AFRICA ECO RACE: LE MONO… POLLI !

Oscar Polli est ce soir, nouveau leader de la course moto de l’Africa Race. Dans le civil il a une école de Motocross, dont il est donc le…mono!

Aujourd’hui, il a d’ailleurs donné une leçon de désert à son adversaire direct, Norbert Dubois.

POLLI (IN ZE) POCKET…

Oscar Polli est italien.

Un vrai talent et une vraie carrière. Pilote de motocross depuis 1982,  il a participé entre autres au Championnat italien de cross sur sable ! Une sorte de prédestination sans doute…

Puis grosse carrière Africaine, avec participation au Paris-Dakar, aux Pharaons, et double victoire en Tunisie.

Bref, pas n’importe qui. ce qui explique son formidable passage en tête des motos de ce rallye Africa Race 2012.

Cela s’est fait en deux fois.

Vendredi, alors qu’il y avait un paquet de navigation, il a repris facilement la minute qui le séparait de Norbert Dubois au départ, puis il a roulé avec lui.

Sur la fin, le terrain devenait plus motocross, il lui a pris deux minutes et samedi matin, au général, il y avait…trois secondes entre les deux pilotes!

NORBERT DUBOIS

Samedi, sur la piste, Dubois, le grand spécialiste du Rallye Raid, s’est arrêté à deux reprises.

Polli a, lui envoyé du gaz, sans se tromper une fois, on peut le suivre sur l’Iritrack de bout en bout, et il gagne la spéciale haut la main, en prenant au passage, la place de leader au général.

Il est donc en cette nuit  de réveillon, 10 minutes devant Dubois et une heure quarante, devant Moreau.

Bien joué…

LA PISTE DU PATRIARCHE…

RENE METGE, DIEU DE LA PISTE...

Quand on zoome sur Google Earth, c’est incroyable, on lit la piste empruntée par les concurrents.

Et ya pas à dire, Metge mérite encore une fois son surnom de  »Grand Sachem ».

Trouver dans un fatras démentiel de pistes et partant dans tous les sens, la bonne voie, la belle voie, vers le bivouac est un véritable… jeu de pistes dans lequel René est passé grand maître, et ce depuis des siècles.

Son tracé est sublime.

On roule le long de la frontière Algérienne, d’abord dans de petites dunes salopes comme pas deux, puis dans les colosses de dunes de l’Erg Chegaga, pour retrouver après un grand frisson à fond sur le lac Iriki, (à sec…) un mélange de rocaille  et de pistes plus roulantes.

Bref, c’est d’ailleurs le génie du Maroc, on trouve en 400 km un concentré de toute l’Afrique! (Euh, les baobabs et les pistes en latérite, ce sera plus loin quand même…).

AUTOS ET CAMIONS: ON TIRE (DÉJÀ!) LES ROIS…   

Le roi des autos du dernier jour de l’année (on dirait un nom de secte, d’ailleurs les pistards sont des gens très initiés!) c’est Régis Delahaye (photo ci-dessus), sur son buggy du Team MD.

Il a roulé derrière Loomans et Schlesser, avec donc un magnifique panache de poussière devant lui.

Schlesser, tel Bayard eût donc pu dire aujourd’hui « Ralliez vous à mon panache blanc » ce qui lui irait comme un gant, ce mec est un vrai Chevalier.

SCHLESSER EST TOUJOURS LEADER AU GENERAL

Puis, quand Schlesser s’est arrêté, Delahaye a mis le coup de rein final et passé tout le monde au scratch.

Bon, il colle trois minutes à Loomans, quatre à Schless’, le tout sur quatre cent bornes, mais ça fait du bien de toute façon…

Au général, les trois voitures sont dans un mouchoir, ce qui est bien après quatre jours de course.

A l’approche des monstrueuses dunes de Mauritanie, rien n’est vraiment gravé dans le marbre et tant mieux!

