18ème RALLYE MAROC CLASSIC : L’AVENTURE C’EST L’AVENTURE !

Record de concurrents pour l’évènement sportif automobile le plus chic et le plus convivial de l’année.

70 voitures de très haut de gamme venant de toute l’Europe, sont arrivées à Rabat, capitale du Maroc, par transport spécial.

Profusion de Porsche (356, 911, 997) et de Jaguar (XJ5 V12, XK 140, Type E, MK 2, XK 120), plusieurs trés belles Ferrari, Aston Martin, Morgan, Mercedes.

Sans négligier une sublime Lamborghini Gallardo et même une non moins superbe Bentley Continental GTC Speed!

En revanche, la météo elle, n’est guère luxueuse.

Qu’importe, on vit quand même de grands moments.

Récit de cette formidable aventure.

 

LES DIEUX SONT DE SORTIE

Secteur de liaison le deuxième jour du rallye, entre Fes et Tanger (photo ci dessous)…Il pleut des hallebardes. La route, ce qu’il en reste, est devenue, selon les tronçons, fondrière, patinoire ou bourbier. Les voitures de prestige qui composent un plateau « vintage » sompteux souffrent, dérapent, cognent dans des trous énormes. Les pilotes ont mal quand ils sentent que leur objet de culte est maltraité

Dans notre voiture de presse, nous progressons avec difficulté, dans un rideau de pluie permanent.

Soudain…

La DS bleue grossit à toute vitesse dans nos rétros, passe comme un vaisseau amiral sur une route totalement défoncée, envahie d’énormes flaques d’eau car en cette période de l’année, les orages sont fréquents et violents dans la région de Tanger.

La voiture mythique des rallyes années 60 , pilotée, s’il vous plaît, par Bob Neyret himself, navigué par Madame, roule sur le mode « triomphal ».

Bob a été dans une autre vie, pilote d’usine Citroën, il a gagné le Rallye du Maroc, épreuve alors inscrite en… Championnat du Monde, puis, quand le Classic a été créé, il a évidemment gagné également la version « revival ».

Seigneur sur la route, grand seigneur dans la vie, c’est un prince qui nous rattrappe. Vision royale, d’une voiture qui vous passe à une vitesse stupéfiante… de façon quasi insouciante, là où nous nous battons comme de beaux diables pour garder un semblant de moyenne.

A l’étape, Bob nous dit à quel point, il adore rouler quand le terrain est difficile, certains d’entre nous n’ont pas oublié l’invincibilité de l’équipage Neyret-Terramorsi  lors des Monte Carl’ d’antan, sur la neige et dans le brouillard, sur les DS officielles de l’usine Citröen.

C’était il y a 50 ans…

Et aujourd’hui, l’histoire se répète devant nous, car le pére Neyret, il sait encore et toujours tenir un cerceau et conduire, pardon, piloter!!!

Voilà le type de frisson que l’on ressent à chaque kilomètre de ce sublime rallye Maroc Classique, 18ème du nom.

Et Bob d’en rajouter…

« C’est sur ce genre de terrain que l’on devrait départager les concurrents… Bon c’est sûr j’ai la voiture pour ça… ».

Sa « Replica », sur base de véritable chassis- moteur de DS, avec carrosserie en plastique, est un bijou monté chez Michel Boutias, dans l’Isère. 1050 kg au mieu de 1400 à l’origine, moteur Citroën-Maserati de 190 CV, un peu léger par rapport aux 380 CV dont disposaient les Citroën usine au Bandama, mais quand même efficacité diabolique !

Et look superbement nostalgique.

Quand on retrouve un héros du Rallye comme Bob, chaque instant est un morceau d’éternité.

« De temps en temps, quand il neige au dessus de Grenoble, je vais faire le jeune, je monte dans la Chartreuse et je m’amuse un peu, il ya pas mal de gars qui viennent rouler sur la neige, j’arrive toujours à les décrocher… »

Des histoires comme celle là, toujours magiques, parfois légendaires, on en entend des centaines à chaque halte des étapes du Maroc Classic.

