ENDURANCE : HIVERNAGE CHEZ… SIGNATECH

 

 

C’est à Bourges  que  nous   nous rendons  pour ce second reportage  chez  une écurie d’endurance automobile: SIGNATECH.

L’accueil  de Philippe SINAULT est franc, direct et chaleureux. Le Président exécutif du groupe SIGNATURE a neutralisé la majeure partie de son après-midi pour  nous recevoir et accepte  bien volontiers d’entrer  dans  le cadre de nos questions selon le plan proposé (identique à  celui  développé  précédemment chez Larbre compétition)

Voir le sujet avec le lien suivant : http://www.autonewsinfo.com/2012/01/23/endurance-hivernage-chez-larbre-competition-36479.html 

Philippe Sinault

 

HISTORIQUE

Pour bien comprendre le film,  il  faut d’abord découvrir un peu l’homme.  Avec un père officier d’artillerie et un frère  de 11 ans son ainé, déterminé à être pilote de chasse très jeune, il était normal que le petit Philippe sache à 8 ans ce qu’il voudrait faire plus tard. Ce serait donc pilote de Formule 1. Avec la complicité de Patrick le frère plus  jeune,  on rêve et on s’enivre des exploits d’Arnoux, de Jabouille, Villeneuve…

Philippe se créé un petit univers « course » dans la tête,  pratique un peu le  kart, dispute des petits rallyes et après le bac se lance dans  un Diplôme universitaire technologique de communication.

Nous sommes dans les années 85-86 et après  avoir démarché quelques sponsors, notre aspirant pilote de F1, court en Formule Renault. A 24 ans il n’a pas le bagage que certains se sont constitué  très précocement, en matière de pilotage. Il cherche donc à appréhender la course et à apprendre à évoluer dans ce milieu spécifique.

 

 

De 1990 à 1995, Philippe SINAULT vit au gré des  courses en Formule  Renault et Formule 3, y obtenant  une seconde place  en championnat. Toutefois, il faut  bien vivre  et, il crée SIGNATURE en 1993.

Après avoir  tenté l’aventure en Formule 3000 en louant une auto chez APOMATOX et s’être convaincu que le très haut niveau ne serait pas pour lui, Philippe SINAULT décide  une réorientation. Certains  appelleront cela un transfert, en tout cas, l’objectif  sera de  mettre le pied à l’étrier à de jeunes pilotes.

Le premier d’entre eux étant en 1996, Steeve HIESS, en formule 3, qui termine 4 ème au championnat. Le Team alors poursuit sa croissance, jusqu’à devenir incontournable en Formule 3 et un des tous meilleurs au monde :

Masters de Zandvoort,  Macao sans compter les coupes du monde F3  en 2003,2009 et 2010 et les coupes d’Europe FIA F3 en 1999, 2000,2002 et 2003. Parallèlement d’autres programmes, Formule Renault et Renault V6 avec un titre de champion d’Europe en 2003, viennent enrichir un palmarès impressionnant :

Qu’on en juge !!!

15 titres, 76 victoires, 47 pôles position, 472 podiums et 47 records du tour !

 

 

C’est  fin 2008 que SIGNATURE décide de passer en endurance, sans abandonner la F3. En 2009  ce  sera en Le Mans Series avec ORECA. En 201o,  un accord est signé avec ASTON -MARTIN  et  continuant à apprendre,  ce sera une seconde place dans cette catégorie de LMP1.

Ensuite se pose la question de demeurer en  LMP1 où il y a AUDI et PEUGEOT, ou de trouver une autre  voie en tentant de se rapprocher d’un constructeur.

A ce moment de l’entretien  où le nom de Peugeot est  prononcé,  nous demandons à Philippe SINAULT de nous faire part de son sentiment à propos du retrait des 908 juste avant le lancement du nouveau championnat du monde.

