LMS : RETOUR GAGNANT POUR LE TEAM PESCAROLO (COLLARD-TINSEAU-JOUSSE)

Qui l’eut cru ?

Ses innombrables fans très certainement.

En tout cas, en ce dimanche 3 avril 2011, la bande à Pesca, a frappé, en remportant les Six Heures du Castellet, la manche d’ouverture du Championnat LMS (Le Mans Séries)

Une victoire nette et sans bavures…

Un succès amplement mérité, lequel récompense Henri Pescarolo et ses hommes, placé sous la responsabilité de l’ingénieur Claude Galopin.

Et un triomphe surtout qui fait plaisir, après une année ‘’ sabbatique ‘’  non souhaitée et provoquée par la bêtise d’un irresponsable qui avait planté l’affaire montée quelques années auparavant par l’ancien quadruple vainqueur des 24 Heures du Mans (1972-1973-1974-1984)

Après une année de galères, de déprimes et alors que l’on semblait s’acheminer vers la fin d’une formidable aventure après un inévitable dépôt de bilan, l’incroyable se produisait lors de la vente aux enchères, fixé en ce vendredi 15 octobre 2010 
 

Deux passionnés de la course, eux-mêmes pilotes à leurs heures de détente en tant que ‘’ Gentlemen Drivers ‘’  Jacques Nicolet – également propriétaire de l’écurie OAK Racing – et Joël Rivière, rachetaient la totalité des actifs et du matériel de ce qui devait être la défunte équipe Pescarolo.

Et immédiatement remettaient les clés de l’atelier au grand barbu… ému jusqu’aux larmes !!!

Cet inattendu ‘’ MIRACLE’’  avait pour effet de relancer Henri Pescarolo et sa bande…

….Cinq mois se sont écoulés.

Au fil des semaines, Henri toujours remarquablement secondé par sa femme Madie et son fidèle lieutenant, l’ingénieur, Claude Galopin, patiemment, a reconstruit son équipe.

Récupéré ses hommes, les mécaniciens très attachés à cette écurie de légende

Et surtout, Henri a su convaincre les inévitables sponsors, indispensables à la poursuite et relance du Team.

Et son fidéle partenaire technique, l’indispensable – lui aussi -manufacturier Clermontois, Bibendum alias Michelin, bien sur !!!

Assez rapidement, sur son glorieux passé, Henri Pescarolo parvenait à tout finaliser et à boucler un budget lui permettant d’inscrire une Pescarolo dans le Championnat LMS (Le Mans Séries) de Patrick Peter.

Parallèlement, les dirigeants de l’ACO (Automobile Club de l’Ouest) lui lançaient en reconnaissance de son illustre passé Sarthois, une invitation pour revenir aux 24 Heures du Mans (11-12 juin)

Mais avant d’en arriver-là, revenons au départ. Lequel fut, on ne peut plus mouvementé !!!

En effet, l’habituelle procédure de départ s’est révélée comment dire, tout simplement plutôt bizarre…

Qu’on en juge :

A l’issue du tour de formation, la pace-car au lieu de s’effacer et de rejoindre la ligne droite des stands, curieusement demeurait en piste et ce pour un second tour, alors que les feux sur le portique étaient  bien passés au vert.

Simultanément, du bord de piste, on découvrait alors les commissaires agitant eux …un drapeau jaune, l’un d’entre eux agitant même bizarrement un vert !!!!

Du coup, en tête de course et au cœur de l’imposant peloton composé de trente six bolides, plusieurs pilotes ralentissaient.

Devant, les voitures placées aux premières lignes bien qu’un court moment ralenties ré-accéléraient et s’échappaient mais dans le ventre mou du peloton, quelques pilotes des GTE ne pouvaient éviter de se toucher bloqués qu’ils étaient par des voitures ralenties devant eux !

Et ce que devait arriver, arriva… l’accident.

Quatre des cinq Porche se retrouvaient mêlées et impliquées, dont incroyablement les deux IMSA Performance-Matmut, la ProSpeed et la Felbermayr-Proton des Champions en titre, le duo Lieb-Lietz. Sans oublier, l’Aston Martin Vantage GT2 de Sam Hancock. Et la FLM du Team JMB de Jean Michel Bouresche !

Bien évidemment, la voiture de sécurité entrait en piste, le temps de dégager les bolides meurtris.