Il s’agit d’un rallye de régularité, qui reproduit les conditions des grandes épreuves mythiques des sixties.

Régularité ?

ERR ?

Epreuve Routière de Régularité. Un mauvais esprit pourrait, un instant, imaginer un truc limite gonflant…

Pourtant…

Sur ce type d’organisation, Jean Pierre Dufour est totalement convaincant. Il a vécu un nombre incroyable de grands évènements sportifs automobiles comme envoyé spécial de l’AFP. Son enthousiasme (contagieux !) légitime l’épreuve …et déclenche notre curiosité.

Entrée dans un monde d’initiés, dont on peut dire ceci en quelques mots : l’ERR est un truc à la fois totalement « exciting » sur le plan sportif et formidablement  précis sur la navigation.

Explication.

On fait chaque jour un (sublime !) parcours de liaison de plusieurs centaines de kilomètres, sur lequel il peut y avoir une moyenne imposée. Ce qui est très traditionnel en rallye. C’est au niveau des épreuves de classement que cela devient une vraie spécialité.

Sur certains tronçons du parcours, qui sont donc les secteurs de régularité, matérialisés par un contrôle de départ et un signal d’arrivée, il faut tenir une moyenne fixée à l’avance, aux alentours de 50 km/h, et ce au dixième de seconde près, pendant la totalité du secteur chronométré!

Il n’y a pas comme en liaison, de moyenne globale sur la distance, il faut être dans les temps à tout point de ce secteur de classement. C’est là que cela devient un jeu d’enfer. Il faut donc un navigateur très pointu sur les calculs (ou sur la calculette) et un pilote qui devra obéir au doigt, à l’œil et au dixième de seconde !

Ce qui est impossible, les réflexes les plus aigus d’un être humain très affûté sont de l’ordre de 3/10 è de seconde. Le navigateur doit donc anticiper les temps de réaction de son pilote.

Pour se rassurer, les copis font appel à la technique et l’on trouve du coup en place navigateur, de véritables cockpits d’Airbus ! Qui ne servent pas à grand-chose d’ailleurs, les Trip Masters ne sont jamais calés de façon assez précise.

Le coup, nous l’avons trouvé dans notre voiture de presse et nous l’avons vérifié en nous accrochant aux basques d’un équipage déjà vainqueur de l’épreuve, engagé sur une très jolie Porsche 356 C de 1959, l’allemand Alexander Hoeffer et l’Autrichien Elmar Wiederin.

ATTENTION, C’EST POINTU…

On sait au contrôle, avant de partir, que telle moyenne, choisie par l’organisateur, doit être respectée. Le calcul est alors simple. A, par exemple, 60 km/h, quel temps vais-je mettre pour faire cent mètres ? 60 km/h cela représente un kilomètre par minute et donc cent mètres en 6 secondes.

Et je vérifie tous les 100 mètres que je suis dans les temps, trop vite ou trop rapide. Avec un point de contrôle tous les 100 mètres, il est assez aisé de dicter au pilote, de façon parfois brutale, s’il doit mettre le pied au plancher ou s’il doit monter debout sur les freins.

Pourquoi tant de brutalité ? Parce que les organisateurs ne vérifient pas votre temps seulement à l’arrivée mais TOUT AU LONG du secteur chronométré. Les voitures sont équipées de transpondeurs qui communiquent la moyenne de la voiture en plusieurs points du parcours de régularité, balises dont les concurents ignorent la position.

Pour éviter les pénalités (un point par dixième d’avance ou de retard) il faut donc en permanence être pile dans les temps.
Ce qui ne suffit pas, les grands spécialites du truc passent quand même à zéro. C’est-à-dire avec aucune pénalité.

