SUPER GT : BENOIT TRELUYER « ON NE GAGNE PAS A TOUS LES COUPS » !

 

Dimanche à Suzuka, pour la cinquième manche du Championnat Super GT Nippon, il ne fallait pas et comme souvent, se tromper dans le choix de ses gommes.
Inspirée en début de course, l’écurie Motul-Autech prenait la tête grâce à un premier pari osé, avant de lâcher prise par la faute d’un second moins judicieux.
Au final, Benoît Tréluyer signe une probante 4e place qui lui permet de conserver intacte, ses chances au Championnat…
Il aura plu durant tout le week-end du côté du célèbre et sélectif tracé de Suzuka.
Une chance pour l’équipage de la Nissan GT-R « Motul-Autech » de Benoît Tréluyer et de son équipier Satoshi Motoyama qui, lors de la seule séance disputée sur piste sèche, avait pu constater que leur voiture chaussée de pneus Bridgestone, était un brin moins efficace dans ces conditions.
Benoît, explique:
« Sur le sec, ça allait bien mais sans plus  mais sur le mouillé, nous n’étions pas mal du tout ! D’ailleurs, c’est sans mal que je signais le 8e temps de la Q1 lors de la qualif et que je permettais à Satoshi de tenter sa chance en Q2. Il faisait du bon boulot et qualifiait la voiture pour la Q3 où je signais le 5e temps. J’aurai pu faire mieux si je n’avais pas été gêné par une voiture plus lente sur la piste. Un dixième de mieux et je décrochais le 3e chrono. Rageant, mais comme la voiture était facile à piloter, nous étions confiants pour la course… » 
Une course qui débutait par un pari pour le moins osé puisque, sur la grille, à contre courant des autres concurrents qui avaient opté pour des pneus pluie, Benoît décidait de suivre les recommandations de son ingénieur et choisissait donc, lui de s’élancer avec les « intermédiaires ». 
Il raconte avec une moue dubitative:
« Les quatre premiers tours furent dans ces conditions évidemment assez délicats puisque je ne savais pas où étaient les flaques d’eau. Malgré tout, je suis parvenu à préserver la 5e place. Une fois assimilé l’endroit des pièges potentiels, j’ai accéléré le rythme et je suis parvenu à passer mes adversaires un à un… » 
Une fois en tête, Tréluyer prenait le large et terminait son relais avec 45’’ d’avance.
« On a alors décidé de mettre les pluies pour le relais de Motoyama car il recommençait à pleuvoir légèrement et nos prédictions nous informaient d’une pluie plus soutenue pendant une heure. Malheureusement, si la pluie est effectivement arrivée, son intensité ne justifiait pas les « pluies » ! Satoshi a fait ce qu’il a pu mais l’avance construite lors du premier relais a vite fondue. Évidemment, le stand aurait pu le rappeler pour remonter des « inter », mais cela aurait été une nouvelle prise de risque car notre bulletin météo annonçait toujours l’arrivée de cette maudite pluie intense. »
Retombée à la 8e place, la Nissan GT-R « Motul-Autech » reprenait la piste pour le 3e et dernier relais avec, à son volant, un Tréluyer absolument déchaîné.
« Malheureusement, j’ai touché un concurrent lors de mon tour de rentrée. C’est de ma faute, j’ai freiné un peu tard. Bref, je prends une pénalité de passage par les stands et, peu après, je fais un tête-à-queue puisque je suis à fond partout pour tenter de remonter. Par chance, je ne perds pas trop de temps et j’attaque de plus belle jusqu’à la ligne d’arrivée que je coupe à la 4e place. Je me suis bien amusé, mais nous finissons au pied du podium… »
Le Français doit-t-il nourrir des regrets pour autant ?
Non dans la mesure où le retard accumulé lors du second relais, n’aurait pas permis de faire mieux.
« Ce n’est pas la peine, non plus, d’incriminer nos experts météo qui nous ont permis de réaliser un bon coup au premier relais. Au second, ils avaient prévu l’arrivée de la pluie mais pas son intensité. De tout manière, il faut être réaliste, pour le moment il est difficile d’aller chercher les Michelin. Malgré 80 kilos de lest, la Nissan GT-T de Masataka Yanagida et Ronnie Quintarelli, se permet encore de faire la pôle. Cela en dit long sur le potentiel de l’ensemble. D’un côté, ça m’agace un peu. De l’autre, je me dis que nous avons fait du sacré bon boulot de développement l’an passé quand nous roulions avec les gommes Françaises. »
Au Championnat, Benoît et son équipier (48 points) occupent la 3e place derrière la Nissan GT-R n°46 (70 points)  du duo Masataka Yanagida et Ronnie Quintarelli et la Honda n°1 des vainqueurs de ce dimanche, la paire franco-japonise composée de Loïc Duval et Takashi Kogure (54 points).
Ce qui n’est pas mal dans l’optique du Championnat…
Benoit explique :
« Nous allons arriver à la prochaine course de Fuji sans trop de poids. Ce week-end, notre objectif était la 3e place pour rester dans la course sans récupérer trop de lest. Quatrième, ce n’est pas mal. Nous avions aussi un nouveau moteur. Pas de gain par rapport à l’ancien pour le moment, mais il vient d’être fabriqué et nous n’en sommes qu’au tout début de son développement. La bonne nouvelle, c’est que le potentiel est là, mais il faut travailler la courbe de puissance. Pour le moment, la plage d’utilisation est trop étroite et nous devons changer souvent de rapport… »
A Fuji, c’est donc un Tréluyer encore plus affûté qui tentera de retrouver le podium.
Et, la première marche, bien sûr !
Christian Colinet
 Photos : Team

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