MONTE CARLO : QUESNEL, BOUFFIER ET PEUGEOT PIEGENT SKODA SOUS LA NEIGE !!!!

Attendue pour ce jeudi après-midi, la neige tombait abondamment a finalement bouleversé le classement général de cette édition du Centenaire du Rallye Monte-Carlo.

Effectivement à l’issue de la seconde étape , le Champion de France de la discipline, Bryan Bouffier au volant de sa Peugeot 207 S2000 s’empare du commandement de l’épreuve avec 28’’ d’avance sur un autre pilote Peugeot, l’ancien vainqueur de l’édition 1994,  François Delecour, lequel dispose lui aussi d’une 207 S2000.

Les grands perdants du jour ne sont autres que le Finlandais Juho Hanninen  et l’équipe Skoda qui survolaient ce Monte Carlo depuis le départ et qui ce jeudi soir chutent loin dans le classement, se retrouvant désormais à une modeste sixième place.

Alors que s’est –t’il passé pour en arriver à pareille situation ?

Et bien, et comme lors des plus belles heures du Rallye Monte-Carlo, la neige que l’on attendait depuis deux jours, est soudainement apparu en milieu d’après midi relançant ainsi complètement la course en redistribuant les cartes.

Explications

Si cette neige était bien attendue, elle a surpris les équipes à quelques minutes de lancer pour les deux dernières spéciales de l’après midi, leurs pilotes dans ce Vercors jusqu’alors totalement sec et qui soudainement et en quelques minutes se transformait, devenant brumeux, neigeux, verglacé.

Et donc dangereux à souhait !

Les quelques flocons tombés en début d’après-midi à Saint Jean en Royans allaient s’avérer autre chose que des prémices …

Car comme on va le voir, la suite fut carrément dantesque pour certains concurrents et non des moindres.

A commencer par l’intouchable leader, Juho Hanninen

Sur la spéciale de St Jean en Royans que les pilotes retrouvaient pour la seconde fois, l’ayant déjà pratiqués en début de matinée et sur route entièrement sèche, les premiers temps intermédiaires étaient annonciateurs d’ un bouleversement total et complet de la hiérarchie établie depuis le départ mercredi matin.

Et, effectivement et fort logiquement à l’issue des deux spéciales de la boucle de l’après-midi, celle-ci a effectivement été complètement chamboulée.

Juho Hanninen et sa Skoda Fabia S2000, jusqu’alors intouchables et solides leaders avec pratiquement une minute d’avance sur le premier poursuivant, rétrogradait brutalement en sixième position !

Loin, très loin, à… 2’35’’7 de la Peugeot 207 S 2000 du Champion de France en titre, Bryan Bouffier, subitement nouveau leader de ce Monte-Carl’ !!!

Pour en arriver à cette surprenant position avantageuse s’il en est, le Champion de France des Rallyes 2010 avait, il est vrai, profité d’un meilleur choix de pneumatiques pour s’emparer de la tête au cours de cette septième spéciale (St Jean en Royans -Font d’Urle

Dans la suivante (Cimetiére de Vassieux – Col de Gaudissart), il terminait certes seulement second derrière un surprenant François Delecour – désormais son principal rival – mais accroissait son avance sur tout le reste du plateau, complètement surclassé.

Redescendu en début de soirée au parc d’assistance à Valence, Olivier Quesnel boss de l’équipe Peugeot nous fournissait les raisons de cet incroyable retournement et renversement de situation :

« Apprenant par nos ouvreurs postés dans le Vercors les abondantes chutes de neige, nous avons panachés nos montes. Bouffier s’est élancé en pneus neige dans St Jean en Royans, des NA00. Sarrazin aussi. Mais Bryan disposait de pneus cloutes dans le coffre. Au cas ou pour la seconde spéciale! Sarrazin lui d’intermédiaires, des 031C. »

Et c’est la que la stratégie à fait basculer la course.

Chez Michelin, il y avait le choix.

Nick Shorock, nous rappelant :

« Nous disposons de dix types de gommes dont quatre pour les conditions extrémes en cas de pluie, neige ou verglas »

Le staff Bibendum avec Serge Gresin, Olivier Vialle, Alesandro Barlozzi, observe les choix !!!

La troisième Peugeot ‘’ officielle ‘’, confiée à l’ancien Champion du monde des Rallyes (2003) Petter Solberg et au dernier moment, se voyait elle équiper de gommes que l’on nomme ‘’mixte’’ chez le fournisseur, Michelin. Des PB00

L’ART DE PIEGER LE TEAM SKODA…

En ‘’ sacrifiant ‘’ ainsi et en parfait accord, les chances de Solberg, l’équipe Peugeot à par la même occasion complètement piéger son adversaire, la maison Skoda !

