RALLYE DU MAROC : LE RENDEZ-VOUS AU ‘’KAWA’’ DU COMMERCE DE BOUMANE DADES

 

Alors que la veille au sud de Zagora du côté de Mhamid, le thermomètre affichait 36°, changement radical de température ce vendredi pour l’étape qui nous ramenait  vers Ouarzazate, ‘’la ville tranquille’’.

En effet, dès le lever du jour, de gros méchants nuages bien noirs faisaient leur apparition. Au lin, on découvrait les sommets de l’Atlas complétement enneigés.

Visiblement, la journée s’annonçait maussade !!!

 

LE SOLEIL ET LA CHALEUR ETAIENT ABSENTS CE VENDREDI DANS LE SUD MAROCAIN

Effectivement alors qu’avec notre chauffeur, l’ancien champion motocycliste Jean Jacques Peyré , nous nous dirigions vers l’arrivée de la spéciale, subitement en début de matinée, c’est une pluie fine  qui nous accueillait à l’arrivée de cette ES.

En attendant les concurrents,  on distinguait au loin un début de vent de sable. Et chacun de commencer à bien se couvrit car il ne devait pas faire plus de 12° dans ce coin de désert, situé à 120 km au sud de Ouarzazate !

Il était à ce moment-là un peu plus de 11h30.

Se pointe alors  le 1er motard.

Le leader et Champion du monde 2011 en Rallye-raid, le Portugais Helder Rodrigues pilote de l’équipe Yamaha.

Rapidement suivent dans un mouchoir, tous les cadors : Marc Coma, Joan Bareda, Pal Anders Ullevalseter, Jakub Przygonski, David Casteu, Olivier Pain, Frans Verhoeven et Bruno Da Costa

Et tous de se regrouper au fil de leur arrivée et de papoter et échanger leurs impressions.

Une sorte de café du commerce improvisé, au beau milieu de nulle part, au cœur de ce sublime désert du sud Marocain. Quelque part entre Zagora et Ouarzazate.

Helder Rodrigues raconte sa spéciale. Marc Coma l’écoute attentivement :

« La journée s’est bien passée. Cette spéciale était franchement difficile. Il y avait beaucoup de cailloux et énormément de navigation. Il fallait rester concentré et attentif. Ravi d’être parti le 1er  et d’arriver le 1er ! »

Le grand Marc Coma qui a appris hier qu’il était… papa, enchaîne :

« Dommage que j’ai eu cette casse moteur le 1er jour car sinon depuis tout se passe bien. Je teste en vue du prochain Dakar »

Le Dakar !

Cet événement revient dans toutes les conversations

D’ailleurs c’est bien pour tout vérifier dans l’optique du rendez-vous fixé au 1er janvier 2012 à Mar del Plata, que ce grand et immense champion qu’est Marc, qu’il a poursuivi l’épreuve même s’il n’avait plus rien à y gagner. Coma, répétons-le, est de la trempe des Seigneurs. Même battu, il est resté .

Tout comme Casteu, victime comme lui d’un sérieux pépin des le debut.

Coma reprend :

« Tu viens ici chaque année pour bien préparer le Dakar. Tu reprends tes marques. Tu règles ta moto. Au Maroc, tu roules pour la gagne mais en totale décontraction. C’est curieux tu ne ressens pas ce stress propre au Dakar »

Et de nous expliquer la différence entre piloter ici et au Dakar :

« Au Dakar, tu n’es pas tous les jours à fond. Il te faut savoir attaquer un jour ou tu te sens des ailes Daka, pour vaincre. Et si tu veux gagner il y a forcément une journée ou tu dois faire cela, la grosse attack. Ensuite, il te faut être avant tout régulier, deux semaines durant et surveiller tes adversaires »

Et le Catalan de conclure :

«  Au Maroc ou ailleurs (Tunisie-Pharaons-Baja) la vie et le pilotage sont de fait bien plus confortable. Et uis ici chaque soir tu dors à l’hôtel, tu ne vis pas deux semaines entières au bivouac »

 

Déboule l’ami David Casteu. Lequel enchaine :

« J’apprécie ce rallye du Maroc car c’est un excellent exercice avant le Dakar. Un passage obligé et indispensable pour se remettre en condition réelle de course et retrouver le rythme intense de la haute compétition. D’ailleurs ici on a procédé à tout plein de tests notamment avec une toute nouvelle génération d’amortisseurs Ohlins. Sans parler de nouvelles batteries. C’est ce qui a causé ma perte en début de rallye.Ici on test et procède a tout plein d’innovations avec cette moto qui n’est pas celle du Dakar. On a un moteur à injection. Donc on a essayé des batteries au lithium mais cela n’a pas fonctionné et l’alternateur a cassé donc on est finalement revenu en arrière avec une batterie normale. Mais la course était perdue. C’est  pas grave, on a appris des choses fort intéressantes, côté technique, en venant ici. Ce Maroc est un formidable banc d’essai pour le Dakar. En tout cas je l’apprécie énormément cette épreuve car tu y retrouves l’ambiance des rallyes africains d‘antan »

David en profite pour nous donner une ‘’ bonne ‘’ info :

« Au Dakar, nous disposerons au sein du Team Yamaha de multiples porteurs d’eau. En fait tous les pilotes de Yam ont acceptés de nous aider au cas où »

 

Arrive, son nouvel équipier, Olivier Pain.

« Ce Maroc te permet de reprendre confiance avant le … Dakar décidément ils n’ont tous que ce mot à la bouche le Dakar Cette course est très physique, un entrainement royal  grandeur nature en condition de course top niveau»

Car ils le reconnaissent et sont TOUS unanimes, le Maroc c’est tout sauf de la rigolade. UN PETIT Dakar sur une semaine avec tous les types de terrain (Sable-pierre-fesh fesh-herbe à chameaux- cailloux) rencontré sur le Dakar

Mais, il est vrai que si le Dakar se déroule dorénavant en Amérique du sud, il est quand même né ici, en terre Africaine !!!

En tout cas à la veille de l’arrivée,  nous n’avons croisé que des concurrents heureux de se trouver sur ce Rallye du Maroc

Il faut dire que Stéphane Clair, le patron de NPO leur a une fois encore, déniché de superbes parcours

Ils reconnaissent ‘’ S’y être régalés et avoir appréciés ’’

Nous aussi avec Jean Louis Bernardelli.

Gilles GAIGNAULT

Photos : Alain Rossignol – Arnaud Delmas-Marsalet -Elodie Pintat


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