AFRICA ECO RACE: C’EST PARTI!

C’est le premier grand évènement sportif de l’hiver, dénommé officiellement Sonangol Africa Eco Race, un très beau et très légendaire Rallye-Raid qui emmène ses concurrents de France à Dakar.

Parti hier, de la ville de Saint Cyprien, avec un succès populaire considérable qui rappelle les foules qui faisaient la fête au départ du Paris-Dakar, le convoi de 350 personnes, réparti sur plus de cent véhicules, est parti à destination du sud de l’Espagne.

Jeudi matin,  les concurrents ont déjà débarqué au Maroc et couru leur première spéciale.

Direction plein sud sur des pistes alternant parties roulantes et portions techniques faisant la part belle au pilotage, sans oublier de nombreux changements de direction ayant mis les co-pilotes à rude épreuve.

Une mise en jambe plutôt musclée dont certains concurrents ont déjà fait les frais.

SAINT CYPRIEN SUR TROCADERO…

Le Paris-Dakar devenu Dakar de nom et Sud Américain de parcours, a laissé des souvenirs de folie lors de ses départs au Trocadéro et Place de la Concordeà Paris, puis sur le parvis du Château de Versailles. Sans oublier l’Esplanade du Château de Vincennes

C’est un peu cette ambiance là que les Pyrénées Orientales ont réussi à récréer, lors du départ de la station balnéaire de Saint Cyprien, à quelques km de l’Espagne.

Il faut dire que la présence d’Hubert Auriol et de Jean Louis Schlesser, multiples vainqueur du Paris-Dakar, qui font l’Africa Race comme concurrents, de René Metge, également vainqueur de cette course de légende, qui est lui directeur de course, et de visiteurs prestigieux comme Pierre Lartigue, encore un vainqueur africain, avait de quoi faire halluciner les milliers de spectateurs présents.

C’est clair, si juridiquement cette course ne peut utiliser le mot Dakar, la légende elle, se fout un peu des appellations contrôlées…

C’est bien elle qui était là, avec les spectateurs, après une journée sous un temps magnifique.

Saint Cyprien s’enorgueillit d’ailleurs d’être l’endroit le plus ensoleillé de France!!!

 C’est Schlesser qui est parti le premier, direction le sud de l’Espagne, à près de 1000 km de là.

Puis les 50 véhicules de la catégorie autos et camions, les 16 motos, les 10 concurrents de la catégorie raid.

Un gros succès à Saint Cyprien, une descente de l’Espagne sans histoire et une première étape marocaine difficile parfaitement négociée, tel est le bilan plutôt positif de Jean-Louis Schlesser, Cyril Esquirol et leur Buggy Sonangol Schlesser.

Après le succès remporté par Jean-Louis Schlesser et son nouveau Buggy Sonangol Schlesser auprès des nombreux spectateurs présents à Saint Cyprien pour les vérifications techniques et administratives, c’est par l’autoroute que l’équipe Schlesser Aventure a rejoint Almeria dans le sud de l’Espagne pour embarquer sur un Ferry, direction Nador au Maroc.

 

SCHLESSER-ESQUIROL,GRANDS FAVORIS

Un petit coup de bateau pour passer la Méditerranée et le Rallye débarquait au Maroc.

Une traversée de la Méditerranée sans histoire au cours de laquelle Jean-Louis Schlesser et son nouveau co-pilote Cyril Esquirol, triple Champion du Monde d’Enduro, en ont profité pour peaufiner la première étape marocaine du Sonangol Africa Eco Race.

Une étape de 622 km dont 277 km de spéciale. Direction plein sud sur des pistes alternant parties roulantes et portions techniques faisant la part belle au pilotage, sans oublier de nombreux changements de directions.

NADOR-TARDA : LA PLUS COURTE…

REGIS DELAHAYE

240 km de liaison, pas facile, cette partie du Maroc est très peuplée, très active et le trafic routier est énorme.

Puis 270 km de spéciale, très cassante au début, il ya eu beaucoup de pluies sur la région et les pistes sont dévastées, puis franchement roulante.

Encore 112 km de liaison et l’on s’arrêtera à Tarda. Enfin une vraie nuit! A condition qu’elle soit entière, et qu’on n’en passe pas une partie sur la piste. ce qui va être le cas d’un paquet de concurrents.

