DAKAR 2012 : PREMIERE VICTOIRE POUR HOLOWCZYC. DESPRES S’AFFIRME

 

Jusqu’ici, personne n’est resté indifférent aux dunes blanches de Fiambalá, dont le sable a par exemple planté les motards par dizaines lors de leur première visite, et qui a également été fatal aux espoirs de victoire de Carlos Sainz à deux reprises, en 2009 et en 2011.

Cette année, le parcours a été dédoublé pour offrir un confort de conduite optimal à tous les véhicules.

A moto, les contretemps devaient selon David Castera plus sûrement venir des erreurs de navigation que des difficultés de franchissement.

Les concurrents ont aussi connu quelques frissons en roulant sur une étroite piste à flanc de montagne, avant d’aborder le secteur de dunes.

Totalement différent,le parcours réservé aux autos et camions emmènait plus longuement les pilotes dans le sable.

Despres en gestionnaire, Holowczyc première

La 28ème victoire d’étape de Cyril Despres sur le Dakar lui permet de soigner son avantage sur Marc Coma au classement général. La concurrence peine à suivre les deux champions.

Cyril affichait un beau sourire après ce nouveau triomphe :

‘’Après la première journée on pouvait imaginer que beaucoup d’autres pilotes allaient se mêler à la bagarre. Finalement pas tant que ça ! Il y a très peu d’écart en ce moment, et on joue avec des deux minutes. Aujourd’hui c’était plus facile pour moi parce que je suis parti derrière lui. Peut-être que demain ce sera l’inverse. Alors la marge que j’ai sur lui, c’est un coussin confortable. Mais il peut vite disparaitre, alors il faut que je garde le même état d’esprit, la même concentration.’’

En auto, une quatrième Mini a gagné une spéciale : celle de Krzysztof Holowczyc, qui s’impose pour la première fois sur une étape du Dakar.

Le duo se précise en motos. Entre Cyril Despres et Marc Coma, les confrontations sont toujours intenses. Et leur virtuosité au guidon commence à les éloigner de façon significative des autres prétendants.

Les intempéries qui ont obligé les organisateurs à raccourcir la spéciale du jour ont également privé Despres de réaliser un véritable break dans les dunes de Fiambala. Il a toutefois pu ajouter 1’41 » à son capital-temps par rapport à Coma, en s’imposant après 185 kilomètres de pistes et de rios, qu’il a en grande partie passés dans la roue de son adversaire… et néanmoins coéquipier.

Au classement général, les 9’50 » de retard du tenant du titre ne constituent pas un obstacle insurmontable, sachant que ses coups d’éclat peuvent être retentissants.

 

Le Grand Marc qui racontait :

‘’ Ça a été une autre étape dure et compliquée, l’étape mythique de Fiambala. La spéciale a été un peu raccourcie. Au niveau physique  c’est bien, mais pour moi, plus il y a de kilomètres, plus il y a de difficultés,  plus il peut se passer des choses et je peux avoir des opportunités. J’ai commis une petite erreur et je la traîne. Mais je suis là, toujours en course pour gagner. Maintenant une nouvelle course commence avec l’Atacama.  On va voir ce qui se passe.’’

 

Derrière le duo, le gap est en revanche bien plus impressionnant, et s’agrandit chaque jour d’environ une dizaine de minutes.

Frans Verhoeven, qui avait réussi hier à tenir une allure presque comparable à celle des deux champions, n’a tenu qu’une cinquantaine de kilomètres avant de s’arrêter pour des problèmes mécaniques.

Le Hollandais a réussi à reprendre son chemin, mais le retard pris remet probablement en question ses objectifs de Top 5.

Pour le moment, Helder Rodrigues reste le plus régulier dans la poursuite des duellistes, mais pointe à 47 minutes. Sorti du jeu après une étape catastrophique hier, Joan Barreda reste quant à lui candidat à une victoire de spéciale : il montre une fois encore, en signant le 3ème temps du jour, que ses numéros peuvent payer ponctuellement.

