DAKAR 2011 : L’AMERICAIN STREET CREE LA SURPRISE…LES VW SE BALLADENT !!!

9éme étape : Copiapo-Copiapo
Liaison : 35 km
Spéciale : 235 km
Distance totale de l’étape : 270 km
Distanve totale parcourue depuis Buenos Aires
Motos : 6453 km
Autos : 6466 km
Camions : 6339 km

Le départ en ligne donné ce mardi matin pour les motards a modifié le scénario traditionnel des étapes du Dakar.

L’Américain Jonah Street remporte finalement cette boucle Copiapo- Copiapo !

Une victoire surprise, tandis que le duel entre Coma et Despres, n’a pas connu lui, de réelle évolution.

Les motards du Dakar ont vécu dans la région de Copiapo, une journée à part, débuté par un atypique départ en ligne et passée à escalader des cordons de dunes, séparés par de larges vallées.

Mais dans cette configuration, même les pilotes d’élite perdent leurs repères habituels et s’exposent à des déconvenues. 

En auto, Carlos Sainz s’est un peu rapproché d’Al Attiyah mais sans réussir et parvenir à le pousser à la faute, pour le moment.

Le camion de Firdaus Kabirov a été le plus rapide du jour. Il reprend la tête du classement général, devant Vladimir Chagin.

 

La première vague des dix meilleurs pilotes s’était pourtant lancé sur la spéciale, avec assurance…

Au bout d’une vingtaine de kilomètres, c’est avec la même certitude que neuf d’entre eux ont opté pour le mauvais cap et commis la faute qu’ils n’allaient jamais réparer.

Seul, Helder Rodrigues (photo), le vainqueur de l’étape Arica, avait trouvé la bonne interprétation du road-book.

Le Portugais semblait alors se diriger vers un nouveau succès.
Mais le destin en a hélas et malheureusement pour lui décidé autrement.

Au km 225, une panne d’essence stoppe Rodrigues, éliminé des débats du jour.

Surtout, derrière lui, un des pilotes de la troisième vague de départ a incroyablement surgi !!!

Jonah Street, l’un des ‘’ cow boys Yankees ‘’ de ce Dakar, a mené pendant toute la spéciale, une véritable charge pour rejoindre les meilleurs.

Sur la ligne, il signe au guidon de sa Yamaha, le meilleur temps avec 3’36 » d’avance sur la BMW du Hollandais Frans Verhoeven et remporte sa deuxième spéciale sur le rallye après sa belle victoire obtenue en 2009, à San Rafael.

Johnah Street, l’Américain qui gagne aujourd’hui sur une Yamaha, est un spécialiste des courses de désert US, organisées depuis des lustres par SCORE, dont le patron est Sal Fish.

Street a gagné trois fois la fameuse Baja 500 et a fini deux fois second de la prestigieuse Baja 1000, la course la plus emblématique, s’il en est aux USA.

Il a fini l’an dernier  »Champion » de la discipline.

Cette année où les spéciales du Dakar ressemblent parfois à s’y méprendre à des "desert races", des spéciales d’enduro où les différences sont de l’ordre de la minute, logique que Street, qui a gagné une étape du Dakar en 2009, soit devant…

Street raconte :

« Le Dakar de l’an dernier a vraiment été difficile pour moi. Mentalement il m’était difficile d’aller vite. J’ai même envisagé de prendre ma retraite mais on en a longuement discuté avec ma femme et j’ai décidé de continuer, d’y aller…  »

Et il ajoute :

« Au-delà du changement de cylindrée pour les pilotes « élite », pour moi la grosse différence concerne les nouvelles règles de navigation. C’est très excitant. La navigation c’est l’essence du Dakar. La course est bien plus serrée parce que les KTM ne peuvent plus aller bien plus vite que les autres. Le but pour moi quand je prends le départ d’une course est toujours le même : Gagner. »

Eh bien, c’est… FAIT !

Dans cette chevauchée désertique, les leaders du classement général sont restés discrets ce mardi.

Ni Marc Coma (photo), ni Cyril Despres, n’ont eu l’inspiration qui aurait pourtant pu payer au km 21.

Ils ont ensuite assumé leur rôle en menant pour l’essentiel la troupe dans cette boucle autour de Copiapo.

La difficulté de s’échapper au sein d’un gros peloton, a anéanti les velléités offensives de Despres, mais aussi de Francisco ‘’ Chaleco ‘’ Lopez (photo), .

