ENDURANCE : HIVERNAGE CHEZ… LARBRE COMPETITION


Nous débutons aujourd’hui une série de reportages, devant  nous conduire à rencontrer  diverses  écuries françaises engagées dans  les compétitions  automobiles  ou motocyclistes d’endurance.

Pour chacune de  nos visites, nous nous efforcerons d’appliquer la même trame de questions, ce qui devrait permettre aux lecteurs  d’autonewsinfo, de pouvoir comparer les approches des uns et des autres et peut être aussi, de trouver des points de convergence dans les méthodes de travail.

Nous avons intitulé  cette série HIVERNAGE CHEZ… et le hasard  des calendriers, nous fait débuter par une visite chez Larbre  Compétition, avec la rencontre  de Jack LECONTE, patron incontesté de ce Team, multi titré.

Alors que  nous nous étions mis d’accord depuis des semaines sur le principe d’une rencontre, pour la fixation de la date,  les choses  furent très simples : Un seul jour convenait si l’on  voulait tenir compte de la disponibilité du boss, mais aussi de la présence de l’équipage N° 2 de la saison 2012 et des voitures, avant leur expédition  pour les USA.

HISTORIQUE

 

Ne brûlons pas les étapes et déroulons  notre plan qui appelle un  historique et une présentation de la structure.

Ici, jouxtant directement le circuit du Val de Vienne, ce que l’on pourrait qualifier d’usine est abrité  dans un bâtiment moderne que l’on visitera  tout à l’heure.

Jack LECONTE nous reçoit aimablement dans un bureau rempli de trophées et couvert de tableaux évoquant la course. L’ambiance de la compétition est donnée  par  une vitrine regroupant les voitures  miniatures qui ont défendu les couleurs de Larbre Compétition. Ne nous attardons pas trop ici, puisque dans la journée, toute la partie administrative de l’écurie déménage dans d’autres locaux voisins rachetés au syndicat intercommunal et où, l’on s’affaire pour brancher  le téléphone et se raccorder à Internet !

 

 

Une oreille à l’écoute du casque qui distille les infos en provenance de la piste où roule la Corvette, un œil sur l’ordinateur ou sur le portable qui affichent  mails  ou SMS, celui qui préside aux destinées de Larbre Compétition, répond sans détour à nos questions.

Fils de notaire, Jack LECONTE, après des études de droit, bifurque radicalement en se tournant vers le transport et la logistique. Pratiquant la moto tout  terrain  il se  tourne pourtant vers la voiture en créant en 1988 une division sport automobile. L’histoire  commence de s’écrire avec  des PORSCHE 944 puis 911 et les grands débuts en endurance interviennent en 1991 avec  les 24 heures de Spa et un certain Jürgen BARTH.

On remet le couvert en 1993  et  l’usine  propose alors que Larbre  s’occupe des GT  962, puis des PORSCHE 911 RSR qui réalisent d’ailleurs un doublé à Spa en 1994.. De 1993 à 2001 le sponsor  principal Jean Luc CHEREAU accompagne  cette période PORSCHE  où des pilotes de renom comme Bob WOLLECK, Jean Pierre JARIER ou Jacques LAFITTE vont réaliser des  prouesses en GT  tant à Jarama, aux 1000 kilomètres du Paul Ricard ou pour la première course en Chine à Zhuhai, en novembre 1995.

On verra  même une victoire, devant les protos aux 1000 kilomètres de Suzuka !

Pourtant vainqueur du Championnat GT  FIA devant l’usine de Stuttgart en 2000, l’écurie Larbre n’est  pas reconnue comme cela aurait du être mais reprend le flambeau des couleurs VIPER, porté alors par ORECA, pour obtenir ensuite chaque année,  un titre mondial, mais sur  des véhicules de marques différentes.