C’est aussi le registre dans lequel peut s’exprimer Stefan Svitko, signataire du 4ème temps de la spéciale, à 13’05 » de Despres.

Premier pas pour rentrer dans le club des gens qui comptent, la victoire d’étape faisait probablement partie des objectifs intermédiaires de Krzysztof Holowczyc.

Le Polonais était déjà passé deux fois à côté cette année, privé de scratch à Santa Rosa par Novitskiy, et à San Juan par Roma, a été récompensé de sa régularité par une victoire de prestige au sortir des dunes de Fiambala.

Le pilote Polonais de Mini était ravi de ce premier succès d’étape sur le Dakar :

‘’La spéciale était en fait assez facile, car il a dû pleuvoir la nuit dernière ce qui a rendu le sable beaucoup plus porteur, et j’ai pu vraiment attaquer. Mais bien sur certaines cuvettes dans les dunes restaient très molles et il fallit vraiment bien accélérer dans les montées, je suis d’ailleurs passé juste à côté de giniel qui était planté. Bon ça reste une spéciale piégeuse, mais vraiment sympa à piloter, surtout que j’ai changé encore mes réglages de suspensions et aujourd’hui la voiture volait littéralement au-dessus des dunes.’’

Chez X-Raid, désormais ce sont quatre des cinq Mini engagées qui ont remporté une étape !

Peter lui, était au final, content de sa journée :

‘’ On a bien limité la casse car nous ne nous sommes pas perdus, même si pour cela on a dû un peu ralentir pour ne pas rater la bonne passe dans chaque dune puisqu’on ouvrait mais en tout cas, nous n’avons jamais tourné en rond. Donc je suis assez content, même si on ne va surement pas gagner la spéciale. En tout cas, la spéciale a été raccourcie parce qu’il y avait trop d’eau dans les oueds, et déjà nous en avons trouvé des bien pleins, donc les organisateurs ont vraiment bien fait de couper cette partie trop boueuse.’’

Celle du jour aurait pourtant pu revenir à un Hummer. Robby Gordon et Nasser Al Attiyah continuent de souffler le show et le froid sur la course. Gordon ne termine l’étape qu’à 1’01 » d’Holowczyc, et reste le premier poursuivant des Mini, 4ème à 13’32 » de Peterhansel.

L’Américain qui pensait avoir gagner l’étape, lâchait :

‘’On a attaqué du début à la fin sans commettre la moindre erreur, hormis une intersection manquée mais qui ne nous a pas coûté grand-chose. la voiture a fonctionné à la perfection. Je suis un peu surpris de me faire battre par Holowczyc, mais c’est qu’il a dû faire une très belle spéciale. Mais bon, nous reprenons trois minutes à Peterhansel, ce qui est très bien, mais bon il y a encore une longue route à parcourir.’’

Nasser Al Attiyah a quant à lui signé les meilleurs temps intermédiaires sur l’étape, avant d’être stoppé par la rupture du câble d’arrivée d’eau de son radiateur.

Huitième au général, le pilote qatarien n’a pas pour autant fini d’assurer le spectacle.

Nasser expliquait sa mésaventure du jour :

‘’ La sangle de la roue de secours s’est détendue et la roue a arraché l’arrivée d’eau au moteur qui du coup a surchauffé, donc nous avons dû nous arrêté de longues minutes pour réparer puis re-remplir le réservoir d’eau, et nous avons perdu beaucoup de temps. Mais qu’est-ce que je peux y faire ? On roulait super bien, j’attaquais au maximum et nous pointions largement en tête de la spéciale. Mon but aujourd’hui était de reprendre au moins dix minutes à tout le monde, et c’est ce que nous étions de faire avant ce problème… donc oui… encore une grosse déception!’’

