SYLVAIN GUINTOLI : UN DEUXIEME FRANCAIS EN MOTOGP …

 

Sylvain Guintoli, qui a déjà roulé en MotoGP en 2007 et 2008, a pris le guidon d’une Ducati Pramac, lundi dernier au cours d’une séance d’essais au Mugello, le lendemain du GP.

Il doit rouler à la place de Capirossi, blessé, pendant deux GP, en Allemagne et aux USA, à Laguna Seca. Un deuxième pilote français en MotoGP, même sur deux épreuves, cela valait un coup de chapeau…

ET ON PRONONCE…

La honte soit sur moi, j’ai fait partie pendant des mois de ceux qui prononçaient mal le nom de Jean Michel Bayle. Cette histoire là est multiple.

« Alonzo » ou « Alonsso », « Aïr-tonne Senna », « Airetonne », « Aïr-ton » ? « Mickaël Scumachaire », « Micha-elle Choumareur » ?

Certes, Sylvain Guintoli n’en est pas à ce niveau de notoriété, il est tout de même Champion du Monde d’Endurance, titre qu’il a conquis l’an dernier lors d’une pige au Qatar, avec le SERT de Dominique Meliand, qui y a d’ailleurs attrapé son dixième titre mondial…

Il a aussi quelques hauts faits d’arme à son actif, en 2007 au GP de France avec Tech3, au Japon la même année.

 

En 2008, il passe de Yamaha à Ducati-Pramac, avec une course d’anthologie en Allemagne, sous la pluie, sans assistance électronique. Voilà de quoi faire une réputation et des fans !

Et donc d’avoir le droit d’entendre son nom prononcé correctement. Donc, pas de « Guine-Toli », de « Djine-toli », de « Gouinetoli ».

On dit Gain-toli, comme un gain. Bienvenue Monsieur Sylvain Guintoli…

 

SBK : LA LUTTE…

Deux années de SBK avec Suzuki, puis une année, celle-ci avec Ducati-Liberty.

Nous l’avons « choppé » au téléphone ce jeudi alors qu’il descendait de son avion à Brno, en République Tchèque, où il courra justement dimanche en Superbike. Il est en effet pilote pour le team Liberty, une équipe tchèque, où, il est le coéquipier du fameux Jacub Smrz. (C’est simple, on prononce Smrz…).

Ce team fait rouler des Ducati privées. En course, en début d’année, Sylvain est allé un peu mesurer la piste avec les bras, puis les places intéressantes sont arrivées, puis les bonnes. Il est douzième au classement général, à un point seulement de son coéquipier Smrz, à quelques points de la rentrée dans les dix.

Ce qui exceptionnel, on rappellera qu’en SBK, on trouve un paquet de Champions du monde en GP ! Alors bien sûr, les écuries qui roulent en GP cette année, regardent de très près ce qui se passe chez les talents du SBK.

 

Car si ce SBK est une voie royale pour d’anciens Champions du monde en GP, il est aussi une magnifique porte d’entrée, voire une situation d’attente, avant l’arrivée en GP.

Une réserve de bonnes cartes en somme.

Lorsque Loris Capirossi, qui court en GP pour l’écurie privée Pramac, il est le coéquipier du Français Randy de Puniet, sur des Ducati donc, s’est fait mal lors du GP d’Assen, aux Pays Bas, il a fallu d’urgence trouver une solution. Coup de téléphone…

Et Sylvain Guintoli s’est retrouvé lundi au Mugello, le lendemain du GP d’Italie, en séance d’essais officielle.

 

RETOUR…

Sylvain raconte, au téléphone.

« La prise de contact s’est faite naturellement, et surtout rapidement entre nous et le team Pramac. On se connaît… Mais l’adaptation à la moto est ultra-difficile. Tu n’imagines pas le changement depuis trois ans, quand je pilotais pour eux !  C’est simple, en SBK on tire 200 cv, ici 240. Et la moto de GP pèse trente kg de moins ! Et autre changement phénoménal, comme le cadre est maintenant tout en carbone, la rigidité de la moto est démentielle ! C’est un truc de fous, la puissance de ces motos. Au Mugello, il y a une énorme ligne droite, on arrive au bout à près de 340 km/h, et bien sans assistance électronique à la gestion de la puissance, tu lèves encore la roue avant ! L’idée est donc que je remplace Loris en Allemagne puis à Laguna Seca. Mon team Liberty, pour qui je roule en SBK a accepté cet accord. Il est vrai aussi que ce passage par une moto de GP va être un gros plus ensuite en retournant sur le SBK.  En revanche, dans l’autre sens, c’est une autre affaire ! Je suis loin dans les chronos, mais on a pu travailler sur les réglages, les « datas ». Il est évident que ce ne sera pas facile. Cela dit, je ferai comme d’habitude, je ferai de mon mieux ».

 

 

JUILLET CHARGÉ !

Ducati a deux pilotes officiels en MotoGP, Rossi et Hayden. On trouve aussi quatre motos compé-clients, celles de Barbera, d’Abraham, de Capirossi et De Puniet.

Ces deux dernières motos font partie du même team, Pramac. Une équipe disons très proche de l’usine. Ce que l’on sait c’est que cette moto est probablement la plus délicate à piloter.

Quand Stoner est parti, l’an dernier, il disait, et il s’agissait d’une Ducati d’usine, que c’était un monstre impossible à dompter.

Sylvain s’est donc mis sur le dos une grosse pression, d’autant plus qu’il roule toujours en SBK !

 

Il va devoir sauter de GP en SBK et à nouveau en GP comme la frêle abeille saute de fleur en fleur.

Sauf que…  les fleurs en question roulent à plus de 300, et qu’il ya d’autres abeilles qui ne font pas de cadeaux aux nouveaux arrivants !

Cela dit, expérience fabuleuse pour ce pilote né à Montélimar il ya 29 ans.

Que l’on suivra avec passion dès ce week-end, où il roulera deux manches de SBK à Brno.

 

Jean Louis Bernardelli

Photos : Michel Picard – Teams – SBK

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