« Ici, ça  été un vrai choc. C’’est une très mauvaise nouvelle. C’est un  mauvais signe  envoyé à tout le monde : les  gens du milieu du sport auto, mais aussi ceux aux alentours qui essayent de soutenir  nos initiatives comme nos partenaires, les partenaires des pilotes. Oui c’est une mauvaise nouvelle, il faut savoir le dire et savoir la digérer.  C’est une décision qui a été prise, il y a des justifications  à cette décision qui peuvent sembler  bonnes et recevables, maintenant voila,   les  équilibres  sont précaires en raison du contexte économique international. Les cycles sont plus courts, on sait que le sport  automobile,  il faut l’appréhender  différemment notamment au plan économique, parce que les certitudes  que l’on avait  il y a quelques mois ou quelques semaines,  peuvent être demain,  remises en cause,  pour preuve la décision qui a été  prise par les amis de Peugeot. »

A notre question de savoir si  des pilotes  ou des personnels subitement privés d’emploi pourraient  se retrouver  chez SIGNATECH, la réponse se veut  pragmatique et modeste :

« Je ne sais  pas. D’abord ce serait un grand honneur qu’ils considèrent l’alternative SIGNATECH-NISSAN. Certes il y a bon nombre  de pilotes,  de mécaniciens et d’ingénieurs également qui vont se retrouver à pied. Ce sont des  gens  qui étaient reconnus  pour  leur très grande  qualité et rémunérés en fonction  et moi,  je ne sais pas si j’aurais les moyens et les qualités de les recevoir chez moi.  Oui, il est  bien évident que  ces  gens là on va  les  croiser, on va discuter … »

Ces derniers propos prennent  tout leur sens  quand on sait  que SIGNATECH était en pourparlers  très avancés pour faire rouler  une 908 aux 24 heures du Mans et à SPA avec  un équipage mixte  c’est-à-dire   « usine » et  SIGNATECH.

L’annonce  du retrait de PEUGEOT a  tout fait capoter !

Mais revenons à la structure du groupe SIGNATURE qui en fait couvre 3 métiers.

 

 

Philippe SINAULT  en parfait communicant,  à  une façon très imagée de nous présenter les  choses. En fait, le  manager  général du groupe a construit un modèle économique viable, avec des centres de profits qui alimentent  un centre de dépenses.

Ecoutons les explications du patron :

«  Le département  course  automobile, celui qui permet d’aller  chercher les trophées, qui  nous pousse à aller plus vite, plus loin, coûte toujours davantage. En face  nous avons une activité importante dans l’événementiel  comme avec Renault Sport, Renault F1, les Voiles de Saint Tropez… . Nous faisons  en sorte de garantir un vrai retour aux partenaires. Cette activité vient en partie  financer la course, tout comme l’autre branche où nos trouveurs, (d’aucuns diraient chercheurs), travaillent sur d’autres projets  comme  l’élaboration d’une monoplace d’école, que vous connaissez. »

Effectivement,  SIGNATECH automobile crée fin 2007, a vendu 50 Formule Academy à la FFSA, 20 à Felipe MASSA  pour une école au Brésil. L’écurie  entretient des relations avec  des pays émergents  pour développer ce pôle qui  comprend en plus de la conception- fabrication- évolution, le suivi, l’entretien  et la fourniture des pièces en relation  avec  3 constructeurs :

Renault, Volkswagen et Fiat.

Dans le même département, on s’affaire actuellement sur l’assemblage et la peinture de 50 PEUGEOT RCZ CUP.

Pourquoi ne pas envisager que ces mêmes mécaniciens  soient mobilisés à l’année pour la gestion du programme Cup RCZ ?

Il semble bien  en effet que SIGNACTECH soit pressenti pour organiser  cette affaire, en soutien de PEUGEOT Sport.

 

BILAN  2011 et ORIENTATIONS 2012

 

Pour 2011, c’est un bon  bilan  déclare Philippe SINAULT. Effectivement la seconde place au championnat d’Europe F3 de Marko WITMANN avec  la victoire au Grand Prix de Pau et la troisième place  à la Coupe du monde de Macao sont intéressantes  mais le titre de champion en ILMC (International Le Mans Cup) catégorie LMP2 pour  Franck MAILLEUX- Soheil AYARI et Lucas ORDONNEZ, a une toute autre saveur.

