DAKAR 2011 : AL ATTIAYH PREND LA TETE A COPIAPO. MARC COMA TOUJOURS SOLIDE LEADER

 

8éme étape : Antofagasta-Copiapo

Liaison : 268 km

Spéciale : 508 km

Distance totale de l’étape : 776 km

Distance totale parcourue depuis Buenos Aires

Motos :6183 km

Autos : 6196 km

Camions : 6099 km  

On le savait.

Les organisateurs d’ASO et notamment Etienne Lavigne, le patron et David Castera, l’homme en charge des reconnaissances et du Road-book, nous avaient prévenus !

Cette étape risque de faire mal !!!

Et de nous énumérer les trois phases de la journée susceptibles d’engendrer des difficultés en cascade

La plus grande vigilance était donc recommandée pour aborder les subtilités de navigation du début de la spéciale longue tout de même de … 508 km !

Ce qui, reconnaissons-le, n’est pas rien…

Dans l’immensité de l’espace Chilien, il fallait ‘’ sauter ‘’ de vallée en vallée.

Les repères étaient par conséquent rares et les confusions des plus faciles.

Il était ensuite hasardeux de chercher à rattraper le temps perdu sur les pistes minières empruntées elles en milieu de parcours.
Surtout la longue, très longue zone de sable située en fin de spéciale.

Laquelle vue du ciel exigeait une lucidité maximale.
Castera, avait insisté :

Mieux valait l’aborder à la lumière du jour plutôt qu’avec celle des phares !!!

Maitre du jeu dans la bataille à trois pour le titre, Marc Coma (photo) remporte à Copiapo sa troisième spéciale cette année, et consolide légèrement sa position de leader de la course.

Carlos Sainz, leader depuis la première étape du Personal Dakar Argentina Chile, a perdu son rang au profit d’Al-Attiyah dans les cinq derniers kilomètres de l’étape.

Vladimir Chagin s’installe avec autorité en tête de course des camions, et peut presque rivaliser avec les VW

A ce petit jeu dans les dunes de l’Atacama et à l’attaque de la seconde et ultime semaine de compétition, le Qatari Nasser Al-Attiyah (photo) – en quête d’une toute première victoire sur le Dakar – est parvenu à déloger le leader depuis le départ de Buenos Aires, son partenaire au sein du clan Volkswagen, l’Espagnol Carlos Sainz et tenant du titre, de la première place du Dakar, dans la catégorie des Autos, en dominant  plutôt facilement cette huitième étape dont l’ arrivée était fixée ce lundi à Copiaco, toujours au Chili.

Mieux même puisque Al Attiayh fait coup double, dans le nord Chili sur les 580 kilomètres, séparant Antofagasta de Copiapo.

En effet s’il remporte l’étape et ce avec une confortable avance, il en profite également pour s’installer au commandement du Dakar 2011

Tout les observateurs le savent parfaitement, Nasser Attaquant n’à qu’un seul et unique objectif :

Gagner ce Dakar

Lors des vérifications techniques à La Rural à Buenos Aires et puis la veille du départ le 31 décembre lors de la conférence des pilotes VW, le Qatari nous avait affirmé étre revenu pour triompher et nous avait promis de mener la vie dure à son coéquipier Carlos Sainz (photo) !

Pourtant au fil des jours et des étapes, l’ancien double Champion du monde des Rallyes et victorieux du Dakar 2010 semblait imbattable et intouchable, enquillant victoire d’étape sur victoire d’étape.

Ne laissant que des miettes à ses rivaux dont justement Nasser.

Lequel parvenait tout de même à gagner deux spéciales mais avec des avances infimes.

Mais après un sans-faute de 500 pions, c’est dans les cinq derniers kilomètres de la spéciale que la concentration de Sainz a connu une double absence.

Coup sur coup, la mauvaise approche d’une dune a bloqué son Race Touareg dans le sable à deux reprises.

« El Matador » a dû manier de la plaque de désensablage pour repartir, laissant de précieuses minutes dans les dunes de Copiapo.

