TROPHÉE ANDROS AU STADE DE FRANCE : PROST LE FINLANDAIS…

Intouchable !

A la manière des pilotes scandinaves et finlandais des grandes années, intouchables sur la neige ou la glace (Blomqvist-Mikkola-Vatanen-Salonen-Kankkunen-Makkinen), Alain Prost a tout gagné lors de cette édition du Trophée Andros au Stade de France.

Température polaire idéale pour la piste de glace, ambiance superbe avec un public très nombreux qui a envie de bouger, l’arène est prête.

Nous sommes quasiment au ‘’Circus Maximus’’ de Rome, à deux détails près :

Le Circus pouvait recevoir presque 300.000 spectateurs, le Stade de France et ses 80000 places est donc un nain, et à Rome… les jeux étaient offerts !

En revanche, question spectacle, les gladiateurs sont là !
 

DEUX LEGENDES : PROST-VILLENEUVE

 ZÉRO POUR LA GLACE, 100 DEGRÉS DANS LES TRIBUNES

Etonnant contraste.

C’est clair, ce samedi à partir de 18 heures, il gèle, et la glace malgré le soleil qui a envahi Paris toute la journée, elle, va rester aussi magnifique.

Du coup, on pourrait s’attendre à un public engourdi, on imagine par exemple que crier à travers une écharpe assourdit un peu le son.
Que nenni !

Ici, point d’écharpes, public formidablement enthousiaste, sono phénoménale, éclairage de folie, c’est sûr que l’endroit est magique en soi.

Les deux organisateurs de la soirée, Max Mamers et Claude Michy, ont bien joué le coup.

Il ya encore des couacs dans la soirée, nous y reviendrons, mais fondamentalement, c’est un formidable moment que ces deux promoteurs ont ramené à Paris pour la septième fois.

Le public, d’ailleurs leur a fait confiance, plus de 50.000 spectateurs étaient bien dans les gradins, copieusement garnis.

PROST, LE HÉROS

Quant Alain était le ‘’Roi’’ du monde de la F1 et qu’on lui demandait ce dont il pouvait encore rêver, il répondait ‘’qu’il aimerait aller aussi vite que les pilotes de rallye sur la neige’’.

Et ce rêve, il en est tout près.

Avec Jean Philippe Dayraut, spécialiste quasi intouchable des courses sur glace, Alain Prost a animé la saison Andros de façon magistrale, (normal pour un mec surnommé le professeur !).

Il a mené la première partie du Championnat, mais a dû s’incliner d’un tout petit quelque chose dans les dernières courses.

Paris pouvait donc être une sorte de revanche. Alain n’est pas passé à côté de son histoire.

Il était inscrit dans deux types de courses différents.

Le Défi Andros est une course-poursuite, à l’instar de ce qui se fait sur les pistes de vélo depuis des milliards d’années.

Deux voitures en piste, chacune à un bout du circuit, on lâche les fauves, c’est d’une violence et donc d’une rapidité totale, après quelques tours,  alors que les écarts sont minimes, l’un des deux pilotes est éliminé.

Quatre pilotes étaient inscrits dans ce défi : Dayraut, Lagorce, Prost et Panis.

La seule chose qui manquait cruellement était un immense chrono visible par tous, indiquant les écarts,  mais il est vrai que du coup, on ne regarde que la piste.

Sur ces duels, Alain Prost a été royal. Oui, tout simplement ROYAL

Deux manches à zéro contre Panis en demi-finale. Et re- belotte, de nouveau deux manches à rien face à Dayraut en finale.

Au micro, Patrice Bertin a su magnifiquement créer une atmosphère de folie, la sono est évidemment l’avantage du Stade de France sur le Circus Romain…

Bref, beau début de soirée.

Déclaration du quadruple Champion du Monde de F1 après cette victoire :

« C’était vraiment important pour nous de remporter cette course-poursuite, surtout face à Jean-Philippe Dayraut. La course poursuite est un exercice particulier, que je n’avais jamais remporté au Stade de France. Je n’ai pas perdu une manche aujourd’hui, c’est donc une belle victoire. Nous étions vraiment performants et tout s’est déroulé idéalement. Je suis heureux d’offrir ce succès à Dacia et au public qui m’a chaleureusement soutenu. »

La suite, c’est la finale de la catégorie Elite Sup, avec un plateau démentiel, Prost, Dayraut (photo), Lagorce, Panis déjà cités, mais aussi Jacques Villeneuve, Romain Grosjean, Paul Belmondo, Bertrand Balas : 16 pilotes au total.

