SCHLESSER, LE PHARAON BLEU…

Schlesser, Jean Louis pour les intimes, Schless’ pour les amis, n’a pas mis longtemps à devenir le pharaon du rallye du même nom.

Hier, 30 secondes perdues à balayer la piste, aujourd’hui, c’est la concurrence qu’il a balayée…

BUGGY BLEU…ROI!

C’est la spéciale la plus longue du Rallye, presque 500 bornes!

Ayant perdu trente secondes hier en balayant la poussière pour ses poursuivants, Jean Louis et son co-pilote, Konstantin se sont retrouvés seconds ce matin sur la ligne de départ.

Il est certain que nous ne donnions pas cher de la peau de Vassiliev, bref leader hier, sur un parcours de vieux pistards, et où en renard du désert, (il s’agit du Fennec, pas du maréchal Rommel, battu parce que ses chars étaient en panne d’essence…) le « Schless » a fait donner tout son génie, bien secondé par son copilote.

Bilan ?

47 minutes d’avance, le second est le Toyota officiel de Mitsuhashi.

UNE JOURNÉE MAGIQUE…

 Schlesser raconte sa journée…

« Ce fut une nouvelle fois une étape magnifique et nous en avons pris plein les yeux. Nous avons traversé des cordons de dunes splendides.

Seul bémol, les 90 derniers kilomètres qui furent assez pénibles car très cassants.

Ce matin, Vladimir Vasiliev ouvrait la piste. Il nous a rapidement distancé en suivant vraisemblablement les traces des motos.

De notre côté, nous avons suivi le road-book et au CP1 nous lui avions repris entre 20 et 40 secondes, pas plus.

Mais après le CP, il a préféré nous laisser passer pour ouvrir la piste dans les dunes et nous a collé au plus près. Il a fini par repasser et à l’abord d’une nouvelle grosse difficulté, il a de nouveau ralenti.

Cette fois, je l’ai passé à fond et en essayant de nous suivre, il a du se poser. Nous avons rapidement pris le large et franchi la ligne d’arrivée en tête.

Ce matin, la visibilité était très mauvaise en raison de la réverbération et il fallait rester très prudent pour ne pas se faire piéger.

Globalement, la navigation était moins compliquée qu’hier mais ce fut vraiment une très belle étape ! « 

Ce qu’il y a de bien avec Schlesser, c’est qu’il ne fait pas de cadeaux, ni aux autres, ni à lui-même.

Compte rendu strict, façon presse américaine.

Et au passage tout de même, on notera que même quand il frise les 200 km/h, ce pilote exceptionnel regarde aussi le paysage et il adore ça.

Bref, c’est un mec bien, nous n’avions d’ailleurs pas vraiment de doutes à ce sujet!

Une course éprouvante…

 

Cette édition 2011 du Rallye des Pharaons est placée sous le signe de la difficulté. Une course intense et exigeante où la moindre erreur se paye cher.

Pour les trois équipages du Team Dessoude, composés de la famille Cinotto (père et fils), la première étape entre Le Caire et Tibniya fut déjà un morceau de bravoure.

Même si les trois Pathfinder ont réussi à se sortir de ce premier piège, ce début de course ne fut pas une réelle partie de plaisir.

Hier lundi, dès la première étape, en début de spéciale, le Pathfinder N°319 de Carlo Cinotto tombait dans un trou, suite à une erreur de navigation l’ayant guidé sur la mauvaise piste, roue avant gauche arrachée.

Comme les trois équipages roulaient ensemble, ils se sont tous arrêtés pour aider aux réparations.

Plus de trois heures furent nécessaires avant de pouvoir repartir. Après avoir atteint le km 160, la 319 regagnait le bivouac sans être mise hors course mais en écopant des pénalités réglementaires.

Quant aux deux autres Pathfinder, celui de Michele et Pietro, ils ont allés au bout du périple et franchi la ligne d’arrivée en fin de soirée.

Après une bonne nuit à remettre en état les véhicules, l’équipe au grand complet s’alignait au départ de cette deuxième étape.

André Dessoude avait fait hier soir un gros briefing afin de sensibiliser les équipages à l’importance de la navigation dans ce type d’épreuve, pas toujours évidente pour des novices. Un point clé sur des spéciales de ce niveau.

Au départ de cette deuxième spéciale, une boucle autour de Tibinya, la plus longue du rallye, le sable était largement au rendez-vous.

Après avoir franchi le CP1, Pietro Cinotto (sur la 320), partait en tonneau mais parvenait à rejoindre le bivouac. L’équipage est indemne mais le Pathfinder a beaucoup souffert. Les mécaniciens s’attellent ce soir à la tâche pour faire repartir l’équipage demain.

Quant à Michele (le père), il est parvenu à boucler l’étape en assez bonne position en sachant que de très nombreux concurrents se sont fait piéger par ces dunes si particulières à l’Egypte, les dunes cassées…

Quant à Carlo, après sa mésaventure de la veille, le jeune pilote Italien est bien décidé à aller au bout de l’aventure.

 

 Demain mercredi, cap au sud vers Sahl Baraka à quelques kilomètres de l’oasis de Farafra. Moins de kilomètres en spéciale, « seulement » 286, mais pas forcément moins de difficultés…

Pas le tout d’être devant, faut y rester!

Jean Louis BERNARDELLI

Photos :Alain Rossignol

Rallye-Raid Sport

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