Trouver des pistes nouvelles au Maroc est une vraie difficulté, le pays est un must de la pratique du tout terrain.

Par ailleurs, et c’est logique, peu à peu, les pistes existantes sont goudronnées et il faut en trouver d’autres. Mais le traceur, Metge le Grand Sachem a trouvé.

Et il a trouvé à la manière de Metge, du beau, du pas facile…

Sur l’Iritrak qui permet de suivre les concurrents en live, les concurrents arrêtés à zéro km/h  à 17 h 30, soit pas loin de la tombée de la nuit, sont assez nombreux.

Ce qui veut dire que pour eux, le costaud c’est pas fini et le beau, c’est fini…

Il y en a  quand même qui arrivent dans les temps.

EN TÊTE, C’EST CHAUD!

SCHLESSER SUR FOND D'ATLAS

C’est Régis Delahaye qui fait le temps scratch de la première spéciale de cette course qu’est l’Africa Race.

Ce qui est amusant, c’est qu’il est navigué par Constantin Zilstov, l’ancien coéquipier de … Jean Louis Schlesser !

Schlesser qui arrive peu après, qui a quand même pris douze minutes de retard.

Cela dit, l’an dernier, la première étape du  »Grand Bleu » avait été catastrophique, il avait pris plus d’une heure de retard et avait mis des jours à remonter.

Avant de l’emporter à Dakar !

Donc, c’est plus serré cette année. Dire que c’est plus facile en revanche…

Une mise en jambe plutôt « dynamique » que Jean-Louis Schlesser commentait à l’arrivée :

‘’ C’est toujours un immense bonheur de retrouver l’Afrique. En même temps, j’ai toujours la boule au ventre avant de m’élancer dans une spéciale car je ne sais jamais sur a quoi je vais tomber. A juste titre car aujourd’hui, le tracé était particulièrement costaud, dans la pure tradition des spéciales marocaines. Pour sa première expérience en tant que copilote, Cyril Esquirol a eu énormément de travail avec les nombreux changements de direction et la succession de difficultés. Il a malgré tout fait du bon boulot et même si nous avons perdu un peu de temps par manque de coordination, il apprend très vite et je suis sûr que nous allons être rapidement performants. D’autant plus que notre nouveau Buggy Sonangol Schlesser a parfaitement fonctionné et que les dernières évolutions apportées sont vraiment bénéfiques. Je suis confiant pour la suite. ‘’

Une confiance parfaitement justifiée puisque le Buggy Sonangol Schlesser est sorti deuxième de cette première spéciale pourtant particulièrement éprouvante pour les machines et les hommes.

D’ailleurs, si Jean-Louis affichait une étonnante fraicheur en sortant de l’habitacle à l’arrivée au bivouac de Tarda, Cyril Esquirol avouait être pressé de passer à table :

‘’ J’ai connu une journée intense. J’étais plutôt stressé ce matin avant le départ car j’ignorais totalement si je serais à la hauteur du talent de mon pilote. Je suis un peu rassuré car, même si cela va très vite et que j’ai parfois eu du mal à suivre le rythme des nombreuses notes du road-book, nous n’avons perdu finalement qu’assez peu de temps. Jean Louis est un fabuleux professeur et un pilote hors pair. Je dois encore trouver des automatismes par rapport aux instruments de navigation mais une chose est sûre, je me régale. ‘’

Derrière, le Belge Loomans est troisième, avec 17 minutes de retard sur le leader.

Chez les motards, triplé KTM, logique, la marque a aujourd’hui une sorte de monopole sur les podiums de Rallye-Raid.

NORBERT DUBOIS, LEADER DES MOTOS

Deux options possibles, contrairement au Dakar qui interdit les cylindrées de plus de 450cc, ici on peut courir sur les grosses. Ce qui est le cas de deux premières, la troisième est une 450.

Leader au soir du premier jour, le Français Norbert Dubois, qui colle deux minutes trente à l’Italien Oscar Polli, et vingt cinq minutes à Xavier Moreau.

JACINTO CINQUIEME AU SCRATCH!

Et puis… le grand sourire de la journée.