Mais c’est la dernière course de la soirée et… nous y reviendrons un peu plus loin lecteur.

Il ya une certaine vertu dans l’attente, et si tu es impatient au point d’en perdre ta curiosité, il ya d’autres sites qui donnent juste les résultats…

Désolés, nous notre truc, c’est la passion…   

MOTOS : LE PILOT BIKE ET UN DÉFI DE MONSTRES SACRÉS…

Spectacle total.

C’est vraiment une course de glisse, ce qui est une rareté en France et donc une bonne idée de l’organisateur.

Qui plus est, on le verra dans les paragraphes suivants, au contraire de l’auto, les motards ne s’agressent pas, se rentrent dedans rarement.

Il est vrai que d’une part la chute sur la glace peut être douloureuse (Soheil Ayari s’y est cassé la clavicule, ce qui est d’ailleurs un problème, sa saison sur piste en endurance commence bientôt) mais surtout, si le « frottage » se voit assez souvent, l’agression ne fait absolument pas partie de la culture sportive des pilotes moto.

Bref, très belle course, les deux premiers se battant vraiment au coude à coude, avec donc des changements de leaders multiples, épreuve remportée par  Maxime Emery (KTM) devant Sylvain Dabert (KTM) et Eddy Richener (Husaberg).

Il ya eu une autre course moto, avec …une seule moto.
Celle de Régis Laconi, vous avez bien vu,

‘’LE’’ Laconi, dernier vainqueur Français d’un GP moto en 500 cc (Valence, 1999) que les organisateurs avaient eu l’excellente idée de projeter sur les écrans géants…

Bref, une vraie légende de la moto, qui a lancé un défi à Jacques Villeneuve, ancien Champion du monde de Formule 1, qui comme Prost, vit une nouvelle vie grâce à l’Andros.

D’un côté, avantage au poids plume de l’équipage moto mais 50 CV seulement. De l’autre, les 430 ch. quatre roues motrices de la Skoda du pilote canadien. Deux manches. La moto a perdu, de peu dans la première course. Mais le défi a été à la hauteur de la soirée ! Dantesque.

ELECTRIQUE …SILENT MOVIE !

Bon !

Je ne vais pas revenir une fois de plus sur mon aversion pour le tout-électrique, ce sera (peut-être) une solution dans vingt ans mais pour l’instant c’est vilain, le manque de bruit est totalement dangereux en ville et totalement insipide en compétition, et accessoirement, il n’y a guère de marché car en plus, les voitures coûtent une fortune.

C’est dit.

Mais en compétition, il est certain que cela peut être un très beau banc d’essai. Et donc à priori, l’idée de créer une épreuve électrique sur l’Andros, qui se déroule majoritairement dans des stations de sports d’hiver, endroits où l’environnement est vital, est une bonne idée.

Les ingénieurs ont travaillé et aujourd’hui, l’Andros Car – conçu par les techniciens de Luc Marchetti dans les ateliers d’Exagon à Magny cours – dispose d’une autonomie de 35 minutes, peut rouler à 150 km/h, grâce à la technologie Lithium-ion de SAFT et la puissance (122CV) du moteur Siemens.

« Mon prochain défi, après avoir réussi avec mon ami Max Mamers la première course automobile 100% électrique dans le plus grand stade de France, est d’organiser cette même compétition, fidèle aux valeurs d’Andros, sur la plus belle avenue du monde. Le jour de l’arrivée du Tour de France par exemple… » dit Frédéric Gervoson, Président d’Andros.

Nouvelle technologie, nouveaux pilotes, c’est de toute façon intéressant.

Olivier Pernaut (photo avec son pére Jean Pierre), qui est inscrit dans ces courses, où l’on retrouve du très beau monde, Adrien Tambay, Nicolas Prost, Franck Lagorce, Louis Gervoson, Nathanaël Berthon, Stéphane Ortelli, Margot Laffite, Soheil Ayari, Olivier nous dit donc ce qu’est le pilotage de ces voitures. 

 « En fait, ça ne pardonne pas. On est sur deux roues motrices, si tu perds la trajo, c’est très difficile à rattraper, contrairement à nos voitures du Trophée Elite où les quatre roues motrices te permettent des figures de style beaucoup plus originales. Donc, on est obligé de piloter en finesse. Super école ! » 

Il n’y aura que onze partants, Soheil Ayari s’étant cassé une clavicule en roulant le Pilot Bike.

