GP DE FRANCE MOTO AU MANS : LE BONHEUR, LES SURPRISES EN PLUS…

On est arrivés sur ce quatrième GP de la saison avec des pilotes imbattables… qui ont pourtant été battus !

En 125, Terol se fait incroyablement « piquer » par un …’’rookie’’, un tout jeune pilote qui de surcroit dispute sa première année de GP, l’espagnol Maverick Vinales.

En Moto2, l’intouchable Bradl est arrivé troisième seulement, devancé par Yuki Takahashi et Marc Marquez.

En MotoGP enfin, Rossi fait son premier podium en rouge.
Mais la plus grosse et la meilleure surprise de ce GP de France moto, a été un record battu, celui du nombre de spectateurs.

176 200 passages au total, sur les trois jours !

Quinze pour cent de plus que l’an dernier. 88 400 présents sur le circuit dimanche, du monde à perte de vue.

Assurément un GP inoubliable

ON PAPOTE, ON PAPOTE…

 

Première rencontre avec Claude Michy, l’organisateur de ce GP, qui vient de re signer avec la Dorna, propriétaire des GP Moto,  pour cinq ans.

« Pourquoi ça marche ? C’est vrai qu’il y aura plus de 90 000 personnes aujourd’hui sur le circuit ! D’abord, c’est dans la logique des GP, les chiffres augmentent tous les ans. Ensuite, le fait qu’il n’y ait pas eu de 24 Heures du Mans un mois avant, la date a été échangée avec celle du Bol d’Or, nous a fait devenir le gros évènement incontournable de début d’année. Il ya aussi le soin constant pour nos spectateurs, on les chouchoute beaucoup, tout en les protégeant de gens qui ne viendraient que pour tout casser. C’est une dérive possible, cela gêne les vrais passionnés de moto et nous y faisons très attention ».

Arrive…Jean Alesi !

Il est là pour soutenir l’un des héros Français, l’’espoir Johann Zarco, qui comme ‘’ Jeannot ‘’ est avignonnais

 

« J’avais aussi envie de montrer ce formidable monde de la moto à mon fils. Mais c’est incroyable le monde ici. J’ai mis plus longtemps pour venir de l’aéroport du Mans (situé à côté du circuit) que pour arriver de Genève ! C’est incroyable ce que font les pilotes. Je comprends les spectateurs, c’est vraiment un truc unique au monde ! Je suis totalement heureux d’être là »

Jean fera aussi ce dimanche ses armes comme consultant TV, avec Laurent Corric et Marc Garcia, pendant le direct du MotoGP sur la chaîne NT1.

On regarde le warm up sur les écrans de TV et stupeur, en catégorie MotoGP, Lorenzo fait une cabriole de folie !

Entre le fait qu’il s’est fait tourner autour pendant les essais chrono par les quatre Honda et son roulé boulé dans le sable, ce n’est pas son week-end.

Ce n’est d‘ailleurs pas le week-end Yamaha d’une façon générale, alors qu’ils ont une expérience phénoménale du circuit, sur lequel ils ont gagné les trois dernières éditions du GP de France. (2010, Lorenzo –  2009, Lorenzo et 2008, Rossi).

On retrouve Hervé Poncharal, patron du Team Tech3, les Yamaha compé-clients en compagnie lui, de Sébastien Loeb.

La question est :

« Quand on voit que Honda, avec Simoncelli, fournit quatre motos d’usine, ça ne donne pas des idées à Yamaha ? ».

Réponse

« Il ya très peu d’écart avec les machines d’usine. Yamaha nous a fait des motos phénoménales. On le voit d’ailleurs, aux chronos, nous sommes devant Spies et sa Yam usine… ».

Cela dit, mauvaise surprise, ce sera quasiment la seule du week-end, ce ne sera pas le jour du Team Tech3

Son pilote Di Meglio, en Moto2, qui était remonté de la vingt septième à la treizième place, a fini par chuter. Et en MotoGP, les deux motos du Team vont aller au tapis.

On voit encore un truc étonnant pendant le warm up, Stoner, vraiment très fébrile, se considère comme gêné sur sa trajo par De Puniet et lui met un coup de coude au passage.

Résultat ? Une convocation devant les commissaires sportifs et 5000 dollars d’amende…

Tout est surprenant, même les mauvais gestes…

 


125 : QUAND LA JEUNESSE OSE TOUT…

 

On l’a dit, l’italien Nicolas Terol est intouchable depuis le début de saison et il a d’ailleurs accroché une quatrième pole position sur ce GP de France.

