24 HEURES MOTO AU MANS : GRANDE BAGARRE DANS TOUTES LES CATEGORIES

On dit souvent que le milieu  de  l’endurance  moto  ressemble à  un  grand village gaulois tant c’est à partir des épreuves  de prestige françaises  comme  le Bol d’or et les 24 heures moto que s’est établi  ce championnat du monde d’endurance dont l’avant dernière épreuve de la saison se courra les 24 et 25 septembre sur le circuit Bugatti au Mans.

Pourtant  les  choses  ont  bien évolué depuis 40 ans, où pour la  première fois une   course d’endurance moto se disputait au Mans. Pour cette année ,  notons la grande modification  des dates  avec  l’inversion d’avril  à septembre pour ces  24 heures  qui deviennent automnales alors  que jusqu’à maintenant  ceci  restait l’apanage du Bol d’or. Cette permutation de dates peut avoir des  conséquences  moins  mineures qu’il n’y parait, notamment  pour ce  qui concerne les conditions météo  et les plages  optimales de  température pour l’utilisation des pneumatiques  sur  le circuit Bugatti.

 

Pour autant l’épreuve  demeure  tout aussi prestigieuse et va donner  lieu  à des empoignades farouches  à  tous  les niveaux , c’est-à-dire  pour la victoire  bien entendu  (qui constitue  une  référence de  choix  sur une carte de  visite !), mais aussi pour le  classement final  du championnat du  monde.

Nous verrons par ailleurs  comment  les  teams managers  envisagent d’aborder cette course  mais au-delà  de leurs déclarations – sans doute un peu empreintes de leurres stratégiques– il faut  bien  sortir  de  notre  village gaulois. En effet à l’heure de la mondialisation, la France n’est  plus seule sur son île et les marques japonaises  non  plus.

Certes  bon  nombre de pilotes constituant le plateau sont français, mais la grande  nouveauté de l’année consiste  à la possibilité pour une marque européenne –BMW– (photo) et de gagner les 24 heures moto et de gagner ensuite après la dernière course au Qatar, le championnat du  monde.

Nous n’en sommes pas là  et connaissant la farouche détermination des autres équipes (à ossature française) engagées au bénéfice de Kawasaki (vainqueur en 2010), Suzuki (vainqueur en 2008) ou Yamaha (vainqueur en 2009) notamment, on  peut affirmer sans grand risque que tout est en place pour une fantastique chevauchée.

Ajoutons à cela une répartition des manufacturiers assez large avec Dunlop, Michelin et Pirelli et l’on pourra se faire  une idée des enjeux majeurs de cette course emblématique avec les gros points qui lui sont affectés. (35, 28, 22..)

Au championnat, actuellement BMW (Motorrad France) grâce à sa bonne prestation aux  8 heures de Suzuka, mène le bal au championnat avec 68 points, devant Suzuki (SERT) 62 points laissant Yamaha (GMT 94) à quelques longueurs avec 46 points et Kawasaki (SCR) en retrait avec 28 points.

 SAVOIR APPLIQUER LE RECETTE DE l’ENDURANCE

Sans être devin, ces quatre  machines  officielles vont se déchirer et  une fois de plus on  va, au cours des  premières heures, assister à une bagarre très intense aucune machine  n’entendant laisser «  partir »  une concurrente. Tout le monde connait la seule recette  qui vaille en endurance rouler  vite avec  une grande homogénéité de temps entre  les trois pilotes, ne pas tomber  et des arrêts au stand  réduits au maximum. Cela  est facile  à dire en théorie mais la course réserve  des aléas à chaque team. L’état psychologique des équipiers peut être un facteur positif  ou négatif surtout si un doute s’est installé  lors des essais par rapport  à ses équipiers  plus rapides ou à une machine un peu lourde  ou délicate à contrôler dans certaines situations.

Le choix des pneumatiques aux performances spécifiques en fonction de l’état de  la piste et de  la température selon  les équipementiers, peut devenir  un atout maître  ou  un écueil. Les conditions climatiques (à priori annoncées  correctes hormis des possibilités d’averses samedi) sont des facteurs  importants surtout sur piste humide alors que  certaines  machines  disposent et maitrisent  le contrôle de traction  alors que d’autres n’en sont pas équipés !

A côté de ces paramètres  de course il convient forcément de considérer la qualité de la préparation, l’expérience des mécaniciens, la coordination de l’équipe, sa cohésion et la qualité de la stratégie adoptée. Sur 24 heures il est évident que tout cela  peut avoir  une plus grande incidence que sur une course de 8 heures.

