8 HEURES DE SUZUKA : DOMINIQUE MELIAND ‘’ NOUS ALLONS NOUS RATTRAPER ! « 

Au lendemain des 8 heures de Suzuka, nous avons fait le point en regagnant Tokyo, avec Dominique Méliand, sur la course de la Suzuki n°1 du SERT.

Classé 9e « seulement «  , le SERT qui occupait la tête du Championnat du Monde avec deux points d’avance, se retrouve désormais après cette épreuve nippone, second avec cette fois … six points de retard sur BMW Motorrad-France, qui obtient une plus satisfaisante 4ème place, dans la manche courue au pays du Soleil levant.

Avant l’embarquement prévu pour le vol 5055 Narita – Paris CDG, Dominique a tout le temps de se confier pour autonewsinfo:

 » La course du SERT n’a pas été parfaite et ne s’est pas déroulée comme je l’aurais souhaité. Ceci dit, les 8 heures de Suzuka est toujours une course très difficile, très compliquée bien souvent et nous avons peut-être manqué de préparation car l’engagement a été plutôt précipité, après l’annulation de l’épreuve prévue à Donington. Nous sommes arrivés à Suzuka avec , de ce fait, de petites lacunes , surtout au niveau du choix des pneumatiques. A cause de cela, nous avons été un peu en arrière car nous n’avions pas fait d’essais suffisants. Nous avons eu aussi de petits soucis techniques (rampe d’injection et platine de sélecteur ) qui, pour la première fois, nous sont arrivés au Japon. Cette analyse est un peu dure d’emblée pour une course qui n’a pas été une des meilleures, mais la saison n’est pas terminée et nous allons nous rattraper aux 24 heures du Mans et ensuite à Doha au Qatar! « 

Revenons sur les pneumatiques Dominique, crois-tu à la supériorité de Bridgestone, qui truste le podium?

 » Il est difficile de savoir si le fait de retrouver aux trois premières places le même fabriquant, à savoir Bridgestone, tient à la performance supérieure de ces pneus car il faudrait faire des essais comparatifs. Notre moto chaussée en Dunlop a connu des soucis, c’est vrai, mais elle était quand même là pour se bagarrer avec le trio de tête. Je pense qu’il faut faire beaucoup, beaucoup d’essais pour réussir à Suzuka et trouver le bon compromis pneumatique. Si les Bridges n’avaient pas fait d’essai, ils n’auraient pas trouvé les bons pneus et n’auraient pas fait la course en tête. La différence vient plutôt de ce fait qu’à une marque de pneus.’’

 

 

Encore que Bridge étant le manufacturier local, ses techniciens connaissent tout de Suzuka

Nous avons vu très peu de casses moteur, de chutes mais une bagarre à trois teams Japonais sur toute la course qui terminent dans un mouchoir : 90 secondes. N’est-ce pas désespérant de ne pas pouvoir envisager de se mêler à la lutte pour un podium à Suzuka ?

 » Non, ce n’est pas désespérant. Il faut savoir qu’il y a deux façons de venir participer à ces 8 heures La première, c’est de venir pour gagner Suzuka. Dans cette optique, il faut faire une moto pour Suzuka, sans compter sur l’éventualité de ne pas pouvoir obtenir de points en vue du championnat avec tous les risques que cela comporte. Cela veut dire rouler au maximum et même au-delà ,et ce, pendant huit heures, sans penser au lendemain. La seconde façon, c’est un peu celle vers laquelle nous, Européens, penchons. Nous incluons Suzuka dans un championnat du Monde sans pouvoir jouer tout et n’importe quoi sur cette seule course. Il faut bien sûr aller vite, ramasser un maximum de points qui serviront à conquérir un titre en fin de saison. Jouer Suzuka, Oui, si on ne fait que cette course. »

 

Vu le coût d’une telle épreuve, le jeu en vaut-il la chandelle ?

« C’est un vrai dilemme! Cette année,  je ne sais pas si cela en valait la chandelle. Il y avait d’autres choses qui pouvaient remettre en cause notre participation  à commencer par les soucis actuels liés au Japon. Quand on peut ramasser quelques points et les mettre dans l’escarcelle du championnat, ça en vaut toujours le coup. Après, il faut analyser le coût par rapport à ce nombre de points. Il faut attendre, la fin de la course, puis la fin du championnat, pour savoir si oui ou non, cela valait le coup d’aller au Japon. « 

Dominique, tu as rencontré le directeur du Service compétition de Suzuki, Mr Camomilla, qui vous a aidé sur le plan de la logistique, as-tu obtenu des informations sur l’existence d’une nouvelle moto pour 2012 ?

