WRC. INGRASSIA CO-PILOTE DE SEB OGIER ‘’ NOUS SOUHAITONS RESTER CHZ CITROEN ‘’

 

Dans un long entretien accordé à notre confrère Olivier Guigues du Dauphiné Libéré… Julien Ingrassia, l’excellent copilote de Sébastien Ogier, fait le bilan de leur saison et évoque aussi bien évidemment le futur et l’avenir immédiat du tandem.

Julien Ingrassia ne sera pas Champion du Monde des rallyes cette année aux côtés du Champsaurin Sébastien Ogier.

Aujourd’hui, Il revient sur leur abandon en Espagne, sur le duel avec Seb Loeb mais aussi sur les perspectives d’avenir qui s’offrent désormais à son propre équipage.

Morceaux choisis…

Êtes-vous reparti frustré du rallye de Catalogne, non terminé ?

« Ce sont les aléas du sport mécanique. On était surtout résigné, car chaque jour on a eu des soucis : crevaison vendredi, crevaison samedi, moteur cassé dimanche. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas ».

Ne pas être Champion du Monde, est-ce une énorme déception ?

« Depuis que Loeb avait été favorisé par le team pour être le leader, et que s’il devait y avoir un champion ce serait lui, on s’était fait à l’idée que le titre ne serait pas pour nous cette année. Ou du moins que ça ne dépendait pas que de nous, qu’il fallait que Loeb ait des soucis jusqu’à la fin de la saison pour que le team ne nous demande pas de ralentir face à lui. On n’avait donc plus vraiment notre destin entre les mains, après on avait quand même à cœur de faire de belles perfs, pour montrer notre constance et nos capacités ».

« La compétitivité au sein du team était devenue une émulation »

Parfois, notamment après l’Allemagne, on a eu l’impression que Loeb et Ogier ne faisaient presque plus partie de la même équipe.

« C’est normal quand un événement arrive comme ça subitement au sein d’un team. On n’était pas préparé à ça, c’est tombé comme un couperet. On a eu du mal à digérer et à comprendre ce qui se passait, avant d’avoir les explications nécessaires avec l’entourage et l’équipe. C’est vrai que ça jette un froid, car il y avait avant un mode de fonctionnement qui marchait bien entre Loeb et nous. Il y avait quatre victoires dans chaque camp, et cette compétitivité au sein du team était devenue une émulation. La crainte qu’elle se transforme en carnage pour notre équipe, à savoir qu’à force de vouloir battre l’autre on se mette à sortir, a créé des tensions. Cela dit il y a toujours eu d’un point de vue professionnel assez d’intelligence pour continuer la coopération et faire avancer Citroën ».

Quels ont été les moments clés de la saison, les déceptions ?

« En Australie, on sort mais dans des conditions dantesques. On a voulu tenter le coup et on a perdu, c’est de notre faute. En Argentine, on a suffisamment d’avance pour gagner mais sur une note, le rallye bascule. Il n’y a vraiment qu’un rallye qui me laisse un goût amer, c’est le Mexique. On avait fait une super course, on se battait le dimanche matin pour garder notre première place. Et finalement on repart avec zéro point, à cause d’une trajectoire déviée de peu qui finit sur une buse en béton cachée dans les herbes, ce qui nous arrache la roue. Si on avait simplement crevé, on ramenait entre 15 et 20 points du Mexique et aujourd’hui notre position serait différente au classement du mondial».

« Je lis partout qu’on a signé chez Ford »…

Du coup êtes-vous prêts à faire le boulot pour Loeb lors du dernier rallye ?

« C’est dommage d’arriver au RAC sans avoir l’infime probabilité de jouer quelque chose. Maintenant au moins les choses sont claires, il faut qu’on fasse un beau rallye d’Angleterre et s’il faut aider le team pour que Loeb soit Champion, ce sera notre mission. Si on peut s’intercaler entre Loeb et Hirvonen, ce sera parfait. On arrivera là-bas sans pression ».

Êtes-vous en train de réfléchir sérieusement à ce que vous voulez faire l’an prochain ?

« Je lis partout qu’on a signé chez Ford, pour trois ans, pour quatre ans, pour dix ans. Qu’on va peut-être signer chez Volkswagen. Bientôt il sera écrit qu’on va s’engager pour du rallye-raid. Je suis assez étonné de ces informations dans les médias, et j’apprends les choses par la presse ».

Finalement à bien décrypter les paroles de Julien Ingrassia, on en vient à se demander si tout compte fait le duo qu’il forme avec Ogier, ne va pas honorer les deux ans de contrat qu’il leur reste avec la firme aux chevrons.

Et que si Loeb décroche au Pays de Galle dans une semaine une 8ème couronne mondiale et consécutive, les dirigeants de la maison Citroën  ne leur laisseront pas la liberté totale de s’exprimer en 2012 et 2013…

Car pour Citroen comme pour l’équipage Ogier-Ingrassia, ne serait-ce au fond par une bonne solution que de poursuivre ensembles une aventure bien entamée et qui peut encore largement progresser jusqu’au titre mondial, Loeb  » l’Ambassadeur Citroen  » étant nanti de ce 8ème titre dont il rêve…

Vas savoir Charles !

 Christian COLINET

Photos :  Jo Lillini

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