DAKAR 2011 : BANCO POUR CHALECO – JOURNEE NOIRE POUR LE TEAM X-RAID

Septième étape : Arica – Antofogasta
Liaison : 208 km
Spéciale  moto : 631 km
Spéciale auto : 611 km
Spéciale camion : 611 km
Distance de l’étape :
Motos : 839 km
Autos : 819 km
Camions : 819 km
Distance totale parcourue depuis Buenos Aires
Motos : 5407 km
Autos : 5420 km
Camions : 5323 km

Sur une spéciale raccourcie à 273 km, le Chilien Francisco Lopez alias Chaleco a enfin signé au guidon de son Aprilia, le meilleur temps pour la première fois de l’année, et se rapproche légèrement de Coma et de Despres au classement général provisoire.

Curieusement et depuis l’entrée en territoire Chilien, c’est la troisième étape consécutive qui échappe aux deux pilotes KTM…
En auto, Stéphane Peterhansel est poursuivi par les problèmes de crevaison, pendant qu’Orlando Terranova quitte la course sur tonneaux, comme Guerlain Chicherit la veille.

Du coup, le Qatari de VW, Nasser Al Attiyah, avec une belle dixième victoire d’étape sur le Dakar, se rapproche du leader Carlos Sainz.

Ales Loprais, le Tchéque continue à secouer les camions Kamaz, en remportant une deuxième victoire et consécutive.

CHALECO ATTENDAIT SON JOUR DE GLOIRE CHEZ LUI…

Il s’est un peu fait désirer.

Depuis que le Dakar visite son superbe pays, « Chaleco » n’attendait jamais bien longtemps pour régaler ses supporters.

Mais cette année, bizarrement le pilote Chilien, leader d’Aprilia était passé à côté de la victoire de spéciale d’Iquique, certes uniquement devancé au classement par Gonçalves.

Mais battu tout de même !!!

Sur son chemin, Chaleco Lopez avait pourtant ressenti des sensations de facilité inédites, notamment dans le domaine de la navigation qui constitue chez lui une relative faiblesse.

La 450cc italienne ayant maintenant fait ses preuves, à la fois en performance et en solidité, toutes les conditions étaient réunies pour voir enfin surgir Chaleco Lopez.

C’est donc à Antofagasta, une des villes où il avait déjà gagné ses galons de citoyen d’honneur dans le passé, qu’il est allé chercher sa cinquième victoire sur le Dakar.

Pour ne pas la voir s’échapper au dernier moment, le Chilien s’est manifestement appliqué, passant au kilomètre 176 avec plus de 4′ d’avance sur le leader Marc Coma.

A l’arrivée, il lui reste une marge de 2’21 », qui lui offre un nouveau jour de gloire, et un petit rapproché dans le classement général, où il reste toutefois cependant bon  troisième, à 18’27 » du Catalan.

Les 273 kilomètres au programme du jour ont peu fait évoluer la situation entre les deux pilotes KTM (Coma et Despres) lesquels constatent toutefois que la menace « Chaleco » n’est pas totalement négligeable.

Coma conserve sa position de leader avec un écart ramené ce jour, à 7’24 » par Despres.

L’un comme l’autre, savent pertinemment qu’un avantage aussi réduit peut être anéanti sur n’importe quelle étape par un problème mécanique ou un choix de navigation hasardeux.

D’ailleurs, les écarts à l’arrivée finale, entre le vainqueur et son premier poursuivant, sont généralement plus proches de l’heure que de la minute.

Il faut en effet remonter jusqu’à l’édition 2005 du Dakar pour trouver un titre joué à moins de dix minutes.

Cyril Despres qui raconte :

« Une journée de repos pour la machine et pour l’homme qui a fait du bien. Aujourd’hui, ça a été une des plus belles journées type rallye raid-enduro que j’ai vécu dans ma vie. Merci à David Castera de m’avoir donné autant de plaisir. C’était non seulement beau mais en plus super sympa à rouler. Donc une bonne journée, même au niveau sportif. On se demandait ce matin si avec 272kms, on allait être rassasié, et bien la réponse est oui. »

Un peu plus loin, la bonne nouvelle du jour arrivé enfin pour Pal-Anders Ullevalseter qui, avec le huitième temps sur la spéciale, retrouve enfin le Top 10 de la course.

Ouf !

Il était temps, grand temps pour le sympathique Norvégien, second de la dernière édition…

C’est au contraire la sortie de ce club d’élite qui se profile pour le jeune Américain Jonah Street, pointé à plus d’une heure de Coma au CP3 (km 192) après un arrêt pour une panne de moteur.