Au classement scratch, Elisabete Jacinto et son camion Man « Oleoban » sont cinquièmes. A quarante minutes de la première auto.

Et deux minutes devant le camion Tatra de Tomecek. Il faut qu’elle prenne de l’avance Elisabete, car dans le sable, son camion est moins puissant que le Tatra…

Cela aussi sent bon l’ancien Paris-Dakar, quand les camions de De Rooy avaient le fantasme, raté de peu, de gagner le Rallye au scratch.

Une première étape passionnante au niveau sportif mais également éprouvante pour les mécaniques.

En effet, Stéphane Henrard et sa nouvelle Coccinelle, Jean-Noël Julien mais aussi l’Egyptien Abdelhamid Abouyoussef ont connu des problèmes mécaniques.

Quant à Hubert Auriol, « l’Africain » termine à 2h14 après s’être longtemps arrêté dans un oued.

Hubert Auriol qui nous raconte sa journée :

‘’ On vient d’arriver au bivouac après une première ètape riche en évènements. Cette première spéciale nous a donné l’occasion de découvrir le potentiel du buggy construit par JP Réparat et toute son équipe! On a des petites choses à régler ce soir, mais rien de fondamental! On s’est fait bien secouer sur la piste et rien n’a lâché côté châssis! Le programme du jour 60 km de pistes très cassantes puis jeu de pistes dans les cailloux et les plateaux puis enfilade rapides ponctuées de cassures avant de finir par 50kms de trial dans un paysage sûrement magnifique mais qu’on a presque tous vu de nuit! Côté problèmes, l’embrayage a patiné toute la journée, donc il fallait y aller molo. Ensuite, un caillou a eu raison d’une jante d’où une crevaison! Le trip a rendu l’âme donc pour la navigation Jean-Paul Forthomme a souffert.’’

Et Hubert ‘’ l’Africain ‘’ conclut :

‘’ Enfin on est là, content de réattaquer demain si mon angine me laisse un peu de répit pour que je récupère! ‘’

Demain, après une nuit au cœur d’un splendide bivouac installé sur un plateau où la température devrait descendre en dessous de zéro, la troisième étape du Sonangol Africa Eco Race conduira les concurrents de Tarda à Mhamid avec une spéciale de 375 km qui s’annonce moins « éprouvante ».

Demain, on est déjà dans le grand sud.Direction Mhamid

Aujourd’hui, on a passé l’Atlas, cette barrière montagneuse qui bloque les nuages venus de l’Atlantique

C’est au Maroc, la porte officielle du Sahara, des dunes du Grand Erg.

Spéciale de 375 km et un tout petit bout de liaison.

Lecteur, le sable et cette odeur très particulière qui envahit la voiture, cette sorte de poussière fine qui repeint tout dans l’habitacle, tu sens?

On y est.

Moi j’entends même chanter Nino Ferrer. On dirait le Sud…

Jean Louis Bernardelli

Photos AlainRossignol-Desert Run

Classement auto-camions.

1. Delahaye-Zilstov (MD). 2. Schlesser-Esquirol (Buggy Sonangol-Schlesser) à 12’03. 3. Loomans-Dresmans (Overdrive) à 17’32. 4. Demonceaux-Castan (Bowler) à 21’26. 5. Jacinto-Cochinho-Marques (Man) à 39’10. 6. Tomecek-Moravek (Tatra) à 41’45. 7. Martin-Metz (Volkswagen) à 47’06. 8. Fromont-Fromont (Buggy) à 51’10. 9. Dubuy-De France (MD) à 1 heure. 10. Kirpilev-Schmaylov (Toyota) à 1h02′. Hubert Auriol est vingtième à 2h14.

Classement moto.

1. Norbert Dubois (KTM). 2. Oscar Polli (KTM) à 2’35. 3. Xavier Moreau (KTM) à 25’14. 4. Joseph Palacios (KTM) à 37’59. 5. Thomas Shattat (Yamaha) à 57’23. 6. Christophe Conreau (Honda) à 1h03′. 7. Hervé Thierry (Yamaha) à 1h04. 8. Gilles Vanderweyen (BMW) à 1h12. 9. André Lenoble (Yamaha) à 1h23. 10. Ennio Cucurachi (KTM) à 2h20.

 

 

 

 

 

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