En effet,  il faut connaitre la belle  histoire et la finesse d’analyse qui ont  conduit Signatech a engager un pilote qui n’avait pour expérience que d’être le premier vainqueur de la coupe GT Academy organisée par PlayStation et NISSAN  sur…. Console avec le jeu vidéo Gran Turismo!!!!

Comme souvent,  ce sont des rencontres  qui déterminent des décisions importantes.

Carlos TAVARES, l’actuel DG de Renault  ingénieur automobile brillant a toujours été un  passionné de compétition qu’il pratiqua  longtemps avec des moyens d’amateur. Dans les paddocks,  il trouvait  souvent  abri pour son matériel  chez Philippe SINAULT.

Ce dernier tenta  un jour de  convaincre  celui qui avait de  grandes  responsabilités chez NISSAN  de s’impliquer dans la course. Carlos TAVARES confirmant qu’économiquement  cela n’était pas à l’ordre du jour, la grande astuce de Philippe SINAULT,  fut de  proposer  un autre package, à savoir partir d’une opération promotionnelle Playstation-NISSAN en la prolongeant.

Bingo !

TAVARES  accrocha à l’idée et une  collaboration s’instaura.

Par contre,  il fallait  faire accéder  le pilote de salon à un statut de pilote d’endurance  sur un proto. Et ça, chez Signature  on sut faire. A ce propos d’ailleurs Philippe SINAULT a écrit :

«En remportant en 2011, le titre ILMC et la deuxième place aux 24 heures du Mans en LMP2, je suis convaincu que nous avons écrit la première page d’une belle et longue histoire avec NISSAN et nos partenaires.. »

 

 

Pour 2012, deux F3 sont engagées en Championnat d’Europe et pour ce qui concerne l’Endurance, le souhait était bien d’en engager deux  mais  pour l’heure on n’en mettra qu’une seule sur le championnat du monde et une seconde pourrait  rouler  lors des épreuves européennes  et  peut-être également au Japon.

Calendrier 2012 du Championnat du monde d’endurance (WEC)

17 mars: 12 Heures de Sebring (USA)
5 mai: 6 Heures de Spa-Francorchamps (Belgique)
16-17 juin: 24 Heures du Mans (France)
25 août: 6 Heures de Silverstone (Grande-Bretagne)
15 septembre: 6 Heures de Sao Paulo (Interlagos, Brésil)
29 septembre: 6 Heures de Bahreïn (Sakhir, Emirats arabes unis)
14 octobre: 6 Heures de Fuji (Mont Fuji, Japon)
? novembre (date à définir): 6 Heures de Chine (lieu à confirmer)

ON FAIT QUOI EN HIVER ?

Organisation générale

 

Ayant passé  une  grande partie de son enfance à Bourges, le tropisme  pour cette ville était  fort et Signature,  après un temps  dans le Var  revient dans « sa ville ».  Un temps  installé  près de la sortie d’autoroute,  c’est  dans  un  parc d’activités  fort  dense,  Route de la Charité, que  le groupe s’installe.

4 associés  président aux destinées de cette  grosse maison. Philippe SINAULT le manager général s’appuie donc  sur des  compétences sérieuses  partagées  entre Lionel CHEVALIER  pour le développement technique,  Jean Pierre TALLAN  pour le contrôle de gestion et Didier CALMELS  pour les relations extérieures, notamment avec PEUGEOT pour le projet avorté, dont  nous avons parlé plus haut.

Un contrat avait pourtant été signé deux jours avant l’annonce fatidique !

40 salariés sont répartis selon les divers  pôles. Le département compétition directe qui coiffe  tant la F3 que l’endurance  (à laquelle  nous nous intéressons spécifiquement) est coiffé par Eric MOMMEY ingénieur, transfuge de chez PEUGEOT, arrivé en 2008 et qui tient la place de chef de projet.

Lui sont associés  1 ingénieur châssis et 2 ingénieurs  d’exploitation des données. Ensuite un chef mécanicien coordonne  l’action de 4 mécaniciens. 1 truck man,  complète l’équipe permanente qui  fait appel à l’année des à prestataires identifiés.

