MAROC CLASSIC 18 ème EDITION : FERRARI AU SOMMET DU (BEAU) MONDE…

Définitivement, cette épreuve est l’un des « must » de l’année. Il s’agit d’un rallye de régularité automobile disputé dans l’un des plus beaux pays au monde, le Maroc, à bord de véhicules allant du prestigieux à l’inoubliable.

Dans les deux catégories courues dans le Maroc Classic, la « Prestige » pour les autos construites depuis 1984, et la « Classic » pour les autos nées entre 1930 et 1983, les Ferrari ont gagné. La 308 GTB de 1980 de l’équipage Lazar-Agostini (Numéro 2) gagne en Classic, la 328 GTS des Belges Damien et Alfred Courtens (Photo) gagne le « Prestige ».


RAPPEL DES EPISODES PRECEDENTS

Nous nous sommes quittés mardi dernier à Erfoud (voir lien), après trois jours de course dans des conditions météo abominables. Et au matin du quatrième jour, grand beau…

Ce qui tombe bien, tout le monde en avait vraiment marre de voir les paysages somptueux du Maroc à travers un rideau de pluie ou sous une bourrasque de neige.

L’étape prévue ce quatrième jour est longue, 432 km menant le Rallye de Erfoud à Ouarzazate.

Et soudain…


LA PISTE OUBLIEE

C’est un endroit que nous étions peu nombreux à connaître, quasiment un secret d’initiés, découvert lors des premiers Rallyes de l’Atlas, il ya… une éternité ! Une minuscule piste de terre, de pierre et de poussière qui emmenait son découvreur,  des kilomètres durant, dans un pays tellement et totalement beau qu’il en était quasiment imaginaire.

Piste difficile, étroite, longue, irréelle. On la prenait à partir de Goulmina, en plein centre du Maroc, quittant donc une des artères vitales du pays, celle qui traverse le royaume d’est en ouest. On est alors en milieu totalement inconnu des circuits touristiques habituels.

Au cours d’une reco pour le Maroc Classic 2011, Jean François Rageys est allé voir comme ça, pour retrouver de bons souvenirs. Et la piste oubliée était devenue une petite route goudronnée, donc praticable, on pouvait y faire rouler ces  trésors que représentent les autos du Maroc Classic.

Cette année, l’épreuve y passait donc pour la première fois. Température friscounette mais un ciel inondant le désert de cette lumière unique au monde qui rend accro au « Grand Sud ».

Et pour les 180 personnes du Rallye, organisateurs, concurrents, suiveurs, mécanos, journalistes, médecins, ambulance, c’est  une sorte de création du monde.

Au cours de cette boucle qui monte par les gorges du Gheris, tout ce que l’on a vu de plus beau dans sa vie réapparaît et s’en va, la concurrence du moment est trop forte…

Pour trouver une comparaison avec des endroits immenses et connus, disons que la première image qui vient à l’idée est le Grand Canyon du Colorado sans les milliards de touristes que l’on y rencontre.

L’organisation du Maroc Classic a même eu l’idée de monter les tentes pour le déjeuner au mileiu de ce Canyon. Il y avait du vent, il ne faisait pas chaud, le ciel était bleu indigo dense et en fait, le froid, on s’en foutait.

DUEL…

Les épreuves sportives en revanche, on n’a pas oublié. Et les concurrents de pointe sont extrêmement affutés. On se bat vraiment au dixième de seconde près.

Normalement, à l’arrivée à Ouarzazate, à mi-course, les trois premiers ont juste à se battre pour l’ordre du classement sur le podium final. On en est loin. Les écarts sont minimes.  Ce sont les belges Jacques Castelein et Kurt Deplanche qui sont leaders sur leur Austin Healey très sportive.

Une jolie voiture rouge, qui porte le numéro 11. Elégance suprême, avec conduite à droite ! Jacques Castelein :

« C’est la dixième année que nous venons. On est assez habitués à la régularité, on fait aussi le Monte Carlo Classic, alors deux règles. D’abord,il faut faire attention tout le temps, c’est le boulot des deux personnes à bord, qui doivent travailler complètement ensemble. Et puis, il faut savoir conduire un peu, faut pas avoir peur de foncer, on a une vraie voiture de course, c’est fait pour « envoyer » comme tu dis en France. On a aussi un peu de matériel de navigation. Un cadenceur Blunik super bien calibré, qui donne la moyenne en temps réel. Mais cela ne suffit pas, l’équipage doit être très pointu ».

