AFRICA RACE : LE GOUDRON, PAS LES PLUMES!

 

La spéciale du vendredi a été annulée et l’Africa Race s’est rendu à l’arrivée par le goudron.

Incroyable d’ailleurs, le même jour, à 10 000 km de distance, les deux Rallyes Raids les plus extrêmes sont bloqués par la météo, la neige en Amérique du sud, le vent de sable en Mauritanie …

Quel destin !

On a narré ici les deux journées difficiles des concurrents de l’Africa Eco Race, dues à un tracé superbe de Metge, mais viciées par un sable extrêmement mou et hier, un début de vent de sable.

C’est évidemment l’avantage de la Mauritanie, on peut, avec d’assez gros détours cependant, rejoindre les étapes par la route.

C’est ce qu’a décidé René Metge pour l’étape de ce vendredi.

L’une des raisons est la fatigue des concurrents.

A défaut, tout le monde était parti pour y perdre des plumes.

Les concurrents mais aussi le Grand Sachem!

Et un Sachem sans les plumes, ça le fait moyennement…

Les concurrents en ont vraiment bavé…

Écoutons Schlesser, à l’arrivée de la spéciale de jeudi.

« Cette spéciale était extrêmement difficile. De plus, il y avait peu de visibilité. Nous avons eu beaucoup de mal à passer dans le sable car tout comme hier le terrain était très mou. Au km 200, il devait manquer un cap ou le cap mentionné sur le road-book était faux car essayer de passer était tout simplement impossible. Je suis même revenu en arrière pour aller chercher un point sûr.  Malgré tout, cette étape était magnifique mais vraiment très difficile.»

Clairement, le grand était crevé. Alors, on imagine les autres!

Bon, être épuisé n’empêche pas la noblesse…

Jean Louis Schlesser, a aussi félicité Elisabete Jacinto d’avoir amené un camion à la victoire d’une spéciale de rallye-raid.

Avant elle, seul Jan de Rooy, dans les grands années du Paris-Dakar, avait réussi le même prodige.

Les camions n’ont jamais été aussi bien placés sur un rallye tout terrain puisque Tomas Tomecek et Vojtech Moravek occupent la 2ème place au scratch autos-camions alors que Elisabete Jacinto, José Marques et Marco Cochinho sont quatrièmes.

Pour l’instant, le Tatra Tchèque devance le Man Portugais d’environ une heure vingt alors que les Belges Noël Essers, Marc Lauwers et Peter Belmans sont classés troisièmes des mastodontes du désert.

Cependant, la spéciale de demain comportera encore des dunes et d’après José Maria Servia, l’ouvreur du Sonangol Africa Eco Race qui vient tout juste de boucler les reconnaissances de la dernière spéciale vers le Lac Rose, le sable sera à nouveau très mou et ce paramètre pourrait à nouveau occasionner des bouleversements dans les différents classements.

Et pendant que les concurrents en découdront sur la piste, le camion d’organisation du Sonangol Africa Eco Race aura livré à l’hôpital militaire de Nouakchott, environ une tonne de matériel médical récupéré à l’hôpital des Invalides à Paris, composée de béquilles, déambulateurs, attelles, etc… Du matériel offert par l’association Handicap Nord Sud et le Club Sportif de la Défense.

ELISABETE JACINTO ET SES DEUX INCREVABLES ÉQUIPIERS.

Nous avions interrogé René Metge, jeudi soir,  sur sa décision de prendre le goudron ce vendredi.

« Après la journée d’hier qui fut plus compliquée que prévu, certains concurrents sont rentrés très tard. Certains ont passé la nuit dans les dunes. Ils n’ont donc pas participé à la spéciale d’aujourd’hui. Ce n’est pas grave car le règlement leur permet de continuer. En revanche, nous avons vécu une nouvelle étape très difficile aujourd’hui. Nous avons d’ailleurs dû l’écourter car le sable était trop mou et le vent de sable empêchait de voir le relief. Du coup les concurrents n’ont pas trouvé les bons passages et nous avons pris la décision de les arrêter au kilomètre 267. Demain, la météo prévue est la même avec du vent de sable. Cela signifie que le sable sera encore très mou et compte tenu de la difficulté de certaines parties du tracé, nous avons décidé d’annuler purement et simplement la spéciale. En effet, il n’est pas possible de la couper en deux ou de neutraliser certaines portions. Et puis, la fatigue commence à s’accumuler pour les concurrents et nous ne voulons pas risquer des incidents. C’est toujours un déchirement de devoir annuler une spéciale sur laquelle on a beaucoup travaillé mais c’est plus sage. Cela permettra à tous de récupérer avant la dernière étape entre Tenadi et Kebemer qui sera encore un gros morceau. »

RENE METGE :GRAND CHEF, GRAND SAGE…
Ce que veut René, c’est une compétition sans pitié qui arrive sur la plage de Dakar.
Comme le précise le logo de la course, on est ici sur les traces de Thierry Sabine.
Qui lui aussi a annulé certaines spéciales.
René est totalement dans la généalogie des grands africains.
Il sait aussi que quand le désert a la bonté d’avertir, il est impossible aux minuscules microns que sont les hommes d’aller le défier.
On vit avec, jamais contre…
C’est loin la mer?
Voir ci-dessous…
Jean Louis BERNARDELLI

PHOTOS :  Alain ROSSIGNOL et Jorge CUNHA

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