FFM: BILAN 2011 SATISFAISANT

Jacques Bolle, qui entre en année de réelection, a présenté en ce milieu de semaine, le bilan de l’année 2011 de la FFM (Fédération Française de Moto). Du point de vue sportif, quelques beaux succès, surtout par équipes, et pour les pratiquants, pas mal de nouveau.

PRÉSIDENT…PRÉSIDENT!!!

 

Non. autonewsinfo n’est pas devenu un organe officiel de propagande présidentielle, façon bonaparto-africano-russo-chinoise.

Pour être sincères, nous sommes même plutôt souvent du mauvais côté du manche. Autrement dit  en guerre avec les instances fédérales de divers sports.

Mais il se trouve que Jacques Bolle, dont on rappellera aux non initiés qu’il a été pilote de GP il ya … quelques années, est devenu un excellent Praize de la République Motarde.

Alors on vote pour lui même si pour de vrai, nous ne faisons pas partie des électeurs.

TITRES COCORICO, UN PEU RIQUIQUI…

La récolte de titres mondiaux 2011 n’est pas exceptionnelle, mais elle a lieu là où les graines ont été plantées.

Sur ce point, bravo aux entraîneurs, DTN et autres coaches sportifs chargés d’entraîner les pilotes et de trouver les jeunes qui promettent.

La filière « Supermotard » illustrée ci-dessus donne de très bons résultats, sous la domination des frères Chareyre.

La filière enduro est magnifique, Joly, Di Meo, Ludivine Puy, l’équipe junior et l’équipe féminine des ISDE, rapportent de jolies breloques dorées tout à fait méritées.

 

LUDIVINE PUY

Au total, le bilan sportif français en 2011 rapporte six titres mondiaux, cinq coupes du monde, et encore 6 titres européens.

Les titres mondiaux sont ceux d’Adrien Chareyre en Supermotard individuel et de la France au Supermoto des Nations (Bidart, Chambon, Thomas Chareyre). L’enduro a été très fructueux cette année encore.

Les ISDE Junior (International Six Days Enduro) sont gagnés par la France (Bellino, Dumontier, Fortunato, Queyreyre), Antoine Meo gagne en individuel le Championnat E2, Jeremy Joly le Junior.

Enfin, on a fait  un triomphe au SERT de Dominique Meliand qui est allé arracher un onzième titre mondial en Endurance, malgré des problèmes de blessures chez ses pilotes vedettes. (Freddy Foray, Vincent Philippe, Anthony Delhalle, Baptiste Guittet).

ONZE TITRES POUR MELIAND ET SUZUKI!

 

Par ailleurs, la France décroche des titres de Champion d’Europe en Superstock 1000 Junior (Loris Baz), en Freestyle de Motocross (Rémi Bizoaurd), en Motocross EMX2 (Romain  Febvre), en Quad Cross (Romain Couprié), en Supercross SX1 (Cédric Soubeyras) et en Trial Jeunes (Steven Coquelin).

LORIS BAZ, CHAMPION D' EUROPE SUPERSTOCK 1000 cc JUNIOR

Pour terminer ce brillant palmarès, la France gagne la Coupe du Monde d’Endurance (Team Motors Events Bodyguard AMT, Vincent Bocquet, Mathieu Gines, Emilien Humeau).

Autres Coupe du Monde, celle du Rallye Tout-Terrain Féminin avec Camelia Liparoti, celle de l’Enduro Féminin avec Ludivine Puy, qui remporte aussi les ISDE Féminins avec Juliette Berez et Blandine Dufrene.

On reste dans le tout terrain avec les Coupes d’Europe de Motocross Minibike de Baptiste Alexander, de Motocross minibike AMA avec Clément Godefroy et enfin, c’est très étrange (Ah! l’imagination débordante de notre chère FIM!) un Trophée d’Or de Long Track Junior pour Richard Debiasi.

2011: UN PAQUET DE TITRES POUR LES PILOTES DE FRANCE

 

ANALYSE (FORCEMENT)FINE…

Il ne t’aura pas échappé, lecteur perspicace, que beaucoup de ces titres viennent du tout-terrain.

« La France est un pays de motocross » a dit Jacques Bolle, les chiffres sont clairs, une énorme majorité de licenciés à la FFM le sont dans cette discipline. Et encore, si les jeunes marchent très fort, les plus anciens sont passés très près de grandes victoires;

La France est deuxième du Motocross des Nations et du Motocross des Nations Européennes,  Steve Frossard est second, en individuel, du MX1, Milko Potisek second du MX3.

STEVE FROSSARD

L’enduro se courant avec des motos de cross bénéficiant d’éclairage (je sais, j’entends d’ici les initiés me hurler que c’est une connerie mais je simplifie pour ceux qui ne sont pas forcément des spécialistes…), on peut donc accoler au tout terrain et au Motocross Français les très beaux succès de nos enduristes.

Quant à la vitesse, qui n’est pas une spécialité française, il faut tout de même rappeler que le garçon ci-dessous est vice champion du monde 125!
JOHANN ZARCO

Imaginer que les résultats sportifs soient dus au hasard serait une connerie.