Dès lors, la hiérarchie reste inchangée ce soir à l’arrivée à Copiapo :

Coma trône toujours avec une avance de 8’14 » sur Despres, et de 23’33 » sur le pilote chilien, qui disputait sa dernière spéciale de l’année au pays.

Outre Street, ils étaient nombreux à afficher un large sourire !

A commencer par David Casteu :

« C’est magnifique. J’ai fait ma navigation tout seul. Il n’y avait aucune trace. On a roulé avec Verhoeven toujours dans le bon cap. Je me suis bien appliqué dans les passages de dunes. Puis on a commencé à voir les motos de Chaleco, de Coma… On s’est mis la bourre jusqu’à l’arrivée, à fond. C’était trop bon. Du coup, j’ai un peu oublié mes problèmes de boite de vitesses. »

 
Marc Coma qui enchainait:

« Il y avait la sortie en ligne et beaucoup de brouillard : tout cela a rendu difficile le début de la spéciale et l’orientation. Dans le premier groupe, nous nous sommes perdus : on est allé sur la droite et quand on a récupéré la piste la deuxième vague arrivait. C’était un peu confus. Puis un groupe d’une vingtaine de pilotes rapides s’est constitué et on a pu aller au bout de la spéciale normalement. Mais la journée a été difficile finalement.»

 

De son côté, Helder Rodrigues, poursuivait :

« C’est une journée qui a très bien débuté pour moi. Je roulais super bien jusqu’au km 215. Puis je me suis un peu perdu. J’ai fait 9kms en trop. Je suis reparti en arrière et je suis tombé en panne d’essence. Heureusement Felipe Prohens m’a donné un peu d’essence. C’est vraiment terrible. Oui, c’est terrible mais c’est la course. A 15 kilomètres d’ici, j’avais le meilleur temps. Mais la course, c’est comme ça…»

Pour sa part, le batave Frans Verhoeven, précisait :

« C’est une bonne journée. Aujourd’hui départ en ligne. Moi j’aime bien faire du cross et je n’ai pas peur d’être entre les autres pilotes. J’ai attaqué dès le départ. Puis dans les dunes et la montagne, il y avait beaucoup de brouillard et je suis tombé sur Ullevalseter. Je n’ai pas compris parce qu’il était parti 5min devant moi. Je me suis dit que le groupe de devant c’était vraiment perdu et que j’avais vraiment bien navigué. C’est parfait…»

 

Le dernier à s’exprimer, Cyril Despres (photo avec Lucho Alphand), concluait :

« Après le départ, on n’est pas resté très longtemps en ligne parce qu’au km 17, Helder Rodrigues est parti sur un mauvais cap et on l’a tous suivi. Donc, on a fait demi-tour et quand on est revenu, on est tombé sur la seconde vague. On a un peu tous roulés dans la poussière. Une étape un peu bizarre quand même. Pour le général, j’ai pris mes responsabilités parce que j’en ai marre de jouer au chat et à la souris depuis quelques années. On verra ce que ça donne. Maintenant il faut attendre Fiambala. »

A TOI, A MOI OU LA BALLADE DES VW TOUAREG

 

LE COMPTE A REBOURS EST LANCE

Le Dakar se termine dans quatre jours !

Le compte à rebours a maintenant débuté pour Nasser Al-Attiyah, confortablement installé dans un fauteuil de leader.

Mais tout de même encore bien incertain, au regard de l’intensité de la lutte qu’il livre à Carlos Sainz.

Le retour vers l’Argentine et l’arrivée à Buenos Aires samedi sont encore loin…

Il reste des milliers de kilomètres à parcourir.

Et autant d’embuches…

A Copiapo, ce soir au bivouac VW, Kris Nissen, Directeur du Team Volkswagen Motorsport, lâche laconiquement :

« Hier, la spéciale était extrêmement difficile mais nos Race Touareg l’ont très bien négociée tout comme ils l’ont fait aujourd’hui. Les dernières journées ont ainsi démontré que le Race Touareg est  franchement le véhicule le plus compétitif du Dakar. »

Avec la voiture la plus performante et désormais la plus fiable du plateau, les deux hommes, Nasser comme Carlos roulent à armes égales.

L’un comme l’autre ont fait preuve de leur maturité, et leur niveau de pilotage se révèle très proche. Le jeu consiste donc à guetter ou à provoquer l’erreur de l’autre, en maintenant une pression constante.