À ce petit jeu le SERT, malgré  une machine éprouvée  mais un peu vieillissante a démontré au dernier Bol d’or, que le Père Méliand, a encore quelques bottes secrètes  dans sa manche. Parions d’ailleurs que  le choix définitif du  troisième pilote  jouera un rôle important  dans le déroulement de la course d’au moins  trois marques précitées.

Sur la Yamaha N° 7 du YART il faut  bien entendu  remplacer Gwen GIABBANI  blessé à l’épaule  lors  des récents essais au Mans. Sur la Kawasaki N° 11 s’offrir  les services d’un Guillaume DIETRICH (vainqueur des 24 heures moto en 2007 et  2008) comme  quatrième pilote (provisoirement ?) aura  peut-être pour effet de repousser Olivier FOUR  comme remplaçant, qui sait ?

Et sur la Suzuki N° 1, on ne voit pas figurer de  troisième pilote sur les feuilles d’engagement  mais gageons que là aussi, Anthony DELHALLE peut entrer dans la course, Daisaku SAKAI (photo) ne s’étant  guère  montré à son avantage cette saison.

Si trois  sur quatre des constructeurs japonais entendent officiellement bien barrer la route à l’européen BMW, n’oublions pas un engagement fort significatif des Honda N° 55 National Motos et la Honda N°77 de TT Légends, d’autant plus  que c’est  une machine de la marque qui a remporté de haute lutte les 8 heures de Suzuka.

Plus sentimental  est l’engagement d’une seconde machine METISS. Yves KERLO pour marquer les 20 ans de la participation de la Yamaha Finagor de Bruno BONHUIL,  Rachel NICOTTE et Philippe MONNERET, engage donc  aux côtés de la N° 45- toujours en catégorie open- la N° 91 et la confie à un équipage franco belge aux couleurs de Bihr.

 

Après  la catégorie reine de EWC  et celle plus  expérimentale des  Open, il  ne faudrait pas oublier de  mentionner la catégorie Superstock qui  concourt pour la coupe du monde d’endurance. Là aussi  des  écuries fort  bien  équipées et managées engagent des  machines  proches de la série se montrant  très performantes. (photo Bruno Le BIHAN et Hervé MOINEAU) Hervé MOINEAU ex multiple Champion du monde de  la spécialité fait œuvre de pédagogie avec passion, patience et compétence.

Sa Suzuki N° 50 du Motor Events possède un avantage au Championnat sur la BMW du Boenig Penz 13 N° 31. On sait que toute l’équipe vendra chèrement sa peau, le titre étant son objectif premier.

Parallèlement, sur la N° 211 et partageant la même structure, c’est Bruno Le BIHAN qui prépare scrupuleusement avec talent et humanité la relève  des pilotes On regrettera l’absence consommée de la N° 95, la Suzuki « volante » du Qatar qui a jeté l’éponge  en faisant craindre par ricochet l’absence de championnat en 2012.

Il n’en sera rien, le contrat financier du Qatar avec la FIM pour le parrainage de l’endurance au niveau mondial, n’étant absolument pas remis en cause.

En Superstock de  nombreux teams sont sur les rangs pour se montrer à leur avantage, certains  ne courant  que  les deux épreuves  françaises de 24 heures. D’autres,  comme Endurance 45  font partie depuis des années  des teams  permanents  et ont obtenu des classements flatteurs.

Pour  leur dernière  apparition sur  le territoire français (Gilles Dutertre ayant décidé de raccrocher en 2012), l’équipage de la Suzuki N° 100 devrait nous sortir une « course de derrière les fagots ». pour  souhaiter  un joyeux anniversaire au chef. (Photo Giles Dutertre et jean jacques Cassegrain)

Si l’on se réfère aux essais  préliminaires où les trois pilotes trouvant rapidement un accord optimal entre  suspension et pneumatiques (Dunlop) enchainèrent des temps constants et  homogènes, fort convaincants, on peut penser que cette machine visera le podium dans  sa catégorie. Cet objectif est d’autant plus envisageable que les mécaniciens sous l’œil expert de Jean Jacques Cassegrain  (ex grand patron de l’écurie  à son nom  au firmament des  épreuves  des années 75) ont acquis depuis 2005, une expérience incomparable durant leurs nombreuses campagnes de course.

Nous n’aurions d’oublier  de  parier sur  les  grandes qualités du Suzuki Junior Team  avec les élèves du Lycée Le Mans Sud drivés  par Damien SAULNIER et dont les résultats sont souvent d’excellente facture. L’équipage de la N° 72 a belle allure  avec  les  mousquetaires : Baptiste GUITTET, Julien ENJOLRAS  et Loïc NAPOLEONE, aguerris qu’ils sont  par  leur participation  au championnat de France Supersport, notamment.