La boucle de la petite route miraculeuse se termine de façon grandiose, par les gorges du Todra, spot mondialement connu, on passe entre des murailles tellement serrées que l’on en perd le ciel.

Là en revanche, même à cette époque de l’année où le tourisme est peu actif, le Maroc Classic se faufile entre les 4X4 surpeuplés d’aventuriers en excursion, mais c’est quand même un truc à voir dans une vie.
JAGUAR HYDROPHOBE…

Dans ce sublime parcours, les traversées d’oued ont été nombreuses. Les pluies des jours précédents ont gonflé les lits de rivière et les gués étaient parfois de vrais gués… Après les traversées, on a vu de nombreuses Jaguar capot levé.

C’est le cas de l’un des équipages de la famille Merle, qui roule sur une Jaguar XK 120 Roadster. (Il y a trois équipages Merle en course, merci et bravo pour leur enthousiasme !). On nous confirme que l’allumage a franchement fait preuve d’hostilité.

A l’arrivée, car le sens de l’humour (et le cas échéant de la vanne bien envoyée) fait florès sur le Classic, l’équipage austro-allemand Wiederin-Hoefer, qui roule en Porsche 356 et a déjà gagné cette épreuve, qui est remonté en troisième place au général, nous invite à sa table.

En français dans le texte avec cette pointe d’accent germanique délicieusement surannée…

« Savez-vous pourquoi les Anglais boivent leur bière chaude ? Parce que l’électronique Lucas de leurs frigidaires est la même que celle de leurs voitures ! Nous, nous roulons allemand et nous n‘avons pas de problèmes en traversant les oueds. Merci Monsieur Bosch ! »

Pas de problème non plus pour l’équipage français Brigitte et Jacques Piccioloni, remonté en deuxième place au général, sur son Alfa GTA 2000 rouge.
ON A DARK DESERT ROAD…



Ce jour suivant -là est une boucle autour de Ouarzazate. En plein milieu de nulle part, (in the middle of no where…), sur une petite route qui relie Ouarzazate et Tazenakcht, se trouve un vrai décor de cinéma, celui du film « La colline dans les yeux ».

Une station service US abandonnée, avec enseignes en ruine, pompes à essence délabrées, épaves de voitures US pourrissant au soleil, une sorte de Bagdad Café en vrai… mais pas en vrai. Le tout sur fond de désert…

Rien d’étonnant à cela, Ouarzazate est devenu un haut-lieu de studios de cinémas en décors naturels où les superproductions affluent (Indiana Jones, Astérix etc…). Ce décor là a été racheté tel quel au producteur du film et c’est une halte très chic devant laquelle le Maroc Classic est passé.

Comme on est en début de secteur de liaison, certains concurrents se sont arrêtés, encore un moment irréel !

VROOOOM !

Passe alors une auto mythique. Une Ford GT 350 Shelby de 1965,  600 CV et un bruit infernalement beau… celui de la voiture de Steve Mc Queen dans Bullit !

Nous nous glissons derrière pour la suivre en liaison et en secteur chronométré. Du coup, on se croirait vraiment sur une « desert road » du Nevada…

Equipage suisse, très intéressant rencontré la veille. Le copilote, Claude Demole, est une figure du sport auto helvétique. Il a entre autres couru plusieurs fois au Mans, il a un gros palmarès, et de surcroît, c’est un mec génial.

Avec son succulent agent genevois, Claude nous raconte qu’ils ont à bord un matériel de folie, d’une précision insensée, en particulier un calculateur de moyenne en temps réel qui permet d’indiquer au pilote sans passer par les calculs s’il est en avance ou en retard.

Pour une course de régularité, idéal, sauf que… ça ne marche pas. « On s’améliore tous les jours et pourtant on perd dix places à chaque fois. C’est clair, notre trip n’est pas calé, cela a été fait en Suisse avant de partir c’était soi-disant parfait. Et en trois jours on est presque derniers ».

Jean Krucker, autre personnage considérable, d’en rajouter une couche. « Si au moins on prenait une seconde, mais c’est par paquets de 15 secondes qu’on se fait battre ».

