LA GESTION DES PNEUMATIQUES : UNE OPERATION COMPLEXE ET CAPITALE.

De plus en plus les courses d’endurance tendent à ressembler à  runs successifs de vitesse et à ce petit jeu rien de bien étonnant que le choix des pneumatiques s’avère déterminant pour l’obtention de résultats convaincants.

A l’occasion de ces 24 heures moto  nous avons choisi non pas de nous perdre dans la définition des  types de carcasse ou de gomme, mais de nous intéresser à la gestion de ce paramètre essentiel. C’est le Suzuki Endurance Racing Team qui nous permet de traiter  cette question  sans tabou en association avec Dunlop.

 

Patrice OMONT, Directeur de la technologie et Roland WOZNIAK, responsable compétition France, n’hésitent pas à préciser d’emblée :

« Nous et le SERT avons un objectif commun, à savoir gagner, pour cela notre travail commun  est  bien défini. Comme pour  les autres Teams avec lesquels  nous avons  une politique de développement, nous avons validé trois choix  pour les pneus arrière et deux pour l’avant. Comme  nous fournissons ici 22 machines nous avons sur le circuit 3500 enveloppes et disposons de 12 monteurs. Le SERT est  servi en priorité quand il se présente  pour ses montages et bien entendu, un technicien est en permanence présent dans le stand pour assurer  un dialogue direct avec  les pilotes, le chef mécanicien afin de pouvoir réagir ensemble face à des difficultés ou situation particulière. »

Pour clore ce chapitre du pont de vue du manufacturier, précisons que tous les  produits destinés au SERT ou autres Teams de développement? sont fabriqués à 100% en Angleterre.

Passons maintenant sur l’autre versant de cette gestion.

Comme bien souvent au SERT les bénévoles font figure de grognards et connaissent  leur partition sur le bout des doigts. Serge VIVIEN 29 ans de maison est assisté  d’Alain SOUDY (23 ans) et de Joël MONCHARTRE (9 ans), pour cette tâche redoutable,  fatigante et rigoureuse dont l’objectif  nous est ainsi précisé :

«  Fournir à tout moment, les pneus attendus par le chef, à la bonne température et à la bonne pression. »

Dites ainsi, les choses paraissent assez simples, sachant que les relais interviennent en général toutes  les heures.

Pourtant il faut ajouter que l’on peut utiliser trois types de pneus différents selon les plages de température d’utilisation, que les trois pilotes n’ont pas  choisi les mêmes types de pneus avant, que les pneus arrivent montés à la température ambiante et qu’ils doivent être portés à 75 degrés, que le team dispose de 10 roues avant et 10 roues arrière…. et  vous imaginez  fort aisément combien la gestion logistique, est donc pointue.

Pour faciliter le tout, le stand Suzuki est éloigné du camion de montage.

Il convient en plus de prévoir le contrôle de la pression à froid, puis à chaud –en tenant compte des préconisations du manufacturier– de la vérification de l’équilibrage et du nettoyages des jantes…

Il est certain qu’après 24 heures, les préposés aux pneumatiques ne sont pas loin de l’épuisement, mais leur fierté est d’avoir pu répondre sans faillir aux   différents aléas ou incidents de course.

Pour cette édition, le paramètre supplémentaire de la pluie étant écarté, on  peut considérer que la problématique était bien simplifiée.

Comme le dit gentiment Sergio :

«  Ce n’est pas moi qui décide du plan de bataille, mais je veille à l’appliquer avec les potes, ça allège  un peu le boulot de Petit Paulo ( le chef mécanicien) et comme l’on est amené à dialoguer avec les gens de Dunlop, ça contribue à entretenir mon anglais… »

Plan de bataille, certes mais aussi plan d’action.

Joël porte la roue arrière sur la piste et Alain la roue avant, moins d’une minute avant l’arrivée de la moto au stand.

Ensuite, récupérant à la volée la roue que le mécanicien éjecte… ils  entrent dans un nouveau cycle : nettoyage, transport chez Dunlop, récupération des roues, contrôles…. et ainsi de suite.

Le chef MELIAND sait que la chaîne est solide et fiable, les pilotes sont en confiance, la course se déroule au rythme des longues heures de la nuit..

Le  jour viendra, le drapeau s’abaissera, les paupières aussi avec le sentiment de plénitude intense d’avoir tout donné  pour son équipe….

 

Texte : Alain Monnot

Photos : Michel Picard

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