Les 24 heures sont aussi pour  bon nombre de passionnés  l’occasion de vibrer au niveau de la musique et cette année  ils ne seront encore, pas déçus : avec samedi à 21 h  vers la passerelle Dunlop  grande  prestation du groupe anglais STATUS QUO !

 LE SERT EN MANQUE DE PILOTE ?

Comme il est  coutume  de  dire souvent, les 24 heures on l’aura  vu rassemble  plusieurs courses dans la  course, tout autant qu’il existe autant de motivations de suivre cette course. Pourtant cette année, avant même le départ de la course  , un coup de tonnerre a retenti chez SUZUKI.

Le patron du SERT, rencontré à l’issue des essais libres du mardi gesticulait en alignant les véhicules de l’hospitalité et  réglait  des  problèmes d’évacuation d’eaux usées, en me déclarant :

« Tu parles souvent de ma stratégie, là  on en est loin. On est pendu.  En effet il  me faut  d’abord trouver  un pilote  et  puis  faire partir  la moto… après  on essaiera  de  terminer la course .»

Il faut préciser ce qui justifiait une telle tension, voire déception.

Alors que les essais libres allaient se terminer Vincent Philippe, repartait pour un dernier run avec un pneu arrière neuf.  Au premier tour d’installation, il  tournait en 2’10’‘, c’est-à-dire de manière très paisible pour chauffer le pneu.  Au musée  dérobade du pneu arrière, chute, perte de connaissance, évacuation et inquiétude pour toute l’équipe, évidemment!!!

Les choses  devenaient  d’un coup beaucoup trop compliquées puisque Freddy FORAY, n’ayant pas encore assez récupéré d’un traumatisme crânien et ce suite à une chute récente, ne pouvait décemment pas s’aligner pour l’épreuve.

Il nous déclarait, en quittant le circuit :

«  Je n’ai  pas eu assez de  temps  pour  que  les choses se  remettent en place, il faut  un  peu de patience, il manque 15 jours… en  tout cas  je  ne  peut pas rester  plus  longtemps sur  le circuit c’est  trop  terrible… » (Photo Vincent Philippe et Freddy Foray)

Pendant ce  temps là, le téléphone de Dominique Meliand chauffait, pour tenter de dénicher et trouver un remplaçant d’un niveau suffisamment élevé pour concourir valablement, c’est-à-dire, au gudon de la Suzuki SERT, pour envisager quand  même la victoire.

Là, on peut imaginer que les disponibilités de pilotes ne sont pas légion et les rivalités de marques dont nous parlions plus haut, n’étaient pas de nature à permettre de libérer certaines pointures, contre sans doute un  gros chèque !

Ce dont le SERT, ne dispose pas….

Avant de connaitre la réalité des choses, Vincent Philippe répondant par SMS, à notre message de sympathie, nous écrivait :

«  j’ai vraiment tapé la tête fort et j’ai mal aux cervicales. Entorse cheville droite, coude droit énorme, clavicule droite cassée. Même avec une opération je suis trop faible  pour rouler ».

On juge de la volonté et de la détermination des pilotes de ce calibre qui ne renoncent vraiment que contraints et forcés. Chapeau à lui !

Un peu plus tard, il revenait en famille sur le circuit et rejoignait en famille le stand SERT.

BAPTISTE GUITTET PASSE DU JUNIOR TEAM AU …SERT

La  nouvelle est tombée mercredi en fin d’après midi. Le grand manitou Dominique MELIAND  a bien remué ciel et terre  pour décrocher « une pointure » en vue du remplacement de ses deux défections dont nous parlons par ailleurs. Finalement  la solution retenue est de faire monter « un petit  jeune » Baptiste GUITTET, actuellement dixième au championnat de France supersport.

Par voie de conséquence, ce sera Cédric TANGRE, qui sera titulaire lui, au Junior Team.

Ouf, la Suzuki N° 1 dispose donc de trois pilotes… attention aux essais de ne pas en perdre, un autre !!!

C’est parfois si vite arrivé….

Prévenu  de la décision,  nous sommes restés dans le stand du SERT  et  » le scoop »  s’est vite présenté.

Baptiste GUITTET, est venu prendre connaissance de sa nouvelle machine… Il a été briefé sur les commandes,  les consignes d’alerte et les multiples petites astuces maison qui contribuent à faire gagner du temps, lors des ravitaillements,  par exemple.