La course est bien digne de toutes les courses sur glace disputées en peloton, on se rentre dedans allègrement. Il y aura donc de gros changements… derrière parce que devant, Christophe Ferrier et Nicolas Prost ne laissent rien aux autres.

Prost junior, vainqueur du Trophée Andros ‘’Elect’’ cet hiver,  ne peut pas aller chercher Ferrier, moniteur de l’école de pilotage sur glace d’Isola 2000.

Mais ce qui est de toute beauté est le pilotage d’une précision de joaillerie des deux pilotes.

Pour la troisième place, Jacques Villeneuve (première course en électrique…le talent est toujours là !) a dû ferrailler fort !

En bagarre avec Pernaud et Lagorce en début de course, il arrive à se glisser entre les carambolages et finit sur le podium.

Derrière, les deux filles de la course, malignes et se débrouillant fort bien au volant, slaloment entre ces messieurs et se placent : Elodie Gossuin finit 6ème, Margot Laffite huitième.  

Bref, ce Trophée électrique est une bonne surprise.

A une exception près cependant : pas de bruit sur un circuit auto, c’est une frustration absolue.

On a ajouté un bruit artificiel, (choisi entre plusieurs options par le public) mais justement, c’est artificiel.

Or, dans les sports mécaniques, cela fait partie de notre passion, on est dans le…pur sport. (Jeu de mots de garçon de bain, j’en conviens, mais je ne pouvais le placer que là…).

Cette frustration est terrifiante. Un sport qui manque de frisson, c’est comme… je vous laisse la comparaison qui me vient en tête, c’est du domaine…privé !

Il faudra s’y faire et je rentre alors, et j’assume, dans la catégorie des vieux schnocks. Cela dit, les pilotes assurent le spectacle mais…le cinéma muet, ça lasse !

 
L’HERITIER…

En revanche, grâce à l’électrique, j’ai pu faire la connaissance de Nicolas Prost. C’est son père multiplié par sept.

Même sourire, même humour, même analyse ultra-lucide du métier et de la vie. Nous avons eu une très longue discussion avec lui, nous ferons sans doute un grand reportage sur sa jeune carrière, mais voilà, il m’a scotché, Gilles Gaignault, patron d’autonewsinfo, a eu la même réaction.

Ce garçon, en a incroyablement dans la tronche. Et il a un talent fou.
Et une vision courageuse de sa carrière.

Sans dévoiler ce qui a été une discussion privée, il pense évidemment à la F1, mais veut y arriver par la voie française, la plus dure, on sait que les constructeurs français, les sponsors aussi, ont la détestable habitude, et ce n’est pas nouveau, de soutenir des pilotes étrangers. 

Il a fallu Elf des décennies durant pour remettre les choses d’aplomb, et encore.

Beau challenge, et…belle rencontre !

Au fait, pour mieux connaître ce fabuleux mec qu’est Alain Prost et pour faire connaissance avec sa descendance, sachez que l’on pourra voir un portrait intimiste de notre Champion vénéré, de son histoire, de sa famille, qui sera diffusé sur la chaîne France 5, dans le cadre du magazine « Empreintes », le 25 mars à 20h30.

Le docu, à l’initiative de Florence Cotar-Renaudat, s’appelle « Prost », tout simplement.

A ne rater sous aucun prétexte.

AND THE WINNER IS…

On en arrive donc aux deux finales des séries Elite et Elite sup (on se croirait à la fac !).

En Elite, Jean Pierre Pernaut est en pole. Il m’avait dit avant la course que son problème est qu’il ne roule justement qu’en compétition, pas le temps de s’entraîner, et qu’il voyait le niveau de ses adversaires monter au fil des courses…

Jean Pierre part en tête, mais il est accroché dans un triple carambolage avec Stievenart et Karam. Lubrano et Daziano gagnent cette course et, cerise sur le gâteau, le droit de participer à la super finale des Elite Sup, avec toutes les têtes d’affiche.

Duo ?

En effet, on court ici par équipage. Huit tours pour le premier pilote, on s’arrête, les voitures repartent dans l’ordre d’arrivée avec les deuxièmes pilotes… si la voiture roule encore, ce qui n’est pas évident !!! Car il ya de la casse …

Nous voici donc au moment crucial de la soirée. Je vais voir Alain pour lui dire ceci :

« Je suis venu me geler les fesses pour te voir gagner. Remember ? »

Il est parti d’un bel éclat de rire.