A l’arrivée, il perd en effet, on l’a déjà dit, 6’36 » sur Nasser Al Attiyah : le nouveau leader  

Explications de Carlos Sainz, désormais second: 

« Ce n’était pas notre jour. Nous avons perdu la tête de la course après nous être plantés deux fois dans les dunes. Nous sommes restés très longtemps au contact de notre équipier Nasser Al-Attiyah. Cela nous suffisait pour augmenter notre avance puisque nous étions partis derrière lui. Au lieu de ça, nous avons perdu six minutes. Nos rôles sont désormais inversés. Mais cela ne change rien à notre approche de la course. Nous allons continuer de donner le meilleur de nous mêmes dans le but de finir en tête. »

Cependant que le plus sérieux adversaire du camp VW, le fer de lance du Team BMW X-Raid, Peterhansel (photo) en quète d’un dixième succés sur cette épreuve, parvenait à en glaner une.

Alors que le retour sur l’Argentin s’annonce déjà, le Dakar se termine en fin de semaine, Al Attiayh s’est faché ce lundi

Déjà victorieux dimanche, il a donc récidivé ce lundi et ce, malgré l’immense désavantage, s’il en est de devoir ouvrir la piste.

Sur cette spéciale terriblement exigeante, Nasser (photo), dauphin de Sainz lors du dernier Dakar, le 15 janvier 2010, remarquablement navigué par son co pilote, l’Allemand Timo Gottschalk, notamment dans les redoutables et redoutés traversées des différentes vallées qui jalonnaient la première partie du désert d’Atacama, a démontré sa pointe de vitesse.

Du coup, il rejoint l’arrivée à Copiapo en grand vainqueur, remportant sa troisième spéciale 2011 mais la onzième depuis ses débuts

Nasser ‘’colle’’ effectivement la bagatelle de… 6’36’’ à Sainz.

Performance qui lui permet de le devancer désormais comptant ce soir… 5’14’’ d’avance au général

A y regarder de plus prés, cet exploit ne nous surprend guére car avec notre excellent confrére et ami de France Info, Christian Bex, nous avions trouvé le pilote Espagnol un tantinet fatigué et tendu ces dernières heures !!!

Fatigue physique ? Moral ?

Est-ce l’extrême tension qui règne dans le clan VW ou Al Attiah veut gagner ?

Bref, le Qatari nous semblait bien plus serein, décontracté, cool et détendu !

Beaucoup plus souriant et abordable avec les média, aussi

Un signe qui ne trompe pas !

Qui ne trompe jamais…

La preuve ?

Depuis deux jours, c’est Nasser qui se montre le plus rapide. Et il s’élancera en tête du Dakar ce mardi matin, en direction de … Copiapo puisqu’une boucle de 235 km figure au menu de cette neuvième étape.

Ravi de ce nouveau triomphe – on l’a dit, le troisième – le nouveau patron expliquait à l’arrivée :

« Dès le départ, on a cherché à faire très attention. Carlos parti derriére nous a rattrapés très rapidement. Mais dans le dernier secteur de dunes, on a attaqué au maximum parce qu’on savait que c’était là qu’on pouvait lui reprendre du temps »

Et, d’insister :

« Rappelez- vous que les dunes sont mon terrain de prédilection.»

Mais si Al Attiayh et Sainz finissent de nouveau aux deux premières places de l’étape du jour, leurs deux partenaires, le Sud-Africain Giniel de Villiers (vainqueur 2009 – photo) et l’Américain Mark Miller complétent ce sensationnel Top 4, 100% aux couleurs de la firme Allemande de Wolfsburg.

 Au bivouac, Kris Nissen (Directeur du Team Volkswagen Motorsport) faisait le point :

« Ce fut une journée Volkswagen ! Les Race Touareg ont marché sans connaître de problèmes et nos équipages ont très bien travaillé. Nous n’avions peut-être jamais vu une spéciale aussi dure que celle d’aujourd’hui. Et sur ce terrain, Volkswagen a creusé un écart important. Cela montre toutes les qualités de notre voiture et la performance réalisée par nos équipages. Je remercie toute l’équipe pour ce résultat. Nous nous sommes rapprochés de notre objectif mais le Dakar reste sans merci. Nous devons continuer de donner le meilleur de nous mêmes.»

Plus les jours passent, plus les étapes et les kilomètres défilent, moins le leader de l’autre formation d’Outre-Rhin, l’équipe BMW X-Raid, le Français Stéphane Peterhansel, apparait encore en mesure et capable de battre les VW Touareg.