Pour le Buggy Sonangol Schlesser, ce ne sont pas les dunes mais bien une crevaison qui ont ralenti la progression de l’équipage. La troisième place sur le chrono du jour et près de 6 minutes d’avance au général, Jean-Louis Schlesser et Cyril Esquirol conservent l’avantage.

Sur les 414 km de spéciale entre Mhamid et Icht, les concurrents du Sonangol Africa Eco Race n’ont pas boudé leur plaisir en franchisant l’Erg Chegaga et en s’offrant une pointe de vitesse sur le magnifique chott du Lac Iriki. Une journée variée et haute en couleurs. Pour le Team Sonangol Schlesser, seul grain de sable, une crevaison qui coûte sans doute la victoire d’étape au « Renard du Désert ».

 « Nous sommes partis gentiment ce matin. Jackie Loomans est passé mais s’est planté dans la deuxième dune. Nous nous sommes donc retrouvés en position d’ouvreur dans les dunes ! A la fin du cordon, au CP, nous nous sommes arrêtés quelques minutes pour vérifier les pressions de pneus. Jackie Loomans en a profité pour reprendre l’avantage et nous avons suivis dans sa poussière. Malheureusement, un peu plus loin, nous avons été victime d’une crevaison. Régis Delahaye a saisi sa chance et signe le scratch ! C’était une très belle spéciale, une de plus… L’année prochaine (c’est à dire demain !), nous allons souffler un peu et cela ne fera pas de mal. Nous n’aurons « que » 290 km de spéciale. »

Cyril Esquirol apprend à apprécier, un peu plus chaque jour, sa vision de la course du baquet de droite.

« Encore une bonne journée et une belle étape. J’avais beaucoup d’appréhension en abordant le cordon de dunes mais finalement, tout s’est remarquablement bien passé. Le Buggy Sonangol Schlesser m’impressionne chaque jour un peu plus. »

 

LE ROI DES LOURDS…

Il y a un autre souverain aujourd’hui, c’est le Tchèque Tomacek.

Avec son très puissant Tatra, il a littéralement survolé la course, ce qui, on l’imagine, n’est pas facile, pour un ….pachyderme !

UN ÉLÉPHANT (TCHÈQUE) TROMPE ÉNORMÉMENT...

L e Tatra fait le cinquième temps au scratch autos-camions, arrivant, quarante quatre minutes, après Delahaye.

Et pourtant, il ya eu des dunettes où les éléphants doivent être à peu près aussi à l’aise qu’un… hippopotame en équilibre sur un nénufar.

Il ya eu un lac séché où il est loin des 200 km/h du père Schlesser.

Il ya eu un putain de gros erg (de la dune énorme partout), le Chegaga, où certes il a des chevaux mais un plantage de camion, c’est pas la peine de faire un dessin.

Et pour finir du caillou où il faut éviter de crever.

Avec tout ça, le mastodonte ne prend que quarante minutes de retard et laisse derrière lui pas loin de cinquante bagnoles!

Le rallye se targue à juste titre de passer dans les traces de Thierry Sabine, c’est sûr que là on y est complètement!

On se souvient avec émotion de la légende De Rooy, dont le fils roule sur le Dakar Sud américain.

Et au général, ce samedi soir, le Tatra est quatrième, à une heure cinquante de Schlesser…

Voilà un vrai Tchèque… certifié!

JACINTO PREND L'EAU...

Du coup, notre chère héroïne n’a pas de veine. (Y avait un jeu de mots là…)  Elisabete Jacinto et son Man perdent une place au général, et surtout se retrouvent seconds, en classement camion.

Et oui, (ce coup là je l’annonce avant, le jeu de mots…) la Portugaise s’est ensablée…

LES DAUPHINS,AUTREMENT DIT LES PETITS ROIS…

MORIN-VERMELOUX, LES PETITS DU GRAND ERG...