Nous mettons au point une méthode de rattrapage.

Le Maroc est fait, dans le sud, de lignes droites interminables. On sait qu’aucun instrument ne mesure aujourd’hui un kilomètre de façon précise (à part le GPS qui ne devrait être à bord d’aucun véhicule…).

Le chronomètre, lui, par contre, est un instrument totalement fiable.

Pour étalonner leurs instruments, il leur suffira d’aligner les passages d’une minute à 60 km/h compteur et de comparer avec ce que dit le Terratrip ! Et avec leur cadenceur…

C’est ce qu’ils font à la fraîche, au petit matin avant le départ et ça marche. Ils gagnent dix places. Cela dit, le temps perdu depuis le début du rallye leur interdit tout espoir de bon résultat. Alors, on roule, on se fait plaisir, on est tout le temps de bonne humeur même si on est franchement déçu…

Des pilotes contents d’être battus cela n’existe pas.

GREEN…

David et Jake Hall sont deux concurrents british, formidablement british. Ils roulent le Maroc Classic sur une magnifique Jaguar XK 140 DHC. La robe de la voiture est d’un vert pâle étonnant. On lui demande comment s’appelle ce vert en anglais, c’est « apple green », le vert pomme, il ajoute immédiatement que c’est la couleur originale de Jaguar.

L’intérieur est somptueux, sièges et parements en cuir vert anglais, faisant avec celui de la robe un ensemble superbement élégant. L’équipage est fier comme des brits peuvent l’être quand nous lui disons, et c’est vrai, à quel point nous adorons son auto…

 

« You like it ? We’re happy ! ». Scène extravagante en attendant l’heure de pointage dans le village de Tazenakht. Comme toujours aux contrôles, Lavazza a placé son bar à café… ambiance surnaturelle, délicieuse. Mais l’élégance n’est pas tout. Cet équipage se bat formidablement dans les secteurs chronométrés, il est au soir de la cinquième étape en neuvième position au classement général.

LA BELGIQUE ELEGANTE

Nous avons déjà évoqué dans un précédent article Didier Behaegel et son épouse Freya Vannieuwenhuyse venus fêter leurs vingt ans de mariage sur cette épreuve, à bord de leur Bentley Continental GTC Speed !!!

Une vie à bosser comme des fous, et réussite faite, envie de profiter de cette vie. Alors dans une fête chez des potes, à Bruges, il a entendu parler du Maroc Classic. Il est venu, il a roulé sous des trombes d’eau, sur la neige, dans les ornières et la boue des premiers jours et découvre maintenant le désert.

Comme ses potes, il est Flamand mais insiste très fort sur le fait qu’il est d’abord Belge. Comme ses potes, il est d’une élégance rare, de cœur, d’esprit, de comportement sportif. Comme ses potes, il est d’un enthousiasme total et découvre comme un gosse cette vie nouvelle.

 

Nous suivons aussi l’équipage Kurt et Freddy Deklerck, le fils et le père, qui font ensemble leur premier rallye, à bord d’une Porsche 356. Le fils au cerceau, le père au chrono. Ce sont eux qui ont convaincu Didier Behaegel de les suivre, après avoir eux-mêmes écouté un autre ami qui leur conseillait de venir. Une vraie chaîne !

Ils ont cassé en pleine spéciale, une poulie qui commande la recharge de la batterie et surtout le refroidissement par air du moteur. C’est là que la formidable organisation du rallye et le chaîne des copains se met en route. Après consultation par téléphone d’un ami concessionnaire en Belgique, la voiture est hissée sur un camion-plateau qui suit les concurrents (on n’abandonne pas ce genre d’auto en rase campagne…) et au soir, à Ouarzazate, toute la bande se met à chercher la précieuse poulie.

Pendant ce temps les amis belges en envoient d’autres par avion.

Mais la recherche ne donne rien… sauf un mécano local qui entretient des buggies loués sur place à des amateurs  de sensations fortes. Un vrai mécano digne de tous ces artisans africains, si souvent sauveurs de concurrents du Paris Dakar au bord du désespoir, capables de fabriquer un maillon de chaîne de moto ou un demi-embrayage automobile à partir de cuillers ou d’autres éléments assez basiques pour être faciles à trouver.

