COUPE DES ALPES : LES ALTE’S SE REGALENT AVEC LEUR HONDA S 800

 

Retrouvez chaque jour, le carnet de bord de l’équipage Nathalie Geslin – Aurélie Litzler, au volant de la plus petite voiture, participant à cette Coupe des Alpes ‘’ Historique ‘’ la très mignonne Honda S 800.

 

JOUR J: TOP DEPART DE LA COUPE DES ALPES

 

JEUDI 16 JUIN :

1ère étape – parcours de 155 km- Evian – Megève

Col de Cou:1117 m – Col de la Colombière: 1613 m – Col des Aravis: 1486 m

Nat raconte:

« Réveil en douceur ce jeudi matin avec … le vrombissement du moteur de la Mustang de 1967, garée sur le parking de l’hôtel, plutôt sympathique comme réveil ! Petit-déjeuner fort agréable car pris au soleil face au superbe lac Léman, et derniers préparatifs. On croit toujours que tout est prêt, mais il faut tout revérifier. Avons-nous bien pris les bougies de rechange, et l’huile et le liquide de refroidissement, au fait où est la clé à bougie, bref, un peu de stress malgré tout… »

C’est Hervé Charbonneaux, lui-même, qui leur donne le départ à 14h15, annonçant au nombreux public que la plus petite cylindrée du plateau- leur Honda S 800 – prend le départ pour la toute première fois sur la Coupe des Alpes

Nathalie reprend:

« Nous voilà parties ! Aurélie annonce les notes méthodiquement presque gravement. Je m’accroche au volant, concentrée et attentive…Les dix premiers kilomètres se déroulent dans un silence inhabituel…mais que se passe-t-il ? Nous réalisons brutalement que nous sommes malgré nous conditionnées comme si nous étions sur une spéciale d’un rallye de régularité, alors que la seule contrainte que nous avons sur cette épreuve, est de ne pas nous tromper de parcours, afin de pointer à tous les contrôles de passage… »

Les Alte’s en profitent donc pour admirer le cadre grandiose qui s’offre sous leurs yeux

 

Nat poursuit:

« Le stress tombé, les plus belles et surtout beaucoup plus performantes voitures du plateau nous rattrapent. Les sublimes Aston Martin DB 5 de 1964, la Lancia Stratos (il y en a trois dont la fabuleuse Groupe 4, la Jaguar Type E, la Porsche 356, la Mercedes 500 SL. C’est un défilé de bolides tout droit sorti de musées… Un vrai régal. Attaquer le col de Cou sur les routes somptueuses des Alpes entourées des sonorités de ces différentes mécaniques, est assurément franchement, un réel bonheur. Inoubliable »

Elle précise :

« Soudain, de gros nuages se forment au fil des minutes Brutalement, le ciel s’assombrit, le moteur s’essouffle… Et, la pluie se met à tomber, doucement puis avec intensité. La température descend, le vent se lève et lorsque nous parvenons dans le brouillard au sommet du Col de la Colombière situé à 1613 m d’altitude, nous sommes frigorifiées et trempées. En effet, l’eau de pluie s’est infiltrée dans la voiture par les joints de porte et joint de pare-brise.»

Il est vrai que leur petit bijou date de la fin des années 60…

 

Notre conductrice enchaîne son récit:

« Le contrôle de passage effectué, nous endossons nos tenues de pluie, nous profitons… seules, d’une boisson chaude préparée par l’organisation. Quelle bonne idée ! Mais les autres équipages n’ont pas eu le courage de descendre de la voiture… Et, nous voilà reparties pour le dernier col à franchir, avant de filer vers l’arrivée à Megève. La pluie et le brouillard freinent nos velléités d’un retour sportif, alors que les Porsche continuent de nous dépasser une fois, puis deux fois…Tiens mais ce sont les mêmes ma parole…De nombreux équipages ont choisi de rouler en groupe et nous dépassent donc en groupe, mais se trompent du coup aussi… en groupe ! Cet après midi nous a fait souvent fait penser à l’histoire du lièvre et de la tortue …»

Il est 18h10 à Megève, lorsque les nanas de la S800 rejoignent la prestigieuse station, heureuses d’avoir vécu cette première étape pleinement.

Aurélie explique:

« Notre petit moteur n’a pas failli, un peu essoufflé en altitude mais sûrement bien moins que ce vendredi lorsqu’il faudra franchir les deux cols majeurs de cette épreuve: La redoutable Madeleine et le non moins terrifiant Galibier, lequel culmine tout de même, à plus de 2 600 m d’altitude. Et la météo qui s’annonce médiocre !»

Pensée du Jour…

Nous avons souhaité dédier cette première étape à notre ami et journaliste José Rosinski, disparu récemment. Trois semaines avant de partir, alors qu’Aurélie lui disait au téléphone que nous allions lui « mettre la pâtée » sur cette épreuve, à laquelle il devait participer, j’ai retrouvé un des premiers articles écrits sur le Coupé S 800 dans le Sport Auto n° 58 de novembre 1966 : « la voiture des jeunes » disait-il… « Je voulais le féliciter pour ce titre… Je n’ai pas eu le temps de le faire, il est parti avant…»

Il terminait son récit en confiant :

« Enfin, la suspension m’a valu bien du souci : j’ai longuement cherché un qualificatif assez puissant pour définir sa dureté vraiment extraordinaire. En fin de compte, ce que j’ai trouvé de mieux, c’est…inqualifiable Toutefois, l’importateur nous a précisé que les voitures livrées à la clientèle seraient équipées de ressorts mieux adaptés à la configuration de nos routes et de nos postérieurs occidentaux, lesquels le remercient publiquement ici de ce geste charitable »

Que José soit rassuré, 46 ans après…il a toujours raison…

 

Récit de Nathalie Geslin

Photos : Aurélie Litzler

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