Baptiste a testé sa position de pilotage et instauré un dialogue fructueux avec les deux  Jean-Paul, Petit et Grand Paulo, respectivement chef mécanicien et chef motoriste.

Tous les regards seront tournés vers les temps réalisés par ce promu au sein de l’équipe de référence en endurance. Comment  supportera-t-il la pression, qu’une telle ascension va générer.

Est-ce que le japonais saura se montrer un chef de file du calibre de Vincent PHILIPPE – présent sur le circuit et s’interrogeant encore sur les causes exactes de cette gamelle mémorable-.

A en juger par le bilan assez  médiocre de Dai SAKAI, cette saison, le patron du SERT,  n’a pas fini de tourner en rond dans le stand pour commander une manœuvre  dont certains paramètres lui échappent et une course prestigieuse à travers le monde et qui désormais s’avère des plus délicates !!!

Texte : Alain Monnot

Photos : Alain Monnot et Michel Picard

 

JEUDI 22 SEPTEMBRE

09:00 – 10 :00   Vérifications Administratives et Techniques – FIM e-Power/TTXGP (motos électriques)

10:00 – 11:00 Briefing des Teams Manager « 24 Heures Moto”

11:00 – 11:25 1ère séance Essais Chronométrés – Michelin Power Cup 600cc

11:45 – 12:15 Essais Libres – FIM e-Power/TTXGP (motos électriques)

12:30 – 14:30 Essais Libres « 24 Heures Moto »

14:00 – 16:00 Vérifications Administratives et Techniques Championnat du Monde FIM de Side-Car

14:40 – 15:05 1ère séance Essais Chronométrés – Roadster Cup 600cc

15:15 – 15:40 1ère séance Essais Chronométrés – Michelin Power Cup 1000cc

15:50 – 16:10 1ère séance Essais Chronométrés – FIM e-Power/TTXGP (motos électriques)

16:30 – 17:00 1ère séance Qualificative des Pilotes 1 – « 24 Heures Moto”

17:10 – 17:40 1ère séance Qualificative des Pilotes 2 – « 24 Heures Moto”

17:50 – 18:20 1ère séance Qualificative des Pilotes 3 – « 24 Heures Moto”

18:30 – 19:00 1ère séance Qualificative des Pilotes R  –  « 24 Heures Moto”

21:00 – 22:00 Essais de nuit « 24 Heures Moto”

VENDREDI 23 SEPTEMBRE

10:00 – 10:20   2ème séance Essais Chronométrés – FIM e-Power/TTXGP (motos électriques)

10:30 – 10:50 Essais Libres – Championnat du Monde FIM de Sidecar

11:00 – 11:30   2ème séance Qualificative des Pilotes 1 – « 24 Heures Moto”

11:40 – 12:10 2ème séance Qualificative des Pilotes 2 – « 24 Heures Moto »

12:50 2èmeséance Qualificative des Pilotes 3 – « 24 Heures Moto”

13:00 – 13:30 2èmeséance Qualificative des Pilotes R – « 24 Heures Moto”

14:05 –  14:25 1ère séance Essais Chronométrés – Championnat du Monde FIM de Sidecar

14:40 – 15:05 2ème séance Essais Chronométrés – Michelin Power Cup 600cc

15:20 – 15:45 2ème séance Qualificative – Roadster Cup 600cc

16:00 – 16:25 2ème séance Essais Chronométrés – Michelin Power 1000cc

16:35 –  16:55 2ème séance Essais Chronométrés – Championnat du Monde FIM de Sidecar

17:25 – 18:00   Course – FIM e-Power/TTXGP (motos électriques) (8 Tours)

18:15 – 20:00 Découverte des Stands et Paddock

SAMEDI 24 SEPTEMBRE

09:00 – 09:30 Course – Michelin Power 600cc (12 Tours)

09:45 – 10:15 Course – Roadster Cup 600cc (12 Tours)

10:30 – 11:15 Warm-Up « 24 Heures Moto »

11:30 – 12:00 Course – Michelin Power 1000cc (12 Tours)

12:15 – 13:00 Course – Championnat du Monde FIM de Sidecar (18 Tours)

13:10 – 14:10 Animations + Présentation nationalités pilotes et machines

14:15 Préparation des machines + pilotes devant les stands (épi)

14:30 Début de la procédure de départ

15:00 Départ de la 34ème édition des « 24 Heures Moto”

DIMANCHE 25 SEPTEMBRE

15:00 Arrivée de la 34ème édition des « 24 Heures Moto

Sport

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