En tous cas quand ils sont à répétition.

Bien sûr que pour décrocher un titre, il faut du talent.

Mais il faut surtout du travail.

Et le travail, c’est à ce niveau qu’une fédé qui fait bien son boulot peut faciliter celui de ses pilotes de talent.

Et c’est tout le génie des filières mises en place, autour de coaches très expérimentés en Championnat du Monde.

Sur ce point là, la FFM fait son boulot, on vote donc pour.

La vrai problème pour la vitesse est que dans ce pays, contrairement à l’Italie, à l’Angleterre et surtout à l’Espagne, il n’y a pas de culture de la discipline.
Peu de circuits, peu d’argent.
La FFM a aussi lancé il ya des années une filière vitesse, qui a bien marché.
Mais en France, si les talents sont là, depuis le titre de Patrick Pons, le premier de toute l’histoire de la moto française, la force vitale nationale est en retard. Certes, le GP de France au Mans a été un succès colossal.
Mais là où nous sommes heureux de voir 80 000 spectateurs sur un circuit, l’Espagne organise trois GP de vitesse sur trois circuits différents avec autant de monde à chaque fois (Barcelone, Valence, Aragon).
Il y en aura même un quatrième en 2012 à Jerez.
Alors, Zarco et son manager ont d’autant plus de mérite à se battre devant le reste du monde!
En endurance aussi ils ont du mérite.
Un élément supplémentaire sur ce manque de culture française en vitesse.  L’endurance, qui est une vraie spécialité hexagonale, voit depuis quelques années Dominique Meliand et son palmarès intouchable devoir s’arracher les tifs pour réunir un malheureux budget!
En Italie, en Espagne, Meliand et Zarco auraient des statues.
Bon, ce n’est la faute de personne, c’est juste dommage…

LE SERT : LE TRIOMPHE A LA MODE DE FRANCE

DES CLUBS QUI KIFFENT…

En dehors de résultats sportifs, l’obsession d’une fédé doit être le bien être de ses clubs.

On a dit plus haut, avec Jacques Bolle, que la France est une terre de Motocross.

Quels sont les éléments de bonheur des clubs de cross? Les terrains. Les éléments de malheur? Les préfets.

C’est là que la FFM intervient.

Il ya aujourd’hui cinq juristes qui bossent à la FFM, dont deux sont spécialistes de l’environnement.

Et quand un club, qui manie à la perfection le bulldozer, la débroussailleuse et le taille-haies se voit submergé par les liasses de papelards préfectoraux, la FFM est là.

Avec de beaux résultats, puisque l’on n’a pas hésité à attaquer les décisions préfectorales abusives devant les juridictions administratives et 95 % des affaires ont été gagnées par les clubs!

Par ailleurs, la FFM a directement racheté certains terrains en danger. Juste pour leur sauvegarde.

 

LE MOTOCROSS,UNE AFFAIRE QUI ROULE!

 

Jacques Bolle a bien précisé qu’il s’agissait seulement de sauvegarder des terrains menacés,  pas de devenir grand propriétaire terrien.

Ceci à destination de proprios de terrains de cross qui sentent le bon business et vont proposer directos leurs terrains à la Fédé!

On a dit aussi que dans la vitesse, la France manque de circuits, alors les rares qui existent doivent être protégés.

Le cas du Circuit Carole par exemple, est en passe d’être réglé.

La FFM n’est d’ailleurs pas seule sur les rangs pour proposer une sortie de crise, ce qui prouve que l’élan existe.

MAIS…

Il ya quand même un truc qui ne va pas.  Le bruit. Je suis allé cette année sur des motocross outdoor et indoor.

Les quatre temps qui prennent un milliard de tours, c’est une horreur. Et c’est un amoureux inconditionnel du bruit des moteurs de compète et de la fureur du public qui le dit.

Ces nouvelles motos de cross, cela vous assomme. Cela tue quasiment le spectacle, cela anésthésie le plaisir.

C’est simple.

On prend des Harley, des Ducati, des Triumphs.

Avec leurs  bruits magnifiques, qui vous prennent les tripes. Voilà des moteurs quatre temps qui assurent.

Et puis vous les remplacez par des trucs qui aboient, façon meute de tronçonneuses… Et là vous avez carrément envie de vous barrer.

Ces quatre temps de compétition modernes sont insupportables à 60 à l’heure, la vitesse de passage la plus courante en cross. Même à 80 si vous voulez.

C’est clair.

Messieurs les ingénieurs, vos motos font des bruits de merde!

En vitesse, c’est différent. Les motos passent à deux cent, trois cent à l’heure. Cela reste vivant, et puis sur un circuit de vitesse, on sait que l’on doit venir avec les boules Quies.

Pas sur un cross!

Je sais bien qu’avec l’arrivée des motos électriques, ce problème n’existera plus.

Mais ce n’est pas demain.

Et d’ici là, j’aimerais bien retrouver le coeur qui bat à se rompre au moment des départs…

Je sais aussi que je crie dans le désert.

Pas grave, ça fait du bien.

Jean Louis Bernardelli

Photos:  Jean Paul Ancion et constructeurs.

Moto Sport

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