Déjà trois fois lauréat dans cette catégorie des autos (2004-2005-2007) et ce après l’avoir été auparavant incroyablement six fois en motos, Steph a encore concédé beaucoup de temps ce lundi, lâchant une heure et demi au cours des 150 derniers kilomètres.

Et ce apparemment si l’on en croit les mécaniciens de chez X-Raid, en raison d’une surchauffe moteur !!!

Laquelle l’a  malheureusement contraint et obligé à stopper plusieurs fois.

Et comme Dimanche, samedi, vendredi, le BMW de Stéphane a encore connu… une, deux, trois crevaisons !

Et comme les jours précédents, il finit …sans roue de secours !

Pas de quoi, vous donnez l’envie d’attaquer …

Sans être pessimiste, il faudrait une cascade de drames chez VW – ce qui apparait comme impensable – pour qu’il puisse envisager de gagner son dixième Dakar.

Lui qui régnait sur les pistes Africaines, ne parvient incroyablement pas  à ganer sur celles d’Amérique du sud !!!

MARC COMA TOUJOURS DEVANT

Chez les motards, Marc Coma (photo avec Chaleco) et sa KTM continuent de dominer cette édition 2011

Ce lundi, le Catalan a encore une fois devancé son suivant et partenaire chez KTM, Cyril Despres, le vainqueur sortant.

Il en profite d’ailleurs pour augmenter son avance et creuser ainsi encore un peu plus l’écart, ajoutant 1’55’’ d’avance sur le pilote Français.

Coma, précède le vainqueur 2010 de 9’19’’.

C’est une marge importante certes mais nullement suffisante en cas de pépins et en tout cas, cela ne le met nullement à l’abri

La phase de l’écrémage est maintenant dépassée. Sauf en cas d’épidémie de problèmes mécaniques insurmontables, la victoire devrait se jouer entre Marc Coma, Cyril Despres et Francisco ‘’Chaleco’’ Lopez (photo).

Les kilomètres qui passent font pour l’instant le jeu de l’Espagnol, qui doit avant tout rester attentif à garder intacte la marge dont il dispose.

Entre Antofagasta et Copiapo, il s’est même attaché à la soigner, en profitant habilement de sa position de départ.

Troisième pilote convoqué au petit matin, le Catalan a rapidement repris Cyril, avec qui il a passé le reste de la journée.

En fait, c’est même un trio qui s’est constitué avec « Chaleco », le vainqueur de l’étape d’hier n’ayant fait la trace que sur une minuscule partie des 508 kilomètres de spéciale.

La cohabitation dans ce ‘’ménage impossible’’ à trois, a débouché sur un traquenard pour Cyril Despres, contraint à assurer seul la navigation pour le compte du groupe.

Pendant ce temps, Marc Coma jouait lui la parfaite stratégie du contrôle, alors que ‘’Chaleco’’ préférait rouler à la limite de ses possibilités plutôt que de laisser filer ses compagnons de piste.

A l’arrivée, le leader du classement général signe le meilleur temps, avec 1’55 » de moins que Despres.

Conscient que la situation peut le mener à l’impasse, le tenant du titre a exprimé une certaine irritation :

« les suceurs de roue existent en vélo, ils existent aussi en rallye raid ».

Nous ajouterons que cela a toujours existé et que c’est de bonne guerre !!!

Et puis, Cyril Despres se livre un peu plus:

« Même si j’ai tout tenté pour l’éviter, le dénouement de la spéciale du jour était prévisible. Chaleco est parti premier ce matin, je l’ai rattrapé et ensuite Marc Coma nous a rattrapé à tous les deux. Chaleco a fait un effort pour ouvrir la piste mais j’ai fini par faire la plupart du travail tandis que Marc nous a suivis pour protéger sa place de leader. La seule satisfaction est qu’à la fin de la spéciale, j’ai réussi à m’échapper pour passer la ligne d’arrivée avant eux. Demain nous avons un départ en ligne, avec les 10 premiers au classement général qui partiront ensemble et il sera encore difficile de creuser des écarts. Mais vous pouvez être certains que j’essayerai encore de récupérer du temps d’ici Buenos Aires. »

Quatrième du jour, Helder Rodrigues occupe le même rang au classement général, mais à près de 20′ du pilote Chilien.

Le Portugais (photo) fait encore figure d’un bon candidat au podium, contrairement à son compatriote vainqueur d’étape à Iquique, Paolo Gonçalves, sorti du rallye sur chute avec une clavicule cassée.

