DAKAR 2011 : NASSER AL ATTIYAH OU L’ ITINERAIRE D’UN ENFANT GATE

Sept ans après sa première participation sur le Dakar, Nasser Al Attiyah atteint la consécration.

Longtemps considéré comme un ‘’incontrôlable génie du volant’’, le pilote Qatari remporte enfin à Buenos Aires sa première course de Rallye raid.

Mais quelle course !

La plus grande de toutes : Le prestigieux Dakar

« Il est très vite », disait déjà de lui en 2004, Marc Bartholomé pour décrire le discret Qatari qu’il avait pour mission de co-piloter pour une première tentative sur le Dakar.

A la fin du Rallye, Nasser Al Attiyah achevait son coup d’essai par une plus qu’ honnéte 10ème place au classement général, avec le 3ème temps de la spéciale du Lac Rose, au volant d’une Mitsubishi « clients » qui n’avait pourtant pas l’étoffe pour lutter avec les meilleurs.

VICTOIRE CE SAMEDI 15 JANVIER 2011 SUR LE DAKAR

Son coup de volant percutant a rapidement fait le tour des écuries.

Tant et si bien que des l’année suivante, Al Attiyah se faisait ainsi une place au sein du Team X-Raid.

A l’aise dans les dunes, y compris en pleine tempête de sable, il se sort de… l’historique étape Zouerat-Tichit avec les honneurs :

Surprenant second derrière l’intouchable Stéphane Peterhansel.

Mais le désert Mauritanien, qui commence alors à servir les intérêts de sa carrière, se transforme dès le lendemain en tremplin malheureux, sur une spectaculaire sortie de route, qui installe sa deuxième réputation :

Celle d’incorrigible casseur de voitures…

Tout en poursuivant sa progression dans les classements, Nasser multiplie les pirouettes et éparpille les carcasses des BMW X3.

Sixième à Dakar en 2007, il reste conscient de cette problématique et travaille assidument, dans tous les domaines, pour combler son déficit.

Parallèlement au Rallye raid, les saisons qu’il dispute en Rallye traditionnel constituent par exemple, selon Luc Alphand, « une des clés de la réussite de son parcours ».

L’intéressé insiste aussi sur les bénéfices de sa carrière dans le shooting (Tir), une discipline qui lui a apporté, au-delà d’une 4ème place en skeet, aux Jeux d’Athènes, « une capacité de concentration décisive, avec la carabine comme dans la voiture ».

Entre deux compétitions ou stages d’essais, c’est encore dans un bivouac qu’il passe le plus clair de son temps, installé sur les rives du Golfe de Salwa, avec quelques amis pour une partie de pêche.

Après un nouvel abandon en 2009, le « merveilleux fou roulant » est cependant contacté par le patron de la redoutable écurie VW, Kris Nissen.

Décidé à compléter sa ‘’Dream team’’ dont il dispose déjà avec Giniel De Villiers et Carlos Sainz, il fait rentrer un nouveau ‘’pur sang’’ dans l’écurie Volkswagen.

Au volant du Race Touareg, Al Attiyah se place très vite au niveau de Sainz, mais compromet à deux reprises ses chances de victoire, sur le Rally dos Sertoes puis au Silk Way Rally.

Pourtant, c’est bien un pilote à maturité qui lutte avec « El Matador » durant tout le Dakar 2010, échouant à seulement 2’12 » de la victoire.

Au moment de prendre sa revanche, celui qu’on surnomme ‘’El Principe’’ en Argentine, se présente avec autant d’assurance que d’humilité.

Et il est pendant toute la durée du Dakar, d’une disponibilité rare à ce niveau, pour un pilote qui roule pour la gagne

Et durant toute la deuxième semaine de course, alors que la menace de Stéphane Peterhansel s’éloigne, Al Attiyah se montre totalement maître de son sujet.

En plus de son pilotage et de sa science des dunes, il parvient à enrayer la mécanique Sainz.

Nasser poursuit son sans-faute, et le duel tourne à son avantage en deux jours.

Une double séance de pelles de désensablage coûte huit minutes et le leadership de la course à Sainz entre Antofagasta et Copiapo.

Le tenant du titre a beau s’investir à …110 % dans la course poursuite, la pression n’a pas de prise sur Al Attiyah.

A l’arrivée à Buenos Aires ce samedi, le rêve prend forme :

« C’est le plus beau jour de ma carrière sportive. »

Et d’ajouter en rigolant et malicieusement :

« A partir de maintenant, tout le monde saura placer le Qatar sur une carte du monde ».

En tout cas, il nous a ravi et par son pilotage et par sa gentillesse permanente au fil des jours et par sa disponibilité.

Nasser Al Attiayh est assurément de la trempe des grands Champions de la discipline.

Gilles Gaignault
Photos : Gilles Gallinaro – Louis Villers – VW – Red Bull

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