8 HEURES DE SUZUKA : ESSAIS QUALIFS : CA CHAUFFE

 

La température et la pression sont montées d’un cran supplémentaire lors des essais chronométrés des 8 heures de Suzuka au Japon.

 

L’ambition de tous les concurrents était claire :

Etre le meilleur possible sur un tour chrono pour disputer le  » Top 10 Trials  » de ce Samedi (15h30 -16h45 heures locales soit 08h30 – 09h45 en France ).

Cette Superpole  » sauce  » Japonaise déterminant la grille de départ définitive.

 

C’est le vainqueur 2010, Yukio Kagayama , 37 ans , qui après avoir été le leader de l’équipe Superbike de Francis Bata en Mondial Superbike, décroche le meilleur chrono au guidon de la Suzuki Yoshimura, la n°12 spécialement préparée pour cette épreuve.

 

Avec un fabuleux chrono de 2’07 »884 , Kagayama a été le seul à descendre sous la barre des 2’08 »00.

C’est ce temps au tour qu’il faudra battre.

 

Les prétendants au trône sont donc remontés à bloc.

A savoir, les deux Honda n°11 ( Akiyoshi en 2’08 »113 ) et n°634 (Takahashi en 2’08 »927 ) qui auront le devoir de placer leurs CBR 1000 RR à la première place sur ce circuit qui appartient à leur employeur : Honda.

 

La première machine des six écuries permanentes, présentes ici, et qui disputent le Championnat du Monde d’endurance complet est la Yamaha n°7 du Yart avec son mercenaire local, Nakasuga (2’09 »045) .

 

Gwen Giabbani, son coéquipier avec Jerman, a chuté en voulant l’imiter et s’en sort avec une  » belle «  entorse à la cheville gauche , ce qui rendra bien évidemment sa course délicate, ce dimanche.

 

L’exploit du jour est à mettre à l’actif de notre compatriote, le Français Erwan Nigon, le Champion de France Superbike 2010, qui, aux commandes de la BMW Motorrad- France, n°99 s’adjuge le 7e. temps (2’09 »852).

Il connaît parfaitement bien « sa » très rapide moto, laquelle a tout de même été chronométrée à plus de 285 km/h devant les stands et  qu’il partage avec Sébastien Gimbert et l’Australien Damian Cudlin , mais aussi le tracé du circuit de Suzuka, très technique.

Il nous livre ses impressions :

 » C’est vrai, je n’ai pas à le cacher, ce n’est pas la première fois que je viens à Suzuka car j’ai déjà roulé en GP 250cc  et aussi aux 8 heures en 2007. Ce qui explique que je connais bien ce circuit , mais pas comme ma poche, ni comme Magny-Cours ou Le Mans. Jeudi, il a fallu que je me ré-adapte au circuit et aux réglages de la machine. Aujourd’hui, ça s’est super bien passé. J’ai réussi à me  » lâcher « , faire des tours assez rapides me permettant de me hisser en 7e. position. C’est clair que les Japonais viennent faire des essais mais le Yart est venu également , ici, voici une quinzaine de jours. C’est une fierté de placer une moto européenne à cette position car c’est la première fois que BMW vient se mesurer aux motos Japonaises directement dans leur jardin. « 
Et il ajoute:

 » C’est la même machine que celle du Championnat de France Superbike (en tête actuellement)  à quelques différences près comme la dimension des jantes plus petites, ici, et un réservoir plus volumineux. La base est sensiblement la même. Les pneus Michelin fonctionnent aussi très bien car cela fait des années qu’ils connaissent le circuit de Suzuka pour y avoir oeuvrer en MotoGP.
Nous sommes là pour participer au Championnat du Monde complet et je crois que jusqu’à présent , nous sommes restés sages. Il ne faut pas non plus s’enflammer mais si nous pouvons faire un podium Dimanche, ce serait une superbe opportunité . Chaque chose en son temps ! « 
Il conclut:

 » Nous venons pour terminer la course et être le mieux placé possible sans faire d’erreur et continuer à travailler nos arrêts au stand où nous avions des lacunes. En fait , nous travaillons sans arrêt ! « 

 

Un autre Français a brillé également : Matthieu Lagrive a qualifié la Yamaha Motor-France GMT n°94, managé par Christophe Guyot, dans le Top 10 avec le 9e. temps (2’10 »429) . Matthieu, égal à lui même, modeste, malin et pince sans rire, n’en tire pas une fierté personnelle :

 » C’est vrai, il va pas mal mon gros tracteur ! « 

 

Son patron , Christophe Guyot est autrement plus satisfait et fier de la  » perf  » de son pilote :

