TOUR DE CORSE : LE BELGE NEUVILLE ET SA 207 TOUJOURS AU COMMANDEMENT

NEUVILLE POURSUIT SA DEMONSTRATION

La deuxième des trois étapes du 54ème Tour de Corse a tenu toutes ses promesses.

Elle promettait d’être dure. Elle l’a été. Le matin, trois Peugeot 207 S2000 avaient réussi à se grouper en tête.

Deux d’entre elles ont été frappées.

Au volant de la voiture alignée par Peugeot Belgique- Luxembourg, Thierry Neuville et Nicolas Gilsoul ont poursuivi leur moisson, comptant encore au soir de cette deuxième étape 23’’4 d’avance.

Neuville insatiable

Un tête-à-queue dans la première spéciale du matin, une première place abandonnée, un court instant, à Bryan Bouffier, puis Thierry Neuville et Nicolas Gilsoul ont repris leur marche en avant, entamée la veille.

A la halte de midi, ils portaient leur avance à 15’’8 sur leur plus proche adversaire, avant de conforter leur position l’après-midi.

« Dans la première spéciale de la journée, j’ai freiné un peu tard pour un virage serré. Plutôt que de risquer la touchette, j’ai préféré tirer le frein à main pour provoquer un tête-à-queue. J’ai perdu beaucoup de temps, car j’ai dû manœuvrer  pour repartir. Le reste, j’ai adoré. Le parcours me plaît et mes notes sont excellentes. »

Par la suite, son avance devenue plus confortable, le pilote Peugeot Belgique-Luxembourg a poursuivi sur le même rythme.

« Je ne ralentis pas, car j’ai trop peur de perdre le rythme et de me faire surprendre. Ma 207 S2000 est parfaitement fiable, je continue d’attaquer. Par contre, j’évite toutes les cordes dans lesquelles je risquerais de crever. Par sécurité, également, je continue de rouler avec deux roues de secours. Je suis ravi de rester le plus rapide dans ces conditions. Ce samedi, la dernière étape est aussi la plus longue du rallye. Rien n’est joué. »

Bouffier malchanceux et Wilks renonce

Dans la première spéciale du vendredi, deux autres 207 S2000, pilotées par Guy Wilks, associé à Phil  Pugh, et Bryan Bouffier, secondé par Xavier Penseri s’installent au sommet.

A ce moment du rallye, trois Peugeot sont en tête avec, dans l’ordre, Neuville, Bouffier et Wilks.

Mais malheureusement dés l’ES4, Wilks sort de la route.

« Je n’avais pas un bon feeling », explique le pilote Peugeot UK.

Et de préciser :

« J’avais l’impression que mes pneus avant étaient froids et je tentais de compenser en augmentant mon attaque. La qualité de mon pilotage en a été affectée. J’ai freiné trop tard avant une épingle. Pour m’en sortir, j’ai tiré le frein à main, mais j’allais trop vite et j’ai glissé en marche arrière dans le fossé, puis dans le talus. Elle est intacte, mais il était impossible de remonter sur la route. »

Le plus rapide dans l’ES4, Bouffier se propulsait en tête du classement général, avec un avantage de 4’’2 sur Neuville et de 19’’6 sur la première Skoda rivale, pilotée par Kopecky.

Mais dans le tronçon chronométré suivant, Bryan Bouffier était victime d’une crevaison au kilomètre 4 et perdait son bénéfice.

« Il y avait un gauche serré. Comme tout le monde avant moi, j’ai plongé dans la corde », précise le pilote Peugeot France.

Lequel poursuit :

« J’ai dû mal choisir mon endroit, car j’ai senti un choc. J’ai poursuivi ma route, pneu arrière gauche crevé, mais j’ai concédé plus d’une minute dans l’aventure. »

Vendredi matin, Bruno Magalhaès et Paulo Grave, alignés par Peugeot Portugal, étaient handicapés pendant les trois spéciales par de persistants problèmes de freins.

« J’ai été contraint d’anticiper tous mes freinages », regrette le pilote Portugais, qui réussit malgré tout à préserver jusqu’au bout sa huitième place au classement provisoire.

Campana en soutien

A l’issue de la deuxième étape, au volant de leur 207 S2000 privée, les insulaires Pierre Campana et Sabrina De Castelli occupent une très belle cinquième place.

« A chaque kilomètre, j’en apprends un peu plus sur ma Peugeot 207 S2000. C’est une voiture fantastique. Quand on croit l’exploiter au sommet de ses possibilités, on s’aperçoit qu’on peut encore en reculer les limites. Vendredi midi, j’ai choisi d’opter pour de nouveaux amortisseurs, car l’auto avait tendance à prendre de plus en plus de place sur la route. La modification s’est révélée efficace. Son comportement est transfiguré, elle est un régal à conduire et mes chronos se sont nettement améliorés. »

Finalement, non moins de sept Peugeot 207 S2000 sont venues à bout de la deuxième étape. Cinq d’entre elles sont groupées dans les dix premiers.

