PHARAONS: JAMAIS DEUX SANS TROIS POUR SCHLESSER…

Jean Louis Schlesser remporte une troisième étape d’affilée des Pharaons 2011. Grosse maîtrise du co-pilote Konstantin Zhilstov, énorme talent du pilote Jean Louis Schlesser, superbe préparation du buggy Sonangol deux roues motrices.

Il ya sur cette auto tout pour gagner. Sauf que les autres ne sont pas des manches et par ailleurs, une con de durite à deux balles peut toujours lâcher au mauvais moment. Auquel cas Schless’ est aussi un mécano redoutable.

Bref équipage évidemment très pointu mais en rallye de désert, c’est très facile de se planter… Hier, le buggy bleu avait une heure onze minutes d’avance au général.

Ce soir, il ya dix minutes de plus dans l’escarcelle…

AUJOURD’HUI ON TOURNE EN ROND…

Normal puisque la spéciale est une boucle autour de Shal Barakka, sur 340 kilomètres, autrement dit on tourne effectivement en rond, mais le cercle a un gros diamètre!

Et tout autour du cercle, c’est opération-souci partout. Le désert égyptien est d’une beauté absolue mais, parlez en aux manes de Rommel, c’est aussi un casse-gueule sans nom doublé d’un casse-bagnole permanent…

Il est dit sur le road book de la journée qu’il ya du sable, du caillou, du cassant, du roulant.

Bref, à part le sable où son deux roues motrices n’est pas un avantage (sauf si le pilote va vite, ce qui est le cas de Schless’, mais gare au plantage!), à part les grains de sable donc, le reste est le terrain de jeu favori de Jean Louis.

Son engin prend plus de 200 km/h sans problème si on est en secteur roulant, et dans la caillasse, sa légèreté fait merveille, à condition d’avoir Mozart au cerceau! (Et hop une vision… Mozart plus Dave Brubeck, cela donne un « Blue Rondo Alla Turca » qui est la musique la plus connue au monde… Schless n’a rien d’un turc mais côté « Blue »et « je fais danser les autres », il est un vrai cador! Tiens lecteur, en lisant la suite, va donc sur YouTube chercher le rondo en question. Tu vas voir comment tu vas être dans le mouv’! )

Aujourd’hui, chaleur caniculaire sur le désert égyptien.

Ce qui ne va pas épater qui que ce soit, on sait que l’Égypte qui vit, c’est le Nil…

Quand on est loin du Fleuve Dieu, on est seul, dans un désert beau à couper le souffle et donc paradis des accros au Rallye Raid.

Particularité de ce désert, que l’on voit aussi en Lybie, les champignons calcaires que vous voyez sur la photo ci-dessus.

Bien entendu, en roulant façon GP, le Grand Bleu en a pris plein les yeux…

Voilà ce qu’il dit à son arrivée…

 « Encore une très belle spéciale tracée dans des paysages incroyables. Entre les champignons calcaires plantés dans une mer de sable, nous avions l’impression d’être plongés au plus profond d’un océan, qui a d’ailleurs sans doute existé ici voilà des millions d’années. L’Egypte est un magnifique pays ! Aujourd’hui, nous n’avons connu aucun problème particulier et d’ailleurs nous n’avons vu personne… Nous ouvrions la piste et sommes restés seuls jusqu’à l’arrivée ! Ce qui m’a vraiment gêné pendant 90 km, c’est d’avoir le soleil dans le dos, ce qui écrasait complètement la visibilité devant nous. Pas facile de deviner avec précision le relief d’où une certaine prudence, notamment en traversant une mer de sable. La navigation n’était pas franchement évidente sur certaines sections mais comme d’habitude Konstantin a assuré ! Nous confortons notre avance au général en prenant encore plus d’une dizaine de minutes. Demain, ce sera un gros morceau…»

 

Sur la quatrième étape tracée en boucle autour de Sahl Baraka, dans la région de Farafra, les équipages ont eu très chaud à l’intérieur des habitacles. Si les trois Pathfinder du Team Dessoude ont connu des fortunes diverses, Carlo Cinotto semble avoir adopté le bon rythme et signe le 7ème temps de l’étape du jour.

Michele aux prises avec un flexible d’huile récalcitrant a du s’arrêter pour réparer tandis que Pietro est resté prisonnier du sable.

Loin d’être facile cette quatrième étape a toutefois permis au Team Dessoude de signer une jolie performance. Entre piste rapide, cailloux, sable et navigation, le rythme était soutenu.

Pour André Dessoude, le rallye des Pharaons n’a jamais été une promenade et le terrain que l’on découvre ici est unique.

« Le début de course des trois équipages a été beaucoup trop rapide. Sans expérience, il est très difficile d’éviter les pièges. Avant de vouloir aller vite, il faut apprendre et le T2 est une bonne école. C’est une philosophie où l’on apprend à lire la piste et à ménager sa voiture. Les plus grands champions d’aujourd’hui sont passés par là. Je suis très heureux de constater que Jun Mitsuhashi, qui est aujourd’hui pilote officiel Toyota et qui a fait ses débuts chez nous, a mis a profit ce qu’il a appris sur un T2. Il est devenu un pilote très rapide et n’a jamais oublié ses débuts trop fougueux. Il a compris ses erreurs et aujourd’hui ramène chaque soir une voiture intacte. Concernant nos trois équipages, je pense qu’ils commencent à comprendre et le rythme a changé. Il ne suffit pas d’aller très vite, il faut aller vite mais longtemps… L’Egypte n’est pas une course facile pour débuter et d’ailleurs dès les premiers jours nous en avons payé le prix fort avec deux tonneaux. Aujourd’hui, Carlo fait un bon chrono en se classant 7ème. Michele a eu quelques soucis de flexible d’huile mais il a pu réparer tout seul sur la piste. Pietro a déplacé un peu sable en s’enlisant à plusieurs reprises. Tout cela fait partie de l’apprentissage du rallye raid…»

Demain vendredi, la cinquième étape est annoncée comme redoutable, sans doute la plus difficile du rallye. Attention à la navigation et à ces fameuses dunes complexes qu’il faudra franchir sans faillir…

Ceux qui rejoindront le bivouac de Tibniya demain soir auront de grandes chances de revoir Le Caire samedi prochain.

C’est ce que l’on souhaite à la famille Cinotto.

Demain on ne tourne plus en rond. On remonte sur Tibniya, sur près de 440 bornes de spéciale.

Logiquement, Schlesser pourrait laisser passer le pilote qui est derrière lui, perdant ainsi une minute, puis le contrôlant jusqu’à la ligne d’arrivée.

Logiquement… Schless le fera peut être pendant un peu de temps, puis il en aura marre de prendre la poussière du mec devant dans la gueule et il mettra gaz… On parie?

MOTO: LES QUATRE MOUSQUETAIRES…

Ils sont quatre à se disputer les victoires de spéciales mais il est quand même hautement probable que Marc Coma (photo ci-dessous) apporte à KTM une nouvelle victoire en Championnat du Monde.

Chaleco Lopez (Aprilia), Jordi Viladoms et Helder Rodriguez (Yamaha) le font quand même tourner en bourrique de temps en temps.

On verra bien mais on parierait bien sur Coma premier au retour aux pyramides de Gizeh.

 Jean Louis Bernardelli

Photos : Desert Run -Alain Rossignol

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