Alors, on a disséminé au long du secter de régularité, de façon aléatoire, des contrôles de passage où le copilote doit sortir de la voiture pour aller faire pointer un carton. Ce qui, bien entendu, fiche en l’air la moyenne si précieusement tenue.

Donc, après le contrôle, gaz en grand, mais dès que l’on a rattrapé la moyenne, debout sur les freins, pas question de se retrouver en avance !

Nos deux pilotes de langue germaine (mais parlant le français de façon délicieuse) sont juste super organisés. Et même quand ils se loupent, ils sont devant…

Un secteur chrono fait de 10 à 30 km, il peut y en avoir plusieurs dans la journée. Et entre ces secteurs, dits ERR, aucune autre obligation que de tomber raide dingue devant les paysages somptueux du Maroc.

Extase et adrénaline, voilà le secret de la réussite de cette épreuve. Deux des secrets. Il y en a d’autres…
LES SECRETS DE MONSIEUR RAGEYS

 

Jean François Rageys, organisateur de l’épreuve, a bossé sur les évènements les plus prestigieux, Côte d’Ivoire, Rallye du Maroc (quand on y courait le Championnat du Monde), Rallye de l’Atlas, Paris-Dakar…

Il en a tiré une expérience exceptionnelle, quasi unique au monde. Et tout ceci se réflète dans les grandes idées et les petites attentions de chaque instant dont bénéficient les concurrents de SON Rallye,  qui, c’est le premier de ses secrets, sont ses amis et ses complices.

Du coup, ce Rallye, dont il faut reconnaître qu’il n’est pas le moins cher de l’année, fait le plein et même au-delà, on y refuse du monde.

« 70 concurrents, je ne veux pas aller au-delà. Après, on perd la convivialité. Et si les concurents reviennent, c’est parce que l’ambiance du Rallye est superbe » confirme le patron.

Le fantasme de Jean François était de recréer une épreuve de Championnat du Monde des Rallyes au Maroc, mais d’une part les complications étaient extrêmes et d’autre part, il est quasiment impossible d’éviter de grosses pertes financières. Son idée a donc été de recréer ce qui se passait à la grande époque, avec les voitures de la grande époque.

D’où le plateau de voitures exceptionnelles (récentes ou anciennes, il ya deux catégories en course), et l’idée de la régularité. Les moyennes imposées sont bien sûr inférieures à celles de l’époque mais au dixième de seconde, la difficulté est immense !

Ensuite viennent les bonnes idées de chaque instant. On sait que les coffres des voitures de sport peuvent contenir au maximum une botte de radis, et encore … éparpillée !

Le Maroc Classic propose donc un camion de bagages, qui évite à Mesdames et Messieurs les pilotes de s’encombrer tout en ayant dans les hôtels, à l’étape (du très haut de gamme), le soir venu, toutes les tenues élégantes possibles et imaginables.

Car ici, l’on s’habille encore pour sortir dîner.

Aux contrôles horaires, où les plus rapides en liaison peuvent attendre disons un certain temps leur heure de pointage, les pilotes et copilotes trouvent un bar installé sous une tente, café, thé à la menthe, pâtisseries sont servis et bien sûr, ambiance garantie, même et encore plus si l’on est en rase campagne.…

Sur le plan sportif, les contrôles de passage, les road-books, les secteurs chronométrés sont réglés comme un opera de Mozart. La vraie efficacité, c’est celle qui ne se voit pas.

Un exemple. Le deuxième jour, alors que les concurrents se battaient sous des trombes d’eau avec des conditions de route assez apocalyptiques, il a fallu à l’étape du déjeuner (car ici l’on déjeune…), refaire un plan entier pour l’étape de l’après midi, donner de nouveaux points de passage à la Gendarmerie Royale du Maroc qui a démonté et remonté son dispositif en quelques minutes ( sur une parcours de 250 kilomètres !), publier les avenants au road book, briefer les concurrents… ceci fait de main de maître, avec une précision d’horloger suisse.