Mais il n’oubliera pas, d’ailleurs, il n’a pas besoin de mes déclarations d’ami-va t’en guerre pour gagner. Il a déjà battu Jean Philippe Dayraut dans le défi poursuite de l’après midi, maintenant, la revanche de la saison est là, à quelques tours.

Rappelons que la course se fait en deux parties, avec changement de pilote.

C’est donc  Evens Stievenart, le coéquipier de Prost, qui roule le premier. Parti second derrière le coéquipier de Dayraut, Jean Noël Lanctuit, il parvient à passer en tête.

Mais on s’est sérieusement touché et Lanctuit doit laisser passer  également Villeneuve. Stievenart parvient à contenir le canadien, ce qui est superbe, on imagine la situation !

Un Champion du monde dans les rétros puis dans les pare chocs, car on se serre de très près, il ya de quoi perdre la tête, et pourtant  le jeune Stievenart reste devant !!!

Ce qui permet à Prost de partir en pole.

Chez Dacia, on est évidemment très heureux mais inquiet. En effet, la voiture a souffert. Et pas le temps de réparer les bobos sur les carrosseries

Et c’est parti, pour huit tours.

Panis a pris le relais de Villeneuve sur la Skoda, attaque Alain mais ça ne passe pas. Dayraut remonte comme une fusée, attaque Prost à son tour.

Deux styles totalement différents, on a la sensation que la Dacia de Prost va se faire avaler par la BMW.

C’est une illusion d’optique, Alain a toujours eu un pilotage aussi propre qu’efficace mais c’est sûr que l’attaque façon Blietzkrieg (guerre éclair) de Dayraut est impressionnante.

Rien n’y fait.

Puis le destin et le talent parlent.

La roue avant gauche de Dayraut qui a touché le mur de glace, se met à l’horizontale, c’est terminé.

Pas pour Alain, qui touché, a crevé à l’arrière droit.
Même si derrière, on se massacre joyeusement, il ya encore des tours à couvrir et il faut l’immense talent de Prost pour rester en tête.
Et c’est fait !

Dans une clameur démentielle, Alain Prost a réalisé son rêve…finlandais, il est devenu un pilote de neige et glace.

Déclaration à l’arrivée…

« Nous avions à cœur de briller ici, c’est chose faite ! Ce n’était pas simple, car j’ai fini avec une crevaison à l’arrière droit, mais la finale a été assez chaotique pour tout le monde. C’est important pour Dacia de l’emporter ici, face à des tribunes pleines. Nous avons été les plus performants, mais aussi les plus robustes ! Ce succès au Stade de France conclut idéalement cette saison. J’ai été touché par l’accueil que le public nous a réservé, je suis heureux de le remercier par cette double victoire, en poursuite et en finale. Nous travaillons maintenant pour mettre en place la saison prochaine. Ce beau succès au Stade de France en appelle d’autres, je l’espère. »

Sous ces jolis mots se cache une redoutable envie de revanche.
Alain a faim de victoire absolue.

Serait-ce… ‘’la madeleine de Prost ‘’ ? (Copyright, Marcel Proust)
 
Jean Louis Bernardelli
Photos : Bernard Bakalian

 

Classement de la finale : 1. Prost – Stievenart (Dacia Duster) – 2. JB. Dubourg –  Grosjean (Renault Clio III) – 3. Rivière – Lagorce (Fiat Stilo) – 4. Lubrano – Daziano (Fiat Stilo) – 5. Llorach – A. Dubourg (Renault Clio III) – 6. Dayraut – Lanctuit (BMW Série 1) – 7. Panis – Villeneuve (Skoda Fabia) – 8. Lagorce – Belmondo (Skoda Fabia) – 9. Balas – Demoustier (Toyota Auris)
Classement poursuite : Demi-finales : Jean-Philippe Dayraut (BMW Série 1) bat Franck Lagorce (Skoda Fabia), deux manches à zéro.
Alain Prost (Dacia Duster) bat Olivier Panis (Skoda Fabia), deux manches à zéro.
Finale : 1. Alain Prost (Dacia Duster) bat Jean-Philippe Dayraut (BMW Série 1), deux manches à zéro.
 
