MOTOGP : DUCATI VRAIMENT DANS LE POTAGE !

Ducati Corse, le service compétition de la marque, vient de passer aux journalistes un communiqué suite aux résultats très ternes du week-end.

En particulier une interview de Valentino Rossi qui d’une part, montre un pilote en plein doute, quasi désespéré, et d’autre part montre aussi que Rossi est aussi très habile dans la communication de crise…

 

GP A OUBLIER…UN DE PLUS !

 

Rappelons donc que, en particulier suite à une chute en essais libres (mais Pedrosa, vainqueur du GP, est aussi allé au tas !) Rossi s’est qualifié pour le GP avec l’avant dernier temps, soit le seizième.

Les deux pilotes Ducati, Hayden et Rossi finissent respectivement huit et neuf, ce qui serait bien dans une écurie compé-client mais pour un team aussi prestigieux que Ducati Corse, c’est un désastre !

 

 

Voici ce qu’en dit Valentino Rossi. C’est à pleurer dans le vrai sens du terme, quand on sait que c’est un dieu vivant qui parle…

« Dimanche, nous avons roulé un peu mieux que les jours précédents. Pendant le warm-up du matin, nous avons changé un réglage, ce qui m’a permis d’améliorer mes sensations de pilotage, en comparaison avec les très, très difficiles séances d’essais. Après les premiers tours du GP, je me suis aperçu que mon rythme en course était aussi rapide que celui de Hayden et Bautista, peut être même un peu plus rapide. Mais j’ai eu des pépins de boîte de vitesse dans la deuxième partie de la course. C’était très contrariant en particulier dans le dernier virage avant la ligne droite des stands, où quand je passais la trois, la moto partait en wheeling et je n’arrivais à reposer la roue avant qu’à la moitié de la ligne droite. A la fin de la course, je voulais passer Hayden au freinage, au premier virage du circuit, où je passais super bien, mais au contraire c’est Bautista qui me double dans le bout droit ! Cela dit, nous ne sommes pas du tout où nous voulons être. Nous avons évidemment amélioré par rapport au samedi mais nous sommes toujours loin derrière ! Nous avons trouvé les réglages de course très tardivement, et cela rend les choses beaucoup plus difficiles. Pour améliorer encore, nous devons tester des tas de trucs, ce qui, parfois, nous éloigne de l’essentiel. Cela s’explique par le fait que nous connaissons mal la moto et je pense que nous devons suivre toutes les pites pouvant mener à une amélioration. Maintenant, on va analyser les informations enregistrées pendant le GP et décider ce que nous ferons pour Laguna Seca… »

 

 


DECRYPTAGE… TERRIFIANT !

C’est un peu comme à l’époque du stalinisme, il fallait demander à ce que l’on appelait les « kremlinologues » de décrypter les interviews des leaders soviétiques.

Sauf qu’ici, malheureusement, il n’est pas besoin d’être expert pour lire, (à peine !) entre les lignes le désarroi d’un pilote qui a totalement dominé son sport depuis des années et des années.

Donc. Rossi s’aperçoit que son rythme de course est comparable à celui de Bautista…

Certes, le Bautista en question n’est pas un manche, il est Champion du Monde 125 en 2006.

Mais… sa moto, la Suzuki, en revanche, n’est pas exactement une bête de guerre, au point que cette année, Suzuki ne fait courir qu’une seule machine, faute de sponsors…

Par ailleurs, il faut rappeler que le pilote Alvaro Bautista, s’est cassé le fémur en début de saison ce qui est une très grosse blessure.

Bref, que Rossi se satisfasse d’être au niveau de vitesse de ce pilote est tout bonnement terrifiant. Ce qu’attend tout un peuple, c’est une victoire italienne sur une moto italienne, et on en est à des milliards d’années lumière ! On avait pensé, après le GP de France où Rossi était monté sur le podium, que la machine s’améliorait.

Hélas !

Et ce qui est pire, c’est que sur cette moto, Stoner a gagné des GP l’an dernier !

On a vu le même phénomène en F1, où Button est titré au volant d’une Brawn qu’il pilote le coude à la portière, alors que l’année suivante, la même voiture est à l’arrêt ! Incroyable, impensable…

 

Autres passages de l’interview.

Rossi, dont l’une des forces irrésistibles est le freinage, n’arrive pas à passer son coéquipier !

Par ailleurs, la Ducati est certainement la plus puissante des motos du plateau, elle dispose d’une gestion électronique de moteur sublime, et pourtant, Rossi fait la moitié de la ligne droite sur la roue arrière, ce qui est joli en photo mais une grosse perte de temps, et enfin c’est dans la ligne droite que Bautista le passe !  

Pour finir, Rossi reconnaît que chez Ducati, chez les pilotes comme chez les ingénieurs, personne ne sait où l’on en est… Et ce alors que l’on est à la moitié du Championnat du monde !

Dramatique. Humiliant. Au pays des sports mécaniques, on frise l’indignité nationale !

Et vraiment, aucune lueur d’espoir à l’horizon.

Terribile !

Jean Louis Bernardelli

Photos : MotoGP

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