De ce fait, la meute des concurrents repassaient par la ligne des stands pour permettre de nettoyer la piste et les débris éparpillés sur la grille de départ face aux box

Quelques minutes plus tard,  le véritable départ était enfin donné sans aucun incident et les leaders conservaient leurs positions, après une jolie bataille dans la longue ligne droite du Mistral.

Rapidement, l’une des deux Lola Rebellion, la N°13, alors aux mains de Boullion, stoppait sur le circuit, la portière droite s’ouvrant mais elle parvenait à regagner son stand.

Par trois fois, cette Lola allait devoir s’arrêter. Dommage car la suite de la course démontre que la voiture de l’écurie Suisse pouvait viser la gagne !

Derrière, tous les regards n’avaient d’yeux que pour la Pescarolo que pilotait en ce début des Six Heures du Castellet, le Solognot Tinseau.

Lequel cravachait, étant déjà remonté en cinquième position après quelques tours, nous rappelant la situation déjà vécue en septembre 2009 lors des 1000 km de Silverstone ou la Pesca bien que partie dernière s’était à l’époque avec… Jean Christophe Bouillion à son volant, assez vite retrouvée au commandement !

La première heure n’était pas bouclée que justement la Pescarolo s’emparait du commandement de la course, ayant dépassé un à un ses concurrents directs dont la seconde Lola ,  Rebellion, la 12 du pole man, Neel Jani associé à Nicolas Prost, elle aussi comme la voiture sœur la 13 du tandem Boullion -Belicchi un peu plus tôt, déjà stoppée à son box.

Mais elle, la 12 définitivement stoppée plus tard sur problèmes de transmission. Sans oublier, la très efficace Zytek d’Olivier Pla, victime d’une crevaison (pneu arrière droit)

Au fil des tours et des heures, l’équipage de la Pescarolo de tête, le trio composé des deux ‘’ anciens ‘’ de la maison verte, Manu Collard et Christophe Tinseau, rejoints cette année par le jeune et néanmoins brillant et rapide Julien Jousse, continuait de caracoler en tête.

Roulant à vive allure tout en parvenant sans prendre aucun risque – consigne du patron oblige – à se frayer sa route au milieu du trafic, mêlant les gros protos LMP1 et LMP2 face aux GT.

Relais après relais, Manu, Christophe et Julien poursuivaient leur marche en avant.

Sur le muret des stands, les ‘’ Chefs ‘’ observaient et appréciaient à sa juste valeur, ce retour d’une Pescarolo au commandement d’une course Internationale et ce sur l’un, si ce n’est, le plus prestigieux d’entre eux, le sublissime Paul Ricard, planté au cœur de cette superbe Provence au dessus de Bandol et au pied du majestueux massif de la Sainte Baume et inondé de soleil en ce dimanche printanier

Alors que la mi- course était atteinte, l’avance de la Pescarolo sur la Lola Rebellion, la 13, était d’un tour.

Subitement pourtant lors d‘un arrêt-ravito, un instant de panique chez les ‘’ verts ‘’ !!!

Les mécaniciens ne parviennent pas à installer les nouvelles roues arrière sur les moyeux…

Et pour cause !

Incroyablement, les mécanos tentaient d’installer les roues qui ne rentraient pas. Les medias imaginaient qu’il s’agissait de celles du stand voisin !!! Celles de l’Oreca LMP2 du Team TDS Racing

Que nenni

En réalité et comme nous l’expliquera Henri Pescarolo, les medias présents se sont copieusement trompés en relatant cet incident !

La réalité est tout autre.

Il semble qu’en fait, les roues de la Pescarolo n’aient pas été montées normalement.

Explications

Les pneumatiques auraient été inversés au montage. Gommes avant sur jantes arrière

Et le patron de nous dire, fort remonté :

« Tu imagines que mes gars qui sont tous des hommes de grandes expériences fassent une telle connerie, une folle bévue en se trompant de roues. C’est impensable. Ce serait leur manquer de respect que de l’imaginer »

Ok, mais à chaud, même certains d’entre eux doutaient et cela se comprend, vu la situation ubuesque, d’où nos explications de ce pépin … car ils ne comprenaient pas ce qui se passait !

Colère du père Galopin en face depuis le muret en bord de piste…

Heureusement, la course se trouvait à ce moment sous safety car ! Donc, le temps perdu coûtait moins cher.

Cet incident rarissime oublié, la Pesca alignait les tours.

