DAKAR 2011 : SEPTIEME SUCCES D’ETAPE POUR LE KAMAZ DU  » TSAR  » … CHAGIN !!!

12éme étape : San Juan-Cordoba
Laison : 123 km
Spéciale
Motos : 555 km
Autos : 555 km
Camions : 266 km
Distance totale de l’étape
Motos : 678 km
Autos : 678 km
Camions : 615 km
Distance totale depuis Buenos Aires
Motos : 8779 km
Autos :  8792 km
Camions : 8632 km

En cette veille de l’arrivée à Buenos Aires, entre San Juan et Cordoba, une fois n’est pas coutume, ‘’ Honneur aux gros calibres’’ !

En effet pour l’explication finale, en vu de la victoire ce samedi pour le retour du Dakar, dans la Capitale Argentine, le titre se jouait effectivement en pleine lumière pour les camions qui ont pris exceptionnellement de l’avance, tôt ce vendredi matin, en tête de la course.

Pour tous les autres, la longueur de cette avant-dernière étape invitait à la prudence, spécialement sur les cent premiers kilomètres qui restent sablonneux.

Pour tenter de gagner ce Dakar, c’était l’ultime chance car ce samedi, il ne restera plus que … 181 petits kilomètres !

Autrement dit, c’est aujourd’hui ce vendredi que devait se décider définitivement le nom des heureux élus.

Même si cela fait déjà plusieurs jours que Marc Coma et Nasser Al Attiyah, survolent  l’épreuve et ont gagnés le droit de rejoindre Buenos Aires, en grand vainqueur.

Tout comme Chagin en camions
 

CHAGIN : ENCORE ET TOUJOURS LUI

Comme la veille Chagin s’impose et se rapproche de son 7ème sacre sur le Dakar.

Pour cette antépénultième étape entre San Juan et Cordoba, l’organisation avait en outre décidé de lancer en premier les camionneurs sur un parcours plus court que les autres concurrents, empruntant la fin de la spéciale des autos et motos, soit 318kms de course.

Comme lors des deux précédentes journées, Vladimir Chagin a mis tout le monde d’accord.

Le Russe au volant de son surpuissant Kamaz, signe sa septième victoire d’étape 2011 mais surtout la … 63ème de sa carrière sur le Dakar.

Chagin devance aujourd’hui son coéquipier Firdaus Kabirov de 1’05 et l’Espagnol Pep Vila sur Ginaf-De Rooy de moins de 5′.

Pep Vila qui nous explique:

« Aujourd’hui, il s’agissait d’une étape très rapide. On a souvent roulé à la limite, autour des 150 km/h. Au kilomètre 100, on a entamé une portion de 60 kilomètres de boue sur une piste très étroite. On s’est mis en travers une paire de fois. C’est là que Kabirov nous a dépassés. Puis on a travaillé pour garder notre 3ème place. Ensuite, on a repris de la vitesse sur les pistes rapides qui mènent à Cordoba avec un paysage et des sites fantastiques avant la ville. Je suis très content de ce Dakar. Notre plus mauvais résultat sur une étape c’est 8ème. Et au scratch on est 6ème. On va maintenir cette position. Le camion devant est à 1h30 et le suivant, derrière nous à 3h00. Il n’y a donc rien à faire d’autre qu’à finir tranquillement. »

Chagin s’est rapproché donc ainsi aussi de son septième sacre ce samedi.

Au général, le ‘’Tsar’’ possède à présent un avantage conséquent de plus d’une demi-heure sur Kabirov.

Suivent deux autres Kamaz, ceux de Nikolaev (photo) à près de 3heures et de Mardeev à plus de 5h30.

Autant dire que les dés sont jetés et l’Affaire réglée.

Chagin fêtera ce samedi une nouvelle victoire dans le Dakar. 

Même si Chagin, ne vent pas la peau de l’ours…

« Sur chaque Dakar il y a des choses intéressantes. Sur cette édition, tout s’est bien passé. On a eu des classements intéressants sur chaque étape puisqu’on gagne sept fois. Mais ce Dakar n’est pas fini. Il reste une journée et cela maintient la pression sur toute l’équipe »
 

BATAILLE DE TITANS ENTRE COMA ET DESPRES

C’est le couteau entre les dents et bien conscient que cette journée serait sans doute celle de la dernière chance, que Cyril Despres s’élançait ce vendredi matin.

