ENDURANCE : LE BUT DE TOYOTA : GAGNER LES 24 HEURES DU MANS EN 2013

 

Il y avait la foule des grands jours, ce mardi soir au Sofitel du vieux Port de Marseille pour la présentation officielle de l’équipe Toyota qui participera cette année aux 24 heures du Mans et à plusieurs manches du tout nouveau championnat d’endurance crée par la FIA et l’ACO.

Toute la presse automobile européenne rassemblée pour découvrir pour la toute première fois la dernière née de Toyota.

La nouvelle basée dans les locaux de TMG (Toyota Motor Sports Gmbh, à Cologne, en Allemagne) fera ses grands débuts en compétition le 5 mai prochain à l’occasion des 6 heures de SPA Francorchamps, seconde manche mondiale 2012.

Ensuite le team Toyota Racing compte bien engager 2 exemplaires de cette nouvelle TS030 Hybride aux 24 heures du Mans, qui se dérouleront les 16 et 17 juin 2012.

Plus tard dans la saison, la participation à d’autres épreuves reste à confirmer

 

 

Pour l’une des voitures, l’identité des pilotes est d’ores et déjà connue, puisque la firme japonaise nous les avait déjà annoncés, courant décembre 2011.

Il s’agit du trio composé du Français Nicolas Lapierre, de l’Autrichien Alexander Wurz et du Japonais Kazuki Nakajima, le fils de l’ancien pilote de Formule 1 Satoru, qui couru en Grand Prix chez Tyrrell à la fin des annèes 90.

L’identité du second équipage sera ultérieurement communiquée, mais ce lundi, on a « officieusement » appris le recrutement de l’ancien pilote de F1 de l’équipe Toro Rosso, le jeune suisse Sébastien Buémi.

Enfin, Toyota nous a annoncé ce mardi soir, le recrutement du jeune espoir italien Andréa Caldarelli, engagé en qualité de jeune pilote.

 

La TS030, succède aux TS010 et TS020, les fameuses GT-One, 2 Toyota emblématiques, qui se sont illustrées par le passé aux 24 heures du Mans dans les années 90, terminant sur le podium, après avoir obtenu, à 2 reprises la Pôle position.

Pour les fans, nous rappellerons que Toyota a débuté dans la célèbre épreuve mancelle en juin 1985, et qu’elle a obtenu son premier podium en 1992, et sa première pôle en 1999.

Toyota est le premier constructeur a confirmer l’engagement d’une voiture a motorisation hybride aux 24 heures du Mans.

Par cette démarche, la firme japonaise réaffirme son rôle de pionnier vis-à-vis de cette technologie, qui équipe déjà … 3,5 millions de véhicules Toyota et Lexus vendus dans le monde.

Conçu pour fournir des performances maximales, les groupe motopropulseur THS-R (Toyota Hybrid System Racing) se compose d’un tout nouveau V8 essence atmosphérique de 3,4 litres et d’un système hybride équipé d’un super condensateur de stockage mis au point par NISSHIMBO, partenaire officiel de l’écurie.

Les premiers essais officiels de cette Toyota TS030 hybride, sont prévus à partir de ce mercredi en présence des medias sur le circuit Provençal Paul Ricard

 

 

Interrogé, Yoshiaki Kinoshita, Président de l’écurie nous déclare :

« Bien sûr, nous serions plus qu’heureux de remporter le Mans… C’est le rêve de tout concurrent. Mais nous sommes réalistes : nous savons qu’il faut poursuivre le développement et l’apprentissage pour être en mesure d’affronter des adversaires très coriaces. Notre objectif cette année ? Montrer le niveau de performances de la voiture, et particulièrement de sa motorisation THS-R. La technologie hybride étant fondamentale pour Toyota, il est important de la mettre à l’épreuve dans l’arène des sports mécaniques, car nous voulons prouver ses atouts potentiels, tant en termes de  chronos qu’en économies de carburant. L’ensemble du personnel impliqué dans la conception, le développement et la préparation de la voiture – chez TMG comme à la Division Sports Mécaniques, au Japon – a travaillé d’arrache-pied pour parvenir à ce stade, et nous sommes tous très excités de ce retour sur les circuits. »

De son cotè, Pascal Vasselon, Directeur technique, nous explique :

« Les performances de notre TS030 Hybride reposent avant tout sur deux facteurs : l’aérodynamisme et le système hybride. Pour les motorisations hybrides, le règlement nous autorise à récupérer l’énergie au freinage afin de renforcer l’accélération en sortie de virage, et donc d’abattre de meilleurs chronos. Et à niveau de performances égal, un groupe motopropulseur hybride est moins gourmand en carburant. C’est donc une technologie tout à fait pertinente, que nous sommes impatients d’appliquer à l’endurance. Autre point clé du développement : l’obtention d’une efficacité aérodynamique. Pour l’optimiser, l’équipe TMG a beaucoup travaillé en combinant des essais en soufflerie et nos procédures ultramodernes de mécanique des fluides numérique (MFN – ou CFD en anglais, pour Computational Fluid Dynamics). À en juger par les retours positifs des premiers essais, nous avons là une très bonne base de départ sur laquelle nous allons travailler dans les semaines à venir. »