Toutes  les activités sont  regroupées sur le  même site,  mais dans deux  bâtiments séparés par un parking  où  chaque place  est  marquée au prénom de l’employé. La première entité abrite sur 1000 m 2 la direction, les bureaux administratifs  et les activités course : protos et F3. Sur  1500 m2 se déploient  le bureau d’études, le secteur événementiel et  les fabrications automobiles (Formule academy, montage RCZ…)

 

Logistique

Comme c’est quasiment  toujours le cas en endurance, la logistique est  un élément déterminant dans la réussite d’une saison. Chez Signatech on l’a  bien compris et  outre  le coût de l’engagement d’une seconde  voiture, c’est sans doute  aussi  cette problématique  qui  a fait opter  pour  un seul proto  sur  l’ensemble du calendrier.

En effet, la décision  a été prise d’avoir  toujours 3 voitures complètes pour une  en course. Alors, dans ces conditions,  grâce à mécanisme de rouages assez complexes  mixant fret aérien et fret maritime, on doit obtenir la disponibilité  permanente  d’un proto opérationnel, des outils et  de tout le matériel d’exploitation sur les divers  circuits prévus  au championnat.

Pour ce faire, Philippe SINAULT   qui qualifie le sujet du fret  comme «  brûlant », ne tarit pas d’éloges  sur David VINCENT «  chef d’atelier génial et merveilleux coordinateur ».

Sylvie, quant à elle,  l’efficace assistante, nous  confie  dans un sourire :

«  Oui certes  cela  donne pas  mal de travail, mais c’est intéressant et  toujours varié, et puis  on commence un peu à  avoir l’habitude.. »

 

Effectivement, lors de la visite,  les caisses  bleues de fret sont alignées et attendent le lancement de la saison. Le rodage de l’an dernier permet à l’équipe de demeurer  sereine. Avec 3 voitures  toujours prêtes  on doit être à l’abri  de  toute mauvaise surprise.

« Si nous devions  aller au Japon avec  deux  voitures en course  nous avons déjà imaginé  les conséquences sur  cette  question logistique  qui a  un  coût certain. », nous assure-t-on.

Budget

L’esprit du LMP2 veut que tous les concurrents soient sur le même pied d’égalité. Ce qui  fait que, contrairement à ce que l’on aurait pu croire, SIGNATECH paie à NISSAN les moteurs et les pièces. Les accords marketing jouent au niveau du prolongement de l’opération  GT Academy , pour sélectionner  le  jeune pilote bénéficiaire du volant, mais ne sont pas valables  au niveau des prestations techniques de l’usine.

ORECA  étant la structure habilitée pour les révisions « moteurs » c’est  donc  à Signes  que ces travaux (facturés) sont effectués, alors  que  les boîtes de vitesses sont entretenues et révisées sur le site même de Bourges.

Ainsi définies,  les charges d’exploitation d’une voiture  pour  tout e la saison dans le cadre de  ce  nouveau championnat du monde  en LMP2, s’élèvent à : 2 500 000 euros !

SIGNATECH est une écurie assistée par DUNLOP et NISSAN (au niveau commercial), TOTAL depuis 19 ans et PLAYSTATION. Ces partenaires de premier rang,  apportent environ un tiers du budget.

Les  centres de profits  du groupe SIGNATURE  ont donc intérêt  à  bien tourner pour compenser  les dépenses importantes engendrées par  toute une saison d’endurance. Notons  encore, que  pour  une seconde  voiture alignée dans tout le championnat,  il faudrait ajouter un peu plus de 1  million d’euros.

Atelier

 

On fait quoi en hiver, reprend Philippe SINAULT, « et bien  vous pouvez juger  que les  PEUGEOT RCZ  encombrent un  peu nos allées. »

Effectivement, entre les ateliers normalement dévolus à la préparation  course, tant de Formule 3 , que des protos, les  belles   voitures  toutes  blanches sont aux mains  agiles  des  mécaniciens.