Après avoir subi la situation hier lundi, Carlos Sainz se retrouve finalement peut-être dans la situation la plus avantageuse.
Constamment à l’attaque, l’Espagnol est revenu sur son coéquipier, qu’il a accompagné jusqu’à la ligne d’arrivée.

Il remporte ainsi sa cinquième victoire de l’année, en reprenant 1’56 » à Al Attiyah.

Demain mercredi, les rôles sont à nouveau inversés. Sainz s’élançant en tête

Carlos Sainz qui explique :

« Je suis content de ma journée, surtout qu’on n’était pas sur mon terrain favori, à savoir les dunes, le hors-piste et le désert. On réussit une bonne spéciale. Au kilomètre 100, on a repris, puis dépassé Nasser Al Attiyah. Il a ensuite eu une crevaison et sur la fin il nous reprend du temps. Demain, j’ouvre la route et les rôles seront inversés. »

Carlos ajoute encore:

« Cette étape était courte mais elle n’était certainement pas facile. Après quelques kilomètres, nous avons rattrapé notre équipier Nasser Al-Attiyah qui était parti le premier. Dans un lit de rivière asséché, nous avons saisi l’opportunité de le doubler. Après, nous avons perdu le contact car il semble qu’il a eu une crevaison. Quoi qu’il en soit, il a réussi ensuite à nous rattraper dans les dunes. Il a dû aller vraiment très vite. Demain, nous allons ouvrir la route. Les dunes de Fiambalá ont toujours joué un rôle crucial dans le passé. Nous ne sommes pas si loin au classement et le haut du tableau peut encore changer. »

Al Attiayh qui nous déclare, en compagnie de Christian Bex de France Info :

« On a eu une crevaison et on a donc perdu du temps. Mais on a ensuite réussi à reprendre Carlos Sainz. On termine même devant lui. Je suis content d’achever cette journée sans problèmes. La voiture fonctionne très bien. Demain, ça sera intéressant parce qu’on part en deuxième position. En partant premier on perd toujours du temps. Demain je vais suivre Carlos, juste le suivre…»

  
Et il poursuit:

« Nous avons donc perdu près de deux minutes aujourd’hui. C’est comme ça que cela se passe quand ont doit ouvrir la spéciale. Nous n’avions pas de traces à suivre pour nous orienter et Carlos a réussi à doubler relativement tôt. En roulant dans sa poussière, nous avons heurté une pierre et avons dû changer la roue. J’ai réussi à regagner du temps ensuite dans les dunes. Demain, Carlos aura l’inconvénient de partir le premier. Si nous arrivons à le rattraper, nous n’aurons plus qu’à le suivre pour regagner les deux minutes perdues. Mais tout cela reste de la théorie. »

Tactique logique, le but consistant à calquer sa course

Giniel de Villiers, vainqueur du Dakar 2009 termine 3éme de l’étape:

« Nous avons regagné un peu de temps sur Stéphane Peterhansel, ce qui était important. Dans cette spéciale assez courte mais dure, il fallait éviter les fautes et préserver le matériel. Sur la fin, j’ai réduit ma cadence car ma nuque me faisait souffrir après avoir été un peu trop secoué dans la voiture. Il n’y a rien que notre physiothérapeute ne puisse soigner, mais je me suis tout de même montré prudent aujourd’hui. »

Les déboires de Stéphane Peterhansel dans la huitième étape, l’ont conduit, à réviser ses ambitions à la baisse et à se concentrer sur d’éventuelles victoires d’étapes.

Sa position de départ éloignée a rendu cette mission de rattrapage difficile. 

Au volant de sa BMW X3, le Français a tenu son rang de meilleur rival des Volkswagen, bien qu’il ne devance que le Race Touareg de l’Américain Mark Miller.

Avec cette quatrième place du jour, il perd cependant encore du terrain sur ses trois devanciers et pointe ce soir loin, très loin, trop loin pour espérer encore vaincre !

Peter possède …1h42 de retard sur Al Attiyah.

La victoire, il faut oublier.

Le podium semble difficile, voire impossible

Alors, le seul but et espoir de Stéphane consiste maintenant à se préserver de la menace du Touareg du pilote Américain, qui porte les espoirs de VW, de réaliser un…’’ carré bleu’’  en tête.