 

Orlando Terranova s’y connait également en spectacle, et l’avait montré en piste hier en signant le deuxième temps. Celui qu’il a donné en coulisses s’avère beaucoup moins glorieux. Après une altercation à rallonge avec son copilote dans la soirée, l’Argentin s’est montré intransigeant et inflexible, rendant une réconciliation impossible :

« Andy Grider a été traité de façon irrespectueuse, et il est parti. Je n’ai jamais vu un truc pareil, c’est une histoire de fou », raconte Jean-Marc Fortin, patron du Team Overdrive.

Résultat, le Toyota Hilux numéro 308 n’a pas pris le départ !!!

Voilà le genre de péripétie qui ne risque pas de se produire avec Giniel De Villiers, qui a perdu un bon quart d’heure dans les dune mais qui reste 5ème du général, à 21’01 » de « Peter ».

 

En quad c’est une 3ème victoire argentine de suite qui marque l’étape.

Marcos Patronelli, vainqueur  2010 de l’épreuve,  domine son frère Alejandro, le tenant, de moins de deux minutes et Tomas Maffei de 4’08.

Seul Lucas Bonetto s’accroche au trio infernal mais finit la spéciale du jour avec 26’41 de retard. Au général le trio est seul au monde et la victoire finale, sauf gros problème, se jouera entre  Maffei aujourd’hui leader pour 35 secondes devant Alejandro et qui ne devance Marcos, 3ème, que de 2’04 ».

 

Aujourd’hui, la victoire la plus disputée du jour s’est jouée dans la catégorie camion, et précisément entre Gerard De Rooy et Ales Loprais.

Et la tendance observée depuis le début du rallye se confirme : les pistes argentines sourient au clan hollandais.

De Rooy remporte sa troisième étape cette année, avec seulement 14 » d’avance sur son rival tchèque. Et derrière eux, Miki Biasion  et Hans Stacey sont encore les plus rapides, juste ce qu’il faut pour figurer dans le classement du jour devant les Kamaz de Nikolaev et Ardavichius.

 

De Rooy qui engrange était un ‘’camionneur’’… HEU-REUX :

‘’Encore une très bonne journée pour nous, puisque nos 3 camions arrivent dans les premiers. il va falloir attendre un peu pour savoir eaxctement les positions, mais de toute façon, c’est bien…. Les premières dunes étaient très molles mais avec le couple de nos camions, ce n’est pas un souci… Mais bon, nous prenons les jours les uns aprèsles autres, et nous jouons la startégie d’équipe en vue du général pour éviter que Loprais ou les Kamaz ne puissent faire un trop gros coup. Normalement, les Kamaz devraient être plus menaçants que ça, mais pour l’instant la course tourne en notre faveur.’’

Loprais, prècisant :

‘’ La spéciale d’hier a été beaucoup plus difficile pour nous, car nous avons dû rouler les 120 derniers kilomètres sans pare-brise, ce qui n’était vraiment pas simple avec tous les gués à traverser! Aujourd’hui, ça s’est bien mieux passé, et nous avons juste couru contre le chronomètre en essayant d’être le plus rapide possible dans une spéciale vraiment typique du Dakar. Cela dit, la course se décidera selon moi dans la 2e semaine, alors pour l’instant nous survivons jusqu’à la journée de repos, et ensuite nous verrons quelle stratégie adopter…’’

 

Dans la nuit, le concurrent n° 500 de la catégorie camion, le Kamaz du grandissime favori avznt le départ, celui de l’équipage Russe composé du trio Nikolaev, Savostin, Rybakov, a été exclu de l’épreuve par le collège des commissaires pour comportement anti-sportif  (article 29 P. CSI  chapitre XI art 151 C  du règlement) lors de l’étape 4 dont l’arrivée a été jugée à Chilecito.

(A suivre)

 

Gilles GAIGNAULT

Photos : X raid – Red Bull – ASO -DPPI

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