ILMC – 1000 KM DE SPA : AU CŒUR DE LA COURSE AVEC L’EQUIPE OAK RACING

Désormais considéré et ce à juste titre comme l’une des écuries Françaises les plus réputées et les plus professionnelles, l’équipe OAK Racing entame cette année sa cinquième saison en endurance.

Avec les 11 et 12 juin prochains, quatre bolides aux couleurs OAK – ce qui en fera le Team le plus représenté sur la piste -, au départ des très réputées 24 Heures du Mans, il nous a paru intéressant de suivre la bande à Jacques Nicolet, dans cette épreuve des 1000 KM de Spa, seconde manche du Championnat ILMC (Intercontinental Le Mans Cup)

C’est la raison pour laquelle toute cette fin de semaine, nous vous introduirons dans les stands OAK afin de vous emmener au cœur de la course

Pour participer à cette épreuve, les camions transporteurs OAK Racing, ont quittés le Technoparc du circuit du Mans, lundi en direction de la Belgique

L’ensemble des ingénieurs, techniciens et mécaniciens, ralliant les Ardennes ce mercredi à la veille des premiers essais libres programmés ce jeudi sur le toboggan de Francorchamps

Quant aux pilotes, eux aussi ils ont rejoints Spa mercredi soir
Pour notre part, nous sommes également venus mercredi en compagnie du Directeur de l’équipe OAK, François Sicard et des deux kinés du Team, Yohann Monceaux et Arnaud Kuznicki

C’est à l’heure du petit déjeuner, fixé pour 8 Heures 30 que tous les pilotes se sont retrouvés dans le tout nouvel établissement dénommé Hôtel de La Source et situé à une enjambée du circuit, au dessus du célèbre virage éponyme

A 9 Heures, direction le circuit.

Retrouvailles avec le staff technique déjà sur place. Et premier briefing avec François Sicard, le Directeur de cette très belle équipe, Sébastien Philippe l’ancien brillant pilote (au Japon) devenu dorénavant le Team manager OAK sans oublier l’ensemble des ingénieurs dont Christophe Chapelain qui chapeaute toute les techniciens  OAK

Dans la foulée et avant 10 Heures 30 et comme l’exige les règlements, passage au sacro-saint obligatoire contrôle technique des bolides mais également des tenues vestimentaires des pilotes (Combinaison-casque-gants- sous vêtements ignifugés- Hans)

Puis parallèlement, présentation des licences

Enfin, à 10 Heures 45, d’abord briefing des organisateurs pour la totalité des pilotes – l’absence est soumise à une copieuse amende – lequel est immédiatement suivi de celui des Team managers

Ce n’est qu’à partir de 12 Heures 15, après une matinée bien chargée et plutôt remplie que les pilotes commençaient à s’installer dans leurs baquets, la première des deux séances d’essais libres au menu du jour devant débuter incessamment à partir de 12 Heures 20

Chez OAK qui n’aligne ici que deux voitures, la 15 en LMP1 et la 35 en LMP2, on lance en piste Pierre Ragues sur la 15 et Andréa Barlesi sur la 35 (photo avec ses équipiers)

En effet, suite à la sortie de la 24 alors conduite par le pourtant très appliqué Richard Hein, la 24 voiture du ‘’ patron ‘’ Jacques Nicolet, lors de la toute récente Journée des tests Préliminaires en prévision des futures 24 Heures du Mans et le temps manquant pour réparer cette 24, décision a été prise chez OAK de se concentrer sur les seules 15 et 35 pour la manche Ardennaise de l’ILMC

Comme lors de chaque première séance de roulage, les deux pilotes effectuent un tour avant de plonger vers la ligne des stands afin de rejoindre leurs box. Il est alors 12 Heures 23
François Sicard nous explique:

«  C’est immuable. Avant de lancer notre programme de développement, nous pratiquons toujours ainsi. Et ce dans le but de vérifier que tout a bien été remonté et qu’il n’existe aucune mal façon. Aucune fuite liquide. Que toutes les températures sont normales C’est un principe.»

