24 HEURES DU MANS : AUDI ET PEUGEOT RIVAUX MAIS SOLIDAIRES

 

Audi et Peugeot sont certes deux rivaux sur la piste mais les deux équipes sont complètement d’accord sur le fond…

 

Peugeot tout d’abord, Audi deux heures plus tard, les grands adversaires de cette 79éme édition des 24 heures du Mans ont tenu leur traditionnelle conférence de presse respective ce vendredi pour expliquer, voire détailler leur crédo par rapport à cette course

Et de s’accorder sur l’essentiel !!!

Toute voiture qui perdra le minimum de temps, la moindre seconde aux stands, aura perdu.

Cela nous annonce une empoignade mémorable entre les deux équipes.

Par ailleurs les deux constructeurs confirment avec quasiment les mêmes mots, le lien fort et les passerelles qu’il existe entre ce type de compétition et la voiture de série…

Les bureaux d’études course et produit travaillent réellement ensemble et l’échange d’informations ne se fait pas du tout à sens unique.

La rivalité exacerbée sur la piste se transmet aussi dans les bureaux d’étude « produits »…

 

Peugeot : du fun apparent… mais une équipe concentrée sur son sujet

 

La conférence de presse de Peugeot était émaillée de films et de remarques décalées, sans oublier les inévitables habituelles facéties de Frank Montagny, toujours là pour détendre l’atmosphère parfois pesante de ce type de réunion

Ainsi le petit film montrant le démontage complet d’une 908 puis son remontage.

« Il nous faut 1’28 pour le faire (la durée en accéléré dans le film) » explique le responsable technique, Bruno Famin, faisant alors ‘’exploser’’ de rire Olivier Quesnel et Vincent Rambaud.

Puis il corrige ou plutôt rectifie :

« En fait, il faut trois jours entier pour démonter et pas loin de deux semaines pour remonter complètement la voiture ».

 


Ainsi également la remarque de Nicolas Minassian à propos du très médiatisé ‘’Chartres-Le Mans’’ en , lundi dernier pour rallier le pesage aux Jacobins :

« Oliver Quesnel, c’est un véritable tueur en vélo. Il préférera tomber dans les pommes plutôt que de lâcher. Et il ne peut être question de rester derrière lui, sinon…. »

Et de passer son pouce sur sa gorge pour marquer un éventuel arrêt de mort !!!

 

 

Nouveaux rires du boss, le père Quesnel…

Ainsi enfin, le film montrant les pilotes exécuter des… changements de roues, avec un Alexandre Wurz, voulant absolument recommencer pour battre les autres équipages… devant leurs mécanos !!!

Plus sérieusement, l’ensemble de l’équipe est concentrée sur cette édition.

« L’expérience de Spa nous a montré que nous avions la performance » expose Olivier Quesnel.

 

 

Stéphane Sarrazin, poursuit :

« J’avais la pole en main lorsque je suis tombé sur une Aston dans le dernier virage qui m’a fait perdre sans doute une seconde »

Et, Bruno Famin de conclure :

« La performance acquise, nous avons travaillé au maximum l’endurance, avec ne nombreux tests de 30 heures. Et les résultats de nos simulations sont positifs et satisfaisants»…

On verra si ces bonnes paroles se confirment en course

 

Audi : de la technologie et une rigueur germanique

 

Quelques minutes plus tard, changement de décors chez Audi.

La conférence de presse a débuté par une longue et passionnante explication technique sur les mérites du downsizing

« Le règlement nous l’a imposé et cela correspond tout à fait à nos convictions » explique Mikael Dick, un responsable technique impliqué autant dans le sport que dans le produit.

Et l’homme de l’art d’enchainer :

« En remontant l’histoire, dès les années 1936- 193,9 nous avons appliqué ce principe sur les monoplaces type C / 16 cylindres de 6 litres devenues type D / 12 cylindre turbo de 3 litres. Nous l’avons à nouveau mis en œuvre entre les R10 V12, puis R15 V10 et maintenant R18 V6.En réduisant la cylindrée d’un tiers, nous avons perdu seulement 10% en puissance.  Nous avons ainsi amélioré considérablement l’efficience de nos moteurs. Dans le domaine des voitures de série, nous faisons la même chose : les A8 d’aujourd’hui ont des moteurs plus petit, consommant moins et réduisant les émissions polluante pour des performances identiques à celles d’il y a dix ans »

 

 

Mais très vite la course reprend son droit et le Dr Ullrich se déclare particulièrement satisfait de la pole signée jeudi soir par Benoit Treluyer, tandis que Ralf Jütner, le responsable du programme R18 insiste sur le fait que la course promet d’être passionnante, les six Audi et Peugeot étant séparées par à peine plus de 5/10 de seconde à l‘issue des essais.

Seule inquiétude avouée pour les allemands :

Ils reconnaissent une expérience supérieure des français dans le domaine de la gestion d’une voiture fermée.

Ils pensent en effet que, si cela leur apporte plus de performance, ils ne sont pas au bout de leurs découvertes dans ce domaine…

S’inquiéter d’un tel détail, indique leur niveau de rigueur…

On vérifiera au cours des prochaines heures si cette prédiction a du sens ou si chez Audi, on a simplement cherché à faire preuve d’humilité

 

Patrick Martinoli

Photos : Patrick Martinoli – Thierry Coulibaly

 

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