Il part franchement leader, on se dit que comme d’hab, c’est plié.
Et puis… et puis le très jeune espagnol Maverick Vinales le suit de très près.

Ce qui est déjà assez inhabituel, on se dit qu’il apprend vite, c’est sa première saison de GP…

Départ raté en revanche pour le Français Johann Zarco, révélation de ce début de saison et sixième sur la ligne et qui se retrouve, en deux cent mètres, treizième !

Dès lors, il ya deux courses.

En tête, on se demande combien de tours le jeune Vinales va tenir le rythme. Et derrière, on suit un Zarco déchaîné.
Johann s’arrache partout, se bat dans le trafic, et termine finalement à une très belle cinquième place.

On va le voir à l’arrivée.

« Problème moteur. Au départ, rien. Ensuite, je manque tellement de puissance que je ne tiens pas les mecs que je suis à l’aspiration. Alors tu imagines à quel point ça a été dur… »

Zarco est très déçu. Alors que dans ces conditions, terminer cinq est un coup de maître. De façon non accessoire, il faut aussi noter que notre jeune héros est ce soir troisième au classement général du mondial 125.

Génial. Car c’est aussi quand rien ne marche que l’on détecte le vrai talent.

Retour en course.

Coup de tonnerre. Terol est obligé de rouler tellement fort pour décrocher Vinales que les temps de qualif sont battus !

Et le jeune finit par passer !

Et là, problème. Il n’a absolument pas le métier pour mener un GP. Et il le sent, tout se suite.

Il laisse donc repasser Terol. Et lui colle aux basques.

Le jeu du, à toi à moi, va se refaire une ou deux fois, Terol est quand même méfiant et essaie de mettre a pression au jeune.

Dans le dernier tour, il se reconcentre, au diable la tactique
Et, on sent le jeune espagnol qui est prêt à se mettre par terre pour passer. Et c’est le grand phantasme : il passe l’impassable Terol dans le dernier virage du dernier tour !

« Je n’en reviens encore pas » dit-il, « réussir à tenir le rythme et réussir à l’avoir alors qu’il sait que le dernier virage est crucial ! ».

Retenez ce nom, jusqu’ici peu connu, Maverick Vinales. (On prononce Vinialesse).

A new star is born ce dimanche en Sarthe.

 


 

Avant le grand affrontement de la journée, passent les Moto2.

On a dit que la course, suivie avec Poncharal, a été décevante, le jeune Di Meglio chutant alors qu’il faisait une course superbe.
Jules Cluzel finit onzième, pas de bonne surprise de ce côté non plus.

En revanche, devant, deuxième surprise de la journée, après l’incroyable scénario de la 125. L’allemand Bradl, totalement intouchable depuis le début de la saison, fait une bêtise à mi-course et se fait passer par plusieurs pilotes.

C’est que dans cette catégorie, où rappelons le, le moteur est le même pour tout le monde, on roule partout en paquet.

Une faute se paie très cher. Et Bradl ne réussira pas à rattraper la faute.

Bilan, il est troisième à l’arrivée, derrière Marc Marquez et Yuki Takahashi. Valentin Debise est vingt huitième.

 

 

MOTOGP : STONER « MANCEAU EMPEREUR »

 

Pardon pour le jeu de mots du titre, il fallait bien le placer…

Et le fait est que Stoner n’a pas fait une bêtise, à part un coup de coude à De Puniet au warm up.

Il laisse partir Pedrosa en tête, puis le remonte comme une horloge suisse, puis le largue comme un mauvais souvenir…

Ce jour, qui nous réservera des surprises colossales, voit quand même deux histoires.

Celle, solitaire, d’un Stoner intouchable et celle des autres, tous les autres.

Stoner, sur les plans serrés de la télévision, part dans de grandes dérives en courbe, magnifiquement maîtrisées.

On roule à pas loin de 300 quand même, 200 en grandes courbes. Cela rappelle les grands « glisseurs » américains de l’histoire des GP, les Freddie Spencer, Wayne Rainey, Eddie Lawson, Kenny Roberts, Kevin Schwantz, Randy Mamola, nourris au dirt track et capables de glisser des deux roues en même temps à des vitesses supersoniques.

Stoner est grand. Il est maintenant second au général du Championnat du monde derrière Pedrosa qui malgré sa chute conserve le commandement .

ROSSI IMPERATORE

Bien sûr, tout le monde attendait le premier podium de Rossi en rouge.

Pour une journée aussi historique, ce serait un cadeau de légende

Neuvième sur la grille il fallait vraiment y croire. Alors comment a-t-il fait ?