SKODA EN EMBUSCADE

Le leader Thierry Neuville, a trois Škoda aux trousses. Celles de Jan Kopecký (2e), de Freddy Loix (3e) et d’Andreas Mikkelsen (4e).

De quoi faire trembler ce jeune Belge de 22 ans, qui effectue son premier Tour de Corse !

« Si le temps se maintient et que les conditions de course ne changent pas dans la dernière étape, je ne vois pas comment nous pourrions déloger Thierry Neuville de sa position en tête du rallye ».

Le constat, établi sur le parvis de la citadelle de Corte par Mario Fornaris, l’ingénieur à l’origine de la conception de la Škoda Fabia S 2000, est sans appel.

D’ailleurs, l’analyse aurait tout aussi bien pu venir de Jan Kopecký, déçu de n’avoir pas pu signer un temps scratch, d’Andreas Mikkelsen, un peu plus sur la retenue, ou de Freddy Loix, revenu davantage dans le rythme en fin de journée, au point de souffler la 3e position provisoire à Mikkelsen.

Les pilotes Škoda se sont bien battus, la Fabia S 2000 a montré ses qualités – en particulier sur les tronçons les plus rapides – mais ce vendredi 13, le maillot jaune belge a réussi tout ce qu’il a entrepris.

Il a cependant un trio de Škoda regroupées en moins de 30 secondes à ses trousses, et il reste encore 6 spéciales avant l’arrivée finale à Ajaccio, ce samedi.

Et samedi 14, ce n’est plus vendredi 13…

Mais Jan Kopecký (2e) expliquait:

« Impossible de faire mieux, ces routes ne me sont pas familières et nous passons du temps à essayer de trouver le bon compromis au niveau des réglages. J’ai peut-être pris un peu plus de risques dans la 3e spéciale de la journée, la moins longue des trois. A un moment, en rasant une corde, j’ai entendu un grand bruit, sûrement une roue arrière qui a heurté une pierre. Je m’attendais à une crevaison, mais rien. Il faut bien avoir un peu de chance quelquefois ».

De son côté Freddy Loix (3e) poursuivait :

« Je suis à mes limites et à celles de la voiture. Je ne ressens pas le feeling habituel. Si je cherche à hausser encore le rythme, je ne vais pas plus vite, au contraire, la voiture glisse beaucoup plus et j’abime mes pneus. En fin de journée, nous avons sensiblement progressé en modifiant la cartographie moteur ».

Andreas Mikkelsen (4e) ajoutait:

« Je ne cherche pas à sur-conduire, je me contente d’être dans le bon rythme de la voiture. Cela ne nous réussit pas trop mal. Nous avons constaté que les Peugeot les plus rapides avaient une légère supériorité dans les passages les plus serrés, nous devons donc surtout exploiter l’avantage des Škoda dans les portions rapides ».

Quant à Toni Gardemeister (9e), lui il concluait :

« Je suis au maxi de ce que je peux faire avec la voiture ».

Petite précision mais d’importance, contrairement aux autres Škoda Fabia, équipées de pneus Michelin, la n° 8 des Finlandais Toni Gardemeister-Tapio Suominen est chaussée de gommes Hankook.

Ce samedi 14 mai, la troisième et dernière étape du 54ème Tour de Corse est aussi la plus longue, avec 138,44km chronométrés, répartis en six spéciales, avant l’arrivée finale, à 21h30, sur le port d’Ajaccio.

Christian Colinet
Photos : Eric Regouby – Manfred Giet

Classement de la seconde étape

1. Thierry NEUVILLE – Nicolas GILSOUL (Peugeot 207 S2000) en 1h52’23 »0
2. Jan KOPECKY – Petr STARY (Skoda Fabia S2000) à 23’’4
3. Freddy LOIX – Frédéric MICLOTTE (Skoda Fabia S2000) à 27’’7
4. Andreas MIKKELSEN – Ola FLOENE (Skoda Fabia S2000) à 29’’0
5. Pierre CAMPANA – Sabrina DE CASTELLI (Peugeot 207 S2000) à 52’’8
6. Bryan BOUFFIER – Xavier PANSERI (Peugeot 207 S2000) à 1’09’’8
7. Julien MAURIN – Olivier URAL (Ford Fiesta S2000) à 2’53’’5
8. Bruno MAGALHAES – Paulo GRAVE (Peugeot 207 S2000) à 3’01’’9
9. Toni GARDEMEISTER – Tapio SUOMINEN (Skoda Fabia 2000) à 3’03’’2
10. JM. LEANDRI – PM LEONARDI (Peugeot 207 S2000) à 4’08’’2

 

 

 

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