Classement finale Pilot Bike : 1. Emery (KTM). 2. Dabert (KTM). 3. Richener (Husaberg). 4. Lassaigne (KTM). 5 Mongarny (KTM). 6. Schneider (Kawasaki). 7. Duvert (Kawasaki). 8. Dabert (KTM). 9. Cartier (Honda). 10. Chuteaux (Honda). 11.Jeoffre (Honda). 12 Peyronon (Honda). 13. Bossi (Beta). 14. Bardotti (Honda).15. Martinez (Honda).
Classement Andros Electrique : 1. Ferrier (Nice-Côte d’Azur). 2. Nicolas Prost (Pilot). 3. Villeneuve (Skoda). 4. Ortelli (Derichebourg). 5. Berthon (Motul Systems). 6. Gossuin (Picard). 7. Lagorce (Andros). 8. Margot Laffite (Norauto). 9.Adrien Tambay (ALD). 10. Pernaut (Stef-Tfe). 11. Gervoson (L’éclair).

 
DES TOPS ET DES COUACS

On l’a dit, cette soirée du Stade de France est pleine de choses réussies mais souffre aussi de quelques couacs

La première réussite est la venue du public. 50.000 spectateurs, à Paris, ville difficile dans le spectacle, par une température vraiment polaire, c’est un gros succès.

Et dans notre métier, le public est roi. On l’a dit, sono d’enfer, ambiance de fiesta absolue, soutenue par un DJ très en forme aux platines, Laurent Wolf. Le côté «boîte de nuit » avec 50.000 personnes, fallait oser, super réussite. Satisfecit aux speakers et clin d’œil à mon ami Patrice Bertin, complice de l’Andros de la première heure. Ils se sont un peu emmêlé les voix, cela arrive. Réussite aussi.

Moins bien.

Le manque de rythme. Plusieurs pilotes nous ont gentiment dit par exemple qu’ils étaient là depuis dix heures du matin et qu’ils roulaient peu. 

Entre les courses, toutes fabuleuses, les temps morts étaient d’autant plus longs que l’on se caillait ferme.

Alors même avec des speakers super-bons et un DJ sur-affûté, cela casse un peu le rythme. Dommage. Bien sûr, la piste de glace est responsable de ceci en grande partie. Si l’on multiplie les courses, elle souffre, s’use à toute vitesse.

Et quand on finit sur le goudron ou sur le béton, cela manque de romantisme. Mais justement au Stade de France, vu la température, la piste a tenu. Faut-il comme la mondialement célèbre Patrouille de France, prévoir un programme à plusieurs étages, en fonction de la météo ? Il est évident que personnellement, je suis aussi victime du syndrome « Supercross » où l’on sait donner à une soirée en stade, un rythme de cadence infernale. 

Autre triste spectacle :

La finale Elite Sup s’est terminée avec quatre véhicules en piste, dont trois à l’état d’épave. Le stock-car est une discipline intéressante, mais … en stock-car !

Bertrand Balas, vieux routier de l’Andros, qu’il a couru dès les premières éditions, nous explique que sur un parcours aussi non-sélectif que l’anneau du Stade de France, un pilote fût-il très en dessous du rythme des meilleurs, peut transformer la course en auto tamponneuses d’un coup d’accélérateur…

Bref retour historique… ce qui est sûr, c’est qu’au temps des romains, dans les combats de gladiateurs, par définition, un combattant sur deux sortait à l’horizontale…

C’est la grandeur et c’est aussi la limite des jeux. Si l’on ne fait que des poursuites, ou si la finale n’entre que pour 10 ou 20% du résultat, on perdra terriblement en spectacle.

Or dans un stade, le spectacle est Roi et les spectateurs adorent l’engagement extrême des pilotes. Là encore, mon syndrome du Supercross refait surface. Les motards s’y engagent de façon extrêmement guerrière mais on ne se rentre pas dedans et le spectacle est absolu. 

Bon. Cela dit, la soirée a été superbe, et la réponse à cela vient du public, qui suit fidèlement le rendez vous du Stade de France et qui a été, répétons le, d’un enthousiasme énorme toute la soirée.

Ce n’est pas une raison pour ne pas chercher encore mieux.
Et surtout pas une raison pour ne pas suivre le Trophée Andros à venir.

Adrénaline garantie ! 

Jean Louis Bernardelli
Photos : Bernard Bakalian

Trophée Andros

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