TOUR DE CORSE HISTORIQUE : LA BELLE SEMAINE DU TANDEM AMATEUR, KRINE-BRIGANTI !

Parmi la longue liste des concurrents de ce 11ème Tour de Corse Historique, il en est un que nous avons suivi et composé de Michel Krine et de Bruno Briganti.

Krine ?

Plutôt un pistard, habitué des épreuves en circuit et concurrent ces dernières saisons du Championnat V de V, où il s’aligne en compagnie du joaillier, Philippe Chariol, au volant d’une Touring Cup.

Quant à Bruno Briganti, lui, c’est un spécialiste de la préparation des Porsche du côté de Trappes, en région parisienne.

Alors, que pouvait bien venir faire en Corse, Michel Krine et son compère ?

Michel Krine, nous raconte :

« Je suis venu pour la 1ère fois ici en 2009, en ‘’touriste’’, pour voir, avec Jean-François Vautier, un habitué des Dakar. Nous roulions avec une Porsche 2,4litres S, strictement d’origine. A l’époque, j’avais vraiment apprécié »

Cette année, Michel est donc revenu avec son complice, Briganti, qui lui, à l’instar d’Henri Pescarolo, découvrait et la Corse et la Course !

D’ailleurs, les deux équipages, ont curieusement souvent roulé ensemble, après leur mise hors  course respective dès la 1ère  étape

Michel nous résume ce que fut son Tour de Corse 2011 :

« Dès le départ, en quittant l’Ile Rousse, on est immédiatement rentré dans le vif du sujet, avec l’ES 2, la 1ère étant annulée à cause de manœuvres militaires. »

Magnifique et rapide, avec des précipices impressionnants cette mise en jambes.

Michel poursuit :

« Au bout de 2 km, on était déjà un peu refroidis, car on a découvert deux voitures en vrac : la Porsche d’Antonini et une R5 Turbo. Il y avait d’énormes traces de freinage. Cela a vacciné et baptisé Bruno. »

Et Michel de se remémorer la question qu’il lui avait posée :

« Cela va être 4 jours comme cela ? ».

Visiblement, la vision des deux voitures dans le ravin, l’avait un tantinet refroidi. Et ce, dans la mesure où tout comme Pescarolo, Michel et Bruno n’avaient effectué aucune reconnaissance préalable et ne disposaient donc pas de notes.

Pas facile dans ces conditions de rouler à l’aveuglette sur ces routes montagneuses, serpentant à souhait, entre mer et précipices !!!!

Michel précise :

« je pilote à vue, donc c’est un peu compliqué »

Au cours de cette première journée, leur Porsche va  ensuite tomber en panne d’essence. La jauge ne fonctionnant pas ou mal.

Michel s’est subitement trouvé confronté avec une surconsommation, plus de 30 litres, alors que d’ordinaire, son bolide, qu’il connaît par cœur, tête tout juste …20 litres !

Michel raconte :

« Cela provient sûrement de la boîte courte ».

En fait, comme l’ES descendait vers le CH, il y est parvenu, en cafouillant, moteur hoquetant !

Commence alors, à La Porta, le Tour du village pour dénicher quelques litres. Heureusement les Corses sont des amoureux de leur épreuve et ils ont rapidement proposé à Michel « du coco ».

Mais l’heure tournait.

Les minutes défilaient.

Lorsqu’ils rejoignent le parc de regroupement situé à la source des eaux minérales d’Orezza,

Qu’importe, ils décident de poursuivre en Super Rallye, comme Pesca et Comas, d’ailleurs.

Michel raconte :

« On était venu pour s’amuser, donc, on n’a rien perdu de notre motivation ».

La preuve, au cours de la semaine, la Porsche n° 85 s’est permise de devancer à plusieurs reprises des équipages confirmés.

Dont certains se trouvaient sur place depuis une semaine au cours de laquelle, ils avaient effectué toutes les reconnaissances connaissant la Corse comme leur Poche, car y roulant depuis plusieurs années pour certains qui participent  annuellement à ce Tour de Corse Historique.

Une anecdote ?

La rencontre parmi d’autres avec un troupeau de sangliers après Zonza.

Ces derniers ne bougeaient pas, et culottés, sont même venus quémandé des friandises en s’approchant de la fenêtre de la voiture

Par la suite, ils ont connus d’autres soucis..

Eric Chantriaux avec qui il faisait assistance commune, ayant renoncé, Michel et Bruno ont du se passer de l’assistance lors de la dernière journée. Ils ont fini sur les jantes, gommes plus qu’usées car leur roue de rechange se trouvait à… Porto Vecchio, dans le fourgon du Père Chantriaux !

Ils n’en ont pas pour ralenti, et ont continué comme si de rien n’était.

Finalement, ils sont parvenus, à rejoindre sans encombre, l’Ile Rousse, terme de ce Tour de Corse Historique.

Et avec le sourire.

Michel conclut :

« Tout compte fait, on a vécu une aventure extraordinaire, bien plus qu’une course. On s’est réellement fait plaisir. L’accueil a été fabuleux. Le parcours, génial. Ce fut une semaine de rêve ! »

Bruno Briganti, s’est déjà lui, promis de revenir, car il a franchement adoré la Corse qu’il découvrait.

Comme tous les amateurs  » Gentlemen Drivers  » présents et questionnés, Michel et Bruno considèrent, que dans une société ou tout devient contrôlé et interdit, en organisant ce Tour de Corse Historique, Yves Loubet et José Andréani, leur offrent   » Un vrai souffle de totale liberté »

En chœur, le tandem lâche :

« We will be back »

En référence, à la célèbre phrase du Général Mac Arthur, et qui signifie :

« Nous reviendrons ».

 

 Gilles Gaignault

Photos : Frédéric Traversari

 

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