RALLYE DU PORTUGAL : RETOUR EN WRC REUSSI POUR MICHELIN

Absent du Championnat du Monde des rallyes WRC depuis la fin de saison 2007, le  manufacturier français Michelin effectue cette saison son grand retour dans la discipline.

Entre temps, « Bibendum » avait conservé une cellule de veille, laquelle suivait le déroulement des épreuves et l’évolution des règlements au fil des ans.

Cela, tout en participant d’ailleurs à d’autres championnats de rallyes comme l’Intercontinental Rally Challenge (IRC) et le championnat de France.

Voici l’histoire du retour de Michelin en Championnat du Monde des Rallyes.

C’est en juillet 2010 que la Fédération Internationale de Automobile a décidé d’ouvrir, à partir de 2011, le WRC à plusieurs manufacturiers de pneumatiques et non plus à un seul et unique (Pirelli), comme c’était le cas depuis 3 ans. Chez Michelin, on a tendu l’oreille et on s’est mis sur les rangs.

Le dossier pour la candidature de Michelin fut rendue à la FIA début septembre 2010.

A ce moment-là, les hommes en jaunes et bleus estimaient devoir affronter très certainement la firme milanaise Pirelli.

Mais si finalement Michelin était retenu en WRC, de son côté, Pirelli, seul participant à l’appelle d’offre pour prendre la succession du japonais Bridgestone en Formule 1, remporte la cagnotte et déclare d’abandonner les rallyes WRC, pour se concentrer sur les Grands Prix.

Et d’aucuns, d’avancer que si participer à deux championnats mondiaux aussi importants que la Formule 1 et les rallyes, nécessitait d’énormes investissements, il en était d’autres qui proposaient comme argument, le refus de Pirelli de vouloir affronter Michelin !

A Clermont-Ferrand, au siège de « Bibendum », tout l’automne, on a bossé dur sur le dossier WRC.

Quels types de pneus proposer pour la terre, la neige et l’asphalte ?

Nick Shorrock, Directeur de la Division Compétition chez Michelin, nous explique :

« Nous avons d’abord puisé dans notre historique à travers nos techniciens au fait des choses du rallye et une fois les caractéristiques de nos futurs pneus identifiées, nous avons démarré leur conception avec nos ingénieurs responsables du développement ».

Et il ajoute :

« S’est alors posé pour nous la question de savoir quels types d’autos allaient rouler ? Et ce car à partir de 2011, une nouvelle règlementation technique entrait en vigueur ».

Puis Nick enchaîne :

« Nous avons alors commencé à définir nos futurs pneus après une première réunion avec la FIA et à laquelle participaient notamment des représentants de Pirelli, puisqu’à l’époque, ils envisageaient de rester ».

Auparavant, un premier roulage en interne avait eu lieu en août, d’une part à Château Lastours, et ensuite à Font Joncouse.
Ce premier test s’est déroulé avec une 307 WRC pilotée par l’ancien double Champion du monde, le finlandais Markus Gronholm.

Nick Shorrock, poursuit :

« Un peu plus tôt, nous avions validé nos pneus dans le domaine de la sécurité, de la performance et de la longévité, et ce, lors de tests pratiqués sur machine à l’usine clermontoise de Cataroux. Avec Gronholm, plusieurs séances fractionnées se sont déroulées avant que nous  proposions à nos futurs clients nos pneumatiques en vue de la saison 2011. »

Avant de préciser :

« Fin septembre, début octobre, nous avons envoyés des pneus au team Citroën, lequel pratiquait des essais sur terre au Portugal, avec sa nouvelle voiture la DS3. Le but était de parvenir à établir la performance que nous souhaitions, car je le répète, Pirelli était encore sur le marché. On a donc proposé nos gommes à Citroën, qui les a essayés, sans la présence des techniciens Michelin ».

Pirelli annonçait son retrait du WRC quelque jour après. Michelin et l’anglo-chinois DMack allait donc se disputer l’équipement des voitures qui aurait pris quelques semaines après le départ du premier rallye de la saison en Suède.

D’ailleurs, lorsque les concurrents ont débarqué en Suède en février dernier, chez Michelin on n’avait pas lésiné.

Qu’on en juge, 10.700 km de tests ont été réalisés. Sur terre et asphalte, 8.200, ce qui équivaut à deux saisons complètes de WRC.

Sur neige, 2.500 km, ce qui équivaut là, à cinq saisons.
Kilométrage élevé, s’il en est, avec différentes équipes, Citroën, Ford et Mini.

Pour Michelin, le but de ces essais à répétition était de parvenir à trouver le meilleur équilibre possible entre la performance et la robustesse. L’alliance de ces deux propriétés était alors et demeure toujours l’objectif principal du développement, notamment en matière de pneus pour les rallyes.

Nick reprend :

« Nos partenaires avaient besoin de connaître et de comprendre comment fonctionnaient nos pneus, d’où le nombre élevé de kilomètres en essais. Pour nous, en outre, tout était nouveau pour la saison 2011 : nouvelles autos, plus petites, plus légères, mais moins puissantes, donc nécessitant un style de conduite adapté, avec un réglage des autos différent nécessitant de nouvelles sensations pour les pilotes. »

Et il ajoute :

« D’ailleurs, les pilotes nous ont vite expliqué que le feeling n’était pas le même, sachant  que Michelin fourni rigoureusement les mêmes pneus à tous les pilotes professionnels comme privés, c’est cela la base de la qualité Michelin. »

Mais revenons un peu en arrière et sur la chronologie de la démarche de « Bibendum ».

Michelin et comme le stipule le règlement, a déposé à la FIA, le 1er novembre 2010 son pneu terre, dénommé ‘’Latitude Cross’’.

Deux modèles : Hard et Soft.

Ensuite, le 30 novembre, ont été déposés les pneus prévus pour asphalte, dénommés ‘’Pilot Sport’’, Hard et Soft. Enfin, le 20 décembre, le pneu neige, dénommé lui, X-Ice North.

Sur le terrain, la saison représente 20.000 pneus, ce qui fait, environ 1.500 pneus par épreuve.

Michelin se déplace avec son équipe. Nicolas Goubert, le directeur du département technique, assisté de Serge Grisin et Jacques Morelli, responsables d’exploitation. Trois techniciens sont aussi présents sur le terrain, à la disposition des équipes.

Nick Shorrock faisant lui le lien avec les patrons d’équipes et les pilotes.

Enfin, la Division Compétition de Michelin représente 120 personnes.

Sachant que les 800 personnes de l’usine clermontoise de Cataroux et les 3.000 ingénieurs du centre de recherches de Ladoux, situé entre Clermont et Riom, apportent une partie de leur travail à la Division Compétition et à la course.

Cela nous rappelle cette belle phrase de l’ancien patron de la course, Pierre Dupasquier :

« Quand Bibendum triomphe, c’est la victoire des 120.000 employés du Groupe. Mais, si on perd, c’est la défaite des 120 membres qui travaillent pour la compétition ».

Gilles Gaignault

Photos: Teams

 

Michelin WRC

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