Des observateurs de l’équipe Tchèque positionnés en surveillance, relataient les montes des 207 S2000 ‘’ usine ‘’

Du coup, toutes les Fabia d’Hanninen le leader mais aussi de Kopecky, Loix et Vouilloz étaient in extrémis chaussées de ces pneus dénommés par Michelin : PB00

 
Juho Hanninen qui nous racontait:

« Nous avons fait un choix, nous avons perdu, la voiture était très difficile à contrôler en pneus mixtes sur la neige. Je suis déçu, bien sûr, mais je n’ai absolument pas perdu ma motivation. La situation a été bouleversée en deux spéciales, qui sait ce qui peut encore se passer d’ici à l’arrivée ? »

De son côté, Jan Kopecky poursuivait :

« Nous avons eu tout faux en choisissant de partir en pneus intermédiaires, j’ai couvert la dernière spéciale quasiment au ralenti. En plus, les deux pneus de réserve que nous emportions dans le coffre étaient des slicks. Impossible de changer quoi que ce soit entre les deux spéciales qui s’enchaînaient ! »

Ainsi, ce formidable ‘’ coup de poker ‘’ d’Olivier Quesnel et de ses hommes, allait immédiatement s’avérer efficace et porter ses fruits !

Les Skoda dans Saint Jean en Royans étaient … à l’arrêt, alors que les pilotes des Peugeot, s’en donnaient à cœur joie car un troisième homme, en l’occurrence le toujours aussi rapide et chevronné, François Delecour, avait lui aussi opté pour le même choix, montant ces NA00 de plus… cloutés !!!

Du coup, les 207 S 2000 réalisaient, un magistral sans faute, un inattendu festival après leur début de course, en demi teinte et surclassaient les Skoda

Si chez Peugeot on rigolait, par contre chez Skoda, c’était la soupe à la grimace…

Skoda qui vivait en direct sur les écrans de télévision, un véritable cauchemar, ses pilotes se montrant incapables avec des gommes il est vrai inadaptées, de soutenir le rythme des Peugeot !

Et les observateurs médusés de constater qu’Hanninen, le grand spécialiste de la neige comme tout bon Finlandais qui se respecte et qui avait mis tout le monde d’accord, deux jours durant mais sur… asphalte, de se faire incroyablement surprendre et piéger sur son terrain de prédilection : la neige !

Lui, ‘’ l’acrobate ‘’ nordique qui a appris à conduire chez lui en Finlande, sous la neige et qui ne pouvait soutenir le rythme de trois Français, au volant des Peugeot !!!

 METEO INCERTAINE MAIS… ON NOUS ANNONCE LA NEIGE

Peugeot a donc inversé les rôles sur une magnifique stratégie et désormais vu les écarts considérables et à moins d’un nouveau rebondissement, deux de ses pilotes, Bouffier et Delecour, semblent bien en mesure de débouler à Monaco, vendredi dans la nuit, en vainqueur

Tout le mérite en revient bien, sur à leurs pilotages mais aussi aux choix effectués par les techniciens de Peugeot.

Et aussi évidemment au grand Champion qu’est encore et toujours Petter Solberg , le ‘’ pigiste ‘’ de luxe de Peugeot sur ce Monte Carlo, qui en sacrifiant ses chances, avec ce choix on ne peut plus osé, d’équiper sa 207 de pneumatiques pas vraiment adéquats sur la neige, a facilité grandement le résultat que l’on connait

Il est vrai que Petter pilotera cette saison l’une des quatre toutes nouvelles Citroën DS3, en Championnat du monde des Rallyes WRC. La petite cousine de sa 207 S2000.

Ceci explique cela…

Sur qu’Olivier Quesnel qui dirige aussi cette équipe Citroen, saura en temps voulu, s’en souvenir…

D’ailleurs, les deux hommes ce jeudi soir, se congratulaient mutuellement dans l’hospitality Peugeot à Valence, rigolant de concert de leur bonne farce qui risque de couter cher, très cher à Skoda.

Et d’offrir à Peugeot une troisième victoire au Monte Carl’ après celle obtenue par Ari Vatanen en 1985 et par Sébastien Ogier en 2009

Et Olivier – en Anglais – de remercier chaleureusement Petter qui vient tout juste de rejoindre l’assistance Peugeot et de descendre de l’habitacle de sa 207, pour avoir accepté cette situation et de jouer le ‘’ cobaye ‘’

Solberg qui lui réplique :

« C’est logique, c’est pour l’équipe.»

