AFRICA RACE : GRAND SUD, GRAND BLEU…

Roulant!

C’est ce qu’avait dit Metge dans son briefing du jour. Et ça, le grand Schless’, il l’a entendu. Alors il a envoyé du lourd, le buggy bleu.

Il a gagné l’étape et se retrouve du même coup en tête du général avec dix minutes d’avance.

UNE SPÉCIALE PÉTÉE DE DUNES…

LOOMANS, SECOND DE LA SPÉCIALE

La spéciale quitte la rive sud de l’Atlas pour se diriger sud-ouest vers Mhamid, en laissant Zagora, très au nord.

Du coup, on est un peu sur la piste perdue, les endroits ultra fréquentés par les raiders ne sont pas là.

A peine 8 km de liaison et ensuite 383 km d’une spéciale magnifique, la montagne s’éloigne derrière, le sable monte…

Bref, c’est un jour pour les navigateurs.

Roulant donc, mais plein de possibilités de se perdre, avec des bifurcations au milieu de nulle part à ne pas rater, sous peine de perdre un paquet de temps. Hier, Cyril Esquirol qui navigue le père Schless, a un peu pataugé, pas beaucoup mais un peu jardiné quand même.

C’est que ça va vite un buggy!

Et on n’a pas le temps de réfléchir, c’est une question de réflexes automatiques sur la lecture des appareils, et c’est un vrai cockpit de Boeing!

Cela dit, Schlesser lui a donné quelques cours, tout en pilotant à 160 km/h, il faut le faire mais il est comme ça le  »Grand Bleu ».

Esquirol, c’est le genre à piger très vite. L’enduro, sa spécialité à moto, est un truc plein de pièges aussi.

Bref, en ce premier jour de vraie navigation, il a fait fort, le pilote a pu envoyer comme il l’a voulu.

Bilan, victoire de spéciale, dix huit minutes de mieux que Loomans et vingt deux minutes devant Delahaye.

Le «Renard du Désert » reste toutefois prudent, connaissant trop bien les pièges que recèlent les pistes marocaines.

« La spéciale était très belle et je la trouve encore plus belle car nous l’avons remportée ! Nous avons traversé de très beaux paysages, notamment des plateaux et des vallées à perte de vue. »

Et, il précise :

« Très rapidement, après le départ, nous avons rattrapé Régis Delahaye et avons décidé de le suivre. Vers le km 100, il a eu un peu de mal à trouver sa route et nous en avons profité pour passer. Immédiatement, nous avons mis les chevaux ! Seule petite frayeur du jour, un immense trou d’eau à 5km de l’arrivée. »

Avant de conclure :

« Demain, la spéciale sera longue… Avec 415 km de secteur chronométré et l’Erg Chegaga à passer, rien n’est jamais joué d’avance. »

Pour Cyril Esquirol, cette deuxième journée en piste fut beaucoup plus « détendue ».

« Tout s’est beaucoup mieux passé aujourd’hui de mon côté. Nous y sommes allés crescendo afin de prendre nos marques. Le parcours était moins piègeux et l’annonce des notes plus espacée, ce qui m’a laissé un peu souffler comparé à hier. Je suis rentré dans la course avec moins de pression. Les nombreux changements de cap sont toujours difficiles mais je sens que cela se passe mieux. Pour l’anecdote, je n’avais plus croisé un road-book depuis une bonne dizaine d’années… »

 

DELAHAYE SECOND AU GENERAL

Et belle cerise sur le gâteau, la première place au général.

Demain, le buggy Sonangol partira donc le premier, avec plus de 400 km de spéciale et des vraies saloperies de petites dunes pour commencer.

Ce qui veut dire que ça secouer et que le navigateur sera seul au monde.

La leçon d’aujourd’hui était donc totalement salutaire!

Et encore une jolie performance d’Elisabete Jacinto, sur son camion Man, sixième au scratch de la journée et maintenant en tête des mastodontes avec   douze minutes d’avance sur le Tatra de Tomecek.

C’est clairement insuffisant pour contrer le manque puissance du Man dans le sable épais. Et il arrive, le sable…

Cela dit, dans les dunettes autour de Mhamid, là où le somptueux Rallye du Maroc de notre ami Stéphane Clair a écrit il ya quelques mois, une très belle page de son histoire,  je peux vous dire, pour y être allé (beaucoup) m’amuser et pelleter (un peu), le mot dunettes qui peut faire croire que c’est fastoche, est une connerie.

C’est un champ de mines, ce truc.

TERRIBLE TERRAIN DE JEUX

Ou tu passes à donf et tu fais des sauts de 20 mètres, ou tu restes scotché !