Avec le désavantage, s’il en est hélas pour lui …d’ouvrir la piste, le pilote KTM réussit tout de même un festival !

Son avantage sur le leader au classement général provisoire, Marc Coma atteint même plus de 2’30 au km 240.

Peut-être le Français avait-t-il en tête la mésaventure du Catalan qui avait craqué alors qu’il menait la course en 2007, heurtant un arbre du côté de Tambacounda à deux jours du terme du rallye.

Mais de défaillance, il n’y eut pas du côté du solide Coma.
Le leader au général réussit une spéciale propre, préservant sa machine et ne succombant pas à une erreur de navigation et ce avant de passer à l’attaque dans le final.

Du coup, l’Espagnol refait son retard et remporte même la spéciale, sa 5ème depuis le début du rallye.

Il s’agit là de sa 16ème victoire sur un Dakar, soit une de plus que le regretté Richard Sainct.

Marc Coma qui nous raconte:

« C’était une journée compliquée car il a beaucoup plu cette nuit. Du coup, c’était une spéciale technique, type enduro. Mais cela s’est bien passé. Il reste encore une étape de 190 kilomètres à parcourir ce samedi. Normalement il ne devrait pas y avoir de complications, mais il faut tout de même les faire, ils sont là. Nous avons que le parcours a été fait pour maintenir le suspense jusqu’au bout, alors on verra ce samedi. »

Derrière les deux ténors, Helder Rodrigues limite la casse en troisième position mais déjà à plus de 8’.

L’autre « perf » du jour revient à l’Américain Quinn Cody sur sa Honda 450.

Le meilleur « Rookie » du Dakar s’empare d’une belle 5ème place juste derrière le Chilien  ‘’Chaleco’’ Lopez, toujours bien placé quotidiennement aux places d’honneur et qui confortev ainsi sa place sur le podium.

Alors que Buenos Aires se profile ce samedi, au classement général, Marc Coma possède à présent un avantage de 16’36 » sur Despres, près d’1heure sur ‘’ Chaleco ‘’ Lopez et 1heure 42 » sur Rodrigues.

Cyril Despres (photo) s’est battu jusqu’au bout. Il raconte:  

« Il fallait attaquer, c’est un peu ma nature aussi. Donc je suis à bloc depuis le kilomètre zéro, même si j’ai ralenti un peu sur la fin. Au moins, c’est bien de ne pas avoir de regrets. J’ai tout donné, nous avons eu une grosse journée. Il a dû pleuvoir beaucoup cette nuit, et il y avait énormément de chemins défoncés, avec de la boue. C’était un enfer. Là les chances se réduisent quand même. Après une journée comme celle-là, avec 555 km et des possibilités d’écart, on se maintient. Mais ce n’est pas la fin du monde non plus. Je relativise. »

Il est vrai que Cyril a déjà gagné trois Dakar.

Trois, le nombre de victoires que comptera samedi Marc Coma sur le Dakar

La belle, nous attend l’an prochain…

 

CARLOS SAINZ SAUVE L’HONNEUR…

En auto, cette spéciale vers Cordoba était une excellente occasion pour Carlos Sainz, longtemps leader et dominateur de ce trentième Dakar, de réagir après sa profonde désillusion de la veille.

Laquelle lui avait ôté définitivement tout espoir de déloger son partenaire Al Attiayh de la première place.

Pire même puisque jeudi, il avait également du lâcher et céder sa deuxième place à un autre des ‘’Chevaliers’’ du Team VW, le lauréat du Dakar millésime 2009, Giniel de Villiers !

Troisième au général donc après avoir arraché la roue avant droite de son Volkswagen Touareg, sur la route nous menant vers San Juan, le Madrilène partait  ce vendredi loin, depuis la quatorzième position…

Cela n’a nullement empêché l’ancien double Champion du monde des Rallyes WRC  (1990-1992) de se sanler dans une folle et interminable remontée qui l’a vu incroyablement dépasser … une bonne dizaine concurrents !

Et ce malgré la boue qui recouvrait la piste et causée par un très violent orage au cours de la nuit précédente.

Après un secteur neutralisé par les organisateurs sur 61kms en toute fin de la spéciale et ce en raison de l’état des pistes, ‘’El Matador’’ poursuivait son superbe récital.