Celui-ci propose donc de ressouder les morceaux de la poulie cassée. Non seulement ça marche, mais ça tient. Les mécanos permanents du Rallye remontent la pièce, qui, selon Kurt, est plus solide qu’avant !

Voilà comment ces sympathiques cousins d’Outre-Quievrain ont découvert des miracles qu’ils n’imaginaient pas.

Parmi eux, Claude Dumoulin qui roule ici au volant de sa Mercedes 300 SL, un habitué et réel ‘’ fondu ‘’ des épreuves hors norme puisqu’il court aussi une certaine… Carrera Panamericana au Mexique !
On vous le dit, ces Belges sont assurément vraiment des gens étonnants…

La Belgique méritait donc bien de mener les deux classements de ce Rallye, « Classic » pour les autos de 1930 à 1983, « Prestige » pour les autos fabriquées à partir de 1984, ce qui a été le cas pendant le début de l’épreuve.

 

Mais le destin change d’avis. Les concurrents finissent la boucle qui les ramène à Ouarzazate. Ils empruntent l’une des plus belles routes du monde, qui passe par le col Tiz In Tinifitt (1660 mètres) et fait découvrir d’un coup, sur toute sa largeur (soit deux cent kilomètres !!!) le formidable Massif de l’Atlas.

Cette montagne mythique est  enneigée comme les Alpes, dominant superbement le désert, tellement présente dans cet air sec que l’on a l’impression de pouvoir la toucher alors qu’elle est à 80 kilomètres de là,

Quand on arrive à la fin d’étape, les équipages rendent leurs transpondeurs à l’organisation. Ces appareils ont enregistré tous les temps de la journée. Le dépouillement se fait par entrée des données sur ordinateur.

Verdict : L’équipage leader au général, les Belges Castelain-Deplancke, sur Austin Healey 3000, tombe à la quatrième place, Wiederin et Hoefer gardent leur troisième position au général (Porsche 356), mais la Ferrari 308 GTB des Français Olivier Lazar et Stéphane Agostini se place en vue de la médaille d’argent.

Le nouveau leader, qui a gagné une place par jour, est l’équipage français Jacques et Brigitte Piccioloni, sur Alfa GTA 2000 (Numéro 20).  Il reste alors deux jours de course.

DESTINATION MONDAINE

Marrakech est l’endroit « chicos » par excellence, où tout évènement de relations publiques digne de ce nom doit se dérouler sous peine de ringardise.

Pour un rallye aussi « smart » que le Maroc Classic, c’est une étape finale quasi naturelle, dans la foulée historique d’un Rallye de l’Atlas par exemple. Ici  point de snobisme vaniteux mais une vraie légitimité sportive. Ce qui n’empêchera pas robes de soirée et habits mondains d’être de sortie lors du dîner de gala qui clôt le rallye, tenu évidemment dans cet endroit mondialement et mondainement connu qu’est la Mamounia.

On en est encore loin lorsque l’on quitte Ouarzazate pour les deux derniers jours de course. Le vendredi, on remonte d’abord  plein nord, on traverse l’Atlas par le col du Tiz in Tichka (altitude 2260 mètres !) et l’on redescend de façon assez brutale vers la ville la plus connue du Maroc, Marrakech.

Le samedi, en forme d’apothéose, une fait boucle finale autour de Marrakech, longue de 133 petits kilomètres mais où, bien sûr, tout est encore possible.

RENCONTRES


Aux contrôles dans l’Atlas (Amerzgane, Irgherm), durant de brefs instants, les équipages soufflent un peu et racontent leur histoire, toujours étonnante. Les Piccioloni par exemple, engagés sur une Alfa GTA 2000 rouge, qui sont leaders du général à ce moment du rallye.

« On vient de Toulouse, c’est notre quatrième participation et c’est la première fois que ça marche aussi bien. On a déjà participé à quelques courses de régularité, le métier rentre mais ce ne sera pas facile de rester devant. Il ya des très bons juste derrière… »

Petit café avec Bob Neyret. Fier de sa DS 21 « Replica usine » bleue… « Elle est belle ma bagnole non ? ». Tout simple mais venant d’un  homme qui a tout eu, c’est émouvant.

Qui plus est, il nous dira le soir venu, à l’étape, que cette vie qu’il aime tant, c’est du rab.

