souvent à côté de la plaque.

La Fédération Française de Motocyclisme et la Fédération Française des Motards en Colère, font plus que jamais route commune pour défendre les usagers de deux roues motorisés et promouvoir une politique de sécurité cohérente.

Présidée par l’ex-pilote de Grand Prix Jacques Bolle, la Fédération Française de Motocyclisme – en charge de la pratique de la moto au quotidien et dans le domaine sportif – est, elle aussi, désormais en colère !!!

Alors que le lundi 23 janvier dernier, une réunion organisée par la DSCR (Délégation à la sécurité routière) devait évoquer les « remontées de files et les équipements de protection individuelle » qui font partie du quotidien des usagers de deux-roues motorisés, la FFM a volontairement été tenue à l’écart…

Dans un communiqué commun avec la FFMC (Fédération Française des Motards en Colère), intitulé « Diviser pour mieux régner », la FFM s’interroge et dénonce.

« Cet adage est-il devenu celui de la DSCR. Nul ne conteste qu’en matière d’associations représentative des motocyclistes, il existe deux structures majeures : la FFMC et la FFM. Pourtant, seule l’une des deux a conviée. Il a été répondu à la FFM qu’elle ne pourrait être présente car « le groupe de travail devait avoir une taille raisonnable ».

On croit rêver compte tenu de la représentativité de certains participants à cette réunion et lorsque l’on sait que la FFM possède une expertise incontestable (…) On peut se demander si le rapprochement entre la FFMC et la FFM ne déplait pas à certains (…)

En tout état de cause et afin de montrer sa solidarité avec la FFM, les représentants de la FFMC ont refusé de siéger lors de cette réunion tronquée (…) »

Visibilité : décret décalé et éclairage diurne des autos

La FFMC avait entamé 2012 en montrant du doigt le Décret signé le 3 janvier. Lequel prévoit que les conducteurs et passagers de deux roues motoristé (2RM) de plus de 125cm3, devront à partir de 2013, porter un dispositif rétroréfléchissant.

Le non respect de cette obligation étant assorti d’une amende de 3è classe (68€) et d’une perte de deux points de permis !!!

Forte de plus de 30 ans d’expertise et de trois années de discussions avec les Pouvoirs public, la Fédération des Motards en Colère récapitule :

« Les motards portent déjà quatre autocollants rétro-réfléchissants sur le casque et ils roulent avec le phare allumé. Un dispositif rétro-réfléchissant ne sert à rien en plein jour. On sait que la question de la visibilité n’est pas un problème d’éclairage ou de couleurs de vêtements, mais d’inattention des automobilistes insuffisamment formés à la coexistence avec des 2RM de plus en plus nombreux. Enfin, pourquoi seuls les motards en plus de 125cm3 sont visés alors que ce sont les mieux équipés de tous les usagers de 2RM?  Le Gouvernement est à coté de la plaque. Stupide et à nouveau bricolée dans la précipitation, cette mesurette qui nous coûtera encore des points de permis dès l’année prochaine est une nouvelle démonstration des effets d’annonces. La FFMC en prend acte. S’il faut se faire voir pour ne pas se faire avoir, on va se montrer… »

Au plan technique, le législateur devrait aussi mettre un terme au dangereux snobisme des éclairages diurnes des automobiles.

Une mode « made in germany » aussi inutile que dangereuse, en particulier parce qu’elle incite ceux qui n’ont pas de systèmes à leds à rouler les feux anti-brouillard éclairés.

 Un recours auprès du Conseil d’Etat

La réaction de la FFMC « à la dernière trouvaille de la DSCR pour pourrir la vie des motards au prétexte de la sauvegarder » n’a pas tardé.

« La FFMC va déposer un recours auprès du Conseil d’État pour obtenir l’annulation des mesures litigieuses (…) La mesure, applicable au 1er janvier 2013, ne concernera d’ailleurs que certains utilisateurs de deux ou trois-roues motorisés, comme si le besoin de visibilité – à supposer qu’il soit satisfait par le port de 150 cm² de dispositif rétro-réfléchissant, visible uniquement de nuit sous certaines conditions – n’était pas commun à l’ensemble de cette catégorie d’usagers vulnérables. L’exclusion des petites cylindrées, à des fins évidemment électoralistes, décrédibilise totalement les auteurs de la mesure qui font ici preuve d’une incompétence rare. Plus grave, elle porte sérieusement atteinte au principe fondamental d’égalité des usagers devant la Loi garanti par la Constitution. La FFMC compte donc sur le juge administratif pour rappeler au Gouvernement les limites de l’exercice de son pouvoir réglementaire: s’il refuse de faire preuve de bon sens dans l’élaboration des réglementations, qu’il respecte au moins le Droit ! »

Avignon-Carpentras : 13 changements de vitesse en 23km…

A propos du bon sens dont doit faire preuve le législateur, l’information communiquée par la FFMC 84 (Vaucluse) se passe de commentaire :

« Lors de la récente CCUSR (Commission consultative des usagers pour la signalisation routière) de Vaucluse est enfin venu le problème épineux de la voie rapide Avignon-Carpentras (D905 et D942) et sa succession de limitations de vitesse surprenante:

 » 13 changements d’allure, entre la route de Marseille à la sortie d’Avignon et le rond-point de l’Amitié à l’entrée de Carpentras, sur un trajet de 23 km… »

A l’analyse des débats, la FFMC 84 conclut :

« La réduction de vitesse ne doit pas se faire par une simple signalisation verticale mais doit être en adéquation avec la lisibilité de la route. Elle suggère aussi, plutôt que réduire les vitesses entre les portions dangereuses en créant des incohérences vitesse-lisibilité, qu’il serait préférable d’aménager les parties à vitesse réduite afin de garder une vitesse homogène. Enfin, la FFMC 84 propose de créer une base de données sur les points abordés en CCUSR afin que certains axes ne deviennent pas des sujets récurrents et que les usagers puissent connaître les aménagements faits et leurs explications. Le respect des limitations de vitesse passera avant tout par une meilleure formation des conducteurs qui sauront ainsi adapter leur conduite en fonction des infrastructures routières. Il doit y avoir adéquation entre la vitesse et la voirie. »

Ces différents dossiers rappellent que la Sécurité routière est l’affaire de tous et que la réduire à une répression mal ciblée et disproportionnée est incohérent et dangereux.

Car les motards ne sont pas aussi aisément manipulables que les automobilistes.

Charles-Bernard ADREANI (La Provence)

Photos : FFM

FFM Moto

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