Frans Verhoeven, le Hollandais s’éloigne quant à lui du Top 5, après avoir passé plusieurs heures à « mécaniquer » sur sa BMW en début d’étape.

Jonah Street, l’Américain et Jordi Viladoms, l’Espagnol voient également leur situation se dégrader sur la spéciale du jour.

Les nombreux retards enregistrés font en revanche les affaires du Norvégien Pal-Anders Ullevalseter.

Bien … pale en début de Dakar, le dauphin de Despres en 2010 commence au fil des étapes, à s’accoutumer à sa nouvelle 450cc et il signe enfin un temps digne de son statut, en cinquièlme position à Copiapo.

L’hécatombe à laquelle il assiste parmi ses devanciers d’hier devrait lui permettre de se replacer en septième position, après avoir commencé le rallye à la … vingt neuviéme place !

Quant à notre cher David Casteu, les jours se suivent …

Arrivé à Copiapo, il lâche seulement :

« J’espère que ça va tenir »

Un peu plus tard alors que nous le retrouvions à son point d’assistance du Team Sherco-ELF, il est  redevenu plus loquace :

« Grosse déception hier (dimanche). J’ai de nouveau cassé la boîte de vitesse. J’ai continué en 4e. Mais, à 30 km de l’arrivée, j’ai démonté toute la moto dans le désert et j’ai fini la spéciale en première. Ensuite, Marcel Butuza, mon ancien manager de chez Vectra,  m’a remorqué dans la liaison jusqu’à Antofagasta ».

Au bivouac, ses mécanos ont changé une nouvelle fois le moteur.

David poursuit :

« J’ai pris 40 minutes de pénalités».

Mais Casteu a pu se présenter au départ de la huitième étape

« Ce matin, j’ai roulé souple, j’ai profité du paysage. Les techniciens de Sherco arrivent demain (mardi) avec la boîte que j’utilisais en Championnat du monde».

David s’est finalement classé 18e de l’étape, à 52′48” du vainqueur. Il figure dorénavant loin, à la 39e place du classement provisoire, à 9 h 35′34” du leader.

Comble de malchance pour l’équipe Sherco-ELF, Laurent Lazard, son ‘’porteur d’eau’’, a cassé sa boîte de vitesse au km 200 de la spéciale et a dû regagner Copiapo par la route :

Triste et déçu, David enchaine :

« Il doit être mis hors course par la direction du rallye ».

Ce mardi, la neuvième étape en boucle autour de Copiapo compte une liaison de 35 km et une spéciale de 235 km qui se déroulera principalement dans les dunes de l’Atacama.

Casteu conclut :

« J’espère arriver à Copiapo afin qu’on puisse changer cette boîte qui saute toujours dans les dunes et finir la semaine avec ».

David conserve néanmoins malgré tout l’espoir d’arriver au bout de ce Dakar cauchemardesque :

« C’est dur mentalement. Hier dimanche,  j’ai failli abandonner, mais je continue pour mes sponsors, ma famille et mes mécanos qui travaillent dur pour moi ».

C’est vrai que ce mec est un type bien avec un énorme mental.

Sur qu’on le retrouvera à l’arrivée à Buenos Aires, même s’il navigue loin des leaders ou il devrait se trouver et occupe une modeste position pas du tout en rapport avec ses qualités et son talent fou.

CHAGIN RETROUVE SON RANG

Vladimir Chagin est redevenu le Tsar à Copiapo.

Le sextuple vainqueur Du Dakar, probablement irrité par la double victoire d’étape du Tatra d’Ales Loprais, les jours précédents, s’est livré à une démonstration dont il a le secret au volant de son redioutable Kamaz.

A l’arrivée, il signe le meilleur temps avec 32′ sur Kabirov, qu’il devance de 3’03 » au général, tandis que Loprais se retrouve à une demi-heure !

Au passage, le capitaine des Kamaz s’est montré…  le plus rapide de tous les véhicules en course, hormis les 4 Race Touareg !!!

Respect

Il a également mis… 4’ de moins que Marc Coma, vainqueur au guidon d’une KTM d’à peine plus de 170 kilos !

Ceci démontre le fantastique exploit de Chagin.

Châpeau

 Gilles Gaignault

Photos : Gilles Gallinaro – ASO DPPI – Aprilia – Red Bull X Raid

Sport

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