RALLYE OILYBIA DE TUNISIE : LES USINES DEVANT…

Le Rallye de Tunisie millésime 2011 a bien lieu. Nous  y sommes à l’invitation de Stéphane Clair, son dynamique organisateur (NPO).

Et, avec nous une bonne soixantaine de concurrents, tous ravis de venir ou de revenir dans le sud Tunisien lequel est assurément toujours, un joli P’tit coin de PARADIS…

Alors certes le plateau n’est pas exceptionnel. Mais l’essentiel est ailleurs!

Le plus important étant que cette nouvelle édition, du Tunisie ait bien lieu.

Ce qui est présentement le cas

Peu de véhicules officiels donc mais bagarres exceptionnelles, passages acrobatiques, gaz en grand, la bave aux lèvres jusqu’à l’arrivée, voilà le tableau de la journée, une spéciale de 260 km de long amenant le Rallye dans le très grand sud tunisien, vers l’oasis de Ksar Ghilane, en plein milieu de nulle part.

Avantage ?

Le camion Man d’Elisabete Jacinto, la BMW de Leonid Novitsky, la Yamaha de Rodriguez.

Récit d’une journée vraiment désertique…

CHOTT, ERG, OUEDS…

Il s’agit de noms communs dans le rallye africain, mais grandioses, connus dans le monde entier.

Le Chott El Jerid, sorte de lac de d’eau salée, de vase salée plutôt, qui m’a fait penser à la baie de Quiberon à marée basse, avec la mer qui ne remonte jamais…

C’est simple, tu y mets les pieds, tu perds tes godasses. Tu y mets les pneus, tu perds ta journée !

La spéciale du jour laisse le Chott à gauche, parfois à dix mètres près, mais sur un terrain très plat où l’on envoie fort.

La règle, juste, faut pas passer à gauche des traces…

Un peu plus loin, apparaissent les dunes royales, les grosses, celles entre lesquelles il faut slalomer, allure assez lente, il faut parfois les affronter comme des vagues tueuses sur l’océan, et le profil de la course change.

Avantage en début de spéciale aux voitures légères, avantage ensuite aux 4X4 surpuissants de BMW. C’est que l’on frôle, et on le fera pendant plusieurs jours, ce qui s’appelle sur les cartes le Grand Erg Oriental, des dunes énormes à perte de vue. Infranchissable à priori, il faut vraiment connaître les passes (on était dans le vocabulaire des marins, on est maintenant dans celui des montagnards).

Puis, vers le km 140, on attaque un type de terrain qui ressemble à s’y méprendre à celui des Baja 1000 au Mexique.

Sable blanc, dunettes qui envoient les voitures donner de grands coups de raquette à l’arrière, virages serrés mais relevés, comme sur une piste de motocross, qui permet de jolies glissades en toute sécurité.

Nous sommes là, au « kilo » 144. Passe le chilien « Chaleco » Lopez, qui enroule magnifiquement le terrain. Coups de gaz peu importants, debout sur les cale pieds, on dirait presque que c’est facile…  passe ensuite la Yam de Rodrigues (photo), style inverse.

Assis, violents coups de gaz partout. Efficace, à l’arrivée, il aura mis trois minutes au Chilien.

Avant d’évoquer la lutte suprême en autos, un mot sur les camions. Nous avons attendu longtemps.

Car les pachydermes partent en dernier et ne sont pas les plus rapides sur ce type de terrain. Magnifique. Nous n’avons pas été déçus.

Elégance et infime brutalité en même temps, un peu comme des hockeyeurs  qui feraient de la broderie…

Elisabete Jacinto se glisse à travers les dunes comme une naïade pilotant une baleine bleue. C’est presque romantique.

AUTOS : UNE LUTTE QUI PROMET !

Jean Louis Schlesser est parti en premier, à bord de son Monster buggy, ultra léger, ultra puissant, il roule à une vitesse folle dans la première partie de la spéciale.

Puis arrivent les dunes. Jean Louis après la banderole de fin de course:

«Sublime spéciale, mais difficile. Novitsky m’a repris du temps dans les secteurs lents, quand il faut slalomer au fond des vallées de sable. Je suis parti deux minutes devant, il m’a rattrapé, je l’ai repris, on a joué à ça plusieurs fois, j’ai fini par l’avoir sur la fin de spéciale ».

Oui mais…

Novitsky est parti derrière, on sait qu’en rallye de Championnat du monde, les premiers jours, les pilotes essaient de repartir seconds le lendemain.

ll est évidemment plus facile d’avoir une voiture en ligne de mire et de garder le contact. Novitsky a bien joué. Mais le deuxième jour, c’est lui qui va servir de « target », de cible.

Il va peut être voir du gros bleu dans les rétros…

KSAR GHILANE, L’HISTOIRE SUBLIME

On ne connaît peut être plus trop la saga de la deuxième DB, la deuxième division blindée du Général Leclerc.

Partie du fin fond de la Libye, avec ses quelques soldats des Forces Françaises Libres, se jurant de ne rendre les armes qu’une fois arrivés devant la cathédrale de Strasbourg (le serment de Kouffra).

La colonne est passée par ici, au fin fond du fin fond du monde.

Avec des blindés lourds, elle a dû slalomer comme nous entre des dunes infernales. Mais surtout, à Ksar Ghilane, elle est tombée sur un gros parti de deux divisions de « panzer » appuyées par des avions dits Stuka, les bombardiers en piqué dont le vrai nom est JU 87 (Junker 87).

C’était le 10 mars 1943.

Terrifiant.

Et victoire de la deuxième DB.

Voilà, on est VRAIMENT nulle part et la grande histoire vous retombe dessus.

Reste une stèle, pauvre pierre érigée sur le sang, la souffrance, l’héroïsme.

Le désert rend humble. C’est peut-être un peu tard, merci messieurs.

Jean Louis Bernardelli
Photos : Alain Rossignol (Desertrun)

Sport

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