MOTO GP A SEPANG : HONDA PLIE LES CHRONOS !

  CASEY STONER : …. INTOUCHABLE !!!!

Deuxième série de tests de la catégorie MotoGP, toujours à Sepang, en Malaisie, disputée sur trois jours. Notre pronostic, établi au soir des essais de Valence en fin de saison 2010, se confirme triplement.

Premier point, s’il ne se fait pas mal, Stoner sera Champion du Monde.

Deuxième point, les Honda sont archi-prêtes depuis des mois, quand leurs petites camarades sont encore très largement en phase de développement.

Enfin, Simoncelli est un génie…  Il ya un quatrième point, Ducati fait gouffre et forcément, ne peut que remonter, c’est l’avantage d’être au fond… 

 

MASTER STONER AND COMMANDER HONDA !

Stoner meilleur temps le premier jour, le deuxième jour « same player shoots again » et on remet ça le troisième… Au passage, il bat le record du tour détenu depuis 2009 par Rossi. Déclaration du héros assez peu romantique mais affutée…

« Nous avons essayé beaucoup de réglages électroniques pour le frein moteur et choisi un châssis qui se comporte toujours de la manière que nous souhaitons, quels que soient les réglages, on peut facilement l’adapter. Nous pourrons donc tester d’autres réglages au Qatar et faire davantage de kilomètres avec. Le test ici a été très productif pour nous, nous avons fait un run long aujourd’hui, quasiment la distance de course, et collecté des informations très importantes. Je suis de plus en plus à l’aise sur la RC212V et je suis déjà impatient d’aller au Qatar. »

Dès les tests de Valence, effectués au lendemain du dernier GP de la saison 2010, l’avenir était (peut-être !) écrit.

Les Honda officielles du Team Repsol étaient des machines de guerre totalement prêtes à l’emploi, Pedrosa avait une grosse envie de revanche, ayant raté sa fin de saison à cause de ses blessures, Stoner pouvait laisser éclater au guidon de ce missile son génie du pilotage.

Cela dit, nous sommes quand même dans le plus pointu des sports mécaniques…

Comme l’une des spécialités de Stoner est aussi de finir les courses à plat ventre, les petits camarades pourront en profiter… en particulier les deux autres pilotes officiels du team Repsol Honda, Pedrosa et Dovizioso qui pour l’instant voient le renard Stoner chasser tout seul dans leur poulailler !

Bon, chapeau à l’Australien (on dit un « ozzy » dans le bush) Casey Stoner, mais surtout gros chapeau aux ingénieurs de Honda qui ont dessiné l’intouchable RC212V.  Pedrosa a tourné à un dixième de seconde de Stoner, ce qui n’est pas une montagne, juste un problème à répétition.

Un dixième par tour sur une trentaine de tours par GP, ça finit par douiller !

SIMONCELLI : GÉANT !

Déjà écrit depuis Valence toujours, Marco Simoncelli, dont on rappelle qu’en février, il avait fait un meilleur temps, sur une machine privée du Team San Carlo Honda Gresini (compé-client quand même, Honda est passé par là…) devant toutes les motos d’usine, le géant italien a donc remis ça.

 

Devant, juste deux Honda officielles. Derrière, tout le reste, la troisième Honda officielle de Dovizioso, les usines Yamaha, les privées Yamaha, les usines Ducati, les privées Ducati, la Suzuki officielle. « What else ? » pourrait redire l’ami qui vend du café avec des pianos qui tombent du ciel… 

Ah si, il ya autre chose. Simoncelli se plaignait d’un manque d’adhérence à l’arrière ! Et oui, il ya de belles histoires, bien avant le début du championnat 2011 .

Résultat ?

Quatre Honda aux quatre premières places. Ce qui signifie que la vie risque d’être souvent dégueulasse pour les autres cette année…

YAMAHA : OPÉRATION SOUCI…

Bon, en interview avant les tests de Sepang II, Jorge Lorenzo, Champion du Monde 2010, affirmait que sa moto, la Yamaha M1 2011, était faite pour gagner…

Euh… En ce troisième jour, il regrette « un manque de puissance » et finit aujourd’hui derrière la Yam officielle de Ben Spies et à un demi-pneu derrière la Yam privée de Colin Edwards, du Team français Tech 3, dont voici les réactions. 