Voyons les  grands titres  obtenus par Larbre depuis une dizaine d’années :

Champion du monde N-GT Team et Pilotes 2000 sur PORSCHE
Champion du monde FIA GT Team et Pilotes 2001 et 2002 CHRYSLER VIPERGTSR
Champion  et vice champion de France FFS GT 2003 CHRYSLER VIPERGTSR
Champion LMS 2004 FERRARI 550 Maranello
Champion du monde FIA GT 2005 FERRARI 550 Maranello
Champion LMS 2006 ASTON MARTIN DB9
Champion de France FFSA GT 2008 SALEEN S7R
Champion ILMC et LMS 2010 SALEEN S7R
Champion ILMC  et vainqueur 24 heures du Mans GT Am  2011 CORVETTE C6R

BILAN 2011 ET ORIENTATIONS 2012

La saison 2011 fut une réussite  en championnat du monde FIA Grand tourisme Endurance Am, avec le titre pour la Corvette N° 50 De Patrick BORHNAUSER Julien CANAL. En Championnat de France GT TOUR, on ne reviendra pas sur les aléas de la gestion sportive de ces épreuves  qui ont  conduit  l’écurie à retirer la PORSCHE de Patrick BORHNAUSER et Laurent GROPPI, avant la dernière épreuve au Paul Ricard, alors que  le titre était tout à fait envisageable.

Pour 2012, suite à cette situation, le partenaire DEMECO, a décidé de lever le pied, quant au GT Tour.

« Ça tombe bien, nous  déclare Jack LECONTE,  en Championnat du monde  nous avions préféré faire très  bien avec une seule voiture, plutôt que médiocrement  avec  deux. Notre objectif étant toujours  la réussite en circuit, cette année, soulagés par notre abstention en Championnat de France, nous allons  pouvoir  tout focaliser sur deux  Corvette C6, pour lesquelles nous avons demandé  l’engagement dans le nouveau Championnat du monde d’endurance, en catégorie GT.AM»

Sans attendre la publication officielle de la liste des engagés, le 17 janvier  les voitures et le matériel sont  partis pour les États Unis. La voiture N° 50 sera aux couleurs de DEMECO, MAC DONALDS et MOTUL  et celle qui pourrait porter le numéro 70, sera : MATMUT, OFI SEQUANA Hôtels et MOTUL.

Calendrier 2012 du Championnat du monde d’endurance (WEC)

17 mars: 12 Heures de Sebring (USA)
5 mai: 6 Heures de Spa-Francorchamps (Belgique)
16-17 juin: 24 Heures du Mans (France)
25 août: 6 Heures de Silverstone (Grande-Bretagne)
15 septembre: 6 Heures de Sao Paulo (Interlagos, Brésil)
29 septembre: 6 Heures de Bahreïn (Sakhir, Emirats arabes unis)
14 octobre: 6 Heures de Fuji (Mont Fuji, Japon)
x novembre (date à définir): 6 Heures de Chine (lieu à confirmer)

ON FAIT QUOI EN HIVER ?

Organisation générale

Précédemment installée en Normandie la structure a déménagé en 1993 sur le site du Val de Vienne  pour ouvrir dans sa définition actuelle en 1995. Avec le transfert de l’administration  dans  les locaux voisins de la technopole, les ateliers vont couvrir dorénavant la totalité des 2000 m2.

Le team  comporte en permanence 9 personnes : le boss,  un directeur des achats responsable d’atelier, un ingénieur d’exploitation responsable des ressources humaines, 3 mécaniciens spécialisés, un spécialiste des matériaux composites, 1 peintre et  une assistante de direction. N’oublions pas de mentionner l’efficace Madame LECONTE pour ce qui concerne la communication.

Pour assurer l’interface technique avec le constructeur des Corvette, tant  pour ce qui concerne le développent que l’exploitation en course, Larbre s’adjoint les services d’une structure autrichienne  dont  nous avions pu mesurer l’efficacité  lors des dernières 24 heures du Mans. En liaison permanente avec ces techniciens de GRAZ, l’équipe du Vigeant traite  toutes les interventions ici, sur place : de la révision des  moteurs  ou des  boîtes, à l’aménagement adapté de l’habitacle en passant par  les questions de carrosserie. En cas de  besoin de  pièces mécaniques l’approvisionnement se fait en Angleterre  chez ces spécialistes incontournables des «  fournitures » de compétition.