« Tu imagines que je suis un miraculé. Un accident gravissime quand j’avais vingt ans, c’est cela qui explique que j’aie du mal à bouger certains doigts, alors arriver cinquante ans plus tard et continuer de s’amuser avec des bagnoles de rêve… J’en profite deux fois plus ! » .

Lecteur, un instant de ton attention. Les dieux peuvent aussi savoir ce qu’est le bonheur, et en plus, ce rallye nous permet de les rencontrer. Respect Monsieur Bob !

Autre émotion à bord de la Porsche 356. Un équipage marocain. Le pilote… est vraiment pilote, à Royal Air Maroc, avec plus de 20 000 heures de vol au compteur.

Dans le jargon de  l’air, on parle d’un « moustache ». On dit aussi dans l’aéronautique qu’il n’y a pas de bons pilotes, il y a en revanche de vieux pilotes. Autre philosophie que celle entendue chez d’autres équipages mais c’est tout aussi émouvant.

Le propriétaire de la Porsche, Dafir Arraki.

« C’est ma toute première voiture, je l’ai depuis trente ans. A l’époque, j’en ai ch… pour la payer mais aujourd’hui c’est mon bijou à moi. Voilà ma recette du bonheur ».

Le copilote, Karim Taissir, est vraiment copilote, sur la même compagnie aérienne!  Quinzième à l’arrivée, et l’équipage, comme nous tous, est de bonne humeur pour un an !

Sur la Porsche 356 A de 1959 de l’équipage austro-allemand Elmar Wiederin-Alexander Hoefer, on est carrément ravi au soir du vendredi, veille de l’arrivée car on a repris la tête du classement général. .

Ce sont deux hyper spécialistes de la régularité, plusieurs fois vainqueurs de ce Maroc Classic, que nous suivons quasiment tous les jours. Ils nous rappellent qu’ils courent sans cadenceur, seulement le trip, qui doit être recalé en permanence, en fonction de la vitesse moyenne obligatoire, qui varie d’un secteur chronométré à l’autre.

Jolie perf !

Olivier Lazar et Stéphane Agostini sont seconds (Ferrari 308 GTB), quand l’Austin Healey de Castelein-Deplancke est troisième. Rien n’est joué, on se tient vraiment à moins d’une seconde…

SAMEDI DEMENTIEL

Plus de 2000 km au compteur depuis le départ de Rabat, et juste avant les ultimes deux épreuves chronométrées, dans une boucle autour de Marrakech, les écarts sont infimes, de l’ordre de la seconde.

C’est donc une fin totalement non écrite, de celles que l’on aime dans le sport de haut niveau qui attend les concurrents de ce 18ème Maroc Classic.

Chacun des trois équipages sait qu’il peut tout perdre sur une erreur infime, tout dixième de seconde d’avance ou de retard est définitivement inscrit sur le transpondeur des concurrents. Ici, comme le chantait la divine Barbara, le temps perdu ne se rattrape plus… mais on est quand même sur une route paradisiaque.

Sur notre gauche, plein sud, défile le massif de l’Atlas, quasiment en 3D. Dans un océan de lumière, le Toubkal, un très gros sommet de plus de 4200 mètres, défie l’espace.

Première bagarre de la journée en catégorie « Prestige », c’est  au cheveu près. L’équipage belge Damien et Alfred Courtens, (Ferrari 328 GTS) est leader.

Damien Courtens…

« On avait un joli matelas d’avance, on a été très réguliers depuis le début du rallye, on a aussi très beau matériel de navigation, bien étalonné. Tout allait bien, avec près de 20 secondes d’avance sur les seconds, mais on a fait une bêtise. Hier soir, on était toujours en tête devant les français Thierry et Corinne Puech (Morgan +8) mais avec seulement deux secondes d’avance. Erreur interdite aujourd’hui… »

Deux secondes. Rien autrement dit, après une semaine de bagarre totale.

C’est donc cette catégorie Prestige qui ouvre la route et finit  l’épreuve en premier. Après les deux secteurs chronométrés de la journée, la Ferrari No 103 rentre avec… sept dixièmes d’avance !

C’est vraiment ce que l’on appelle une victoire à l’arraché !

En « Classic », les deux derniers secteurs chrono du rallye vont être sévères !