 

Quant à Hisatake Murata, Responsable du projet hybride, lui il ajoute :

« Toyota travaille depuis des années sur l’application des systèmes hybrides aux sports mécaniques, et a énormément progressé. Nous nous sentons maintenant prêts à confronter notre technologie au test absolu en la matière : les 24 Heures du Mans. Bien entendu, l’intégration d’une motorisation hybride pose d’autres difficultés que celles d’un moteur “normal”. Mais la technologie THS-R ayant été mise au point avec des partenaires tels que Denso, Aisin AW et Nisshinbo, elle fait partie intégrante du concept de la TS030 Hybride. Ce système permettra de récupérer jusqu’à 500 kJ entre les phases de freinage, une énergie que l’un des moteurs électriquesavant ou arrière pourra convertir en performances. La technologie hybride de Toyota a déjà remporté une course d’endurance : les 24 Heures de Tokachi en 2007, et nous transposons maintenant sa dernière évolution – le THS-R – sur la scène mondiale des sports mécaniques. Nous sommes bien conscients de la difficulté technique, mais nous voulons
relever ce défi. »

Coté pilotes, voici ce que nous confient les trois hommes :

Alex Wurz :

« La première fois que j’ai conduit la TS030 Hybride, c’était vraiment super : le
simple fait de quitter le garage en mode électrique est complètement futuriste. Puis, quand
on relâche l’embrayage et que le moteur thermique se met en marche, on a l’impression de
retrouver un vieux copain ! Quand nous avons chaussé les slicks, j’ai perçu la très bonne
adhérence de la voiture ; je pense donc que nous avons une bonne base et qu’il est possible
d’en faire une voiture vraiment rapide. Je suis très heureux, mais étant aussi d’un esprit
analytique, je sais qu’il reste encore beaucoup de travail. C’est vraiment bien de pouvoir
collaborer avec tous les mécaniciens et les ingénieurs – l’écurie Toyota Racing est très
internationale et elle fonctionne bien. Je m’y sens à l’aise car il est clair que tous sont de
grands professionnels. »

Nicolas Lapierre :

« Après les premiers tours de roues, ma première impression est positive : le châssis est vraiment évolué et le système hybride tourne très bien. La TS030 Hybride réagit bien au volant, en associant une réponse vive et efficace à un appui au sol impressionnant, ce qui donne au pilote un bon feeling. Ça n’a rien à voir avec tout ce que j’ai connu jusqu’à présent, car la philosophie est différente. Les premiers essais sont donc prometteurs, et nous avons vu le potentiel de la voiture à plusieurs niveaux. Il nous reste encore beaucoup à faire, mais je pense que nous aurons une voiture compétitive. Et comme nous partons d’une page blanche, c’est un challenge enthousiasmant. »

Kazuki Nakajima :

« J’ai vraiment hâte de prendre le volant de la TS030 Hybride. J’en ai longuement parlé avec Alex et Nicolas pendant les premiers essais, et elle a manifestement un grand potentiel. Comme j’ai passé beaucoup de temps dans le simulateur de pilotage TMG, je me suis familiarisé virtuellement avec la voiture ainsi qu’avec le circuit du Mans, mais il est temps maintenant de passer au monde réel. C’est une grande chance pour moi, et j’attends avec impatience de pouvoir courir avec Toyota Racing en Championnat du Monde d’Endurance FIA. Ce retour au Mans avec une motorisation hybride est un enjeu de poids pour Toyota, mais c’est aussi pour tous les pilotes une véritable opportunité, et j’espère que mon expérience récente en Super GT me sera bénéfique. C’est formidable de faire partie de
ce projet, et je suis très motivé pour la saison à venir. »

Toyota Racing en Championnat du Monde d’Endurance FIA :

C’est en 1983 que Toyota s’est engagé pour la première fois au Championnat du Monde d’Endurance de la FIA, signant le début d’une longue participation dans cette discipline – dont plusieurs éditions des 24 Heures du Mans : treize, et trente-six voitures en lice au total. La marque est montée à trois reprises sur le podium – toujours sur la seconde marche – et, en comptant ces résultats, a terminé neuf fois dans les six premiers. En qualifications, Toyota s’est aligné quatre fois sur la première ligne, dont une fois en pole position. En 2012, la marque revient à l’endurance via le Championnat du Monde d’Endurance de la FIA, où elle engagera dans certaines manches un proto hybride LMP1 : la TS030 Hybride. Le châssis a été conçu et construit par Toyota Motorsport GmbH (TMG), siège de l’écurie et qui accueillait auparavant les écuries usine Toyota de Formule 1 et de Championnat du Monde des Rallyes. En 1998-1999, TMG s’était en outre chargé de la conception et de l’exploitation de la GT-One d’endurance, la TS020 Toyota.

(A suivre)

Gilles GAIGNAULT

Photos : TMG – Bernard Asset – Raymond Papanti

FIA WEC Sport

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