Et Sébastien Philippe le Team -manager de nous préciser :

« Nous appelons cela le Out-in »

A 12 Heures 24, les deux OAK Pescarolo reprennent la piste.

Elles sont suivies par la totalité des hommes agglutinés au milieu des deux stands, les yeux fixés sur les écrans de contrôle.

Les premiers partiels s’affichent. C’est Alexander Wurz qui signe le meilleur chrono en 2’05’’326 au volant de sa 908 Peugeot.

Andréa qui frustré, redécouvre le tracé de Spa ou il n’a roulé que lors des essais (7 tours) à l’occasion des 1000 km en 2010 avec la FLM de Dams, son équipier Gary Chalandon étant victime d’un accrochage ruinant la voiture et ce des le départ, respecte les consignes et tourne à sa main.

A 12 Heures 33, il signe un respectable 2’20’’648. Au fil des tours, il descend ses temps. Son père Laurent Barlesi, l’ancien patron d’Elkron l’un des gros sponsors en sport automobile dans les années 80, ne quitte pas les écrans de contrôle et suit la progression d’Andréa

eIl nous demande de noter les partiels de Soheil Ayari le plus rapide des LMP2 avec l’Oreca Nissan de chez Signatech, l’équipe de Philippe Sinault et Didier Calmels et ce dans le but de comparer et vérifier ou le ‘’ P’tit ‘’ lâche du temps.

Visiblement, Andréa est vite dans les 1 et 3 mais un tantinet moins vite dans la 2. Normal, c’est la partie la plus sinueuse qui descend des Combes vers la piste de kart.

C’est la que ce vieux renard d’Ayari lui colle ses deux secondes !

A 12 Heures 37, Andréa rentre. Son meilleur chrono est alors de 2’16’’359 soit le quatrième des LMP2. Bien

Sicard affiche un sourire. Jacques Nicolet, qui forfait au volant pour les raisons déjà énoncées surveille pour une fois ses troupes, lui aussi.

Tout comme les deux équipiers, Frédéric Da Rocha et Patrice Lafargue et sin pére Laurent (photo)

La 35 est placée sur ses vérins hydrauliques. On vérifie la température des gommes Dunlop et aussi la balance de l’auto.

Il est 12 Heures 39 lorsque le benjamin de l’équipe repart en piste. Pas pour longtemps. Andréa en effet n’aura que le temps de boucler trois petits tours dont le meilleur en 2’15’’219 avant qu’un drapeau rouge ne soit agité à la suite de la sortie de piste à Rivage de l’Audi Numéro 2, alors conduite par Benoit Treluyer

Effectivement à 12 Heures 52, le directeur de course interrompt la séance afin d’évacuer la voiture Allemande mal placée

Dans l’autre voiture, Pierre Ragues a multiplié lui aussi les arrêts
Sébastien Philippe nous explique :

« Sur la 15, Pierre se plaint d’un léger survirage. L’auto à en outre tendance à toucher le sol. Il va falloir la régler et procéder à un ajustement. »

Pierre est informé dans son baquet de la totalité des temps, son dévoué père Marcel Ragues, ayant la géniale idée de photographier immédiatement l’écran de contrôle avec son iphone et de le placer sous les yeux du fils

Son chrono, 2’10’’275, le situe au onzième rang

A ce moment-là de cette séance inaugurale de ces 1000 km de Spa, la situation donne un léger avantage aux Audi.

Tom Kristensen possède le meilleur chrono : 2’3’’844. Suivi de la voiture-sœur de Mike Rockenfeller, créditée elle de 2’4’’054 et de la première des 908, aux mains de Sébastien Bourdais, le manceau signant 2’4’’217

Après une longue neutralisation,l’interruption durant treize minutes, la séance redémarre à 13 Heures 6 et ce pour un petit quart d’heure seulement.

Patrice Lafargue a relayé Andréa sur la 35 et Guillaume Moreau, Pierre Ragues sur la 35.

