24 HEURES DU MANS 2011 : BOULLION, PROST, PORTE-DRAPEAUX DE LA « REBELLION »…

Rebellion  ?

Il s’agit d’une écurie Suisse, dénommée Rebellion (anciennement Speedy Racing Sebbah) qui engage deux autos prototypes dans la catégorie LMP1, la plus prestigieuse.

Rebellion est en réalité une marque de montres. Laquelle finance une belle écurie d’endurance.

Nous avons rencontré ce dimanche avec Gilles Gaignault, deux de ses pilotes, Jean Christophe Boullion et Nicolas Prost. Les deux ‘’ Frenchies ‘’ de l’équipe Helvéte.

Leur objectif ?

Etre la meilleure écurie dans la catégorie « Essence », les essais préliminaires ayant montré le gouffre abyssal entre ces autos et les diesels, la fameuse « équivalence » annoncée par les nouveaux règlements, étant au fond du gouffre en question…

NICO ET NEEL

NICOLAS PROST, L’HÉRITIER…

Nous avons déjà écrit ici que ce garçon est « papa » multiplié par sept. Ce qui veut donc dire qu’il lui faut être aussi bon analyste que pilote.

Ce qui signifie aussi un caractère bien trempé et une vraie faculté de se rebeller (le nom de l’écurie lui va si bien !) quand quelque chose marche de travers.

Dans les stands des essais préliminaires des 24 Heures 2011, le constat (et la colère) étaient unanimes.

Comme chez les Verts du Team Pescarolo…

L’équivalence Diesel-Essence c’est raté.

Totalement.

Dans la catégorie LMP1, il ya aura donc deux courses. Avec ces deux pilotes, nous nous intéressons donc forcément à la seconde.

Le Team Rebellion présente deux protos à moteurs Toyota V8 (il s’agit bel et bien de moteurs d’usine, préparés par Toyota Motorsport à Cologne) montés sur des châssis Lola B10-60.

Voitures redoutables donc, qui ont bien bataillé avec la Pescarolo Team durant ces essais d’un dimanche pascal.

Nicolas Prost sorti de son débriefing avec ses ingénieurs, nous rejoint après ces huit heures de roulage.

« Notre premier objectif ici, avant la recherche de performances, c’était de tester le nouveau kit aéro. Ce n’est jamais un type d’essai facile, il faut vraiment être très pointilleux. Nous n’avons pas eu de problèmes, et au final, nous sommes contents de nous. En plus, au sein du team, je roule avec Neel Jani et Jeroen Bleekmolen, il ya une très belle ambiance, Neel est une sorte de frère pour moi. On a un formidable ingénieur. Toyota a fait un boulot exceptionnel sur le moteur, ce qui montre d’ailleurs à quel point ici, il ya un problème de règlement. Bien sûr, nous n’avons pas les moyens d’Audi mais avec un moteur comme celui-là et un constructeur comme Lola, dont on connaît les compétences en aéro, on ne peut pas arriver à un résultat comme celui que nous voyons. Deux secondes de différence au tour d’accord, dix secondes c’est qu’il ya un vrai problème, il est clair que l’ACO ne maîtrise pas ses règlements. C’est incroyable d’ailleurs, en courbe, il n’y a pas beaucoup de différence entre nous, à l’accélération en revanche, l’écart est considérable ».

Rappelons que Nicolas en est à sa quatrième participation à l’évènement manceau, son analyse est donc tout à fait légitime.

Elle va d’ailleurs dans le même sens que celle des Pescarolo’ boys, avec qui nous avons passé toute la séance d’essais.

L’analyse d’Henri dont l’expérience est considérable, il a couru ici à trente trois reprises et a gagné quatre fois, rejoint donc celle de la jeune garde.

Cela ne trompe pas…

BOULLION, COLLECTIONNEUR DE TROPHÉES

Jean Christophe, que l’on surnommait autrefois à ses débuts « Jules » dans les paddocks, est lui multiple vainqueur dans les courses d’endurance les plus prestigieuses, depuis qu’il s’est retiré de la F1et se consacre à cette discipline qu’est l’endurance.

Estoril, Barcelone, Spa,  Monza, Nürburgring, Donigton, Jarama, Algarve figurent, entre autres, à son palmarès.

JCB a d’ailleurs aussi gagné les LMS (Le Mans Séries) justement chez Pescarolo associé à Manu Collard!

Il court dorénavant dans le Team Suisse et sur l’autre proto Rebellion avec Andrea Belicchi et Guy Smith.

Son sentiment à la fin des essais.

« Il s’agit vraiment d’une toute nouvelle voiture. Nouvelle aéro bien sûr, c’est l’élément le plus important mais aussi changement d’empattement, nouvelle suspension avant, nouveau système d’aileron arrière. On devait donc redécouvrir notre auto. La journée a été bonne, même si on a cassé une chape de suspension à l’arrière, cela s’est passé juste devant les stands, c’est Belicchi qui était au volant. En fait, notre but, c’est de battre le team Pescarolo, pour le reste, les Diesel ne font pas la même course que nous. Il ya vraiment un fossé entre nous. Aujourd’hui, aux essais, l’Audi a tourné en 3’27’’ mais quand ils se battront pour la pole avec Peugeot, en juin, quand ils donneront vraiment tout ce qu’ils ont, ils descendront à 3’25 ! Nous serons donc à 12 secondes derrière ! Non, clairement, notre seul but est de finir première voiture dans la catégorie  Essence. Il n’y a rien d’autre à espérer ».

C’est assez terrifiant, ces mots dans la bouche d’un pilote aussi déterminé et ultra doué.

Un vrai battant.

Surtout, ne pas y entendre de tentative d’expliquer une contre-performance. J’ai déjà écrit que les pilotes sont les mecs de plus mauvaise foi que je connaisse mais ici il ya des éléments historiquement incontestables

On connaît la valeur des pilotes, et l’on sait qu’elle ne vaut pas dix secondes de différence au tour. On connaît aussi la valeur d’un dixième de seconde sur un chrono, notre maître à tous.

Dans la légitimité des sports mécaniques, les bagarres sont de cet ordre là…

Don’t act, au Mans cette année, on aura dans la catégorie LMP1, deux courses pour le prix d’une !!!

Celle des usines aux budgets faramineux et celle des privés. Ces privés qui au fil des ans, font vivre les courses car on ne monte pas un plateau avec sept protos usine…

Jean Louis Bernardelli
Photos : Patrick Martinoli – Thierry Coulibaly


24 H du Mans

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