PHARAONS:SCHLESSER, LE RAMSES BLEU…

444 bornes de spéciale extrêmement musclée, entre Shal Barakka et Tibniya. Victoire du buggy bleu.

Une spéciale presque totalement hors piste, avec des dunes de sable dignes de Lawrence d’Arabie et des kilomètres de sauts façon « machine à laver » (lecteur, tu as le droit de manquer de cette imagination qui est aux pistards ce que la mousse est à la bière: cette expression signifie  que l’on est aussi mal assis dans la voiture que dans une machine à laver… en marche!).

Bon le désert, ça se mérite… et Schlesser et son copilote Konstantin Zhelstov n’ont vraiment pas … démérité!

Quatrième victoire d’affilée pour le buggy Sonangol bleu. Un vrai pharaon ne fait pas le détail!

SABLE AU CLAIR!

On a dit et redit ici que le sable n’est pas le morceau de choix d’un buggy deux-roues motrices.

A moins de rouler vraiment vite et du coup de façon archi-fine, car grimper une dune à 150 à l’heure tout le monde sait faire mais, une fois en haut, il faut couper sinon on va chercher des poussières de spoutnik à côté des étoiles, à ceci près que le spoutnik est peinard sur son orbite et qu’une auto de course retombe fatalement sur terre…

Si tu coupes trop tôt, tu restes planté sur (sous) le ventre.

Trop tard, tu casses tout à la retombée. La bagnole et les vertèbres de l’équipage.

Tu as en gros une seconde pour anticiper.

C’est sûr que le métier, ça sauve!

Jean Louis Schleser à l’arrivée…

 « Cette étape était très belle mais aussi très dure. Certains concurrents vont certainement passer beaucoup de temps à franchir les dunes. Nous avons eu une bonne dose de sable mou et surtout uniquement du hors-piste. Je ne crois pas que nous ayons fait un seul kilomètre sur de la piste au vrai sens du terme… La plus grosse difficulté consistait à aller chercher les Waypoints en plein milieu de dunes enchevêtrées. Sur la fin, nous avons eu droit à environ 70 km de jumps très rapprochés. Nous avons été largement secoués… Il reste encore une étape et je suis bien placé pour dire qu’un rallye n’est jamais fini avant d’en avoir franchi la ligne d’arrivée… »

 

PYRAMIDES EN VUE … 

Demain samedi, retour plein nord  vers le Caire, sur 350 km de spéciale chronométrée.

Juste pour imaginer lecteur, une spéciale de désert, ça va aussi vite qu’en WRC, la spécialité de Loeb et Ogier, plus vite même, il n’y a évidemment pas de goudron, parfois comme aujourd’hui pas de piste, et une spéciale de Rallye Raid fait au moins dix fois la longueur des secteurs chronométrés en  WRC…

Tu vois l’ambiance dans la caisse?

Tu imagines la fatigue physique, morale et nerveuse?

C’est pour ça qu’on a une admiration totale pour Schless’, qui a tâté, un peu comme Pescarolo, de toutes les disciplines du sport auto.

Jean Louis  est double Champion du monde de Sport Prototype en 1989 et 1990, Champion du Monde de Rallye Raid en 1997 et 1999, vainqueur du Dakar…

Un mec comme lui pourrait largement prendre sa retraite sportive… il aime trop ça et on l’aime pour ça!

 Go, go Pharaon Bleu!

Une étape incroyable !

Entre Sahl Baraka et Tibniya, la cinquième épreuve spéciale de ce Rallye des Pharaons 2011 s’est révélée, comme prévu, une étape difficile.

Entre pistes bosselées, dunes cathédrales et sable mou, les concurrents ont mis beaucoup d’énergie dans la bataille.

Du côté du Team Dessoude, Michele Cinotto et son fils Carlo sont parvenus à rallier l’arrivée après quelques belles séances de pelletage dans le sable mou, mais pour Pietro, la journée n’est pas terminée, immobilisé dans une cuvette de sable.

La N° 320 devra attendre l’intervention du camion balai pour se sortir de ce mauvais pas.

Les organisateurs avaient prévenu hier soir au briefing de la difficulté de cette avant-dernière étape. Les trois équipages du Team Dessoude ont pu le vérifier…

Michele Cinotto (le père) s’est montré le plus régulier malgré quelques arrêts pour sortir son Pathfinder du sable mou. Pour Carlo, la journée ressemblait étrangement à celle de son père.

Quant à Pietro, bloqué dans le fond d’une cuvette au milieu des dunes, l’entreprise est plus hasardeuse.

Dans une position particulièrement inconfortable, impossible de se sortir tout seul. Le jeune pilote Italien devra attendre l’intervention d’une bonne âme ou du camion balai pour rejoindre la piste avant de regagner le bivouac de Tibniya…

Ce samedi, dernière ligne droite vers Le Caire, les Pyramides de Gizeh et le podium final.

Mais avant de goûter aux joies de la fin de rallye, il faudra rouler sur les 350 km de la dernière spéciale qui ne s’annoncent pas comme une formalité.

MOTO: COMA LES MET KO!

Comme nous l’avions prévu hier, Coma est en tête du Rallye, avec trois victoires sur cinq étapes courues.

A la veille de la dernière spéciale, il a 14 minutes d’avance…

Pas beaucoup ça?

Demain, faudra faire gaffe hidalgo!

Les Yamaha de Viladoms et Rodriguez sont sur la trace…

Jean Louis Bernardelli

Photos: Alain Rossignol.

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