Dans leurs alvéoles respectives  les F3  (DALLARA Volkswagen) sont apparemment  déjà montées alors que  les 3  châssis  des ORECA LMP2 sont  encore pour certains en  attente  des  ensembles moteurs-boîtes, des suspensions et des carrosseries.

On travaille  avec  calme et maîtrise, on  peut  filer la métaphore de la ruche  qui nous est inspirée par l’abeille stylisée figurant depuis des  années  comme une sorte d’emblème de la maison et  signant le A de SignAture  ou SignAtech sur tous les documents.

Les abeilles  « ouvrières »  savent d’instinct ce qu’elles doivent faire et cela semble  bien le cas ici. « La ruche  sait aussi se défendre » poursuit  notre guide, alors que  nous le suivons, dans les secteurs : composite,  métallerie, peinture. Le coup de chauffe du au montage des  voitures PEUGEOT, nous permet néanmoins d’apprécier une organisation très bien pensée et une exploitation fort bien huilée.

 

 

Pour être complet  nous devons préciser  que  sur les protos , il n’est pas question de faire du développement, mais seulement de la maintenance et de la mise au point. Le passeport technique de l’auto est accordé  pour l’année et l’homologation est obtenue  par ORECA, ce qui n’autorise pas  une écurie   « exploitante », à prendre des initiatives  inconsidérées en termes d’évolution !

L’autre bâtiment  abritant  le bureau d’études,  le secteur événementiel et  la fabrication auto (véhicules academy)  est  conçu et habité à l’image du précédent : clair, vaste, rationnel, calme et efficace.

Le bureau d’études accueille 2 ingénieurs  qui pour l’heure, travaillent sur l’exploitation de  séances de soufflerie pour des éléments de Formule 3. Leurs travaux  sont transmis à Volkswagen notamment, dont le team est très proche.

 

Les Pilotes

Quand on aborde la question des pilotes, Philippe SINAULT est très clair : les contrats  ne sont pas signés  et des  incertitudes demeurent. Une chose est certaine cependant,  Jordan TRESSON aspire très  fortement à occuper le baquet  du proto LMP2 pour  tout le championnat. Son parcours qui n’a rien à envier à celui du jeune ORDONNEZ l’an dernier, l’autorise sans doute à rêver d’endurance. Il semble bien que pressenti pour cette grande aventure, il  n’a toutefois, pas encore été officialisé pour ce volant « en or ».

Alors, en croisant les doigts pour lui,  petite présentation.

Le garçon,  affiche  très jeune, une passion pour la vitesse et prend beaucoup de plaisir à  pratiquer le kart de manière intensive. Puis, pourquoi ne pas tester ses aptitudes  sur les circuits virtuels ? Il tente sa  chance en 2009  dans  le concours  « GT ACADEMY » lancé conjointement par SONY et NISSAN.

Il rate la première marche, réitère l’opération l’année suivante, gagne en France  puis se trouve en balance avec  un italien pour décrocher la toute première place de ce formidable challenge. La sélection  du vainqueur (promis à un volant chez SIGNATECH), se fera   au volant d’une NISSAN  370 Z. Jordan l’emporte, a le droit de disputer  la Série BLANCPAIN Endurance  et  fait parler la poudre. Parallèlement des  études d’ingénieur… en automobile, feront peut-être, sans doute ?? , de ce jeune de 22 ans, une recrue de choix pour l’écurie berruyère, qui saurait évidemment, comment compléter au mieux la formation sur proto, de cette pépite de talent.

Pour les autres places  chez SIGNATECH, il faut bien sûr distinguer la  voiture qui  disputera  l’intégralité du championnat et  la seconde  qui  évoluera en Europe et peut être à la course japonaise.  Pour les deux machines, une liste  globale est avancée. Nous en faisons notre interprétation.

 

 

Comment ne pas  voir la reconduction  toute naturelle de  Franck MAILLEUX sur la voiture « permanente » ? Né en 1985, ce  garçon pratique très jeune le VTT et le bi cross puis décroche un titre de champion de France juniors en  kart. Ce sera ensuite, la Formule Renault puis la F3 Euroséries en 2007.