Les SSV, alias  « Side by Side Vehicle », sont de tous petits engins au bruit rageur, rigolos comme tout à piloter, qui secouent un peu l’équipage comme une serpillière dans une machine à laver, mais ça fait aussi un rallye-raid à budget réduit et de façon très originale.

On ne vois (hélas!) plus les motos à side car (famile Renders au Paris-Dakar) mais voilà une nouvelle épopée.

Celui-ci est un Polaris, marque canadienne ultra-performante dans le motoneige, un autre engin drôle à manier parce que ça se pilote comme une baleine et que personne, au départ ne sait comment piloter une baleine…

Ils sont vingt-et-un au classement général et c’est vachement bien.

SAINT HUBERT…

Un petit mot sur un autre héros du Paris- Dakar, avec Schlesser et Metge, ce rallye ne manque pas de vainqueurs de légende!

Hubert Auriol, est en piste au volant d’un buggy, avec son pote Jean Paul Forthomme.

Avec leur sponsor Multimarque, ils lancent aussi une opération humanitaire, ce qui est bien aussi dans la tradition de Thierry Sabine.

Il s’agit d’apporter des fonds à la « Chaine de l’espoir » pour financer l’achat de matériel médical pour un hôpital pour enfants au Sénégal.

LE BUGGY D'AURIOL ET FORTHOMME

Auriol a eu une mauvaise journée d’entrée, dans un oued.. Il était vingtième et a repris trois places. Il est toujours une vraie star ici.

En Afrique d’ailleurs, on ne s’y trompe pas. Le buzz  cartonne autour du souvenir du grand Sabine alias » Sierra », même si ses vrais descendants partent ce dimanche de Mar del Plata, la légende africaine est toujours là. (Sierra est le « S » de l’alphabet international des marins et aviateurs).

Dimanche, au programme de cette désormais légendaire Africa Race,  Seulement 290 km de spéciale, la plus courte du rallye sur un tracé plus rapide. Les concurrents plongeront encore un peu plus au Sud en ralliant le bivouac d’As Sakn.

290 km donc de spéciale dans le grand sud marocain, du très cassant en suivant des lits d’oued, puis un lac séché pas très sec, donc mou, une vraie saloperie à contourner, puis du roulant jusqu’à As Sakn, en plein milieu de nulle part, pas très loin de l’océan, que l’on va suivre pour entrer en Mauritanie.

Les traces de Sabine sont encore presque visibles…

 

Jean Louis Bernardelli

Photos: Alain Rossignol- Desert Runner.

 

CLASSEMENT MOTO A ASSA:

1. Oscar Polli, KTM. 2. Norbert Dubois, KTM, à 9’54. 3. Xavier Moreau, KTM, à 1H43′. 4. Hervé Thierry, Yamaha, à 3H10′. 5. Joseph Palacios, KTM, à 3H19′. 6. Thomas Shattat, Yamaha, à 4H 02′. 7. Christophe Coureau, Honda, à 4H 08′. 8. Gilles Vanderweyen, BMW, à 4H 24′. 9. André Lenoble, Yamaha, à 4H 27′. 10. Bertrand Besse, Suzuki, à 8H 33′.

CLASSEMENT AUTOS-CAMIONS A ASSA.

1. Schlesser-Esquirol,(Buggy Sonagol-Schlesser). 2. Delahaye-Zhiltstov (Buggy MD Rallye) à 5’48. 3. Loomans-Driesmans (Overdrive) à 22’25. 4. Tomecek-Moravek (Tatra) à 1h 52′ (et premier camion…). 5. Jacinto-Marquez-Cochinho (Man) à 2H 33′. 6. Fromont-Fromont (Buggy) à 2H 47′. (7. Turon-Barrère-Haquette (Buggy) à 3H 08′. 8. Imshoot-Zoetaert Toyota) à 3H 38′. 9. Florin-Cotel (Cotel) à 4H 26′. 10. Kamoun-Driss (Toyota) à 4H 36′.

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