AFRICA ECO RACE ETAPE 10 – LE SEPTIEME JOUR DE SCHLESSER


ETAPE MIXTE 

On se rapproche de zones sombres sur la carte satellite de l’Afrique, ce qui en dehors des villes franchement sales comme Nouakchott signifie que le désert est vert.

C’est en effet une bonne année, les pluies ont été abondantes et les récoltes seront intéressantes.

Mais on est encore dans la partie désertique de la Mauritanie, véritable jardin d’Eden pour les pistards, et René Metge, le directeur de course, a tracé une spéciale comme il les aime.

On part du bivouac pour revenir au bivouac, ce qui est en plus une vraie sécurité supplémentaire pour surveiller les brebis égarées.

Dans cette spéciale, longue de 230 km,  on part dans les dunes mais en les longeant .

Vitesse relativement élevée, mais sans forcer. Quand il faut les prendre de face, c’est beaucoup moins vite mais ce qui est interdit, c’est de s’arrêter.

Alors, pour donner de l’adhérence, on dégonfle les roues ce qui peut se faire depuis la cabine de pilotage. Les chiffres donnés hier par Jean Louis Schlesser vont de 1,2 kg quand c’est très mou à 2,4 kg quand on arrive dans les pierriers.

Ce qui doit fonctionner, Jean Louis n’a eu aucune crevaison depuis le début, sauf une lente qu’il a préféré réparer surplace avant de perdre la jante.

Bref, pour cette spéciale, assez courte comparée aux précédentes, tout est prêt pour le grand jour, encore un !

MOTOS : LES DERNIERS SERONT LES PREMIERS !!!

Hier jeudi, dans les passages de dunes compliqués de fin de spéciale, les quatre mousquetaires ont un peu joué à qui tombe-qui tombe pas ?

C’est que le sable mou nécessite beaucoup de métier, pas mal d’envie parce que pour ne pas rester planté en crête de dune, quand on doit la prendre de face, il faut envoyer du gaz.

Du coup, la bande des quatre, on le rappelle, toujours au complet depuis le départ, continue, fatiguée, les étapes s’enchainent et comme chaque soir, il y en a au moins un, pas toujours le même, qui finit de nuit, les chevaliers du désert  ont de vielles courbatures en se levant le matin, de très bonne heure puisqu’ils sont lâchés en piste les premiers.

Ce matin, départ vraiment groupé. Jobard, Dubois, N’Diayé, Bourgin, voilà l’ordre du début de spéciale.

Et puis, comme hier, Dubois décide de tordre la poignée de gaz et lâche tout le monde. Hier, cela s’est mal fini, il est allé faire des châteaux de sable avec les bras en croix, mais ici, on s’améliore tous les jours !

Jobard suit de franchement loin, N’Diaye d’encore plus loin et Bourgin s’accroche à N’Diaye.

Dubois fait un joli aller-retour au dernier point de contrôle, qu’il a dépassé.

Au même point, Jobard, trop loin pour assister à la séance de jardinage de son leader, fait la même erreur mais en mieux. Il va beaucoup plus loin…

Un bon vingt km de détour…

Du coup, il ya regroupement des trois, 20 km derrière Dubois. Et le plus incroyable est qu’à cet endroit où le tracé part à gauche de 90°, les trois motos ensemble se remettent à jardiner.

Touchant…

Et ça n’est pas fini. Après avoir passé le point de contrôle, Jobard et N’Diaye se barrent à plus de 15 km à droite de la piste !

A l’arrivée, Dubois colle du coup 42 minutes à Bourgin, 52 minutes à N’Diaye et presque une heure à Jobard.

Ce dernier reste très largement en tête du général, avec plus de cinq heures d’avance sur Dubois.

Il faudrait un sacré miracle pour que Jobard ne soit pas vainqueur à Dakar.

Mais… ne l’oublions pas, l’Afrique est le pays des sortilèges.

AUTOS : LE SEPTIEME JOUR … EN BLEU ! 

Vainqueur de l’étape d’hier, Stéphane Henrard est parti le premier.