En 2009 et 2010 l’Endurance accueille en son sein  le pilote  sur une Aston Martin,  avant de le voir  pour 2011,  intégrer la structure   Signatech avec  les très bons résultats que l’on sait. Même si la victoire libératrice fut longue à se dessiner, un titre mondial reste,  heureusement, une fabuleuse carte  de visite.

 

Comme  Signatech  mise  beaucoup sur la  jeunesse, comment ne pas accorder  une  priorité dans nos pronostics à Olivier LOMBARD pour décrocher ,lui aussi, une place de titulaire ? Ce surdoué du pilotage, a pratiqué 7 ans  le kart avant d’être  finaliste du volant ACO en 2007, c’est-à-dire à 16 ans !

Après  la Schoolarship BMW et le junior team de cette  marque, il dispute 3 courses en Le Mans Series en 2010, avant de faire un carton au niveau des résultats en 2011 chez GREAVES Motorsport : vainqueur à Estoril, Imola, Silverstone et aux 24 h du Mans, en LMP2  bien sûr avec la  belle ZYTEK.

Pierre RAGUES pourrait presque naturellement  revenir chez SIGNATECH avec qui il a disputé  deux fois (2009-2010) les 24 heures du Mans avant d’aller chez OAK en 2011.Ce pilote  formé lui aussi au kart où il débute à 10 ans, passe au sport automobile  en 2003  en Formule Campus, tout en  poursuivant  en karting , avec  une  belle victoire aux  24 h du Mans  en 2005.

Yuji IDE, ce japonais qui fit de la Formule 3 chez SIGNATURE en 2002 puis  vécut une expérience assez  malheureuse  en F1   sur la Super AGURI, fait partie des noms avancés. Actuellement  retourné  en Formula Nippon,  ce serait peut être le vecteur « utile » pour disputer la course du Japon, pouvant compléter  le programme européen de la seconde voiture.

Maxime JOUSSE (le frère cadet de Julien) jeune pousse  lui aussi, passé de la formule Campus à la F 3 en Italie via la Formula Palmer AUDI, réputé très rapide, pourrait se trouver derrière un volant d’endurance pour les quelques courses européennes.

 

Les Essais

En la circonstance, il  faut considérer deux types d’essais. En effet avec  la désignation de  Jordan  TRESSON comme équipier régulier en  championnat du monde, il est clair  que son bagage technique doit être complété. Il va ainsi rouler  en monoplace à l’Autosport Academy du Mans, mais aussi  avec l’ORECA LMP2 au Paul Ricard.

Pour le team d’endurance au complet 6 journées d’essais sont d’ores et déjà programmées sur la saison (Paul Ricard, Magny Cours). La journée test du 3 juin avant les 24 heures du Mans est  bien sûr au programme, mais pas les pré-tests de Sebring, pour des questions de distance et de coût.

Par ailleurs  avant le bouclage des  containers pour chaque course, une séance de déverminage est prévue sur le circuit de Lurcy-Lévis, pas trop éloigné de Bourges.

 

 

Avant ces essais il faut bien sur que les équipages soient désignés,  mais aussi qu’à partir des remontées d’informations opérées par SIGNATECH en direction de NISSAN, les réponses soient apportées en termes d’évolution par l’usine. Pour cette interface indispensable,  le team  s’est attaché  – à titre payant-, les services d’un ingénieur de la marque japonaise.

« Si  en termes de puissance on a ce qu’il faut  souligne  le manager, il reste à travailler  sur le contrôle de traction… »

On peut en déduire que les essais seront donc  bien utiles tant pour la machine que pour les pilotes.

A l’issue de cette rencontre fort riche nous demandons à Philippe SINAULT de  se  projeter  au-delà de l’hiver… nage.