David Casteu s’en était éloigné depuis longtemps, mais les jours se suivent hélas et hélas les problèmes continuent pour le pilote Sherco, lui aussi contraint à de longues séances de mécanique en piste.
 

SALE TEMPS POUR LE TEAM BMW X-RAID !!!

Jusqu’à la journée de repos, le clan BMW X-Raid pouvait voir avec optimisme le verre à moitié plein.

Mais les coups du sort, ont frappé à répétition l’équipe de Sven Quandt, qui vit probablement les 24 heures les plus difficiles de sa carrière de Team manager.

A Arica, en testant lors de la journée de repos son bolide, Guerlain Chicherit a commencé par détruire et ruiné le Mini Countryman qu’il avait pour mission de conduire en un seul morceau jusqu’à Buenos Aires.

Mais c’est surtout son leader, Stéphane Peterhansel qui semble engagé sur une pente descendante, avec une nouvelle crevaison, subie après 15 km de course aujourd’hui dimanche.

Préoccupé par cette scoumoune, soucieux de la gestion de ses roues de secours, « Peter » a piloté sur la retenue, et encaissé une nouvelle claque chronométrique qui l’éloigne désormais à… 21′ de Carlos Sainz au général.

Autant dire que tout rêve d’une hypothétique dixième victoire sur le Dakar s’éloigne au fil des jours pour Steph !!!
Lequel lâche à l’arrivée :

« Dès le début, une Volkswagen a dû avoir un problème parce qu’on s’est retrouvé dans sa poussière. C’était assez pénible de rouler à 20 à l’heure à cause de la poussière parce qu’il n’y avait pas du tout de vent. On les a laissé partir et au bout de 15kms on a crevé. Parfait pour ne pas nous mettre en confiance pour la suite. Je n’ai pas la bonne vitesse pour rouler dans ces conditions de fesh fesh rocailleux. Les minutes s’additionnent et ça commence à faire gros. C’est de ma faute. Je roule trop vite dans ces conditions là. Je n’ai pas le bon rythme. De toute façon, podium, 2, 3, 4, 5 ou 8, c’est équivalent. La seule chose qui nous intéresse au départ, c’est la victoire. Là, c’est en train de nous échapper, c’est sûr. »

La série noire ne s’arrête pas là pour le clan BMW.

Hormis le fait que Krzysztof Holowcyc a « percé » lui aussi à deux reprises, le X3 de l’Argentin, Orlando Terranova a quant à lui quitté la piste en tonneaux, après un peu plus de 200 kilomètres de course.

Le porte-drapeau de l’Argentine dans la catégorie, qui semblait bien placé pour s’incruster dans le Top 5, quitte la course avant même son retour au pays.

La situation semble donc , étape après étape à nouveau tourner à l’avantage des VW Race Touareg III, qui signent les trois meilleurs temps sur la spéciale, sans la moindre crevaison !

Nasser Al Attiyah, revit la course-poursuite de l’année dernière et comble une partie de son retard sur Sainz.

En même temps qu’une 10ème victoire de spéciale, le Qatari se rapproche à 1’22 » de la première place.

Giniel De Villiers, le lauréat du Dakar 2009, adepte de la stratégie quelquefois payante de la tortue, se rapproche du podium !

Il n’est plus qu’à 11′ de Peterhansel, pour compléter un éventuel trio de tête VW.

Il ne faudra en effet peut-être plus compter sur Mark Miller, qui l’avait fait en 2010 car l’Américain de VW, perd 39 minutes supplémentaires sur des erreurs de navigation aujourd’hui.

ENCORE LE TATRA DE LOPRAIS EN CAMION

Le vent a peut-être tourné dans la catégorie camion.
Ales Loprais et son copilote Josef Kalina (quadruple vainqueur du Dakar) comptaient sur un déclic psychologique pour enrayer la belle mécanique des camions Kamaz.

Nul ne sait si la panique gagne le clan Russe, mais Loprais roule manifestement en confiance.

Il signe sur la route d’Antofagasta sa deuxième spéciale consécutive, la troisième de sa carrière sur le Dakar.

Au classement général, il se rapproche à 16’22 » de Kabirov, toujours leader, et devance de presque autant Vladimir Chagin.
Le rêve Tchèque commence à prendre forme…

 
Gilles Gaignault
Photos : Gilles Gallinaro –ASO DPPI – Aprilia – Red Bull

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