Le Caennais qui nous connait depuis une bonne décennie lorsqu’il roulait en Championnat de Kart, nous rejoint alors que nous devisons avec son mentor, Ange Pasquali:

« Ce fut une bonne remise en action car mes repéres ont changés par rapport à l’an passé ou je pilotais le proto Aston de Signature. Il m’a donc fallu modifié mes repères. Néanmoins, cette OAK a un bon équilibre général. »

Et le Normand d’ajouter malicieusement :

«  Si en qualif, on a la chance de bénéficier d’un tour clair sans trop de trafic, alors on peut viser se retrouver au niveau des copainsles Lola Rebellioncar les Audi et Peugeot sont intouchables

A ses côtés, François Sicard, nous lâche :

«  C’est un peu décevant une telle séance marquée par une multitude de drapeaux jaunes puis ce drapeau rouge.  »

Et nous de lui répliquer goguenard :

«  C’est pareil pour tout le monde »

« Certes, nous réplique le sympathique Directeur d’OAK mais cela nous gène plus que d’autres dans notre tableau de marche car nous devons faire rouler nos  nouveaux pilotes qui contrairement à la très grande majorité des autres ne connaissent pas ou peu le tracé de Francorchamps »

Et il conclut :

«  Une séance un peu pour rien »

Ainsi va la vie dans ce monde de la course, si souvent ingrat !!!

D’ailleurs la séance terminée chez OAK, on continue de bosser car on procède, chrono en mains, à une simulation d’arrêt –ravitaillement

Descendu de sa Pescarolo, Patrice Lafargue (2’19 »456) se confie à Jacques Nicolet:

« Dans le raidillon, je ne suis pas en confiance. Je suis sur des œufs »

Et le gentleman qu’est Patrice de nous expliquer :

«  Il faut surement mettre plus d’appui à l’arrière»

Immédiatement le Patron, propriétaire mais aussi et surtout pilote, Jacques Nicolet, le coupe et l’interrompt :

« Dans ce cas elle va légèrement t’échapper et délester »

Le mot de la fin de cette première séance, nous le laissons à Frédéric Da Rocha :

« C’est pas bien grave il ne s’agit que de la première séance.»

Avant que ne redémarre en fin de journée vers 16 Heures 55 et pour une p’tite heure, la seconde séance, les hommes de la ‘’ Bande à Nicolet ‘’ se sont longuement penchés sur ce léger problème.

Et le patron (photo) qui nous avait rejoint semblait serein, parfaitement détendu

Résultat, avant que cette deuxième session ne soit elle aussi à son tour stoppée au drapeau rouge à vingt minutes de la fin, par l’accrochage de la 908 Peugeot Numéro 9 conduite par Pedro Lamy et la HPD Honda Numéro 36 aux mains  de Mike Newton, l’OAK Pescarolo Numéro 35 avait tournée en 2’18’’364.

Temps qui la plaçait de nouveau huitième LMP2, la meilleure (2’10’’565) étant la Zytek du trio Ojjeh-Chalandon-Kimber Smith

La 15 qui concoure elle en LMP1, réalisant le neuvième chrono (2’8’’859) contre 2’3’’124 à l’Audi Numéro 2

Suite à l’accident et bien qu’il reste vingt petites minutes d’essais, la direction de course décidait de ne pas relancer la séance

Signalons qu’un peu plus tôt, cette seconde session avait déjà été écourtée de huit minutes et ce à la suite de la sortie dans le raidillon de la Lola Rebellion de Jean Christophe Boullion

Les pilotes n’auront donc tournés que trente petites minutes d’où une certaine frustration en ce jeudi soir après l’interruption initiale matinale car sur les deux heures réelles, ils n’auront disposés que d’une heure dix sept de roulage effectif !!!

Ce sont les trois Audi qui monopolisaient les meilleurs temps. La 2 (2’3’’124) devançant la 3 et la 1. La meilleure  Peugeot, justement la 9 avant son accident étant créditée de  2’5’’472

En début de soirée, bonne très bonne nouvelle !
Cécile Estenave qui s’occupe des media pour Peugeot nous informait :

«  La voiture n’est pas trop abimée en tout cas la coque n’est pas touchée. Elle sera donc a nouveau en piste ce vendredi »

Gilles Gaignault
Photos : Manfred Giet

Endurance

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