 » Nous ne pouvions pas imaginer figurer à une telle position lorsque l’on voit les motos d’usine comparables à celles du Mondial Superbike ou du Moto GP. C’est de ce niveau là. Les gens connaissent Okada, Tamada, Aoki, Kyonari…ces stars de la vitesse mondiale sont bien là. Nous n’avions pas d’objectif, si ce n’est de nous mesurer avec les concurrents du Mondial d’Endurance. Je trouve que notre niveau a considérablement progressé par rapport à quelques années en arrière. Nous avons, c’est vrai, été Champion du Monde en 2004 mais, à Suzuka, nous nous étions qualifiés , je crois, 25e. pour terminer à la 8ème place. Nous étions loin en performance. Là, nous nous sommes beaucoup rapprochés et c’est une fierté. « 
Christophe, enchaîne:

 » Pour les 24 heures du Mans, fin Septembre, nous aurons des améliorations mais nous n’avons pas d’aide de l’usine, mais nous sommes soutenus par Yamaha Motor-France avec quelques pièces du kit, bien sûr, mais nous n’avons pas de pièce, ni de contact direct avec l’usine. Par contre, nous avons été formidablement accueillis par Yamaha Japon, au niveau de l’infrastructure . C’est super ça ! Ils ont mis les petits plats dans les grands en venant nous chercher à l’aéroport, ce qui nous a fait gagner une moitié de journée ou en aménageant des structures de stand sympas. Disons que nous avons une aide logistique. Nous avons eu la fierté de voir que nous sommes dans les dix meilleurs mais nous restons lucides car même en se déchirant lors de la Superpole nous ne finirons que 7e. avec un coup de génie, comme Matthieu serait probablement capable. Mais 7 ou 10 , qu’elle importance ? « 

Avant de reconnaitre:

 » La stratégie, c’est de tout faire pour ne pas commettre de faute. Nous sommes loin de notre base et nous n’aurions pas de quoi tout refaire si nous avions des chutes. Nous allons plutôt penser à notre course, maintenant. « 

On poursuit:

Étiez-vous réticent pour venir au Japon, Christophe Guyot ?

 » Pour vous dire, avec beaucoup de sincérité, ce que je pense: Le jour, où nous avons commencé au Bol d’Or en Avril, d’apposer un autocollant  » Avec vous Japon « , il était impensable d’imaginer ne pas venir. Alors ne pas venir, voulait dire quoi ? Ceci voudrait dire que nous pensons qu’il peut y avoir un risque sanitaire en venant, mais si tel était le cas, cela voudrait dire qu’il faut évacuer le japon ! Or, on n’évacue pas le Japon, donc les japonais sont en sécurité, donc on y va !

Et, il ajoute:

 » Je trouve regrettable l’attitude des pilotes du MotoGP et pourtant, je suis fan de l’un d’entre eux. Je l’adore, mais je ne comprend pas cette attitude. Si on estime être en danger en venant ici, au Japon, cela signifie que 60 millions de Japonais sont en danger. Je sais bien que pour des raisons politiques, stratégiques, on peut expliquer des choses aux gens. Des études ont été faites sur le niveau de la radioactivité dans le pays et qui ont donner pour conclusion, qu’il n’y avait pas de danger. si les personnes qui ont effectué ce rapport nous mentaient, elles seraient responsables d’un génocide que jamais aucun monstre humain n’aurait jamais commis.
C’est tellement impensable qu’à mon niveau et celle de mon équipe, nous nous sentons en parfaite sécurité au Japon. « 

Voilà des propos plein de bon sens.

Des paroles sages

 

 

Penser seulement uniquement à la course, un refrain maintes fois entendu par les européens.

Il faut dire que certains sont bien trop loin des leaders pour être sereins.

Ainsi, le Team Honda TT legends n°77  (vingtième Donald en  2’13 »961) ou le SERT n°1 (quinzième avec Philippe en 2’12. »103) qui sont passés à côté des qualifs, en ne trouvant jamais les réglages appropriés .

 

Les raisons sont diverses :

Pas assez d’essais, pneus, largeur des jantes…

Ce Samedi, avant la Superpole, les écuries auront encore 45 minutes d’essais libres pour trouver ou pas, des solutions.

 

La pluie pourrait s’inviter au débat Dimanche, 60% de chance d’averses  et là,  tout serait remis en question avec cette opportunité à saisir pour les moins performants sur le sec.

Qui pleure Vendredi, rira le Dimanche ?

Un vieux diction bien Français, à méditer au pays du Soleil levant.

 

Texte et photos : Michel Picard

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