Écoutons-le :

« Déjà beaucoup d’excitation  et d’enthousiasme à participer  à cette plateforme du nouveau championnat du monde  même si on  trouve pour notre part  que la forme de ce  nouveau championnat est  un  petit peu exigeante pour une première année d’existence . On travaille bien cet hiver   et l’on sait qu’on aura un bon package  pour défendre notre titre et jouer les avant-postes. L’année 2012 va être difficile, sous les aspects  que l’on connait, avec l’annonce de Peugeot, il y a quelques jours. Aussi, l’idée c’est de passer l’année 2012 sans encombre et d’être toujours en vie à la fin de la saison. Pour nous, la partie est importante. C’est la deuxième année avec NISSAN et on doit leur prouver définitivement qu’on est  le bon partenaire,  si demain   ils envisagent de passer en LMP1 ou sur un programme  d’une autre envergure que le LMP2. Donc voilà, nous  l’enjeu il est clair, c’est de  bien faire  notre travail  et d’être à la hauteur de notre partenariat avec Nissan  pour  pouvoir répondre présent de manière  opportuniste,  si  des  perspectives se présentent  pour 2013 ou 2014. »

 

 

Ces perspectives,  vous allez  essayer de les provoquer ?

« Oh oui, aujourd’hui il est clair, qu’il faut à la fois être un bon partenaire mais  également une force de proposition. Alors  on va essayer de provoquer chez eux l’envie et les moyens de  franchir ce pas. »

En LMP2, comment se positionne la concurrence ?

« Très bien. Il va y avoir  un très beau plateau en LMP2 en championnat du monde,  puisqu’on attend une dizaine de voitures, toutes de très  bon niveau. Quand je  vois qui engage des voitures, ce sont toutes des équipes reconnues avec de  beaux palmarès et des pilotes d’expérience… Oui, la  partie va  être  particulièrement difficile.  AF CORSE avec un véhicule connu va  avoir un très bon équipage, nos  amis de chez OAK auront une très belle auto aussi, l’écurie de nos amis GREAVES  vainqueur  des Le Mans Series et des  24 heures du Mans,  repartent avec une base connue et de très bons pilotes… Donc, c’est certain la partie  ne  pas  être facile, mais c’est aussi  parce que ça n’est pas facile qu’on aime ce métier là ! »

Ce métier de manager général, n’a rien avoir  celui d’un pilote de Formule 1. Et pourtant !

Pourtant Philippe SINAULT nous renvoie l’image d’un homme qui se réalise pleinement dans ses fonctions. Cette flamme de la passion à l’état pur pour la course,  pour l’éclosion de jeunes pilotes façonnés sur toutes les facettes comme on polirait un bijou, on la perçoit  dans ce regard  bleu acier, à tous les  moments de  notre rencontre.

Au-delà  de cet aspect personnel, on sent bien tout au cours de notre  visite  combien la conception du management portée par le boss irrigue le système SIGNATECH et constitue une culture d’entreprise commune. Les relations interpersonnelles sont empreintes de bonne humeur.

Courtoisie, professionnalisme et efficacité  sont conjugués à tous les étages, que  vous  sollicitiez un rendez-vous, demandiez  une précision, réclamiez une photo…En plus de  ces éléments perceptibles immédiatement, quand on vient de passer  une demi-journée au siège de l’entreprise,  ce qui  frappe surtout c’est combien Philippe SINAULT a  su conjuguer astucieusement course  et dépenses avec  marketing /communication et recettes. La conjonction de sa  passion initiale, de sa  formation, de sa conception d’un modèle économique compatible avec  tous les enjeux actuels de la crise  et de l’évolution inéluctable de la compétition, le conduisent à explorer une approche très collective de l’action. Ne dit-il pas :

«  La victoire n’est jamais le résultat d’une démarche individuelle et anonyme, elle est toujours le fruit du travail acharné d’une équipe et d’une communication efficace. »

C’est vers ces victoires  que  tous les personnels sont tournés derrière un meneur d’hommes,  incontestablement reconnu.

La préparation hivernale sérieuse et méthodique devrait les autoriser, tous ensemble, à y accéder  sans  problème !

En tout cas nous  leur souhaitons.

 

Texte : Alain Monnot

Photos : Alain Monnot , Signatech , A.C.O. et autonewsinfo

 

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