D’abord, il est bien parti, et il est longtemps sixième, en restant dans les temps des motos qui sont devant lui, à l’exception bien sûr de Stoner qui a dit « bye bye everybody » depuis les premiers mètres du premier tour.

Et devant Rossi, les trois dernières Honda et Lorenzo vont se battre comme des chiens. Vraiment du très sauvage.

Pedrosa joue gros. Il est second et peut donc au soir de ce GP se retrouver en tête du Championnat du monde si Lorenzo reste derrière lui.

Simoncelli joue gros aussi. Il voudrait décrocher son premier podium en MotoGP, il se bat avec Pedrosa, le passe. Jeu dangereux qui finit mal…

Pedrosa accroche l’arrière de Simoncelli et part dans le bac à sable. Excellente nouvelle pour Lorenzo qui peut garder la première place au général du Championnat.

Mauvaise nouvelle pour Pedrosa qui en plus se casse la clavicule. Ce n’est pas fini.

Simoncelli est pénalisé d’un ‘’drive through’’ pour conduite irresponsable (qui nous paraît discutable), perd sa deuxième place.

On note donc que sur quatre Honda, il y en a déjà deux de moins.

On a donc Stoner, loin, et un paquet Dovizioso-Lorenzo-Rossi. C’est Lorenzo qui lâche le premier.

Ce n’était pas son jour mais il sauve les meubles, il garde le leadership au général…

Rossi passe Dovizioso, il est second, dans la foule qui n’est venue que pour lui, c’est du délire. Mais on voit Rossi qui est mal partout, les trajos deviennent erratiques…

Dovizioso passe, Rossi finit troisième, on a assisté à une journée de légende et à la naissance de l’étoile rouge…

Sur le podium, personne ne s’y trompe. Public poli avec Stoner et Dovizioso. Tonnerre quand Rossi monte sur la troisième marche.

Le monde de la moto a retrouvé son symbole.

Déclaration du héros.

« Je suis très heureux de ce premier podium avec Ducati J’ai fait un beau départ, et nous tenions le rythme des leaders. Les réglages de la moto ont été un peu changés après les essais chrono, il y avait encore des petits manques par endroits mais dans l’ensemble, super course. Et pour nous, ce podium est une vraie victoire

Une déception dans cette course, Randy de Puniet est tombé dans les tous premiers tours.

Malchance vite oubliée par un public qui a conscience d’avoir vécu un vrai jour de gloire.

Et c’est bien pour les manches suivantes, la bagarre totale, ça va continuer !

Jean Louis Bernardelli
Photos : MotoGP – Teams – François Michel

Résultats MotoGP Le Mans 2011

1.  Casey Stoner, Australie, Honda. 2. Andrea Dovizioso, Italie, Honda, à 14‘’214. 3. Valentino Rossi, Italie, Ducati Corse, à 14’’564. 4. Jorge Lorenzo, Espagne, Yamaha, à 21’’075. 5.Marco Simoncelli, Italie, Honda-Gresini, à 31’’245. 6. Ben Spies, USA, Yamaha, à 31’’609. 7. Nicky Hayden, USA, Ducati Corse, à 35’’566. 8. Hiroshi Ahoyama, Japon, Honda Gresini, à 51’’502. 9. Hector Barbera, Espagne, Ducati Mapfre, à 1’03 ‘’731.10. Karel Abraham, République Tchèque, Ducati Cardion, à 1’03’’885.11. Toni Elias, Espagne, Honda LCR, à 1’04‘’068. 12. Alvaro Bautista, Espagne, Suzuki, à 1’04’’092. 13.Colin Edwards, USA, Yamaha Tech3, à deux tours.

 

 

Classement MotoGP après quatre manches.


1.   Jorge Lorenzo, 78 points. 2. Casey Stoner, 66 pts. 3. Dani Pedrosa, 61 pts. 4. Andrea Dovizioso, 50 pts. 5. Valentino Rossi, 47 pts. 6. Nicky Hayden, 39 pts. 7. Hiroshimi Aoyama, 36 pts. 8. Marco Simoncelli, 22 pts. 9. Colin Edwards, 21pts. 10. Hector Barbera, 21 pts.11. Cal Crutchlow, 21 pts. 12. Ben Spies, 20 pts. 13. Karel Abraham, 18 pts. 14. Toni Elias, 17 pts. 15. Loris Capirossi, 9 pts. 16. Alvaro Bautista, 7 pts. 17. Randy de Puniet, 6 pts. 18. John Hopkins, 6 pts.

Prochaine manche, Catalunya, Barcelone, le 5 juin.

 

 

MOTO2 : HEROS BATTU

Moto

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