 

Logistique

La saison 2012 va reposer en grande partie sur la maitrise des questions logistiques. En effet, lorsque l’on regarde le  calendrier qui n’affiche  que  trois courses en Europe et présente une quasi impossibilité de revenir sur ses bases poitevines dans la seconde partie du championnat, il convient de prendre  les  bonnes décisions dès l’hiver  pour  ce qui concerne : les dates de déplacement, les programmes d’essais, les lieux de travail entre deux courses, la disponibilité des pièces nécessaires  à  une telle campagne , l’acheminement des personnels (équipe permanente, équipe de course, pilotes).

En fait cela tombe  bien,  Jack LECONTE  spécialiste des transports  adore  traiter ces questions logistiques et  comme il le dit avec un sourire :

« Vous savez, en la matière, j’ai un peu d’expérience. Avec une de mes sociétés Racing logistique  je travaille avec les World Séries by Renault, avec Stéphane RATEL, avec la MATMUT  pour ce qui touche aux stages  sécurité dans la France entière. Pour nous aider  lors de ce  championnat du monde, nous pourrons bénéficier des services prestataire, agréés par l’Automobile Club de l’Ouest et , nous  nous arrangeons avec les  autorités des circuits  pour pouvoir s’installer  plusieurs jours avant la course, sur place. Ceci étant, il n’empêche que  tout doit être  pensé  maintenant et que l’on n’a  guère le droit à l’erreur. »

 

 

Nous comprenons vite que  tout ici a été conçu  pour une très grande rationalisation de ces questions d’organisation, de maintenance et  de  préparation des nombreux déplacements. D’abord les camions remorques  rentrent totalement dans des cellules à l’abri, donnant directement sur les autres parties de « l’usine ». On peut  charger/décharger  sans grand déplacement. Les entrepôts  voisins  regorgent  de caisses de transport aérien préparées en permanence  selon un tableau de chargement précis   toujours identique et parfaitement identifié. Audrey, l’assistante efficace, va sans tarder  se rapprocher de la chambre de commerce  pour  les  documents douaniers et le premier transport de la saison  va s’opérer en direction des premiers essais à SEBRING.

Budget

Chez LARBRE Compétition, le maître mot semble  bien être « la maîtrise ». C’est évident  pour la logistique et, ça ne l’est pas moins pour le budget. Ici ni langue de bois, ni faux fuyant. «

La saison  coûte 3 700 000 euros, nous déclare le manager. Pour une saison en championnat de France  GT  l’engagement d’une  voiture coûte déjà de 400 000 euros.

Alors en championnat du monde … c’est  quand même un tout autre format. Comme vous le savez  nous nos pilotes apportent une contribution. »

Avec  la réputation de l’écurie et les fabuleux résultats qu’elle a engrangés depuis 10 ans on peut penser qu’ils furent assez nombreux à frapper à la porte. Et même avec un ticket d’entrée  peut être fixé à 500 000 euros,  il y a eu sans doute  une sélection. Toutefois dans la maison, la tradition  de la fidélité est une valeur appréciée à laquelle on travaille, alors  rien d’étonnant à, ce que  l’on retrouve au niveau des pilotes, des habitués.

Pour être tout à fait précis sur ces questions financières  il faut  bien considérer que lorsque Larbre  Compétition frappe à la  porte d’un constructeur ou d’un manufacturier, on doit s’accorder assez vite sur des conditions privilégiées de collaboration. C’est le cas avec CORVETTE pour une tarification privilégiée et des bonus possibles avec de bons résultats.

Ecurie de développement  chez Michelin en 2011, Larbre  est en cours de négociation de son contrat avec un  manufacturier.