Vite rejoint par le buggy Monster de Schlesser,  peut être un peu énervé qu’Henrard, qui a gagné hier, se soit un peu répandu sur le thème « j’ai battu Schlesser », quand on sait que celui-ci a surtout vérifié qu’il reprenait du temps en tête du classement général, laissant partir un Henrard qui a deux heures de retard au classement.

Bref, il va le chercher.

Pelichet, lui, ce qu’il veut, c’est garder sa deuxième place jusqu’à Dakar. En restant peu loin du buggy de Schlesser, il est sûr de son coup, les suivants sont à 1h30 au général.

Devant, Schesser roule vraiment à côté de la voiture d’Henrard.

Ce qui sent un peu l’intimidation mais c’est de bonne guerre. 

Au tiers du parcours, Pélichet s’arrête.

Ce qui peut ouvrir la deuxième place au général, qu’il tenait solidement avec 1h30 d’avance sur ses poursuivants, Henrard et Lethier.

Et justement, Henrard est en bagarre avec Schlesser en tête de course, depuis le début ! Ils ne se quittent pas, Schlesser laissant fréquemment Henrard ouvrir la piste.

Il nous vient à l’idée que Schlesser pourrait attendre les derniers kilomètres pour passer Henrard et prendre sa 7ème victoire depuis le début du rallye.

Et le fait est qu’à une vingtaine de km de l’arrivée, Schlesser passe devant. Gérer d’accord, mais on peut aussi se faire plaisir non ?

Victoire d’étape pour Schless’, 70% de réussite sur ce rallye, pas mal non ?

En plus, Pelichet ayant été très retardé, le second au général est maintenant Henrard, avec plus de deux heures de retard.

Schlesser a pris une bonne option sur une nouvelle réussite de légende !

« Course difficile aujourd’hui » dit Jean Louis à l’arrivée, « on était secoués comme des cocotiers dans le buggy ! Et la navigation aussi était difficile. On a rattrapé Henrard au bout de trente kilomètres de spéciale, on a roulé avec lui jusqu’à la fin où j’ai décidé de le doubler et d’aller gagner la spéciale. Je suis très impressionné par Cécile, ma navigatrice. Elle a fait des progrès incroyables chaque jour. Je suis vraiment content de lui avoir appris tout ce que je sais sur le rallye raid ».

En revanche, mauvaise nouvelle pour le second buggy du team. François Lethier est parti en tonneaux dans la spéciale.

Il va bien, il est rentré tout seul mais au classement, c’est une triste évidence, bonjour le plongeon !

CAMIONS : JACINTO POUR L’HONNEUR !

 

Jacinto et son Man sont partis troisièmes aujourd’hui, l’équipage portugais remonte très vite sur le Tatra qui leur taille des croupières depuis trois jours dans le sable, elle est dans son rythme mais ne passe pas.

Ce n’est pas ainsi que l’on pourra rattraper les 2h56 de retard au classement général !

Mais on l’a dit hier, il faudrait un miracle et c’est le genre de truc qui n’arrive pas tous les jours ! 

Faute de miracle, il reste l’honneur… et aussi le fait ce que l’on apprend dans la douleur peut servir dès le lendemain.

En fin de spéciale, Jacinto passe Tomecek, bien d’ailleurs, elle lui prend plus de treize minutes.

Pas grand-chose au général mais un grand bonheur dans le coeur !!!

DEMAIN LE SENEGAL…

De Tenadi (Mauritanie) à Kebemer (Senegal) René Metge a prévu une spéciale de 203 km suivie de 349 km de liaison. 

On annonce de la dune bien sûr, sur une centaine de km, le mot d’ordre sera le franchissement, puis on pourra lâcher les chevaux dans le deuxième partie, bien que la piste soir sinueuse, ce qui promet de jolies parties de glissades.

Détail qui n’en est pas un, les dunes dans cette partie de l’Afrique sont multicolores.

C’est que rouler à 200 km/h n’empêche nullement d’être poète, la preuve !

Jean Louis Bernardelli

Photos : Alain Rossignol

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