24 HEURES DU MANS : ALLAN McNISH RACONTE

24 HEURES DU MANS 2011 - Le crash de l'Audi de McNich -crash

Allan Mc Nish est trés probablement un… miraculé, oui un véritable MIRACULE !

Les images sont terrifiantes, insoutenables en direct.

Quelques minutes plus tard, une fois rassuré, le replay est tout aussi angoissant…

Plusieurs heures plus tard, revenu dans le stand Audi, le toujours très disponible pilote Ecossais, a expliqué avec l’habituelle franchise qui lui est toujours sienne, son interprétation de ce terrible crash

Photo : Christian Barre – http://www.endurance-magazine.fr

Paroles  d’un rescapé. Explications aussi surtout d’un survivant :

« Lorsqu’après la Dunlop, je me suis lancé vers la descente et les Esses de la Forét, j’étais bien calé dans les roues de la voiture de tête, l’Audi N°1 de mon partenaire Timo Bernhard. Subitement, il a fait une infime erreur de trajectoire en se déportant légèrement vers la gauche. J’en ai immédiatement profité pour bien rester à l’intérieur avant le virage. J’ai alors accéléré fort pour complètement le dépasser. Et, c’est ensuite que s’est produit le contact. Timo a visiblement légérement glissé en remettant gaz. Du coup, c’est moi qui ai bénéficié de laa bonne trajectoire. Et c’est alors que j’ai découvert la Ferrari juste devant moi qui elle se dirigeait aussi vers l’intérieur. Arrivant à vive allure, il était trop tard pour ralentir l’Audi. Mais vu ma vitesse et idéalement placé je n’ai pas du tout imaginé qu’une colision pouvait arriver. Pourtant quand j’ao braqué et que je suis arrivé à la hauteur de la Ferrari, j’ai tout d’un coup compris et réalisé qu’il allait y avoit touchette entre l’avant droit de la Frrari et l’arriére gauche de mon Audi. »

 

 

Et l’ancien double vainqueur des 24 Heures avec Porsche en 1998 et Audi en 2008 de poursuivre :

« Anthony Beltoise qui pilotait cette Ferrari a indiqué qu’il n’avait pas vu que non pas une mais deux Audi se trouvaient dans son sillage. Ce que nous montrent les enregistrements TV, sont différents de ce que l’on voit de l’intérieur du cockpit. Et pour ce qui me concerne, j’estime n’avoir pris absolument aucun risque en déboulant dans ce virage. »

Revenant sur cette envolée impensable, le petit Ecossais nous raconte ses sensations.

 

Séquence émotion garantie :

« Vous ne ressentez incroyablement que fort peu de sensations dans un tel accident. Vous vous accrochez car vous savez pertinemment qu’un choc va inévitablement survenir et vous attendez l’impact qui va se produire. Il ne vous reste qu’une chose, attendre. Le choc a été d’une violence inouie et s’est produit par l’arriére. C’est très certainement ce qui m’a sauvé. Le temps vous semble long, très long jusqu’à ce que cela se termine et s’arrête.  Et quand enfin cet accident a pris enfin fin, que l’Audi s’est arrêtée, je me suis retrouvé avec l’auto à l’envers. La première idée qui m’est venue à l’esprit, c’est ‘ je vais bien, suis ok, et vivant’. Et j’ai alors pensé ‘ comment sortir’. Je n’avais qu’une idée, qu’un désir, quitter mon cockpit. C’est alors que des commissaires ont réussis à ouvrir la porte gauche. Je leur ai parlé pour leur faire savoir que j’étais ok. Et une fois sorti bien que groggy en regardant l’épave, je me suis dit que je revenais de loin et que j’avais beaucoup de chance »


Après être passé par le centre médical du circuit puis l’hôpital pour faire un scanner qui a rassuré sur son état, Allan rejoignait le clan Audi

Les idées claires, il poursuivait son récit avec une formidable lucidité :

« J’estime qu’on ne peut incriminer personne, blâmer quiconque. Ces incidents de course font partie des 24 Heures du Mans. Et pour être tout à fait honnête, je ne pense pas que ce soit le bon moment pour évoquer les possibles fautes des uns ou des autres. J’ai bien ancré  dans ma tête ce qui aurait pu arriver de pire et c’est pourquoi je pense qu’il faut positiver. »

 

Et Allan de conclure :

« Audi est véritablement allé bien au-delà des normes de sécurité qu’impose le règlement. Cette donne est vraiment importante pour les constructeurs et je vous avoue qu’elle l’a franchement été pour moi, Allan McNish »

Un peu plus tard, le rescapé ajouta encore :

« Si un tel accident m’était arrivé quand j’ai débuté en compétition, il y a une trentaine d’années, je suis intimement convaincu que je serais pas venu à votre rencontre. Audi nous a conçu une voiture franchement extrêmement solide »

Ce à quoi le Docteur Ullrich, grand patron d’Audi Motorsport, le département course de la firme d’Ingolstadt, nous a expliqué dans un excellent français :

« Chez Audi, on savait nos autos solides mais permettez-moi de vous dire que jamais je n’aurais imaginé, devoir un jour le vérifier en course »

Le Docteur Ullrich que nous connaissons tellement bien nous a d’ailleurs terriblement ému au moment de l’accident d’Allan

C’était vraiment poignant de suivre son regard inquiet, les larmes aux yeux, craignant le pire…

Il est vrai que depuis les débuts d’Audi en course, seul un  effroyable drame a tué un pilote : Le pilote Italien Michele Alboteto qui s’est tué le 25 avril 2001 lors d’une séance d’essais qui se déroulait sur le circuit du Lauzitzring en Allemagne au sud de Berlin

Audi et le Docteur Ullrich ont de la mémoire et n’ont pas oublié Michele

Le dimanche 25 avril dernier, lors de la Journée Préliminaire des 24 Heures du Mans, marquait le dixième anniversaire de ce drame.

Pour bien honorer la mémoire du regretté Alboreto, Audi avait placé sur les dérives des ailerons de ses R18, la reproduction des couleurs du casque de Michele avec l’inscription ‘’Alboreto 1956-2011’’

Heureusement lors de ces 79éme 24 Heures du Mans, les drames ont été évités

Gilles Gaignault
Photos : François Gaillard – Patrick Martinoli- Thierry Coulibaly

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