Du grand art.

Et c’est ainsi qu’aujourd’hui, en ajoutant une autre bonne idée tous les jours, 70% des concurrents sont devenus accros ! Ainsi rencontre t’on la famille Merle, qui vient de l’Aube, qui a engagé trois voitures, une Jaguar XK 120 Roadster, pour le père de famille et son fils, une Alfa Giulietta pour la mère de famille et sa fille, une TR3 pour les deux « chéris » des filles de la famille.

Vous avez dit, enthousiasme ?

 

DESTINATION NORD

 

Les 57354 rallyes qui sont organisés chaque année dans cet Eden qu’est le Maroc tirent droit vers les dunes du sud à peine arrivés. Le Maroc Classic, s’il respecte l’envie de désert qui obsède tout le monde, commence par un détour vers le nord du pays.

Liaison de Rabat à la région de Tanger par l’autoroute, puis initiation à l’ERR sur un parcours test de 7 km. Bonne idée, certains n’ont pas totalement compris le truc et se sont épuisés à tenir une moyenne au dixième de seconde près jusqu’à la fin de l’étape, soit sur 54 km !

Ce concurrent nous rappelle au passage qu’il est le seul à l’avoir admis et révélé.. dont acte garçon, tu n’étais donc sûrement pas le seul à chercher un peu…

Arrivée d’étape dans cette vile magique qu’est Tanger, entourée de villas très « fashion » construites sur les hauteurs depuis que la ville est devenue la coqueluche de la mode et de la haute couture.

La ville arabe, dite « Medina », est un vrai décor de cinoche, on se souvient bien sûr de « Pépé le Mokko », de « 100 000 dollars au soleil », films cultes certes tournés ailleurs mais dont on retrouve l’ambiance à chaque pas.

Le long de la mer, on découvre  le détroit de Gibraltar et quand il fait beau, on croit pouvoir toucher de la main le formidable rocher. Celui que les anglais appelent si fièrement « Gib »… le voyage commence de belle façon, même si le ciel est parfois gris…

RIF

On redescend sur Fes (photo), l’une des villes dites « impériales « du Maroc, avec Meknès et Marakech, dont la Medina est restée totalement dans son jus, authentique.

Pour y arriver, on roule 400 km et l’on traverse une région absolument superbe, le Rif. Sa capitale, Chefchaouen, accrochée à flanc de montagne, aux maisons de toutes les nuances de bleu est un « spot » que peu de gens connaissent.

Pour y parvenir, Dante et son enfer se sont un peu mis de la partie. Des trombes d’eau tombent sur la région, devenue du coup tellement verte que l’on se croirait parfois en Irlande (les ajoncs jaune fluo sont en plein floraison). La route part en lambeaux, des ornières de 40 à 50 cm se forment. Des trous énormes apparaissent.

Pour tout le monde, c’est compliqué, à part pour Bob Neyret bien évidemment dont la DS « Replica » est miraculeuse et dont le pilote est, faut-il le rappeler, un dieu du volant !.

Dans la plupart des cas, cela vire à l’histoire qui restera dans les mémoires. La Jaguar XK 120 Roadster de Jean Pierre et Alexandre Merle roule décapotée…

« On a tout essayé, les lunettes de moto par exemple mais on est envahis par la buée,alors on les enlève, du coup  mes lunettes de vue sont couvertes d’eau, j’étais limite aveugle, je me demandais ce que je f… là, à salir et faire souffrir ma voiture… Mais finalement, je suis fier de l’avoir fait. On va en parler pendant des mois ! ».

On imagine alors ce qui a pu se passer dans la Lamborghini et les Ferrari disposant de 5 cm de garde au sol ! Qui plus est, là où certaines voitures ont pu slalomer entre les trous et les ornières, les Ferrari n’ont pas de rayon de braquage !