 

Atelier

Les plans de l’atelier  ont été concoctés par le patron lui même qui semble très attaché  à ce que  tout ici, comme  dans la phase d’exploitation, soit très rationnel. La clarté de chacun des locaux  et la propreté quasi chirurgicale des  divers secteurs parcourus nous frappent. Nous découvrons au passage  que l’écurie a réparti ses locaux selon trois types de véhicules. Une cellule GT, une autre  pour les  formules monotypes  et enfin celle dévolue aux véhicules d’endurance. Au passage  nous remarquons que des travaux de rénovation ont été entrepris dans l’ex atelier formule monotype, sur  la FERRARI Prodrive de Colin Mac Rae aux 24 heures du Mans,  sur une PORSCHE 962 ou encore une Lamborghini GT1 de l’écurie DAMS.

 

 

Dans l’atelier GT où la PORSCHE Demeco (refaite à neuf après les incidents de  course du GT Tour, bien stockée à l’écart sous une  bâche) était entretenue, on découvre  une OPEL ex-Ragnotti en cours de travaux  en vue d’une participation  au Tour Auto historique d’un client passionné :

Pierre Louis MARIE présent pour prendre livraison de « sa machine » avec son équiper Jean Pierre BLASER. Ce sont là des travaux d’hiver  nous précise-ton au passage.

 

 

Un brin de fierté (non usurpée) dans la voix, Jack LECONTE, lâche au passage dans l’atelier carrosserie :

« Comme  vous pouvez le constater, chez  nous  tout est nickel ! »

Effectivement dans les espaces réservés à la carrosserie,  au traitement du carbone ou du kevlar, à la cabine de peinture ou au laboratoire dédié à la maintenance des boîtes de vitesses  et des porte- moyeux, on a le sentiment que la poussière est traquée en permanence. Même souci de propreté et de discrétion aussi cette fois, les engins 3 roues  ou les  voitures aux couleurs MATMUT (qui servent  pour des stages de sécurité routière 72 jours par an) sont stockés sagement dans les coursives.

Le rangement de l’outillage, la fonctionnalité de chacun des emplacements, la lumière généreuse contribue sans aucun doute à un confort de travail qui n’est sans doute pas étranger  à l’application que chacun des membres de l’équipe apporte à sa fonction dans des conditions optimales de travail.

Les Pilotes

Pour ses deux  voitures, le manager qui cultive fortement avec ses pilotes l’esprit maison, n’est pas allé très loin  pour constituer  ses équipages. La N° 50 toute auréolée de son titre mondial 2011 repartira avec Patrick BORNHAUSER et Julien CANAL, le troisième pilote n’étant pas encore  « sélectionné ».

Celle qui pourrait porter le N° 70 est d’ores et déjà prévue avec un trio, lui aussi maison :

Jean-Philippe BELLOC (Champion du monde  avec Christophe BOUCHUT chez Larbre en 2001 !) , Pascal GIBON et Christophe BOURRET qui étaient déjà ensemble chez Larbre  pour les 24 heures du Mans 2011 sur une PORSCHE GT3 RSR qui termina seconde en GT … derrière la Corvette  … de Larbre.

 

 

En regardant de plus près la composition de ces deux équipages, il est facile de noter que les très expérimentés BORNHAUSER et BELLOC  sont les capitaines de route chargés de faire profiter de  leur longue expérience  leurs petits camarades qui possèdent tous de solides références.

Jean Philippe BELLOC,  a vraiment couru  dans un  nombre incroyable de catégories. Jugez-en plutôt :

Karting, Formule Renault F3 (Champion en 1994), F 3000, Formule Indy, Carrera Cup,  AMLS, 24 h de Daytona (déjà sur Dodge mais ORECA) et bien entendu les 24 h du Mans  lors de 8 participations.

 

Patrick BORNHAUSER avec  sa  moisson  de  titres  remportés avec l’écurie du Vigeant sur des  voitures aussi diverses qu’ASTON, MARTIN, SALEEN ou DODGE Corvette et ses 4 participations aux 24 heures du Mans est  une excellente référence pour le jeune manceau  Julien CANAL qui, après la Formule Renault, la PORSCHE Carrera Cup, apparait en 2008, au volant d’une Corvette aux 24 h de Spa et remporte en GT AM, l’édition 2011, des 24 heures du Mans, avec Patrick BORNHAUSER et Gabriele GARDEL.