Le destin… Sur la Porsche No 1, on sait que l’on est dedans. En plein milieu d’un secteur chrono, il ya un contrôle inopiné. C’est habituel, cela casse tous les calculs, c’est fait pour. Le coéquipier doit descendre de voiture, faire tamponner son carton et du coup on n’est plus du tout dans la moyenne idéale.

Il faut donc accélérer la mort en repartant, on a déjà expliqué qu’il faut être dans cette moyenne imposée tout au long du secteur chrono, il ya des balises posées dans des endroits secrets, qui vérifient cette moyenne. A l’accélération après le contrôle, la Porsche a un soupçon d’hésitation.

Et il ya évidemment une balise secrète posée à cet endroit. Si la Ferrari No 2 des parisiens ne fait pas d’erreurs, c’est gagné.

Pas d’erreurs. C’est gagné.

Olivier Lazar à l’arrivée :

« D’abord, j’ai le meilleur coéquipier du monde. Sans Stéphane Agostini, rien n’était possible. En huit participations, nous aurons donc gagné trois fois ce rallye. Les huit fois nous avons couru sur la même auto. Elle a un petit nom : Titine ! En plus cette année, c’était particulièrement ardu, avec la météo des premiers jours et en plus tous les bons équipages qui étaient en chasse. Merci Stéphane, merci Titine ! ».

L’AN PROCHAIN A RABAT…

Jean François Rageys a une arme secrète pour réussir aussi magnifiquement ses organisations. Il a toujours un coup d’avance.

A lui, l’honneur de boucler cette semaine de paradis.

« Mon bilan est positif quand il est positif pour les concurrents et je crois que c’est le cas. Ce rallye c’est pour eux. Alors rendez vous pour le 19ème Maroc Classic du 17 au 24 mars 2012 ! Côté nouveautés, j’aimerais bien renforcer le rôle du copilote. L’idée serait donc de « tracer » les autos grâce à un GPS mais de ne plus autoriser les appareils de navigation très sophistiqués. Voilà en ce qui concerne le Maroc Classic 2012.  Auparavant, nous nous reverrons sur le sol marocain puisque nous organisons un rallye de voitures électriques en octobre. Je vous en donnerai les détails dans quelques jours mais sachez que tout est prêt, les sponsors sont au rendez vous et le Maroc est très enthousiaste ».

Dîner de gala à la Mamounia, promesses de se revoir, la nostalgie déjà.

Incroyable, on croyait rêver et c’était vrai !

Jean Louis Bernardelli
Photos : DRO

LIEN AVEC ARTICLE DEBUT DU RALLYE 2011

http://www.autonewsinfo.com/index.php?option=com_content&task=view&id=6714&Itemid=224

 

 

Résultats Maroc Classic 2012

Catégorie Classic.