Gros souci dans les voitures italiennes. Et une première pour la Bentley dont le propriétaire, Didier Behaegel est venu ici en curieux, parce que ses potes de Bruges lui ont parlé du Maroc Classic. Il vit à la fois un cauchemar et un grand souvenir. Il avance à l’aveugle entre les trous, son capot interminable  bloque toute vue sur l‘avant proche.

Il est guidé par des spectateurs enthousiastes !

Pour ne pas les décevoir, il reste en piste sur une boue ultra vicieuse malgré les 2600 kilos que pèse le bijou. Enfin, il domestique les 600 ch. qui ne demandent qu’à s’énerver… et il passe !

« C’est sûr que de moi-même, tout seul, je ne me serais jamais lancé dans un truc pareil. Mais cette organisation est tellement énorme et énormément efficace que tu as envie de les suivre ! ».

L’accent flamand me rappelle mes années motocross, les pilotes du nord de la Belgique (De Coster-Robert- Everts- Geboers-Rahier)étaient alors les Rois du monde.

Ce monsieur, qui a bien réussi dans la vie, à la force des bras, s’épate comme un gosse.Il est venu ici avec sa femme, Freya Vannieuwenhuyse, pour fêter leurs 20 ans de mariage.

Belle histoire.

Magie du Maroc Classic.

La fin de la journée est plus clémente. Une route en lacets et en grands courbes toute neuve descend du Rif vers le sud du pays, c’est large, c’est dégagé, c’est à l’écart des villages…

On s’éclate bien, selon l’expression imagée d’un concurrent « on roule comme en France il ya trente ans ! ».

Magie du Maroc Classic.
DES SINGES EN HIVER

Toujours direction le sud.

On descend de Fès vers Erfoud. Autrement dit, on doit passer cette formidable barrière naturelle qu’est le Massif de l’Atlas. Puis redescendre vers le désert. Ces montagnes bloquent les nuages qui se déversent sur la vallée très riche qui court au nord mais du coup, sur le versant sud, on  ne sait guère ce qu’est la pluie.

Ceci pour la théorie. Le Maroc avait envie de nous montrer autre chose. Aux approches du premier col, la neige arrive de façon rès brutale.

La forêt de cèdres que l’on traverse devient fantomatique, surtout quand le soleil revient. Les singes qui habitent le lieu s’en donnent à coeur joie.

Les concurrents marocains, ils sont nombreux, nous disent ne jamais avoir vu cela. Arriver à leur faire découvrir un aspect rarissime de leur pays…

Magie du Maroc Classic.

OU LE DESERT EST VERT

Mais l’épreuve est aussi une course. D’ailleurs, les organisateurs ont ajouté un nouveau type de secteur de classement, le parcours de navigation, qui se fait au compas. Disons que là encore, un certain nombre de concurrents se sont perdus… Il ya un petit lac dont certaines voitures ont fait plusieurs fois le tour.

Rien de tout cela pour un équipage vedette du Rallye Maroc Classic,vainqueur à deux reprises du Maroc Classique à bord d’une Lotus Elite et totalement accro à l’épreuve.

Vincent Repoux et Christian Pata-Lavigne viennent de Bordeaux. Ils ont décidé de participer une nouvelle fois mais à bord d’une autre auto, qui leur est prêtée par un ami. Une Talbot  Sunbeam Lotus qui a couru en Championnat du Monde, à l’Acropole.

Bel engin, qui promet de jolies sensations !

Las !

Le problème les saisit dans la montée du premier secteur chronométré de la journée. La neige tombe, aucune adhérence à l’arrière, les pneus dont ils disposent ne sont pas du tout prévus pour les terrains glissants.

Sous le capot, les centaines de chevaux du moteur ne demandent qu’à se déchaîner. Et raconte le pilote, « ce qui était parti pour être une balade est devenu épique ».

