AFRICA RACE : A L’EST DES DUNES…

 

Journée de repos sur l’Africa Race 2012.

Pas de chronos. La vie, juste la vie, la belle, l’entière, la totale, l’absolue.

Quelques photos sympas d’Alain Rossignol, toujours à l’affût de belles histoires en photo. L’Africa Race comme si vous y étiez en somme…

D’abord le village d’hommes cher à Saint Exupéry.

Le bivouac.

VILLAGE PEOPLE…

 

Si l’eau est la vie, le feu en est la contrepartie, la survie en somme.

Bien sûr, il permet de se réchauffer, de faire à bouffer mais surtout, il est un point de ralliement, là où l’on se raconte sa journée,.

C’est aussi la lumière, le principe du phare des marins, celui qui rassure.

L’installation paraît sommaire mais elle est le fruit de milliers d’années de vies nomades dans le désert.

Les tentes caïdales sous lesquelles on s’abrite sont faites de tissu très lourd, qui est donc une vraie protection contre le vent et un isolant thermique.

Car dans le désert, la nuit, il fait un froid pelant.

Et dans la journée, quand la chaleur est inhumaine, la tente caïdale reste un endroit frais.

On y dort aussi.

Magnifiquement.

Sur le sable, on a disposé des tapis, épais, moelleux.

Un matelas, un lit de camp, un duvet et même pour les gens comme moi qui ont un sommeil de merde, les nuits sont un véritable cocon.

Pendant ce temps, les mécanos bossent. dans le froid.

Jamais, jamais on ne dira à quel point ces gars là sont les vrais dieux de l’histoire.

C’était déjà vrai du temps de Mermoz!

Et le lendemain, ils se tapent la piste!

Anonymes, ils sont pourtant la base d’un team.

Justice leur soit rendue! (parce que chaque soir, alors qu’ils ont passé la nuit à faire un bijou, on leur ramène une bagnole pourrave!).

Et puis, au petit matin, on remet ça.

Seul inconvénient de ce sport, on se lève tôt.

La nuit est alors agressive, mais le premier bonheur du jour, chantait Françoise Hardy, est un rayon de soleil.

On se met en file, on attend, on part un par un, et c’est reparti pour une journée d’adrénaline.

Alors c’est de la dope le désert?

Voilà lecteur, tu as compris.

Et il n’y a pas de cure de désintoxication possible.

PEU DE MONDE MAIS UN MONDE FOU…

Un vrai bivouac à taille humaine, c’est en effet peu de monde.

En revanche, le brin de folie est une autre constante des pistards.

C’est vrai que l’on peut honnêtement se demander pourquoi ces gens décident de dépenser un pognon monstre, claquer leurs jours de congés, abandonner des épouses et des familles éplorées pour aller se taper le cul dans le sable et la poussière… pas d’explication sur ce point!

Ou alors, plusieurs raisons.

Il ya en a dont c’est la vie, ils sont des pros du truc, ils en vivent.

Cyril Esquirol, à gauche sur la photo ci-dessus, est Champion du Monde d’Enduro, et son pilote, Jean Louis Schlesser, est l’un des palmarès les plus brillants du sport mécanique français.

Champion du Monde dans plusieurs disciplines, l’endurance (ex sport Prototypes) et le Rallye Raid.

Il est aussi le constructeur de ses autos.

Il ya quelques nostalgiques.

Qui, au milieu de cette avalanche de technologie, aiment bien partir au volant de voitures mythiques.

Ainsi, sur la photo ci-dessus, voit on l’équipage Olivan- Colleie, à bord d’un Toyota sublime mais pas totalement de dernière génération.

Aucune chance au scratch de chaque spéciale mais ils s’en foutent.

Des originaux, il ya en d’autres…

Les Allemands Erik Brandenburg et Wolfgang Starkloff, sont venus eux, avec une Porsche 911…

Ils en bavent comme des russes, on imagine que cette auto n’est ni faite pour le sable, ni faite pour la caillasse, ni pour les traversées d’oueds…

Le fait est qu’ils arrivent tard au bivouac.

Bien sûr, on se souvient que Porsche, avec Metge, avec Ickx, a gagné le Paris- Dakar, mais, il s’agissait de protos coûtant des millions d’euros, avec une assistance digne d’une escadrille de Mirage IV!

Non ici, c’est un pari avec eux-mêmes.

Ce sont les plus beaux défis de la vie…

Et puis il ya les tenants de l’infiniment petit. les fameux SSV.

Bien dingues aussi.

Il est vrai que ces petits engins sont marrants à piloter.

Un peu comme on peut s’amuser sur un kart.

Mais essayez de monter à deux sur un kart, de vous y faire secouer comme un cocktail dans un shaker, et le tout pendant au minimum dix heures par jour!

Incompréhensible?

Lionel Terray, alpiniste , appelait sa corporation « Les conquérants de l’inutile ». C’est peut être le pied ultime, de faire tout ça pour rien… sauf pour soi!

 

Demain c’est la Mauritanie. Des murailles de sable. On change de monde. Mais celui du Rallye Raid lui, reste tel quel. Il a un nom… l’enthousiasme.

Jean Louis Bernardelli

Photos : Alain Rossignol- Desert Runner

 

 

 

 

Sport

About Author

jeanlouis