JEEP WRANGLER : LE BON SAUVAGE

En même temps qu’elle fête ses 70 ans, Jeep lance son nouveau Wrangler, le produit phare de la marque. Bien qu’il cherche à se civiliser et s’ouvrir à un public plus large, le Wrangler n’en renie pas pour autant ses origines et conserve sa force de caractère. Son prix démarre à 28.200 €.

De décennie en décennie, de marques en marques, Jeep a été balloté de tous les côtés en 70 ans d’existence. Avec Chrysler et Dodge, elle appartient désormais au groupe Fiat. Cependant, même si elle s’est adaptée aux marchés au fil du temps, la philosophie de Jeep demeure fidèle à l’esprit développé dans ses premiers 4×4.

Les puristes crieront bien sûr à la trahison devant le diesel 2,8 L CRD du Wrangler mais son succès (légitime ou non) a d’ores et déjà donné raison à Jeep pour transiger sur certains aspects historiques.

Le Wrangler débarque donc chez nous pour une nouvelle offensive en tentant de gagner une clientèle qui veut se donner des airs de baroudeurs sans pour autant sacrifier son petit confort. Le défi est de le faire sans être renié par ses fans de la première heure. Tout sera affaire de compromis.

 

Une Jeep, une vraie

Extérieurement, on ne sera pas déçu : les phares ronds encadrant les sept bandes verticales de la calandre et le profil carré sont toujours bien présents. Revers de la médaille, ce dernier point handicape le Cx et, ultimement, augmente la consommation et les bruits d’air. Les changements se situent surtout à l’intérieur où la finition est largement mieux soignée que sur la précédente version.

Le Wrangler hérite du volant du Grand Cherokee, le panneau central est cossu et les différentes commandes bénéficient souvent d’un cerclage chromé, à l’image des bouches d’aération.

L’ensemble donne l’impression que le Wrangler s’embourgeoise vraiment, ce qui est loin d’être un reproche. Paradoxalement, les grosses vis apparentes disséminées à l’extérieur et l’intérieur renforcent encore cette sensation avec un côté « macho civilisé ». La dominance du noir et des plastiques durs rend malheureusement l’habitacle austère et rébarbatif.

Le conducteur n’aura à se plaindre que du pédalier étroit sans repose-pied à gauche de l’embrayage.

Plus sobre

Si les places avant offrent suffisamment de confort, il faudra toutefois se contorsionner pour monter derrière dans les modèles deux portes, malgré le travail de Jeep sur l’accessibilité aux places arrière.

Pour peu qu’on arrive à rabattre le siège avant et à se faufiler, on trouvera deux places tout à fait confortables avec ce qu’il faut d’espace pour les occupants. La version quatre portes du Wrangler ne connait pas ce problème et il faudra seulement se faire au dessin de carrosserie allongée de 53 cm.

Autre nouveauté qui continue de faire grincer des dents les « vrais de vrai », le moteur diesel quatre cylindres 2,8 L CRD.

C’est pourtant son introduction, avec les modèles quatre portes, qui a permis aux ventes de Wrangler de décoller. Ce 2,8 L fait même des efforts pour cette évolution baptisée MY11 en passant de 177 à 200 ch.

Avec la boite mécanique 6 rapports, il gagne un litre de moyenne en consommation et descend officiellement à 7,1 L/100 km et 187 g/km de CO2, limitant le malus écologique à 750 € contre 1.600 € auparavant. Il faudra plutôt compter entre 9 et 10 L/100 km mais, pour un Wrangler de deux tonnes, la performance reste admirable.

Un diesel silencieux

Le système Stop & Start fait lui aussi son apparition sur le diesel accouplé à la boite manuelle. Il pèche d’ailleurs par sa jeunesse en étant assez bruyant avec trop de vibrations au redémarrage.

A contrario, Jeep a réalisé un excellent travail sur l’insonorisation du diesel.

Au niveau des transmissions, aucun compromis n’a été fait afin de préserver le caractère historiquement tout-terrain du Wrangler. Il conserve donc un sélecteur pour alterner entre deux roues motrices, quatre roues motrices et quatre roues motrices avec boite courte de rapport de réduction 2,72:1.

Sur la version Rubicon, spécialement dédiée au franchissement, le rapport de réduction est de 4,0:1 avec un blocage de différentiel avant/arrière.

Sur route et autoroute, le comportement du Wrangler est agréable et sans surprise. Les 200 ch manquent cependant à l’appel, principalement à cause de la masse exagérée du 4×4 tournant autour des deux tonnes. La boite de vitesse Mercedes se manie aisément, les rapports s’engagent facilement et les verrouillages sont fermes.

A partir de 28.200 €

Le Wrangler existe aussi avec une boite automatique à cinq vitesses. Pour les allergiques au diesel, il reste encore la solution du V6 de 3,8 L accouplé à une boite automatique à quatre rapports, disponible sur commande spéciale uniquement.

Les tarifs s’échelonnent de 28.200 € à 34.400 € pour le Wrangler deux portes à boite manuelle. Il faudra compter 1.800 € de plus pour le quatre portes et 1.400 € pour une boite automatique.

Le Jeep Wrangler ne trahit pas ses gènes, il s’adapte aux marchés actuels. Le diesel est peut-être une hérésie pour certains, d’autant qu’il peine à montrer ses 200 ch, mais il est bien insonorisé et réduit le malus écologique.

Les rapports ont été allongés pour consommer moins, mais la boite courte existe toujours. L’intérieur se fait plus coquet mais l’extérieur n’a presque pas changé. Alors qui va s’en plaindre ?

Renaud Lacroix (Texte et photos)

Jeep

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