1- Olivier Lazar et Stéphane Agostini, France, Ferrari 308 GTB, 40,6 points. 2- Elmar Wiederin et Alexander Hoefer, Autriche-Allemagne, Porsche 356 A, 42,5 points. 3- Jacques et Brigitte Piccioloni, France, Alfa Romeo GTA 2000, 44 points. 4- Howard J. Blank et Jean Chabert, USA-Belgique, Ferrari 308, 46 points. 5- Christian Dumolin et Luc Vanoverschelde, Belgique, Mercedes 300 SL, 48,4 points. 6- Jacques Castelein et Kurt Deplanque, Belgique, Austin Healey 3000, 48,6 points. 7- Carlos Ghistelinck et Lieven David, Belgique, Mercedes Coupé 3,5 l, 50,3 points. 8- Alexandre Cricks et Pierre Nicaise, Belgique, Ferrari 308 GT4, 52,7 points. 9- David et Jake Hall, GB, Jaguar XK140 DHC, 56,2 points. 10- Jean Michel et Marie Françoise Arlaud, France, Porsche 911 2,4 l, 56,2 points. 11- Michel et Valerie Enjoras, France, Porsche 911 SC Cabriolet, 57,9 points. 12- Rafael Cerezo et Rafael Cerezo Johnson, Espagne, Jaguar XK 140, 59,7 points. 13- Bruno Moulinasse et Isabella Venosi, Belgique, Alfa Romeo Giulia Bertone, 59, 8 points. 14- Bob et Marie France Neyret, France, Citroën DS 21, 62,9 points. 15- Dafir Arraki et Karim Taissir, Maroc, Porsche 356 C, 64,2 points. 16- Jean Noel Treilles et Annie Roussannes, France, Porsche 911 Targa 2,4T. 17- Vincent Repoux et Christian Pata-Lavigne, France, Talbot Sunbeam Lotus, 74,6 points. 18- Koen Buyse et Luc Maebe, Belgique, Mercedes Benz 280 SL, 75,3 points. 19 : Eric et Sophie Mestdagh, Belgique, AC Bristol Roadster, 82,7 points. 20- Romuald Loicq et Pascale Vanden Eeckhoudt, Belgique, Ferrari 308 GTS, 82,9 points. 21- Pierre Perez et Xavier Auriol, France, Jaguar Type E, 88,2 points. 22- Mathais et Gauthier Ismail, Mad, Porsche 911, 2,4 l S. 23- Hughes Degouy et Christopher Chevasson, France, AC Cobra Shelby427, 96,8 points. 24- Karim Lazrak et Abderahmane Chraibi, Maroc, Ferrari 308 GTS, 110 points. 25- Stéphane Sertang et Bruce Philpott, Belgique, Ferrari 308, 125,3 points. 26-Jacques et Christine Rougier, France, Porsche 911 Carrera. 27- Fritz et Brgitt Kaiser, LIC, Jaguar XK 140, 141,4 points. 28- Robert et Chantal Vigna, France, Porsche 911 Carrera 2,7 Targa, 161,4 points. 29- Paul Beecroft et Ingo Schwartz, UK-Allemagne, Aston Martin DB6 Volante, 200,3 points. 30- Claude Demole et Jean Krucker, Suisse, Ford Shelby 350, 221,6 points. 31- Jean Pierre et Michèle Rivière, France, Jaguar MK2 3,8l, 224,3 points. 32- Ali Idrissi et Matthieu Sabbagh, Maroc-France Mercedes 220 S, 294,9 points. 33- Paul Dupuy et Yves Pulles, France, Jaguar XK 140, 428,3 points. 34-Frédéric Marquis et Sten Tiravy, France, Fiat 124 SS, 551,3 points. 35- Kurt et Freddy Deklerck, Belgique, Porsche 356 C, 572,1 points. 36- Jean Claude Castelein et Guy Debaere, Belgique, Mercedes 300 SL, 539,2 points. 37- Jean Pierre et Suzy Faraut, France, Porsche 2,7 RS Carrera. 38- Rino et Nelly Ghibellini, Frace, Aston Martin DB6, 976,6 points. 39- Frédéric et Carole Carrere, France, Jaguar Type E, 1052 points. 40- Robert et Solange Malaviolle, France, Chevrolet Camaro Z 28 RS, 1170,7 points.
Catégorie Prestige

 

1-  Damien et Alfred Courtens, Belgique, Ferrari 328 GTS, 61,3 points. 2- Thierry et Corinne Puech, France, Morgan +8, 62 points. 3- Taffik Lahlou et Majid Ghazoauni, Maroc, Porsche 911 C2, 65,8 points. 4- Abdelmajid et Karima Alaoui, Maroc, Lotus Super Seven, 90,2 points. 5- Alain et Martine Justine, France, Morgan V6 3l, 93,6 points. 6- Georges Alexandre et Elodie Sturdza, Suisse, Morgan Aero8, 107,8 points. 7- Dominique El Glaoui et Carol Sarraf Wasserman, France, Porsche Boxster2,7l S, 184,9 points. 8- Paul Ameloot et Katrien Hindricks, Belgique, Mercedes SL 65 AMG, 255,2 points. 9- Jean Marceaux et Jean Yves Perrin, France, Ferrari 512 TR, 361,4 points. 10- Georges et Michèle Boutoux, France, Ferrari Mondial T, 375,3 points. 11- Didier Behaegel et Freya Vannieuwenhuyse, Belgique, Bentley Continental GTC Speed, 524,3 points. 12- Bruce Wishart et John Pillen, UK, Jaguar XJ5 V12, 543,1 points. 13- Nabil et Mme Lahlou, Maroc, Porsche 911 Targa, 1068 points. 14- Peugeot Sopriam, Maroc, Peugeot RCZ, 1377,6 points. 15- Pierre et Isabelle Schmitter, France, Aston Martin Vantage, 1408 points

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