Et l’on se disait que, vu l’expérience de ses pilotes, seule l’entrée de nouveaux pace-car, pouvait ruiner sa course et mettre en péril l’éventuelle victoire pourtant méritée

Et ce au profit de la seule des deux Lola Rebellion rescapée, celle du duo Boullion-Belicchi , bien placée en embuscade en seconde position, au cas où !!!

Car derrière, le trou était fait, la troisième, l’Oreca Nissan du Team Boutsen Energy, managée par Georges Kajcka, naviguant déjà à 2 tours

On avançait tour après tour vers la fin de ces Six Heures du Castellet et la Pescarolo continuait de tourner comme une horloge.

La messe était dite.

Ce dimanche 3 avril, Henri Pescarolo devait renouer avec la victoire.

A 18 Heures, c’était chose faite, une Pescarolo venait pour sa course de rentrée de triompher.

A l’arrivée, Henri lâchait simplement heureux, au pied du podium :

" Mission accomplie "

La catégorie LMP2 revient à la Zytek-Nissan du Greaves Motorsport, confiée à Karim Ojjeh, Gary Chalandon et Tom Kimber-Smith.

La Lola-Judd du Pecom Racing confiée elle à Luis Perez-Companc – Matias Russo et Pierre Kaffer finit seconde cependant que le podium est complété par la HPD du Strakka Racing du trio Danny Watts – Nick Leventis – Jonny Kane.

En GTE-Pro, la Ferrari AF Corse du redoutable tandem Gianmaria Bruni – Giancarlo Fisichella, auteur de la pole et qui avait survolé la catégorie depuis le départ s’est finalement inclinée en toute fin de course lors des derniers tours, laissant la victoire à la F458 Italia du JMW Motorsport de l’équipage Rob Bell – James Walker.

La Ferrari du Farnbacher de Dominik Farnbacher – Allan Simonsen, héritant de la troisième marche du podium.

A l’arrivée en conférence de presse, le grand Henri ne savait plus qui remercier tant il était heureux :

« Quand je suis arrivé dans le paddock en milieu de semaine, je n’ai croisé que des visages amis et connus, si contents de retrouver l’équipe Pescarolo. Cela m’a fait chaud au cœur. Evidemment c’est un immense bonheur aujourd’hui de regagner et ce des notre première course. »

A ses côtés ses trois jockeys semblent avoir toujours cru en ce succès !

Ainsi Christophe Tinseau qui prenait le départ :

« Effectivement depuis nos tests ici il y a un mois, j’y croyais dur.  On dispose d’une bonne auto, d’une excellente équipe et par conséquent j’ai débarqué ici confiant et venu pour la gagne. »

Et le déclassement la veille, l’a- t’’il perturbé ?

« Nullement car on avait déjà vécu pareille mésaventure à Silverstone en 2009. La seule chose qui me dérangeait c’était  pour nos pneumatiques Michelin de partir derrière et de devoir zigzaguer au cœur du peloton ce qui souvent abime les gommes. »

Et le départ ?

« J’étais trop loin et je n’ai rien vu et ce qui m’a sauvé c’est de devoir rester derrière l’HPD, jusqu’au passage de la ligne, comme le stipule le règlement. Lorsque je suis arrivé à hauteur de l’accrochage je ne roulais donc pas vite mais j’ai craint pour les pneus. Ma hantise était la crevaison dans les débris. Finalement au fil des tours, j’ai vu à mon grand soulagement que tout était OK »

Manu Collard qui a fini la course avec trois relais ne pouvait rêver meilleure dimanche.

Et pour cause !

En ce 3 avril, Emmanuel  fêtait tout simplement ses… 40 ANS !!!

« C’est avec un immense plaisir que je fête effectivement cet anniversaire et ce le jour ou je retrouve la plus haute marche du podium avec cette voiture qui m’a tant apporté par le passé. Après la difficile saison 2010 ou Henri n’avait pu aligner sa voiture, ce retour en fanfareest fantastique »

Le ‘P’tit nouveau, Julien Jousse n’était pas le plus ému :

« J’étais confiant pour mes deux relais a la suite de Christophe. Samedi j’avais roulé 45’ aux essais libres et tour s’était bien passé. En fait ma seule interrogation concernait l’usure des gommes lors de mon second relais . J’ai donc conduit plus safe  pour éviter une possible crevaison. En tout cas c’est super de débuter chez Pesca par une victoire »

Gilles Gaignault

Photos: Patrick Martinoli – Max Malka

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