Néanmoins, il veut encore y croire, lâchant ::

« Nous allons essayer de nous refaire »

Avant de poursuivre :

« Je suis assez content parce que nous avons réussi à réparer ce qui n’allait pas sur la voiture et qui a provoqué une surchauffe du moteur hier. Les mécaniciens ont dû travailler jusqu’à 6 heures ce matin, et aujourd’hui elle a bien fonctionné. Je ne perds que onze minutes sur Sainz, en ayant fait quelques erreurs de navigation. Mais devant il y a une différence de niveau entre eux et nous, ils ont une voiture très rapide et ils gardent un rythme impressionnant. Nous sommes un peu émoussés depuis quelques jours, mais nous allons essayer de nous refaire, par exemple en remportant une autre étape. »

Derrière, les écarts prennent des proportions importantes puisque le Polonais Krzysztof Holowczyc, sixième au général, accuse un retard de près de quatre heures avec le second BMW du Team X-Raid !

De cette étape, on retiendra encore la nouvelle très belle performance de Christian Lavieille, avec son proto Nissan du Team d’André Dessoude.

Christian, toujours PREMIER et  »Meilleur privé  »

Et aussi, ce qui est remarquable, la dixième place au classement général provisoire, de l’un des buggies SMG de notre ami Philippe Gache et que conduit à merveille et avec un immense talent, le pilote Allemand Matthias Kahle

 Le chiffre du jour

Dans la neuvième spéciale constituée d’une boucle autour de Copiapó, le saut le plus long de Carlos Sainz après une bosse a été mesuré à… 15,43 mètres !

Cette mesure a été prise par les capteurs de la suspension du Race Touareg, qui s’est complètement détendue pendant la durée du vol.

KABIROV : ENCORE ET TOUJOURS

Pour Vladimir Chagin, les jours se suivent sans se ressembler.
Auteur d’un festival dans le premier acte de Copiapo, le capitaine historique de l’équipe Kamaz a rendu sa place de leader du classement général, à son coéquipier Firdaus Kabirov.

L’écart, en faveur du double vainqueur n’est toutefois que de 4’11 ».

La bataille interne peut donc continuer, avec une dose supplémentaire de sérénité puisque la menace d’Ales Loprais a quasiment disparu.

Le pilote tchèque a perdu plusieurs heures

LES MINEURS CHILIENS EN VISITE SUR LE BIVOUAC

En début d’après-midi, 11 des 33 mineurs rescapés de Copiapo en octobre dernier, ont été accueillis sur le bivouac du Dakar.

Reçus par Etienne Lavigne directeur du rallye, ils ont posé devant la capsule qui leur avait permis de revenir à la surface. 

Ils se sont ensuite rendus sous le dôme du Chili où ils ont salué  Carlo de Gavardo  ainsi que Carlos Sainz venu les rencontrer.

Avant de sillonner le bivouac, les mineurs ont participé à un direct de France Télévisons avec Gérard Holtz et Luc Alphand.

Gilles Gaignault 

Photos : Gilles Gallinaro – ASO DPPI – Michel Maindru – Aprilia – Yamaha – Red Bull

 Classement après l’étape 9, Copiapó –Copiapó

1 Nasser Al-Attiyah-Timo Gottschalk (Volkswagen Race Touareg 3) : 2h 16’35’’ –  30h 56’ 25’’ au général

2 Carlos Sainz-Lucas Cruz (Volkswagen Race Touareg 3) : 2h 14’39’’ – à 3’18’’ au général

3 Giniel de Villiers-Dirk von Zitzewitz  (Volkswagen Race Touareg 3) : 2h 23’41’’ à 55’51’’

4 Stéphane Peterhansel- JP. Cottret (BMW X3 CC) : 2h25’ 53’’ à 1h 42’48’’

5 Mark Miller-Ralph Pitchford (Volkswagen Race Touareg 3) : 2h 29’31’’ – à 2h 45’19’’

6 Krzysztof Holowczyc-Jean-Marc Fortin : (BMW X3 CC) : 2h 31’44’’ à 3h 54’08’’

7 Ricardo Leal dos Santos-Paulo Fiuza : (BMW X3 CC) : 2h 51’ 34 » à 5h 26’28 »

8 Christian Lavieille-Jean-Michel Polato (Nissan Proto) : 2h 44’34’’ à 5h 52’54’’

9 Guilherme Spinelli-Youssef Haddad  (Mitsubishi Racing Lancer) : 2h 44’11’’ à 6h 01’24’’

10 Matthias Kahle-Thomas Schünemann (Buggy SMG) : 2h 52’44’’ à  7h 43’06’’

 

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