8 HEURES D’ALBACETE : BMW GAGNE TOUT

Les 8 Heures d’Albacète ont été dominées par la BMW Motorrad-France Michelin, N°99 pilotée par le duo Gimbert et Nigon du premier au dernier des 306 tours, d’une épreuve âprement disputée.

 

Dès le baisser du drapeau donné à 18 heures sous un ardent soleil et une piste chauffée à 40° au sol, Erwan Nigon sortit la grosse attaque, à bloc.

Il passa le guidon de la BMW au bout de 36 tours de folie à son équipier Sébastien Gimbert avec un bonus de dix secondes sur son valeureux poursuivant, Vincent Philippe.

La Suzuki du SERT devra se rendre à l’évidence:

Personne n’était en mesure de contrer le rouleau compresseur N°99.

Tel Sakaï, encore à court de compétition et souffrant de tendinite aux bras, qui perdit 20 secondes dans son relais. Les contestataires à la place de dauphin étaient légion.

Telle la Yamaha-France GMT de David Checa, qui évoluait  à domicile et ne lâchera pas la selle de la Suzuki et finira finalement par la doubler au 124e.tour.

Par ailleurs, le trés chevronné et expérimenté SERT se fit en outre, rappeler à l’ordre par un stop & go et ce pour ne pas avoir couper les phares lors d’un ravitaillement !!!

Dès lors, la troisième place semblait s’envoler définitivement car la Yamaha N°7 du Yart passait à l’attaque avec un Gwen Giabbani , très en verve, qui établira le record de l’épreuve (1’31 »609).

Hélas, peu avant 23 heures cette machine connu une aussi stupide que dramatique panne d’essence qui lui fit perdre deux tours et tout le bénéfice de cette lutte pour le podium.


La Honda N°77 du TT Legends aurait pu en profiter mais Mc. Guinness enverra définitivement la belle CBR Fireblad dans le décor à 01h. du matin soit à une heure de la fin de la course.

Dommage, car son équipier Steve Plater marchait très fort dans le rythme des meilleurs.

Le niveau de pilotage est un élément déterminant pour espérer vaincre sur une course de huit heures. Ainsi sur la N°99 victorieuse (photo), Gimbert et Nigon se sont partagé la tâche à deux.

Chez Christophe Guyot (GMT) et Dominique Méliand (SERT), il a été fait appel aux troisièmes couteaux que sont respectivement Kenny Foray et Daïsaku Sakaï.

Côté stratégie et gestion de la consommation, autant Christophe Guyot que Dom Méliand ont calculé au plus juste l’essence sur la R1 et la GSX-R avec sept ravitaillements contre un supplémentaire pour la BMW qui gagne, mais avec seulement 32 secondes d’avance!

Un Stop & Go et un tout-droit expliquent également, en partie, le tour de retard du SERT.

Le moindre incident se paye cash, mais le niveau de préparation des machines de tête est irréprochable.

Sébastien Gimbert était rayonnant de bonheur et exprimait ses sentiments sur ce sujet:

 » Je suis très content pour BMW déjà, pour Michelin qui nous a donné un super package au niveau des pneus. La moto a super bien marché et je suis super heureux de gagner ici avec Erwan, avec Steeven notre manager et puis, à côté de nous, on a réussi à créer une équipe qui a progressé depuis le Bol d’Or et va s’améliorer tout au long de la saison. Comme je vous l’avait dit auparavant, on va monter en puissance au fur et à mesure. Je suis très content pour toute l’équipe et surtout Michelin « .

Au chapitre des abandons, la Kawasaki Bolliger quitta la scène dès le 13e. tour (Ah, ce fameux chiffre 13!) avec un problême de boîte de vitesses.

National-Motos, engagé de dernière minute, passera la ligne d’arrivée à pieds, moteur out, mais prendra ainsi la 9e.place.

En catégorie Superstock, la bagarre pour la victoire fut également intense et la victoire de l’écurie Allemande Van – Zon Boenig Motorsport  sur la BMW N°13 (encore ce chiffre 13 ?) en est que plus belle.

La suzuki N°110 du AM Moto, sixième de la catégorie, était pourtant la machine capable de l’emporter avec un Anthony Delhalle, époustouflant, qui alignera des chronos proches des leaders de la tête de course EWC, avec une moto d’origine !

Ce garçon rapide, gentil qui sortait de sa magnifique victoire au Bol d’Or avec le SERT, mérite vraiment une place dans la cour des grands.

Ici, à Albacète, il exprima tout son talent en pointant 6e. au classement général à la première heure, mais sa moto connut deux ruptures de platine de sélecteur et un changement de réservoir suite à des soucis d’alimentation.

La suzuki N°95 du QERT fut stopper au 31e tour par une casse mécanique (coussinets de bielles).

La tête de la coupe du Monde est toujours détenue par la Suzuki N° 50 du Motors Events, qui se classe seconde à Albacète.

Elle totalise 59 points devant sa rivale Allemande victorieuse (52 points).

 


Au terme de cette arrivée nocturne (2Heures du matin), beaucoup d’interrogations se faisaient jour quant à la participation de certaines écuries aux prochaines 8 heures de Suzuka qui sont maintenues au calendrier, fin Juillet.

Sécurité nucléaire, voyage coûteux sont les raisons murmurées et suffisantes qui poussent les plus fragiles à choisir de faire l’impasse.

La solidarité face à la situation difficile que rencontre nos amis nippons après le tsunami, la perspective d’engranger de précieux points au tableau du Championnat du monde, poussent le fléau de la balance, du côté positif dans l’épicerie du temple de l’endurance.

Le choix est cornélien et délicat.

Bien difficile de connaître à l’avance le plus malin qui tirera les bonnes cartes de ce jeu de poker menteur.

Aujourd’hui, saluons le mérite des vainqueurs.

Primo

Motorrad-France qui cueille les fruits d’un investissement qui élève de nouveau la spécialité de l’endurance à un niveau de compétitivité déjà connue dans les années 80.

Secondo

Le manufacturier de pneumatiques Clermontois, Michelin qui mérite également de voir enfin tout son travail de recherche méthodique récompensé.

Tertio

Les pilotes, Gimbert et Nigon qui ont été tout simplement magnifiques.

Face à la synergie de ces forces réunies qui pourraient apparaître comme un retour du  » vieux continent  » au sommet, les Japonais seront-ils en mesure d’inverser la problématique de cycle nouveau ?

Prochain rendez-vous et troisième round de cette bataille:  dimanche 31 Juillet  avec les trés problématiques 8 Heures de Suzuka.

Qui en sera ?

Nous savons déjà que BMW et Michelin partiront en direction du pays du Soleil levant, prêts à imposer son nouveau rouleau compresseur gagnant, au pays des Samouraïs.

Terrible défi !

Cruel dilemme!

Les absents ont-ils déjà torts ?

Texte et photos : Michel Picard.

 

Championnat du Monde FIM QTEL Endurance


1) SERT N°1: 54 Points
2) BMW Mottorad-France N°99 : 52 pts.
3) Yamaha- france GMT N°94 : 35 pts
4) Kawa SRC N°11 : 28 pts.
5) Ymes Folch N°4: 25 pts.
6) N-Motos N°55 : 22 pts.
7) Bolliger Team N°8 : 18 pts.
8) Team R2 CL : 17 pts.
9) Yart N° 7 : 16 pts.
10) Honda TT Legends N°77 : 15 pts
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