ENDURANCE – 8 H DE DOHA : VICTOIRE POUR LA YAMAHA GMT ET TITRE POUR LE SUZUKI SERT

 

L’ultime manche du Championnat du monde d’endurance moto 2011 qui se disputait sur le circuit de Losail, au Qatar, nous a réservé un final à couper le souffle. Les trois premiers terminant en effet, au bout des huit heures de course, dans un mouchoir : 49 secondes !

Dès le départ, donné ce Samedi à 13 heures sur une piste chauffée à plus de 30 degrés, le ton était donné par Vincent Philippe qui prenait avec autorité le commandement de la course au guidon de la Suzuki n°1, tenante du titre.

Il devançait durant deux tours David Checa sur la Yamaha n°94, Nakasuga (Yart n°7) et la BMW n°99 pilotée par Sébastien Gimbert qui allait reprendre la tête dès le 6ème tour.

Nous pensions alors assister à un cavalier seul du rouleau compresseur Allemand mais c’était sans compter avec la pugnacité du pilote Japonais du Yart qui harcelait Gimbert.

Stupeur au pointage du douzième passage : aucun des deux n’était là !

Checa reprenait donc la première place  suivi de Philippe, et les têtes se tournaient vers les stands pour apercevoir nos deux  » chiffonniers  » rentrer au guidon de leurs motos blessées. Les réparations allèrent bon train mais deux tours étaient déjà perdus, soit quatre minutes, pour ces deux favoris.

La concurrence n’en demandait pas tant et cela allait lui permettre de ne pas subir la domination implacable et attendue du binôme ‘’BMW – MICHELIN’’.

Les règlements de compte n’allaient pas se produire uniquement sur la piste mais dans les coulisses des stands et de la manière la plus lamentable qui soit.

Le propriétaire Belge de l’écurie BMP, Raphaël Bartholémy, qui fait courir la BMW était ton l’imagine très en colère après Nakasuga et se permis de  » bousculer  » tout sur son passage dans le stand adverse.

On peut comprendre sa légitime déception mais la course et ses faits font partie du décor et par conséquent, présent sur les pistes depuis trois décennies, nous ne pouvons que réprouvez totalement ce genre de comportement totalement indigne de l’éthique sportive, même si la perspective  d’un titre Mondial était en jeu !!!

Cela n’excuse pas son acte ….INADMISSIBLE.

La course reprenant ses vrais droits, nous allions d’ailleurs par la suite assister à un retour fulgurant de la BMW et de la Yamaha Autrichienne qui revenaient dans le Top 3 après trois heures de course, avant que le soleil ne se couche lentement sur le Qatar.

La Yamaha Motor – France n°94, fera bon usage de l’héritage de la première place, enchaînant les relais avec maîtrise et contrôlant sa position jusqu’au bout.

Christophe Guyot, le manager du GMT voyait, enfin, se réaliser la fin des galères et pouvait avoir le sourire des gens heureux qui font plaisir à rencontrer :

‘’ Nous sommes fous de joie, car même si nous avons fait un podium à Albacète, une belle course au Japon, les 24 Heures du Mans restaient une énorme frustration car nous pouvions déjà gagner. Nous nous posions des questions à ne pas terminer nos courses mais heureusement, mes partenaires (Yamaha- Motor France et Michelin) n’ont jamais douter de nous. Je les remercie car c’est hyper important. Pour enrayer la spirale de l’échec, nous avons essayé d’être raisonnables car nous n’avions plus de droit à l’erreur même si notre troisième place au championnat était acquise. Nous pouvons être fiers de cette victoire. L’histoire avec mon pilote David Checa est une histoire extraordinaire qui ne s’arrêtera pas. Il va faire sa dixième saison l’an prochain. C’est un très grand pilote et je lui ai toujours gardé ma confiance.’’

 

Le grand … « second  » gagnant est bien sûr le SERT de Dominique Méliand !

Lequel remporte tout simplement son onzième titre de la spécialité qui est la sienne et qu’il maîtrise depuis rappelons-le … 30 ans et sous les mêmes couleurs bleues de SUZUKI !

CHAPEAU  à lui et RESPECT, Monsieur Méliand

A quinze jours du Mondial du deux-roues de Paris, c’est vraiment un bonus extraordinaire à mettre en valeur, car la firme d’Hamamatsu connaît, comme ses homologues, des difficultés depuis la crise et le tsunami.

Dans ce contexte délicat, voire une machine Européenne (BMW) couronnée aurait eu des conséquences catastrophiques au Japon. Terre de la moto

Revenu du podium, Vincent Philippe heureux pilote du SERT, CHAMPION du monde, nous lâchait :

‘’Je tiens vraiment à remercier Dunlop, car sans eux, Suzuki n’aurait pu disputer la totalité du championnat du Monde. Dominique Méliand a fait également des efforts considérables pour remporter ce titre et je tiens aussi à remercier toute l’équipe du SERT qui a su rebondir après que j’ai cassé la moto de course aux essais. Ce fut une course difficile, après mon retour et ma blessure du Mans. Avec Anthony Delhalle, nous avons fait le maximum, même si nous étions un peu en difficulté avec nos pneus. Comme à chaque fois, cela prouve le SERT ne lâche rien. ‘’

La Honda TT Legends n°77, cinquième et la Yamaha Folch n°4, sixième, n’ont pas à rougir de leurs classements car le rythme de la course fut endiablé.

En Superstock, la victoire revient à la Yamaha n°9 du Team Belge DG Sport, 7ème  au général et devance la Championne de la catégorie, la Suzuki n°50 Motors Evants, obligée de changer de pneumatiques à chaque relais.

Pour leur dernière sortie, l’équipe ‘’Endurance moto 45’’, termine avec sa Suzuki n°100, à la quinzième place du général et la cinquième en Superstock.

Mais, le grand perdant de ce final, restera bien sûr BMW qui avait pourtant tout en mains techniquement pour  » tordre « le cou à ses  adversaires sur la piste :

Une machine hyper véloce, puissante et des pneumatiques Michelin vraiment supérieurs et constants.

Jusqu’au bout, les pilotes Gimbert, Nigon et Cudlin ont superbement lutté en s’emparant de la seconde place à huit tours du drapeau à damiers.

Mais comme nous le répétons sans- cesse, la compétition est un tout et le moindre petit grain de sable (normal nous sommes en plein désert !) peut venir contrarier les pronostics les plus établis.

Ce week-end au Qatar, fut un épilogue de titans.

Les vainqueurs au général, David Checa, Kenny Foray et Matthieu Lagrive sur la GMT n°94 et ceux au Championnat du Monde, Vincent Philippe et Anthony Delhalle sur la SUZUKI SERT, qui garde une année supplémentaire son n°1, peuvent être fiers d’avoir  » bousculé  » à leurs tours, les prédictions trop hâtivement édictées.

Bravo Messieurs d’avoir écrit cette grande page sportive du sport moto.

En tout cas, le GMT et le SERT ont porté bien haut les couleurs françaises ici à Doha au cœur du Golfe persique

La saison s’achève ainsi au Qatar et la leçon mérite une bonne méditation hivernale…

Texte et photos : Michel Picard

 

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