Nous devrons attendre quelque temps avant de connaitre le nom de celui qui sera appelé à remplacer ce dernier dans le baquet de ce qui  constitue l’équipage phare de la maison, même si les petits nouveaux entendent bien apporter leur pierre à l’édifice, c’est-à-dire tout simplement ramener à la maison, un nouveau titre de Champion du  monde,  comme cela semble bien être la coutume ici !

Les essais

On ne trouve par de Corvette dans l’atelier et pour cause. L’une d’elles a déjà été mise en container  et l’autre  vrombit sur la piste  à moins de 10 mètres de là.

 

Comme  nous l’indique clairement, Jean-Philippe BELLOC

« Il ne s’agit pas à proprement parler d’une séance d’essais, mais  plutôt d’une journée zéro, sans pression, sans chronos, tout juste pour découvrir la voiture, pour s’habituer. On se renifle, on  prend nos marques, on cherche à  s’apprivoiser mutuellement (pilote –voiture et réciproquement,) et ensuite nous  passerons  au stade habituel des essais c’est-à-dire de  la recherche des performances. »

Jean-Philippe,  le Toulousain, a passé  son diplôme d’état de Jeunesse Éducation populaire  et sport option circuit et pratique le coaching auprès de pilotes.

Il assure également la responsabilité  pédagogique des opérations sécurité routière de la Matmut, rien d’étonnant donc à ce qu’il combine ces deux approches pour aider ses coéquipiers –qui viennent de la PORSCHE–  à appréhender la voiture. Il se montre donc aux  petits soins pour eux, ces deux  chefs d’entreprise, aux références solides en matière de pilotage  mais  très appliqués au pilotage et attentifs aux informations délivrées par leur camarade à chaque retour de run.

 

Pascal GIBON, tout comme Christophe BOURRET, sont de vrais  »gentlemen drivers » avec leurs activités de chefs d’entreprise dans l’immobilier ou l’Investissement, mais aussi avec de solides références automobiles  acquises depuis près de 6 ans en  championnat d’endurance VDV, Legend cup toujours sur des Porsche  y compris  bien sur  aux 24 heures du Mans 2011 avec la seconde place  en GT, chez Larbre.

Leur approche Photo connivencede la course est très professionnelle et leurs échanges avec Jean- Louis BROUILLET, le  jeune ingénieur d’exploitation en témoignent.

 

A la pause déjeuner l’équipage se retrouve avec le team manager. Une grande connivence  règne entre eux. Jack LECONTE, tout en plaisantant, mesure le degré d’adaptation des pilotes à la monture qu’ils découvrent, tout en se projetant dans les courses  à venir.

« Comment  êtes  vous installés au volant, N’êtes  vous pas trop gênés  pour la vision ? Vous avez-vu comment effectuer  les changements de pilotes ? Vous allez devoir vous entrainer  à attacher  vous –mêmes et de manière  quasi instinctive,  les  brins inférieurs du harnais afin que les temps d’arrêt soient les plus réduits possibles. »

Comme on peut en juger il n’est pas question de temps  au tour. Ce sera  pour  plus tard, lors des essais  à Sebring les 8 et 9 février, où les  deux  équipages   vont participer à cette séance  officielle   organisée  par l’American Le Mans Series.

Ensuite il y aura des essais  autant que de  besoin, ici  sur le circuit du Val de Vienne et  bien entendu les essais Pré Le Mans le 3 juin.

Pour l’heure, les réactions  sont positives, nous attrapons au vol quelques échanges du genre : « t’as vu  on a l’impression  de sans cesse  pouvoir freiner plus tard ;  la boîte c’est cool ; la voiture elle  est facile très douce et fort agréable ; oui les sensations sont très  bonnes… »

 

Jean-Philippe BELLOC qui est passé de la Corvette GT1 à la GT2 nous dit :

« Retrouver l’ ADN et une vraie filiation DODGE dans la voiture », qu’il laisse le plus souvent aux mains de ses  jeunes coéquipiers.