« Cette séance de tests a été géniale pour nous. Je me suis beaucoup amusé, même si la chaleur extrême est épuisante. Nous avons amélioré un paquet de choses sur la moto maintenant équipée en Bridgestone, j’ai aussi appris que pour un vieux mec, je ne suis pas encore fini ! Nous avons testé une nouvelle partie cycle à l’avant qui me donne toute satisfaction en virages. Je suis aussi très content de nos progrès en matière de traction à l’arrière. Yamaha a fait du bon boulot ! »

Hervé Poncharal, le boss du Team, peut d’ailleurs avoir la banane dans l’avion qui va le ramener en France, les résultats du premier test de Sepang avaient été légers, ceux-ci sont nettement plus prometteurs, même si la nouvelle recrue, Cal Crutchlow, rentre sans avoir fait de temps vraiment présentables.

Pas si simple de débarquer du Superbike et de rouler immédiatement à  » donf  » en GP!!!!

Monsieur Lorenzo a eu l’audace d’abandonner son numéro fétiche (99) pour porter le numéro 1 cette année, chose qu’il est d’ailleurs parfaitement en droit de faire (mais ensuite, devant l’histoire, faut assurer…).

Pour l’instant, il n’assure pas mais on a vu l’an dernier à quel point ce véritable acrobate peut emmener sa moto dans des positions mathématiquement inadmissibles et sportivement inimaginables, ce qui lui a permis de gagner neuf fois dans l’année.

Bon, c’est clair, cette année, faudra vraiment envoyer du lourd !

DUCATI : VOI CH’ENTRATE …

 

Entre les brutalités des chronos, un peu de lecture peut ramener un soupçon de sagesse.

Dante Alighieri, auteur de la Divine Comédie, avait écrit au-dessus de la porte de l’Enfer « Vous qui entrez, abandonnez toute espérance… » autrement dit, dans le texte, « Voi ch’entrate, lasciate ogne speranza ».

C’est un peu ce que l’on doit se dire chez les rouges de Ducati.

En tous cas, on est en enfer. Il y fait chaud paraît-il, à l’instar de la piste de Sepang où la température de piste touchait allégrement les soixante degrés mais au contraire de la chambre d’hôtel de Rossi, où la clim devait être réglée sur moins quarante, Valentino n’a pas pu rouler le deuxième jour à cause d’une fièvre de cheval.

Pour un mec surnommé « dottore », c’est dommage !

Il revient le lendemain mais quasiment pour rien. Valentino dit sa déception :

« Nous ne pouvons pas être satisfaits d’un tel résultat. Nous n’avons atteint aucun de nos objectifs, qui étaient de remonter dans les 5/6 meilleurs temps et nous sommes 1 seconde 8 derrière et notre rythme de course n’est pas satisfaisant. Je suis confiant sur les réglages électroniques qui apporteront une solution à pas mal de nos problèmes mais je suis moins confiant dans le châssis, j’arrive à freiner fort mais je ne suis pas à l’aise dans les virages serrés. Cela dit, on sait que ce circuit de Sepang ne réussit guère aux Ducati, au Qatar, où la configuration de circuit est différente, nous verrons bien si nous réussissons à aller plus vite… »

Hayden, lui, n’a eu ni fièvre ni coup de génie. Bref, le team rentre avec une question : « Que faire ? ».

D’abord, dans toute sa sécheresse, le chrono. Il n’y en qu’un, les deux pilotes ont fait le même, à 1 seconde 804 de Stoner. Ce n’est même pas imaginable mais c’est pourtant cruel à ce point.

Vibrations, manque d’agilité en virages courts, tout cela est connu et rien n’avance. Onzième temps, presque deux secondes au tour dans la vue, ce n’est plus une montagne, c’est tout l’Himalaya ! Bon, d’abord, tous les sommets de l’Himalaya ont fini par être vaincus et ensuite, on l’a dit en ouverture de reportage, quand on est au fond de la piscine à ce point là, on ne peut que  remonter. 

Remonter ?

Puisque nous avons commencé ce paragraphe en littérature, faisons de même pour le clore. De Frison Roche, alpiniste et écrivain, sachant donc bien ce qu’est le fait de remonter. « Et la paroi, déjà verticale, se redressait encore… ».

MITIGÉ…

La Suzuki de Bautista, la Honda privée d’Aoyama, la Ducati privée de Barbera complètent le « Top ten ».

Si l’on imagine que Lorenzo repart avec des doutes, on peut fort logiquement en déduire ce qu’il peut en être chez ces pilotes qui ont le mérite de se trouver sur les grilles de départ mais que l’on ne verra pas se battre en tête, loin de là !

Randy de Puniet (photo ci dessus) n’est sans doute pas vraiment content, lui non plus, de son modeste quinzième temps…

Voilà des garçons qui, à l’instar des  »Ducati boys », ne peuvent qu’espérer…

Prochains tests au Qatar les 13 et 14 mars.

Si les Qatari ne suivent pas l’exemple de leurs voisins Bahreïni…

Jean Louis Bernardelli

Photos: MotoGP

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