Si Jacinto pilote en bijoutière, ce qu’elle est, elle peut encore bien assurer.

MOTOS: ON SE SUCE LA ROUE…

POLLI UN PEU ACROBATE...OUPS!

Voilà une expression entendue pour la première fois il ya très longtemps, dans les années 80, quand Auriol et Rahier, coéquipiers chez BMW, se battaient comme des chiffonniers pour la victoire au général.

Rahier, peu spécialiste de navigation, suivait assez fidèlement Auriol dans les secteurs de dunes, ce qui avait le don d’énerver prodigieusement Hubert, on peut le comprendre d’ailleurs. « Il m’a encore sucé la roue arrière toute la journée » disait à l’époque, le Grand, en colère.

Et Rahier, ancien triple Champion du monde de moto-cross, quand ça devenait du terrain difficile, mettait du gaz et partait loin devant.

NORBERT DUBOIS

C’est un peu ce qui s’est passé aujourd’hui à moto.

Dubois, vainqueur hier, et l’italien Polli, ont fait ce qui s’appelle dans la marine une « route de conserve ».

Bref, ils ne se sont pas quittés.

Comme Polli est parti derrière Dubois, il l’a rattrapé, ça c’est assez facile, il ya la poussière devant, puis il a roulé avec lui.

Et du coup, il gagne la spéciale.

Avec deux minutes d’avance, ce qui n’est pas suffisant pour prendre la tête du général.

Euh… Il s’en faut de trois secondes!

Ce qui signifie que demain Polli partira encore derrière Dubois. Et pourra le rattraper …

XAVIER MOREAU,TROISEME

Le troisième de l’étape et du général, est Xavier Moreau.

Toujours une KTM, et le style hyper-sportif qui va avec, comme en témoigne la photo prise par Alain Rossignol, ci-dessus.

Il est bien seul au classement, à presqu’une heure des deux devant, dix huit minutes devant Palacios, encore une KTM.

En tous cas, il ya cette année une vraie course moto.

L’an dernier, ils étaient si peu nombreux, quatre ou cinq, qu’ils roulaient ensemble, s’arrêtant le cas échéant, si l’un d’entre eux était en carafe.

Cette année, c’est carrément plus sportif

Demain donc, la plus longue spéciale de la partie marocaine offrira les premières vraies difficultés de franchissement dans le sable.

On descend de Mahmid à Assa, c’est la spéciale la plus longue des cinq tracées au Maroc, sur plus de 400 bornes. Du sable mais aussi du très roulant sur cet endroit quasi unique au monde qu’est le lac Iriki.

On roule à fond et on voit plein de mirage

 

Sur la photo ci-dessous, ce n’est pas de l’eau au fond de l’image…

On va se perdre, on va pelleter dans les dunes, foncer comme des tarés sur le lac, on va casser du matériel mais comme toujours, après s’être demandé ce qu’on fout là, on ne donnera sa place pour rien au monde!

Pas sûr que tout le monde soit là au bivouac, pour le réveillon!

Bivouac, ce que Vatanen appelait très joliment  »l’hôtel 40 000 étoiles »

Jean Louis BERNARDELLI

Photos : Alain ROSSIGNOL-DESERT RUN

Classement général autos à Mhamid:

1. Schlesser-Esquirol (Buggy Sonangol Schlesser). 2. Delahaye- Zhilstov (MD) à 10’22. 3. Loomans-Driesmans (Overdrive) à 23’39. 4. Demonceaux-Castan (Bowler) à 39’09. 5. Jacinto-Marques-Cochinho (Man) à 1h00 26 ». 6. Fromont-Fromont (buggy) à 1h08. 7. Tomecek-Moravek (Tatra) à 1h12′. 8. Martin-Metz (Volkswagen) à 1h14. 9. Florin-Cotel (Cotel) à 1h40. 10. Imshoot-Zoetaert (Toyota) à 1h48.

Classemnt général motos à Mhamid:

1 Norbert  Dubois (KTM). 2. Oscar Polli (KTM) à trois secondes! 3. Xavier Moreau (KTM) à 52 ‘. 4. Joseph Palacios (KTM) à 1h18. 5. Thomas Shattat (Yamaha) à 1h56. 6. Hervé thierry (Yamaha) à 2h01. 7. Christophe Conreau (Honda) à 2h07. 8. Gilles Vanderweyen (BMW) à 2h14. 9. André Lenoble (Yamaha) à 2h28. 10. Ennio Cucarachi (KTM) à 5h07.

 

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