Christophe BOURRET résume  bien l’état d’esprit de l’équipage lorsqu’il nous déclare :

« Dans ce championnat, on y va  avec  beaucoup d’humilité. Notre  premier  objectif est de  finir  les courses. A la fin du championnat on verra, mais c’est souvent dans ces conditions qu’on a de bonnes surprises. »

Entre  leurs activités professionnelles souvent à grande responsabilité, les  nombreux  voyages, les  essais  et les  courses, les 6 pilotes  de l’écurie sont engagés dans un programme  de mise en forme physique aussi important, à leurs yeux que les essais.

Xavier FEUILLEE, responsable d’une structure : 3-2-1- PERFORM, dirige à FONT-ROMEU  l’institut de développement des performances du pilote, où il organise pour eux 5 stages d’une semaine. Une approche globale du pilote est développée autour des axes mentaux, physiques et nutritifs. De plus,  ce coach physique,  concocte  un  programme  particulier d’entretien  pour chacun des pilotes. Lors des 24 heures du Mans 2011, Patrick BORNHAUSER  nous avait dit le plus grand  bien de  cette initiative et était  effectivement apparu très affûté.

Christophe BOURRET  confirme

« N’avoir connu  aucune difficulté à passer 10h30 dans la caisse » et vante l’approche développée par cet institut, que fréquente également … Sébastien OGIER.

 

A l’issue de cette rencontre fort riche, nous demandons à Jack LECONTE de  se  projeter  au-delà de l’hiver… nage.

Écoutons-le :

« C’est sûr que nous allons être très attentifs à la construction d’un nouveau championnat. On a disputé une dizaine de championnats FIA, on en a remporté un sur deux, on connait  aussi l’Automobile club de l’Ouest. Larbre ayant  participé avec les deux types d’organisation, on ne devrait pas être véritablement surpris. Ce tour du monde va être un peu particulier sur la deuxième partie de la saison, donc on va  déjà essayer de  bien construire notre position avant de partir dans la Temporada du mois de septembre  au mois de novembre. On a l’atout, cette année, de courir avec deux voitures. Ainsi,  les enseignements  tirés  d’une voiture  peuvent être extrapolés sur l’autre alors que  nous étions  bien isolés avant. Nous sommes donc assez sereins puisque de plus, cela permet d’emmener plus de matériel. Avec deux engagements  nous avons plus de  volume et ces capacités logistiques  viennent s’ajouter comme un avantage. Donc  ça devrait  être  une saison  où nous  aurons  beaucoup de travail, mais aussi de nombreux atouts. Comme vous le savez, nos pilotes  se préparent au mieux physiquement et la motivation de  tous est  très grande. Sur la N° 50, il y a l’expérience d’une saison en ILMC .Les  jeunes sur la seconde Corvette,  ont décidé de rattraper une partie de l’écart qui peut les séparer de la grande sœur, en essayant de s’habituer à la voiture, aux procédures… L’objectif étant d’être  vraiment prêts dès la première course de la saison. »

 

Nous ne prétendons pas avoir percé  les secrets de la réussite quasi insolente de  cette écurie, mais nous sommes bien persuadés  qu’à l’image du patron chacun des membres de l’équipe a bien compris qu’il lui faut dans son domaine pouvoir mettre tous les paramètres de son action sous contrôle. Les rôles sont définis, l’objectif est clair :

Chez LARBRE, on doit être champion. Pour tous, cela est une évidence et même si les mécaniciens nous glissent  comme boutade :

« Oui vous avez raison, nous allons  être absents plus de 4 mois et  à l’arrivée,  nous serons champions et tous divorcés ! »,

Nous comprenons bien que les vertus : travail, application, organisation, abnégation sont à l’œuvre chez LARBRE Compétion, été comme… hiver.

 

Texte : Alain Monnot
Photos : Alain Monnot, Patrick Martinoli et Team Larbre compétition

FIA WEC Sport

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