Et au final, malgré une inattendue crevaison, Carlos franchissait enfin la ligne d’arrivée avec un avantage certes minime, de 2’43 sur son coéquipier, Giniel De Villiers mais tout de même de … 6’11 sur le leader au général, Nasser Al Attiyah.

Le vainqueur 2010 se positionne donc à hauteur de Stéphane Peterhansel au palmarès des vainqueurs d’étapes en auto et ce avec 23 succès :

« C’est allé bien. Cette victoire est une petite consolation. On a bien roulé. On a dû doubler beaucoup de concurrents. Il y avait aussi de la poussière et on a crevé. Mais l’important c’est de boucler la journée et que Stéphane Peterhansel, n’ait pas pu s’approcher.

Cette 23ème victoire d’étape, c’est bien, mais ce n’était pas l’objectif. Peterhansel, en a 23 aussi. On se départagera demain, alors. »

A 40 ans, Nasser Al Attiyah s’apprête à remporter ce samedi  son tout premier Dakar.

Le Qatari, pilotant beaucoup plus sagement et se montrant nettement bien moins fougueux que ces dernières années, a cette fois-ci, parfaitement géré la course, se montrant et révélant comme un parfait leader, après les erreurs de Carlos Sainz.
Il explique cette journée de tous les dangers, à vingt quatre heures du sacre :

« Ça a été très difficile. Je suis resté concentré du début à la fin. Il fallait absolument éviter les erreurs. Ça a été l’étape la plus difficile de ma vie. Je devais rester concentré et tout de même avoir un bon rythme. Nous n’avons pas eu de problèmes. Je suis heureux. Quand je suis venu la première fois sur le Dakar, mon rêve était de le gagner. J’attends ce moment depuis si longtemps. Mais il reste encore un jour avant de rêver »

A la veille de rejoindre Buenos Aires, Al Attiyah possède 48’21’’ sur De Villiers et 1heure 21’’ sur Sainz, qui ce vendredi à conforté sa troisième place.

Ce qui va offrir au Team VW, un sensationnel triplé.

Effectivement, Stéphane Peterhansel, qui visait toujours cette troisième place, à l’attaque ce matin pour tenter de se hisser sur le podium, a finalement à nouveau connu   … deux nouvelles crevaisons et une nouvelle surchauffe moteur, après avoir encrassé son radiateur.

Le pilote Français de l’équipe BMW X-Raid, échoue donc dans sa tentative et finit à 4ème place de la spéciale, sa place au général provisoire.

 «La journée d’aujourd’hui est à l’image du rallye. Il y a toujours quelque chose qui ne va pas. Quand ce n’est pas les cailloux, ce sont des épineux comme aujourd’hui, par deux fois. La conséquence c’est qu’on a percé le radiateur, on a perdu de l’eau. On a crevé aussi. Entre les crevaisons et les bricolages on s’est arrêté 4 fois, ce qui doit faire au moins dix minutes de perdues. Tous les jours il y avait quelque chose qui n’allait pas. Ce matin, on est partis pour batailler. On était vraiment partis pour la lutte pas pour la balade. Mais quand ça ne sourit pas, ça ne sourit pas. »

Autre pilote affichant une mine réjouie, son équipier chez X-Raid, le Polonais, Krzysztof Holowczyc, actuel cinquième :

«  Aujourd’hui je ne voulais pas trop attaquer. Il n’y avait rien à gagner pour nous et beaucoup à perdre sur cette très longue journée. Ce n’était pas une étape pour nous. Demain, c’est le dernier jour et je suis heureux d’en terminer parce que je suis très fatigué. Le rallye a été très difficile cette année. Etant donné notre position et les écarts, il n’est plus nécessaire d’attaquer. »

Ce soir, ultime bivouac.

Veillée d’armes avant le triomphe attendu ce samedi probablement avec la même ferveur populaire, la même liesse que le 1er janvier, pour le départ.

Ou un million d’Argentin était venu admirer et encourager ces aventuriers qui les font rêver depuis trois ans que le Dakar se déroule, en Amérique du sud

 Gilles Gaignault

Photos : Gilles Gallinaro – ASO DPPI – Aprilia – Maindru – Yamaha- Red Bull

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