Entre les deux, la discussion est des plus chaleureuses et on se fait l’accolade, longuement

Jean Claude Andruet et Bruno Saby, tous deux anciens lauréats de ce Monte Carlo, respectivement en 1973 et 1988 et invités par Honda  France qui assiste Lionel Comolle, engagé sur une Honda évidemment, viennent féliciter l’équipe Peugeot.

Pour l’heure, il est un homme qui mène ce Monte Carlo, Bryan Bouffier.

Lequel visiblement heureux après avoir paru dépité la veille, insatisfait de ses perfs :

« C’est incroyable cette neige. On retrouve tous les extrêmes qu’il peut y avoir dans cette course. On le voit, les choix de pneumatiques peuvent tout chambouler. Il reste encore une grosse étape vendredi. Tout peut encore arriver. Mais on a désormais une bonne chance »

De son côté, ‘’ l’ancien ‘’ François Delecour, se montrait heureux comme il y deux décennies, lorsqu’il avait décroché la victoire au Monte Carlo 1994 :

« Je savais que j’avais pris la bonne décision pour les pneus  »

Son co-pilote, notre ami ‘’ Doume ‘’ Dominique Savignioni qui nous pilote, l’été chez lui en Corse, ajoutait, hilare :

« Tu vois les vieux savent encore faire le bon choix. Et aller vite sans commettre de bêtises »

LES OUVREURS DU DUO DELECOUR-SAVIGNONI

Et lui aussi de nous expliquer :

« Nos ouvreurs Pascal Enjolras et Olivier Vitrani positionnés dans le Vercors des qu’ils se sont rendus compte que la neige tenait nous ont avertis et conseillés de partir en pneus neige et même cloutés. »

Peugeot et le Team Peugeot Enjolras avec Delecour prévenus de l’arrivée aussi soudaine, brutale qu’abondante de la neige, on a du mal à comprendre ce jeudi soir, la décision de l’équipe Skoda…

Et ce même si cette dernière à vilainement copiée la monte d’un autre lascar, le pére Petter Solberg, étudiée pour les induire en erreur, on comprend, oui mal que la firme Tchèque ait mis elle, tous ses œufs dans le même panier !!!!

Contrairement aux Peugeot‘ boys !

Lesquels sortent pour l’heure gros vainqueurs de cette partie de poker menteur…

Et comment ne pas parler et évoquer la magnifique prestation de l’Anglais Guy Wilks !

Ce dernier qui succède chez Kronos Racing à son compatriote Kris Meeke parti lui cette saison en WRC chez Mini, se retrouve après ces spéciales du Vercors à une sensationnelle … quatrième place !!!

Marc Van Dalen, le boss du Team Belge nous lâche :

« C’est une très bonne performance pour nous car c’est la toute première fois que Guy roule sur la neige »

Son associé, Jean Pierre Mondron, ajoute :

« Ce qui est formidable c’est qu’il n’a pas commis la moindre erreur, aucune bévue, pas de bêtise dans ces conditions subitement devenues difficiles. Il m’a même dit ne s’être même pas fait la moindre chaleur….. »

Bravo à lui car Guy Wilks et Kronos complètent ainsi  la superbe journée Peugeot

La fin du rallye ce vendredi peut encore apporter son lot de rebondissements.

La neige présente sur les spéciales à venir et notamment dans le célèbre Turini, rend désormais incertain, tout pronostic.

Surtout si l’on rappelle qu’un certain Hanninen, se baladait encore jeudi matin… en tête de ce Monte Carl’ !

Gilles Gaignault
Photos : Gilles Vitry – Claude Saulnier

LE CLASSEMENT APRES LA DEUXIEME ETAPE

1. Bouffier-Panseri (Peugeot 207 S2000) : 2h14’38’’8

2. Delecour-Savignoni (Peugeot 207 S2000) à 28’’0

3. Loix-Miclotte (Skoda Fabia S2000) à 1’05’’5

4. Wilks-Pugh (Peugeot 207 S2000) à 1’20’’5

5. Sarrazin-Renucci (Peugeot 207 S2000) à 1’41’’1

6. Hänninen-Markkula (Skoda Fabia S2000) à 2’35’’7

7. Solberg-Patterson (Peugeot 207 S2000) à 3’49’’1

8. Vouilloz-Veillas (Skoda Fabia S2000) à 5’31’’0

9. Kopecky-Stary (Skoda Fabia S2000) à 7’51’’7

10. Gardemeister-Tuominen (Peugeot 207 S2000) à 7’52’’7

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