 » Oui, l’arrivée de cette nouvelle machine est prévue pour la fin de cette année. Il est clair que si nous devons refaire une nouvelle saison en 2012, en endurance, nous le ferons avec une nouvelle moto mais c’est encore un grand point d’interrogation car je n’ai pas obtenu trop de réponses sur cette question. Nouvelle moto oui, mais nous le saurons lorsque nous la découvrirons tout début Décembre. »

Nous pouvons ajouter que Dominique qui préside aux destinées du SERT depuis 30 ans, un bail, connaît parfaitement l’esprit des japonais, les questions sur lesquelles il est inutile d’insister.

 

Cela fonctionne plutôt bien ainsi et ‘’ le chef ‘’ reste fidèle à Suzuki depuis 1980 et à ses hommes, tel Mitsuo Ito San, l’ancien directeur de la compétition qui a couru le Continental Circus dans les années 60.

Cette année, sachant le SERT présent à Suzuka , Ito san est sorti de sa retraite pour revoir les fidèles amis Français de la ‘’Suzuki family’’  et de demander à chaque mécanicien, le nombre, l’âge des enfants ou bien de s’enquérir des nouvelles d’Hervé Moineau, fidèle pilote du SERT durant quinze ans !

Revenons Dominique sur cet avenir immédiat.

Il reste deux course à disputer : Les 24 Heures du Mans, dans « ton jardin « ,  fin Septembre et le Qatar en Novembre. Comment vas-tu aborder le Mans ?

 » Les 24 Heures du Mans ,c’est vrai, nous les retrouvons dans notre jardin, mais ce n’est pas l’épreuve que nous avons gagné le plus (7 fois : 1982,1997,2002,2003,2004,2007 et 2008 ) mais cette année, j’ai envie de la regagner . C’est clair !

Et de préciser :

‘’ Je sais que tous les gars de l’équipe feront ce qu’il faudra pour que l’on puisse encore se surpasser encore plus que les autres années et encore plus que sur les autres courses car nous aurons à cœur de faire fort sur cette épreuve.  Ça veut dire quoi? Faire une bonne préparation à partir de maintenant, en gérant au mieux la course pendant 24 heures, sans erreur côté mécanique, mécaniciens et pilotes. Au Bol d’Or en Avril, nous avons réalisé un sans-faute et nous allons essayer de refaire cela. Mais, le souci  viendra de nos adversaires qui apprennent vite et espèrent aussi commettre le moins d’erreurs possibles. Mon dilemme est celui-là.  Ne pas faire d’erreur, cela est déjà très difficile ,et puis avoir des adversaires coriaces, bien structurés avec de bons pneumatiques. Ils ne laisseront pas passer cette chance. »

Le SERT passe donc  après le lointain déplacement au Japon, de deux points d’avance à six de retard.

En remportant les 24 heures, le SERT totaliserait 97 points contre 96 si BMW finissait second.

Nous anticipons et posons la question à Dom.

Ne sera-t-il pas à ton écurie de faire la course lors de ces futures 24 heures du Mans (24 et 25 Septembre )?

« Eh, oui! La course nous incombe. Même si c’est préférable d’avoir de l’avance que du retard, il va falloir attaquer car le boulot des autres (BMW, Yamaha Yart et GMT, Kawasaki…) sera d’observer ce que nous ferons! Il va falloir prendre la tête et essayer de ne pas la perdre, tout en restant aux avants postes. »

C’est l’ouverture de la chasse fin Septembre, ça risque de flinguer dur ?

Plus sérieusement, comment vois-tu cette épreuve côté météo à cette date?

« Au Mans, il fait beau jusqu’au 15 Septembre en moyenne. Après…c’est plus aléatoire logiquement: nuit très longue, à mon avis très fraîche, très humide. C’est la normalité. Difficile. En résumé, pas faire d’erreur de gestion, de pilotage et surtout avoir de très bons pneus, encore les pneus!… »

 

L’équipe de Dominique Méliand, n’aura guère le loisir de partir en vacances , car dès vendredi les caisses en provenance du Japon (photo) seront vidées, les motos révisées, les moteurs changés pour la prochaine séance d’essais programmée en ce milieu du mois d’ août  par Dunlop sur le circuit Bugatti du Mans.

Ils détermineront, selon la météo, les gommes, carcasses les mieux adaptées au tracée manceau en vue d’une nouvelle future séance les 30 et 31 Août.

La bataille du Mans est d’ores et déjà bien engagée et les 8 heures de Suzuka rangées dans la boîte aux souvenirs.

 

Texte et photos : Michel Picard

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