Bilan : Un tête à queue, quelques frayeurs et une seconde et demie de retard mais c’est énorme, à 1 point le dixième de seconde… en haut du col.

On leur rappelle que cela arrive aux plus grands, Sebastien Loeb récemment en Suède, Walter Rohrl il ya bien des années, dont la formidable Audi Quattro, se traînait lamentablement sur la neige…

« Mais me disent les deux amis, ce n’est pas fini ! Quand la neige se transforme en pluie, bien entendu, plus d’essuie-glace. Alors le copi sort la tête et hurle au pilote « à droite, à gauche etc… ».

C’est drôle à raconter mais le parcours de liaison restant est autour de 250 bornes. C’est longuet !

Impossible de réparer. Deux solutions leur sont données par les mécanos. L’une s’appelle l’optimisme :

« demain, il cesse de pleuvoir »…

L’autre sent bon le terroir. Cela s’appelle…  la fécule de pomme de terre! On coupe une patate en deux, on étale sur le pare-brise, la pluie n’accroche plus du tout…

On en apprend tous les jours, même après des années de sport de haut niveau !

Voilà comment ces « gentlemen drivers » vivent des trucs qu’ils n’auraient jamais imaginé !

Accessoirement, avec tous ces ennuis, ils sont quand même quatrièmes au général provisoire !!!

Vincent qui s’occupe du marketing au club des Girondins de Bordeaux, aura bien des anecdotes à narrer, les soirs de matches, en tribune…

.
VIVE LE SPORT !

Il ya quand même un aspect positif à ce mauvais temps persistant, qui poursuit le rallye jusque dans le desert. A l’arrivée à Erfoud, on nous dit qu’il n’a pas plu depuis des mois, que cette eau est une bénédiction, que le désert va verdir.

Magie du Maroc Classic…

Arrive Bob Neyret. Qui nous dit que dans un secteur chronométré où il fallait tenir 75 km/h de moyenne, l’apparition de la neige a fait que la moyenne en question devenait quasi impossible à tenir. Du coup, il fallait juste envoyer du lourd.

« Tu parles si je me suis amusé, surtout dans la descente parce qu’à la montée, je manque un peu de chevaux ; ça glissait dans tous les sens, un vrai bonheur. On n’a pas dû être nombreux à passer dans les temps ! ».

Oui cette étape de régularité devenue une vraie spéciale de rallye, Bob devait la gagner. Mais il ya eu des soucis avec le matériel de chronométrage qui lui, contrairement à notre héros, n’aime pas la neige.

Et l’organisation a dû annuler les résultats de ce secteur chrono. Bob répète qu’il est venu pour le fun, pour le Maroc, mais il ne faut pas le pousser beaucoup. Il est terriblement déçu.

En revanche, les Belges font fort.

Carlos Ghistelink et David Lieven, sur leur Mercedes Coupé 3,5l,numéro de course 17, sont en tête au général au soir du troisième jour devant la Ferrari 308 américano-belge de Howard J.Blank et Jean Chabert, numéro de course 39.

Les Français Jacques et Brigitte Picciolini sauvent l’honneur, avec la troisième place au provisoire.Ils ont engagé une Alfa GTA 2000 rouge du plus bel effet, numéro de course 20.

Ceci pour la catégorie « Classic », regroupant les autos de 1930 à 1983.

En « Prestige », les voitures modernes donc, c’est le Maroc qui est à l’honneur. La Lotus Super Seven No 119 de Abdelmajid et Karima Alaoui est en tête du provisoire, devant la Ferrari 328 GTS des Belges Damien et Alfred Courtens, qui court avec le numéro 103. Troisième, la Morgan +8 des Français Thierry et Corinne Puech, numéro de course 104

Le Rallye Maroc Classic continue par Ouarzazate et Marrakech. Ville ou l’épreuve arrivera dimanche.

Jean Louis Bernardelli
Photos : DRO et Alain Rossignol

 

 

 

 

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